Taper juste. Dire tout ce que cela aura été pour moi sans faire dans le post "copinage stérile", qui n'intéresse pas grand'monde. C'est ma mission du jour et je l'accepte, alors que je ne pouvais écrire ces quelques lignes à l'instant T, puisque j'étais loin des autoroutes de l'information.
Le 4 août dernier, Le Village, webzine consacré aux séries françaises et européennes, a sorti son dernier édito, annonçant la fin d'une aventure qui aura duré cinq ans et demi. Sur ce blog, j'ai beaucoup parlé de pErDUSA mais assez peu de son double européen. La raison : pendant longtemps, trop longtemps, je ne me suis intéressé qu'aux séries nord-américaines. Il aura fallu la plume alerte, le goût du partage et l'enthousiasme communicatif de Sullivan Le Postec pour que je me décide à sauter le pas. C'était avec Sherlock, c'était en 2011. Et c'était super chouette.
Des découvertes sur et autour de l'écran
A l'époque, je réfléchissais déjà sérieusement à la perspective de rejoindre la Grande Méchante Ville mais je ne me serais jamais imaginé au Village. J'ai pourtant poursuivi mes expérimentations européennes en lisant les articles de l'équipe et une fois arrivé sur place, je me suis lancé. L'envie de vivre une nouvelle aventure collective m'aura conduit vers une histoire qui aura été très différente de ce que j'ai vécue à la BennyCorp. Mais elle aura vraiment participé à mon installation dans une vie et une ville nouvelles.
Je ne crois pas trahir un secret d'état en vous confiant que j'ai su assez vite que la saison 2011/2012 serait la dernière. Sullivan m'a prévenu tôt : je me suis donc dis qu'il fallait que j'en profite résolument. Pour rencontrer le plus de monde possible pour mes projets... mais pas que.
Finalement, j'ai rencontré du monde mais aussi des univers. De nouvelles séries, de nouvelles nations de la fiction dans lesquelles je n'avais jamais mis le nez jusqu'ici. Au Danemark, en Israël, mais aussi... en France, et cela de plusieurs façons.
Cette année au Village m'aura en effet surtout permis de redécouvrir les séries bleu, blanc, rouge. D'aller au delà du constat plus ou moins négatif pour repérer des artistes qui ont des choses à dire et qui ont tout à gagner à travailler dans la continuité.
Garder un oeil sur (toute) l'Europe...
Clairement, le téléspectateur que je suis pense que le chemin est long pour que je devienne accro d'une série de chez nous comme j'ai pu l'être d'Urgences, Due South, The West Wing ou Code Quantum. Mais il est faisable : je suis surtout complètement ouvert à cette perspective. Et ça, je le dois vraiment au Village, à son rédacteur en chef comme à Dominique Montay et Emilie Flament.
Au bout du compte, dans une année où beaucoup de choses ont changé pour moi, ce n'est pas rien.
Et il fallait que ce soit dit, en attendant la suite.
Bien à vous,
Benny
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vendredi 24 août 2012
vendredi 17 août 2012
"Be Free, Dre"
Je viens de découvrir The Audacity of despair, le blog de David Simon. Et du même coup, un billet annonçant la mort de DeAndre McCullough, l'un des principaux visages de The Corner : enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert que j'ai chroniqué ici-même l'année dernière.
Emotionnellement, ça s'appelle prendre les montagnes russes
Pas plus tard qu'hier, je disais à quelqu'un que parfois, vous trouvez pile la série qu'il vous faut. Dans le fond comme dans la forme, elle est celle qui vous convient vraiment. Et elle vous parle plus que d'autres, elle vous parle vraiment. Ca doit être une question de moment.
Ce soir, au moment d'écrire ces quelques lignes, je m'aperçois qu'il en va en fait ainsi pour toutes les histoires. Quelle que soit leur forme. Et je me rends compte que The Corner, au moment où j'ai quitté un job, un appartement, une ville et une vie pour m'installer dans la Grande Méchante Ville, c'était l'histoire que je recherchais. Sans le savoir.
Une vie avec la dope
J'ai déjà dit tout le bien, j'ai déjà décrit toute la puissance qui habite ce récit. Je n'ai pas grand-chose à rajouter à ce sujet. Mais je me rends compte que cette histoire, ses protagonistes m'habitent depuis de longs mois. Et l'annonce de la mort de DeAndre Mc Cullough me trouble de manière étonnante.
McCullough a eu une vie tumultueuse, même si son chemin et celui de David Simon et Ed Burns se sont plusieurs fois croisé. Il a notamment joué un rôle dans la saison 3 de The Wire : on le voit ci-dessous au côté de Brother Mouzone.
Etonnant gamin, malin et pas dénué de coeur, DeAndre Mc Cullough a toujours vécu avec la drogue. Dans les pages du livre, il incarne quelque chose de magnifique. Parfois indomptable, parfois très fragile.
Ex-dealer du Corner, il est tombé dans la dope et c'est ce qui a entraîné sa disparition. Dans son billet, Simon dit qu'il n'a jamais vu un type être aussi triste quand il était défoncé.
Dans mon esprit, DeAndre Mc Cullough avait la vingtaine. Il est en fait mort à 35 ans. Et je ne sais pas pourquoi, mais la nouvelle de sa disparition me tord le ventre. Complètement.
Bien à vous,
Benny
Emotionnellement, ça s'appelle prendre les montagnes russes
Pas plus tard qu'hier, je disais à quelqu'un que parfois, vous trouvez pile la série qu'il vous faut. Dans le fond comme dans la forme, elle est celle qui vous convient vraiment. Et elle vous parle plus que d'autres, elle vous parle vraiment. Ca doit être une question de moment.
Ce soir, au moment d'écrire ces quelques lignes, je m'aperçois qu'il en va en fait ainsi pour toutes les histoires. Quelle que soit leur forme. Et je me rends compte que The Corner, au moment où j'ai quitté un job, un appartement, une ville et une vie pour m'installer dans la Grande Méchante Ville, c'était l'histoire que je recherchais. Sans le savoir.
Une vie avec la dope
J'ai déjà dit tout le bien, j'ai déjà décrit toute la puissance qui habite ce récit. Je n'ai pas grand-chose à rajouter à ce sujet. Mais je me rends compte que cette histoire, ses protagonistes m'habitent depuis de longs mois. Et l'annonce de la mort de DeAndre Mc Cullough me trouble de manière étonnante.
McCullough a eu une vie tumultueuse, même si son chemin et celui de David Simon et Ed Burns se sont plusieurs fois croisé. Il a notamment joué un rôle dans la saison 3 de The Wire : on le voit ci-dessous au côté de Brother Mouzone.
Ironie de l'histoire : j'ai vu ces épisodes il y a moins d'une semaine...
Etonnant gamin, malin et pas dénué de coeur, DeAndre Mc Cullough a toujours vécu avec la drogue. Dans les pages du livre, il incarne quelque chose de magnifique. Parfois indomptable, parfois très fragile.
Ex-dealer du Corner, il est tombé dans la dope et c'est ce qui a entraîné sa disparition. Dans son billet, Simon dit qu'il n'a jamais vu un type être aussi triste quand il était défoncé.
Dans mon esprit, DeAndre Mc Cullough avait la vingtaine. Il est en fait mort à 35 ans. Et je ne sais pas pourquoi, mais la nouvelle de sa disparition me tord le ventre. Complètement.
Bien à vous,
Benny
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Il était une fois Benny
dimanche 24 juin 2012
BennyCorp
BennyCorp. Ce mot, je l'ai utilisé ici en octobre 2008, alors que je rendais hommage à Une Blonde dans la ville. Mais j'ai commencé à parler de ce qu'il désigne bien avant sur ce blog.
Dès le neuvième épisode de cette série bloguesque (qui en compte, précisons-le au passage, 402 aujourd'hui).
La BennyCorp, c'est l'entreprise dans laquelle j'ai fait mon tout premier stage professionnel, alors que j'avais 20 ans. C'est celle aussi où j'ai obtenu mon premier contrat, décroché après une année à faire des articles à travers tout BennyCity et juste après... un jour de vacances.
Souvenirs : l'édition spéciale
Ce jour-là, j'ai débarqué à 18 heures dans le bureau du DRH avec une barbe de trois jours (et un t-shirt des Simpson) presque 60 minutes après avoir eu le message.
"Vous allez dans le Nord !, m'a dit l'intéressé.
- Je commence quand ?
- Hier".
C'est ce qui s'appelle avoir le sens de la formule, il faut l'avouer.
J'y ai passé deux mois et demi. Avant de revenir à BennyCity, de continuer à bosser pour la même maison un an en tant que salarié... juste avant de me retrouver sans contrat deux mois. Tous les week-ends, je rentrais chez mes parents, et je disais que j'allais arrêter de bosser en étant payé à l'article.
Tous les week-ends, je regardais aussi la fin du prime de Star Academy aussi. Pour voir un élève gicler et me dire que ça pourrait être pire.
Je me suis accroché. Et j'ai finalement retrouvé un statut de salarié. Avant d'être embauché. A un petit paquet de bornes de chez moi.
Quand l'aventure vous façonne...
C'est sans doute le fait d'avoir commencé mes aventures (vraiment) rémunérées (un peu) loin de chez moi qui m'a donné le goût des voyages. Ou tout au moins l'envie de bouger régulièrement.
C'est aussi grâce à ça que j'ai rencontré des gens qui m'ont permis d'affirmer mon caractère de cochon. Ou pour le dire de manière plus soft (et un poil plus juste) : ma détermination. Parce qu'il y a eu plein de chouettes moments, quelques-uns moins marrants : tout ça a fait de moi ce que je suis.
Je suis autant attaché à la BennyCorp qu'à BennyCity. Pourtant, mercredi, j'ai donné ma lettre de démission.
Pour continuer mon aventure dans la Grande Méchante Ville, et voir qui je suis, ce que je serai au bout de cette nouvelle épopée. Comme je l'ai dit lors de mon rendez-vous pour annoncer cette décision, je ne pars pas parce que je suis malheureux au sein de cette entreprise, mais parce que je dois continuer sur la voie que j'emprunte depuis presque dix mois.
Prendre cette décision, c'était tout sauf simple. La BennyCorp a fait de moi ce que je suis : en y repensant, le choix inconscient de la nommer ainsi est assez savoureux.
Partir, c'est risqué. Mais je reste prêt à l'assumer : c'est aussi ça, jeter sa casquette par dessus le mur.
Bien à vous,
Benny
Dès le neuvième épisode de cette série bloguesque (qui en compte, précisons-le au passage, 402 aujourd'hui).
La BennyCorp, c'est l'entreprise dans laquelle j'ai fait mon tout premier stage professionnel, alors que j'avais 20 ans. C'est celle aussi où j'ai obtenu mon premier contrat, décroché après une année à faire des articles à travers tout BennyCity et juste après... un jour de vacances.
Souvenirs : l'édition spéciale
Ce jour-là, j'ai débarqué à 18 heures dans le bureau du DRH avec une barbe de trois jours (et un t-shirt des Simpson) presque 60 minutes après avoir eu le message.
"Vous allez dans le Nord !, m'a dit l'intéressé.
- Je commence quand ?
- Hier".
C'est ce qui s'appelle avoir le sens de la formule, il faut l'avouer.
J'y ai passé deux mois et demi. Avant de revenir à BennyCity, de continuer à bosser pour la même maison un an en tant que salarié... juste avant de me retrouver sans contrat deux mois. Tous les week-ends, je rentrais chez mes parents, et je disais que j'allais arrêter de bosser en étant payé à l'article.
Tous les week-ends, je regardais aussi la fin du prime de Star Academy aussi. Pour voir un élève gicler et me dire que ça pourrait être pire.
Je me suis accroché. Et j'ai finalement retrouvé un statut de salarié. Avant d'être embauché. A un petit paquet de bornes de chez moi.
Quand l'aventure vous façonne...
C'est sans doute le fait d'avoir commencé mes aventures (vraiment) rémunérées (un peu) loin de chez moi qui m'a donné le goût des voyages. Ou tout au moins l'envie de bouger régulièrement.
C'est aussi grâce à ça que j'ai rencontré des gens qui m'ont permis d'affirmer mon caractère de cochon. Ou pour le dire de manière plus soft (et un poil plus juste) : ma détermination. Parce qu'il y a eu plein de chouettes moments, quelques-uns moins marrants : tout ça a fait de moi ce que je suis.
Je suis autant attaché à la BennyCorp qu'à BennyCity. Pourtant, mercredi, j'ai donné ma lettre de démission.
Pour continuer mon aventure dans la Grande Méchante Ville, et voir qui je suis, ce que je serai au bout de cette nouvelle épopée. Comme je l'ai dit lors de mon rendez-vous pour annoncer cette décision, je ne pars pas parce que je suis malheureux au sein de cette entreprise, mais parce que je dois continuer sur la voie que j'emprunte depuis presque dix mois.
Prendre cette décision, c'était tout sauf simple. La BennyCorp a fait de moi ce que je suis : en y repensant, le choix inconscient de la nommer ainsi est assez savoureux.
Partir, c'est risqué. Mais je reste prêt à l'assumer : c'est aussi ça, jeter sa casquette par dessus le mur.
Bien à vous,
Benny
mercredi 8 juin 2011
To Jump Off the Cliff
La lettre est arrivée hier matin. Quinze jours après l'entretien. Je l'ai attendue un petit moment et je m'étais promis de ne rien écrire tant qu'elle ne serait pas arrivée.
Quand j'y pense, je ne peux m'empêcher d'avoir l'estomac qui tortille. Avec ce mélange d'excitation et de trouille vers lequel j'aurai tendu pendant de longues semaines, de longs mois. Presque neuf, pour tout dire.
Mais ça y est: la lettre est arrivée chez mes parents, on va pouvoir y aller.
Je quitte la BennyCorp. Je quitte BennyCity. Pour au moins un an.
A la rentrée (a priori mi-septembre), je vais m'installer dans la Grande Méchante Ville.
Je vais vivre à Paris.
C'est fou, en y repensant... ça fait presque six ans que ça me trottait dans la tête. Et l'idée ne m'a pas lâchée, jamais. Peut-être parce que j'avais vraiment envie de connaître ça. Peut-être aussi parce que je suis resté un gamin qui n'a jamais voulu laisser tomber ce après quoi il voulait courir (en même temps, c'est cohérent avec la façon dont, ici, tout a commencé). Sans doute aussi parce que des gens proches de moi depuis longtemps sont là-bas et que j'ai hâte de les retrouver sur place.
Il y a un peu de tout ça. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais ces derniers mois, j'ai souvent pensé à ce titre d'un épisode d'Urgences (Je regarde trop la télé ?). Un épisode de la saison six, et un titre en français : Le temps passe plus vite que nos rêves. C'est joliment formulé et quand on passe la trentaine, c'est une phrase qui prend un certain relief. Pas de quoi inquiéter mais au contraire donner envie de se bouger. Faire ce que l'on a vraiment envie de faire.
Dans mon cas, c'est se confronter à un vrai, gros phénomène urbain. Me consacrer à mes projets perso (parmi lesquels ce blog, pour lequel j'aurai sans doute de la matière à revendre: soyez-en sûrs) et bosser en free lance. Pour ça, j'ai économisé consciencieusement pendant 18 mois. Parce que je vais sans aucun doute en chier, sûrement même. Mais je suis prêt.
Au moment d'écrire ce billet, je n'arrête pas de penser à la saison 6 de The West Wing aussi (oui : je regarde beaucoup trop la télé, on est d'accord). Un épisode dans lequel Bartlet demande à CJ une faveur très particulière et qui va chambouler sa carrière.
"Qu'est-ce que je peux faire pour vous?
- Sauter d'une falaise"
En anglais, To Jump Off the Cliff.
Cette fois, c'est mon tour. J'ai déjà une piste pour un peu de taf, et tout porte à croire que je vais rejoindre une colocation à la rentrée avec une copine. Ce qui ne m'est encore jamais arrivé: il n'est jamais trop tard.
On va pouvoir y aller: après y avoir mûrement réfléchi et avec un appétit juste incroyable. Avec humilité mais une grosse, grosse envie de voir ce que ça va donner.
L'ironie de l'histoire aura voulu que j'ai l'accord oral de ma boîte une heure après avoir découvert dans ma boîte mail un message dans lequel son expéditrice mettait un terme à une histoire qui aura duré près de quatre mois.
La vie ne se passe jamais vraiment comme on l'imagine: pourtant, je l'ai attendu, imaginé ce moment...
Il paraît qu'il n'y a pas de hasard dans l'existence, que les choses surviennent comme elles doivent arriver. Je n'en sais rien, peut-être...
Mais je sais une chose: l'heure est venue.
To Jump off the Cliff.
Bien à vous,
Benny
Quand j'y pense, je ne peux m'empêcher d'avoir l'estomac qui tortille. Avec ce mélange d'excitation et de trouille vers lequel j'aurai tendu pendant de longues semaines, de longs mois. Presque neuf, pour tout dire.
Mais ça y est: la lettre est arrivée chez mes parents, on va pouvoir y aller.
Je quitte la BennyCorp. Je quitte BennyCity. Pour au moins un an.
A la rentrée (a priori mi-septembre), je vais m'installer dans la Grande Méchante Ville.
Je vais vivre à Paris.
C'est fou, en y repensant... ça fait presque six ans que ça me trottait dans la tête. Et l'idée ne m'a pas lâchée, jamais. Peut-être parce que j'avais vraiment envie de connaître ça. Peut-être aussi parce que je suis resté un gamin qui n'a jamais voulu laisser tomber ce après quoi il voulait courir (en même temps, c'est cohérent avec la façon dont, ici, tout a commencé). Sans doute aussi parce que des gens proches de moi depuis longtemps sont là-bas et que j'ai hâte de les retrouver sur place.
Il y a un peu de tout ça. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais ces derniers mois, j'ai souvent pensé à ce titre d'un épisode d'Urgences (Je regarde trop la télé ?). Un épisode de la saison six, et un titre en français : Le temps passe plus vite que nos rêves. C'est joliment formulé et quand on passe la trentaine, c'est une phrase qui prend un certain relief. Pas de quoi inquiéter mais au contraire donner envie de se bouger. Faire ce que l'on a vraiment envie de faire.
Dans mon cas, c'est se confronter à un vrai, gros phénomène urbain. Me consacrer à mes projets perso (parmi lesquels ce blog, pour lequel j'aurai sans doute de la matière à revendre: soyez-en sûrs) et bosser en free lance. Pour ça, j'ai économisé consciencieusement pendant 18 mois. Parce que je vais sans aucun doute en chier, sûrement même. Mais je suis prêt.
Au moment d'écrire ce billet, je n'arrête pas de penser à la saison 6 de The West Wing aussi (oui : je regarde beaucoup trop la télé, on est d'accord). Un épisode dans lequel Bartlet demande à CJ une faveur très particulière et qui va chambouler sa carrière.
"Qu'est-ce que je peux faire pour vous?
- Sauter d'une falaise"
En anglais, To Jump Off the Cliff.
Cette fois, c'est mon tour. J'ai déjà une piste pour un peu de taf, et tout porte à croire que je vais rejoindre une colocation à la rentrée avec une copine. Ce qui ne m'est encore jamais arrivé: il n'est jamais trop tard.
On va pouvoir y aller: après y avoir mûrement réfléchi et avec un appétit juste incroyable. Avec humilité mais une grosse, grosse envie de voir ce que ça va donner.
L'ironie de l'histoire aura voulu que j'ai l'accord oral de ma boîte une heure après avoir découvert dans ma boîte mail un message dans lequel son expéditrice mettait un terme à une histoire qui aura duré près de quatre mois.
La vie ne se passe jamais vraiment comme on l'imagine: pourtant, je l'ai attendu, imaginé ce moment...
Il paraît qu'il n'y a pas de hasard dans l'existence, que les choses surviennent comme elles doivent arriver. Je n'en sais rien, peut-être...
Mais je sais une chose: l'heure est venue.
To Jump off the Cliff.
Bien à vous,
Benny
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The single life
vendredi 3 décembre 2010
Mon adolescence avec Mellon Collie...
Ce matin, je me suis réveillé avec une intro mortelle en tête. Celle du titre qui ouvre le disc B de Mellon Collie & the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins : Where Boys fear to Tread. Je l'ai donc cherchée sur YouTube, pensant que Deezer ne l'avait toujours pas dans ses archives. Erreur ! L'album est désormais en écoute.
Tout ça, ça m'a imparablement renvoyé au milieu des années 90. Au Noël où je l'ai eu en cadeau, au voyage en Grèce avec la classe de philo et pour lequel je l'avais copier sur une cassette de 90 minutes (une cassette Type II, s'il vous plaît : le son était quand même nettement meilleur).
J'ai repensé aux heures passées et repassées à l'écouter, pour les dernières heures de cours avant le bac, pour les longues nuits d'été où j'étais avachi dans un vieux fauteuil pas pratique (et où je me faisais bouffer par les moustiques)... Au point que je l'ai singulièrement usé. Aujourd'hui, je me dis que je devrais le racheter.
Mellon Collie, c'est le premier album rock que j'ai eu, donc c'est forcément particulier. Il y a, évidemment, Bullet with Butterfly wings, mais pas que. Tonight, tonight me fait toujours de l'effet, JellyBelly et Muzzle me font gueuler les paroles (oui, j'ai abandonné ma comparaison avec le chanteur Billy Corgan à 23 ans), Galapagos me donne toujours un petit sourire, les premières notes au piano de Thru the Eyes of Ruby m'électrisent (et me rappellent quand, plus tard, je bossais de nuit et que je l'écoutais pour rentrer)...
Ce n'est pas un double album : ce sont deux heures et une minute de mon adolescence et un peu plus que ça. C'est ce que j'étais, et ce que je suis aussi.
Thru the eyes of ruby live
envoyé par mellonsmile. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Et vous, c'est quoi le disque ultime de vos années d'ado ?
Bien à vous,
Benny
Tout ça, ça m'a imparablement renvoyé au milieu des années 90. Au Noël où je l'ai eu en cadeau, au voyage en Grèce avec la classe de philo et pour lequel je l'avais copier sur une cassette de 90 minutes (une cassette Type II, s'il vous plaît : le son était quand même nettement meilleur).
J'ai repensé aux heures passées et repassées à l'écouter, pour les dernières heures de cours avant le bac, pour les longues nuits d'été où j'étais avachi dans un vieux fauteuil pas pratique (et où je me faisais bouffer par les moustiques)... Au point que je l'ai singulièrement usé. Aujourd'hui, je me dis que je devrais le racheter.
Mellon Collie, c'est le premier album rock que j'ai eu, donc c'est forcément particulier. Il y a, évidemment, Bullet with Butterfly wings, mais pas que. Tonight, tonight me fait toujours de l'effet, JellyBelly et Muzzle me font gueuler les paroles (oui, j'ai abandonné ma comparaison avec le chanteur Billy Corgan à 23 ans), Galapagos me donne toujours un petit sourire, les premières notes au piano de Thru the Eyes of Ruby m'électrisent (et me rappellent quand, plus tard, je bossais de nuit et que je l'écoutais pour rentrer)...
Ce n'est pas un double album : ce sont deux heures et une minute de mon adolescence et un peu plus que ça. C'est ce que j'étais, et ce que je suis aussi.
Thru the eyes of ruby live
envoyé par mellonsmile. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Et vous, c'est quoi le disque ultime de vos années d'ado ?
Bien à vous,
Benny
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mercredi 30 juin 2010
L'homme à la banane
[Eh oui, je sais : c'est bizarre de faire deux posts dans la même journée. Mais je trouve que la date est importante donc je reprends mon clavier]
On s'est rencontré au tout début de la BennyCorp. A l'époque, il portait un sac banane (dont je me suis allégrement moqué par la suite) et un mousqueton. Avec un trousseau de clefs teintant à chacun de ses déplacements. Un homme plutôt grand, avec l'accent du sud et des yeux malicieux derrière une paire de lunettes.
Quand j'ai rejoint le service où il bossait, il était tricard. Puni après une longue et jolie carrière, des problèmes de santé et des griefs que la direction avait à lui reprocher. "Quand on veut noyer son chien, on l'accuse d'avoir la rage !" lâchait-il parfois, agacé par cette situation. Un jour, il s'est même présenté à une de mes connaissances en balançant "Bonjour, je suis le tricard".
Un personnage en somme. Un peu bordélique. Enfin, disons plutôt pas toujours très concentré. Un mec avec une vraie gouaille qui, à chaque fois qu'un gars de la DG passait et lui demandait, gêné, "Qu'est-ce que tu deviens ?", ouvrait le rideau de fer derrière son bureau et disait "Ben tu vois, putain, je suis toujours dans mon placard". Ca me faisait bien marrer.
Des éclats de rire avec lui, j'en ai eu. Et pas qu'un peu : il a toujours été bienveilant avec moi. Toujours prêt à m'écouter, à me soutenir et à m'encourager. Il a fait avec moi ce qu'il a fait avec plein d'autres en fait. Parce que c'est dans son tempérament: il aime les gens, il sait aller vers eux.
Pendant ces premiers mois à la BennyCorp, pas forcément près de chez moi, je m'étais reconstitué un semblant de famille pro. Ma chef de service était un peu la figure maternelle et lui la figure paternelle. A l'époque, j'avais du mal à discuter avec mon père : c'était avant de comprendre, de percevoir plein de petites choses...
Je suis ensuite parti mais on est resté très proches. Auourd'hui, il a passé sa dernière journée à la BennyCorp. Il quitte la boite et il est content de passer à autre chose, à 59 ans. Il devrait avoir suffisamment de moyens pour ateindre la retraite.
A son contact, et au sein de mon entreprise, s'il y a une grande leçon de vie que j'ai apprise, c'est celle-ci : peu importe, au fond, ce que vous faites professionnellement; l'appréciation peut beaucoup évoluer selon le contexte et les personnes. Ce qui restera surtout à la fin, c'est l'humain. Le souvenir que vous laisserez aux gens. La capacité ou non à susciter en eux un certain respect.
Lui, il m'aura appris à rester enthousiaste, curieux, indépendamment du temps qui passe. J'espère que je serai comme lui à 60 ans et plus tard. Enthousiaste, curieux et facile à émouvoir. Parce que cet homme a beau dire, il est facile à toucher. Mais pudique. Aujourd'hui, il a reçu un coup de fil de mon ex-chef de service, avec qui ils se sont chicanés pendant des années. Elle lutte aujourd'hui contre la maladie. Fatiguée, elle l'a quand même appelé pour lui dire qu'elle pensait à lui. "Si tu savais, m'a-t-il dit au téléphone, j'en avais des frissons. Des larmes aux yeux. J'en ai encore la gorge toute nouée".
Vu que la mienne l'était aussi, je n'ai eu aucun mal à le croire.
Bien à vous,
Benny
On s'est rencontré au tout début de la BennyCorp. A l'époque, il portait un sac banane (dont je me suis allégrement moqué par la suite) et un mousqueton. Avec un trousseau de clefs teintant à chacun de ses déplacements. Un homme plutôt grand, avec l'accent du sud et des yeux malicieux derrière une paire de lunettes.
Quand j'ai rejoint le service où il bossait, il était tricard. Puni après une longue et jolie carrière, des problèmes de santé et des griefs que la direction avait à lui reprocher. "Quand on veut noyer son chien, on l'accuse d'avoir la rage !" lâchait-il parfois, agacé par cette situation. Un jour, il s'est même présenté à une de mes connaissances en balançant "Bonjour, je suis le tricard".
Un personnage en somme. Un peu bordélique. Enfin, disons plutôt pas toujours très concentré. Un mec avec une vraie gouaille qui, à chaque fois qu'un gars de la DG passait et lui demandait, gêné, "Qu'est-ce que tu deviens ?", ouvrait le rideau de fer derrière son bureau et disait "Ben tu vois, putain, je suis toujours dans mon placard". Ca me faisait bien marrer.
Des éclats de rire avec lui, j'en ai eu. Et pas qu'un peu : il a toujours été bienveilant avec moi. Toujours prêt à m'écouter, à me soutenir et à m'encourager. Il a fait avec moi ce qu'il a fait avec plein d'autres en fait. Parce que c'est dans son tempérament: il aime les gens, il sait aller vers eux.
Pendant ces premiers mois à la BennyCorp, pas forcément près de chez moi, je m'étais reconstitué un semblant de famille pro. Ma chef de service était un peu la figure maternelle et lui la figure paternelle. A l'époque, j'avais du mal à discuter avec mon père : c'était avant de comprendre, de percevoir plein de petites choses...
Je suis ensuite parti mais on est resté très proches. Auourd'hui, il a passé sa dernière journée à la BennyCorp. Il quitte la boite et il est content de passer à autre chose, à 59 ans. Il devrait avoir suffisamment de moyens pour ateindre la retraite.
A son contact, et au sein de mon entreprise, s'il y a une grande leçon de vie que j'ai apprise, c'est celle-ci : peu importe, au fond, ce que vous faites professionnellement; l'appréciation peut beaucoup évoluer selon le contexte et les personnes. Ce qui restera surtout à la fin, c'est l'humain. Le souvenir que vous laisserez aux gens. La capacité ou non à susciter en eux un certain respect.
Lui, il m'aura appris à rester enthousiaste, curieux, indépendamment du temps qui passe. J'espère que je serai comme lui à 60 ans et plus tard. Enthousiaste, curieux et facile à émouvoir. Parce que cet homme a beau dire, il est facile à toucher. Mais pudique. Aujourd'hui, il a reçu un coup de fil de mon ex-chef de service, avec qui ils se sont chicanés pendant des années. Elle lutte aujourd'hui contre la maladie. Fatiguée, elle l'a quand même appelé pour lui dire qu'elle pensait à lui. "Si tu savais, m'a-t-il dit au téléphone, j'en avais des frissons. Des larmes aux yeux. J'en ai encore la gorge toute nouée".
Vu que la mienne l'était aussi, je n'ai eu aucun mal à le croire.
Bien à vous,
Benny
mardi 22 décembre 2009
La nouvelle qui change (un peu) tout
C'est fou: hier à la même heure, je me demandais sur quoi je pourrais blogger cette semaine. Et puis j'ai reçu ce message, aujourd'hui à 14h07. "Notre petite fille est née hier (...) nous sommes comblés".Et voilà comment ma meilleure amie est devenue maman. Elle est mariée à un de mes meilleurs amis et j'ai longtemps répété que, techniquement, le jour où ils auraient un enfant, ce serait mon nouveau meilleur ami...
D'une pensée à l'autre
Plaisanterie neuneu mise à part, ça fait drôle ce genre de nouvelles. Parce que ça vous fait repenser à la première fois que vous l'avez croisée elle, dans des escaliers où elle a poussé un de ses fameux "Bonjour !" pleins de vie, emplis de sourire et d'énergie. Avec ce quelque chose qui fait qu'on ne peut pas ne pas aimer cette personne.
Vous repensez aussi à la première fois que vous l'avez vu, lui, et que... ben sur le coup, vous n'en avez pas pensé grand'chose. Mais, à dire vrai, il en est ainsi pour tous les mecs qui me sont le plus proches aujourd'hui. Donc, c'est plutôt rassurant.
Vous repensez à ces longues discussions que vous avez eu avec elle et au cours desquelles, tour à tour, on a baissé le masque. On a accepté de laisser entrevoir ses faiblesses. Dans une froide rue de janvier, à déambuler pour comprendre ce qui vient de vous arriver. Ou dans une salle entourée de bureaux fatigués, quand ça devenait un peu dur de tout garder.
Vous repensez à ces échanges que vous avez eus et que vous avez lui. Quand le simple de fait de mettre en perspective les choses ensemble vous tirent vers le haut, suscite chez vous un mélange d'admiration et de respect, et en même temps préserve la proximité qu'il y a entre vous.
Vous repensez à son ventre rond, tout contre vous, quand vous la quittez une dernière fois, alors qu'elle ne sera bientôt plus une future maman et que vous êtes si fier d'elle. De ce qu'elle est comme de ce qu'elle sera.
Quand file la vie...
Vous repensez à cet échange de regards que vous avez avec lui, au moment où il dit toujours: "Tu sais que tu reviens quand tu veux". Vous savez qu'au fond de vous, vous êtes touchés comme la première fois par cette marque d'affection sincère. Et ça vous fait sourire quand il ajoute: "Ouais, sauf les trois prochains mois, hein...".
Vous pensez à eux, à tout ça. Et vous vous dites que le temps passe. Mais ces nouvelles de vie rendent cela léger.
L'histoire retiendra que quand j'ai reçu le message au boulot, Deezer égrénait les notes d'une reprise de Rod Stewart par les Stereophonics. Handbags and Gladrags. Des bagages et des fringues.
C'est un peu léger à souhaiter à la petite nouvelle (même si les paroles sont bien). Alors j'attendrai de la voir pour lui dire tout le reste.
Bien à vous,
Benny
lundi 7 décembre 2009
L'équation à une inconnue bizarre
Il y a un peu plus d'une semaine, je crois bien que j'ai été sacrément vilain. Pour ne pas dire vilaine. Enfin, il me semble. Jugez plutôt...Tout a commencé il y a presque quinze jours. Une petite visite dans BennyCity pour le boulot et voilà que je croise un garçon qui me file un tuyau. Une info pas encore sortie, à vérifier. Et qui impose d'obtenir la confirmation des responsables du lieu que je visitais ce jour-là si je veux écrire dessus. Problème : ces personnes sont connues pour être bien peu bavardes... et le sujet ne va certainement pas les dérider.
Une course, des obstacles
Jeudi : la course contre la montre commence. Je passe une floppée de coups de fil pour en savoir plus sur cette info. Parmi mes contacts, auprès de connaissances de connaissances... et bien sûr, par la voie officielle. C'est précisément là qu'il faut savoir être vilaine. Ne pas mentir, jamais. Mais faire le forcing, toujours.
"Ah bon, vous êtes au courant ? me dit-on au téléphone, sensiblement ennuyé
- Oui, et on va le sortir donc il me faudrait une réaction
- Ah oui..."
Là, c'est évident, il va falloir être opiniâtre parce que ce n'est pas gagné. Presque montrer les dents. Ou comme je dis souvent : secouer l'arbre et voir ce qui tombe. Une des connaissances de mes connaissances m'affirme par téléphone que l'info est avérée. Elle propose de me mettre en contact avec une des personnes directement concernées. Ne manque qu'une chose : le point de vue des responsables susnommés. Qui jouent la montre pour retarder la sortie de l'info. "On parlera vendredi", me dit-on au téléphone.
Si je rencontre un des témoins, c'est banco. Sinon, il faut que ce soit les responsables qui crachent au bassinet.
Tic tac, tic tac, tic tac...
Vendredi : après une trentaine de coups de fil (au bas mot) sans réponse, je reste sans nouvelle de mon contact téléphonique.
Je fonce chez les responsables. La chargée de com me dit "On communiquera sans doute lundi". Hors des délais de la BennyCorp. Je n'ai pas le choix : je fais le forcing auprès d'elle. "Ce sera au chef ou à son adjoint d'en parler. Mais lui, il est à Paris".
Je m'en vais... avant de rebrousser chemin l'air de rien. Je file dans les bureaux de la direction. Je toque à la porte de l'adjoint, dont on dit qu'il est le plus causant. Personne. Je redescends d'un étage et je décide d'aller voir du côté d'une salle de réunion, dans laquelle j'avais vu des manifestants s'engouffrer quelques mois plus tôt. Et là, qui est-ce que je vois de l'autre côté de la vitre ?
Le boss. Himself.
Là, je tombe la veste et sors mon calepin. Je fais le siège de la porte d'entrée. Des gens passent et se demandent ce que je fous là. Je souris, je suis poli. Raconté comme ça, ça a l'air super cool et ça fait un peu film. Mais la vérité, c'est que je ne la ramenais pas trop. Quand bien même je ne le laissais pas trop transparaître.
Vingt minutes se passent et mon bonhomme sort. Seul. Carrure d'athlète, plus rugbyman que bobo asthmatique. Je lui dis qui je suis et... il fiche le camp ! "Voyez avec la communication : j'ai pas le temps !" Je le suis au pas de course et lui pose la question : Vrai ou pas vrai ? "Tout est réglé !". Et il file dans l'ascenseur.
Note pour la prochaine fois : monter dans l'ascenseur aussi. Pour poser plus de questions.
J'appelle la com et fais un forcing de tous les diables. J'appelle le sous-service sous la responsabilité de l'adjoint.
Personne ne me file son portable mais je casse tellement les pieds à tout le monde que la secrétaire, dévouée à son boss, m'annonce "Bon écoutez : il a votre numéro, sa femme a votre numéro, là je vois plus ce que je peux faire..."
Où l'on en revient au titre (si, si)
13h30 : carrément déchainé, j'appelle à Paris pour retrouver l'adjoint. Chou Blanc. Mais à BennyCity, le responsable de la chargée de com répond enfin à mes appels. OK pour un rendez-vous à 15h15.
15h45 : le rendez-vous a du retard. J'ai le temps d'appeler deux amis et ma... mère pour faire passer le temps. Il finit par me recevoir et... il confirme l'info principale avant que je tourne autour des autres points. Drôle de slalom. Il manque un petit truc : il me faut l'adjoint. Encore.
Mon chef (qui n'est pas chef pour rien) me dégote son portable après un bras de fer de son côté.
18h : l'adjoint, dans le TGV, répond enfin à mes questions. Ne reste plus qu'à réunir le tout au terme d'un long marathon. Le premier du genre pour moi. C'était vachement grisant, vachement flippant aussi parce que je voulais atteindre mon but mais pas me griller et faire n'importe quoi non plus. Je suis une vilaine complexe... Ouais, en même temps, pour ce qui est de ne pas faire n'importe quoi, maintenant, une quinqua a mon 06 et elle sait que je fais peur à son mari qui préfère me fuir. Intéressant...
D'ailleurs pourquoi ce titre, me direz-vous ? Parce que je suis un garçon capable de faire un foin de tous les diables pour avoir ce que je veux professionnellement, quitte à installer une Queshua dans un hall pour choper un gars, mais je suis toujours aussi timide pour draguer une fille. Vous y comprenez quelque chose, vous ?
Bien à vous,
Benny
mardi 17 novembre 2009
"Ni pleurs ni regrets"
Quand j'ai eu 6 ans, mon tout premier voyage pendant les vacances, c'était avec elle. L'année suivante, on est retourné ensemble dans la région. Qu'est-ce que j'ai dit en premier à mon père en rentrant ? "Ben mamie, elle a fait pipi derrière un buisson !"Quand j'ai eu 8 ou 9 ans, on est allé voir une de ses amies en cure thermale et après ça, c'est dans cette petite ville que j'ai passé tous mes week-ends de l'été ou presque. Toujours avec elle. A deux, on engloutissait un demi poulet sur le sable et j'adorais ça. Le soir, quand on rentrait, ma mère me disait que j'étais un vrai glouton. Assise sur le siège passager, ça la faisait rire.
Quand j'ai eu 10 ou 12 ans, elle m'a appris à faire un noeud de cravate, et je m'en suis souvenu la semaine dernière.
Quand j'ai eu 15 ans, alors que tous les lycéens ne portaient que des vêtements noirs, elle m'a tricoté un pull... rouge. C'était moi qui lui avait demandé. Un pull rouge et bien chaud. Je l'ai toujours dans la penderie de ma chambre d'ado.
Quands j'ai eu 26 ans, elle a fait une petite attaque. Je l'ai vu quelques jours plus tard et, les larmes aux yeux, je lui ai dit qu'elle m'avait fichue une sacrée trouille. Elle a souri, avec sur son visage une expression comme je ne lui en avais jamais vu. Elle n'a rien dit. Dans une famille où l'on exprime peu ses sentiments, ou parfois difficilement, c'était bien d'avoir fait ça, je crois.
Quand j'ai eu 27 ans, un jeudi soir, j'ai reçu un coup de fil. Elle avait fait une attaque cérébrale, figeant un triste sourire sur son visage. Les jours et les mois qui ont suivi, elle avait gardé son regard mais c'est comme s'il y avait un voile derrière ses yeux et qu'on ne pouvait plus l'apercevoir que par à-coups.
La semaine dernière, j'ai découvert une petite enveloppe sur laquelle était inscrite une phrase : "Mes dernières volontés". J'ai tourné autour toute une journée, sans pouvoir l'ouvrir. Finalement, le soir venu, j'y suis arrivé. C'était une série de directives à suivre le moment venu. Dans un style télégraphique qui m'a fait penser à mon père, elle a entre autres écrit "Ni fleurs ni plaques, ni pleurs ni regrets. Des rires. Détendez-vous".
On l'a enterrée samedi.
Pas de regrets. Elle avait presque raison.
mercredi 4 novembre 2009
Mon père, cet homme en slip dont je suis fier
Aujourd'hui, c'était jour de gloire. Mon père était dans le journal local : il témoignait, photo à l'appui, alors que des gens s'amusent à couper les barbelés des clôtures qui entourent les champs du village où j'ai grandi. Article annoncé en une du quotidien, s'il vous plaît.J'adore mes parents. Je ne suis pas vraiment famille mais eux, je les admire, je les respecte et surtout, je leur voue une énorme tendresse (Signe nunuche évident : je souris devant mon écran rien que de l'écrire. C'est dire...). Cela étant, si je tiens mon caractère de ma mère c'est vrai que pendant un long moment, je me suis demandé ce qui nous liait mon père et moi.
Le contraste et la météo
Pour en avoir parlé avec des amis, je me suis rendu compte que les relations père/fils sont souvent complexes. Dans mon cas, j'ai longtemps été habité par une angoisse : celle que mon géniteur et moi, on se loupe. On s'est toujours bien entendu, on ne s'est jamais engueulé mais j'avais la trouille que l'on arrive jamais à échanger vraiment. Pour moi qui suis quelqu'un de vachement bavard, qui aime mettre des mots sur les émotions, c'était très troublant d'être face à un homme très pudique et peu affable. Pas forcément réservé mais pas tellement taillé pour les longues discussions, les confidences.
Mon père est agriculteur et l'univers de la terre n'est pas celui où l'on exprime le plus facilement ses émotions. Pendant des années, lui et moi, on parlait du temps et je le vivais vraiment pas bien.
Et puis un soir (ça date de pas si longtemps que ça : trois ans je crois), alors que je regardais un DVD de série, je vois mon père qui passe, en slip dans le salon, et fait un aller-retour à la cuisine avant de filer à la salle de bains. Il était une heure du matin et il se levait pour aller aux écuries pour voir si une de ses vaches allait mettre bas cette nuit.
Tout en gestes
Je n'ai rien dit mais ça a été une claque. J'ai enfin compris, à 28 ans, que ce qui nous liait mon père et moi, ce ne sont pas des mots que j'attendais vainement. Ce sont des actes. Le goût du travail bien fait, l'opiniâtreté à faire correctement ce qui doit être fait, ce n'était pas seulement ce que ma mère m'a inculqué en me répétant quand j'étais gosse, "Si tu dois faire quelque chose, fais le bien". C'est aussi ce que mon père réalise tout le temps, jour après jour. Et, modestement, je m'efforce de faire comme lui.
Depuis cette nuit-là, je vis les choses beaucoup plus simplement. J'appréhende nos "moments" avec plus de justesse sans doute. Je sais ce qui nous lie tous les deux. Aujourd'hui, on parle toujours du temps... mais je le vis beaucoup mieux parce que je perçois, entre deux phrases sur le manque de pluie, tout ce qu'il y a autour de ces mots. Du coup, il me semble que je montre mieux cet attachement.
Ce matin en regardant le journal, j'avais à nouveau six ans. Quand je disais à tout le monde à propos de mon père, alors qu'il passait en tracteur devant l'école, que c'est juste l'homme le plus fort du monde.
...
...
...
Bon, dit comme ça, c'est hyper cucul mais c'est vrai. Alors, tant pis.
Bien à vous,
Benny
lundi 28 septembre 2009
La vie d'un homme, c'est parfois peuplé d'angoisses cyclistes
Ce matin, en me levant, je me suis rendu compte que ça fait tout juste un mois que je suis parti à New York et, franchement, ça fait tout drôle. Ca m'a rendu nostalgique et, ne me demandez pas pourquoi (après tout, ça n'a aucun rapport), ça m'a donné envie de vous raconter une histoire qui date un peu et qui est toute personnelle.Les habitués de ce blog le savent : je suis un ex grand timide. Un ancien complexé de la période lycée/fac/début de vie active (la vache : ce fut aussi long, dis donc ?) qui a su dépasser ses angoisses les plus intimes pour être, en gros, ce qu'il est aujourd'hui (Qui a dit un célibataire en baskets avec une plante verte ?).
Mais il faut aussi savoir que ma toute première expérience, c'était quand même avec une femme mariée. Oui, oui. Enfin, elle était séparée et en instance de divorce mais bon, dit comme ça, ça fait un peu héros de comédie dramatique avec Juliette Binoche donc je préfère dire "Elle était mariée".
Nuits blanches sur canapéLa première chose à savoir, c'est que je suis une grosse nouille qui a vu trop de films. Vous n'avez jamais eu envie de vivre un truc un peu dingue, qui va électriser un peu vos nuits à la façon de Nuits Blanches à Seattle avec Tom Hanks et Meg Ryan ? Moi oui et ça m'est arrivé. Ou presque.
J'ai rencontré la fille en question sur Internet et l'histoire aura voulu qu'au moment où elle m'a contacté via un chat meetic, j'étais crevé et j'allais éteindre mon PC. Je ne l'ai finalement pas fait et ce n'est pas plus mal. On a papoté un peu, le courant est plutôt bien passé et on a repapoté à plusieurs reprises. A l'époque, elle était avec un autre garçon mais elle ne savait pas trop si ça allait durer. Je me rappelle lui avoir dit "Eh bien, si ça ne dure pas avec Machin fais le moi savoir : je te trouve très chouette". Elle a ri. Huit jours ps tard, elle et machin, c'était fini.
Elle m'a recontacté via MSN. C'était un dimanche soir en plein hiver. On commence à discuter et je finis par lui dire : "Tu sais, dans ma région, on a truc qui s'appelle le téléphone. Tu connais ?"
Elle a encore ri. On s'est appelé. On a raccroché à huit heures du matin.

La psychologie et les hommes
Et on a recommencé : lundi soir, mardi soir, mercredi soir... jusqu'à vendredi soir. Je crois que j'ai jamais aussi peu dormi dans une semaine mais rien que d'y penser, je souris. On a parlé de tout, de n'importe quoi, on s'est endormi sur nos canapés comme de grosses larves, et on a vite convenu de se voir dès mon premier jour de repos : le dimanche suivant.
Bon, moi, bien évidemment, j'ai voulu venir avant. Notamment jeudi soir parce que j'en avais marre d'attendre. Mais comme son père devait venir au petit matin, on a préféré reporter et s'en tenir à ce qui avait été décidé.
Au fil des soirées, nos conversations en fin de semaine sont devenues plus... mutines, on va dire. Oui, vous avez compris : je parle bien de débauche, de stupre, de lucre... et de lustucru.
Et là, mademoiselle ou madame lectrice, une vérité universelle débarque dans ce post : un mec, c'est parfois très, très idiot. Surtout quand ça se met à réfléchir trop.
Ben oui : ce qu'on vous dit pas quand vous vivez un truc intense au téléphone la nuit, c'est qu'il y a des moments en journée où on y pense, pense et repense. Et que fait un mec quand il pense ? Il se dit : "Mon dieu, si ça se trouve, on arrive à l'instant T. Est-ce que je vais assurer ?".
Je l'ai dit : un mec, c'est idiot. Vous allez quand même pas me faire croire que vous le découvrez en lisant ce texte, non ?
Donc je décide d'en parler avec l'un de mes meilleurs amis, qui bossait avec moi à l'époque. Sa réponse est digne d'un grand pédagogue. "T'inquiète pas, ça va bien se passer".
Merci. Super.
Je retente avec un autre pote. Sa réponse ? "T'inquiète pas, ça va bien se passer".
Youhou.
La psychologie et l'homme, c'est une grande histoire.
Toi aussi, redécouvre les maquettes
Je m'apprête donc à partir avec mes doutes sous le bras dimanche matin. Et samedi soir, je reçois un texto : "J'ai envie de te voir ce soir". Je réfléchis... une seconde et je dis oui. Je bossais à l'époque dans un service de relecture et de maquettes donc je terminais à minuit : pas moyen d'acheter des fleurs alors celle que je considère comme ma petite soeur (qui bossait dans le même service) et moi, on a fabriqué un bouquet de maquettes en papier en attendant la fin de la permanence de nuit (Moquez-vous : c'est nunuche et ridicule, j'en conviens).
Là, je prends ma Bennymobile et je fais la bagatelle de 200 bornes de nuit dans le brouillard à deux heures du matin et peu de sommeil dans mes réserves. Mais j'avais tout de même bien la pêche : j'ai dû promettre à mon "pote-psychologue" et à ma "petite soeur" que j'enverrai un texto une fois arrivé. J'ai vraiment des amis en or...
Quand Lance Armstrong s'invite...J'arrive à trois heures du matin. Avec mes maquettes en bouquet. Elle rit. On visite son appart et on... n'a pas vu la salle de bains. On a calmé le jeu assez vite cependant, puisque j'ai joué cartes sur table sur mes questions du moment. Elle a été cool. On a bavardé un long moment sauf que j'avais toujours mes questions en tête.
A tel point que quand je suis allé aux toilettes, je me suis rendu compte que je m'inquiétais tellement que j'avais mal aux testitrucs.
Sur le coup, grand idiot hors catégories que je suis, j'ai pensé :
"Putain, si ça se trouve j'ai un cancer : dans deux ans, je gagne le Tour de France"
Et ça, c'est le drame, hein : je déteste le vélo.
Finalement, j'ai rien pu faire cette fois là. De tout le week-end. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne s'est pas bien amusés.
Au bout de trois jours, je suis rentré chez moi et... on n'a jamais remis ça. Ca n'a finalement pas duré longtemps. Je pourrais rêver 150 fois de refaire cette histoire mais la vérité, c'est qu'elle me plaît comme elle est.
Par la suite, elle et moi, on est devenu amis.
Par contre, je déteste toujours le vélo.
Bien à vous,
Benny
Libellés :
Il était une fois Benny,
The single life
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