Ce blog devait raconter, regrouper, abriter mes pensées de trentenaire. Depuis quelques années, je l'ai laissé de côté. Pas toujours parce que je n'avais plus rien à dire mais parce que je manquais de temps, parfois d'envie.
A d'autres moments, j'ai aussi eu envie de replonger. En 2015, en quittant le Daily Mars par exemple. Et puis pErDUSA m'a fait une proposition impossible à refuser: ma culture et mon goût des séries doit beaucoup à ce site, donc c'est une vraie fierté d'être avec cette équipe.
En ce début de nouveau semestre, je me dis pourtant "Et pourquoi pas?". Toujours à un rythme irrégulier. Toujours pour parler de ce qui me tient à coeur et traverse mes pensées.
La trentaine est toujours d'actualité. Pour quelques mois encore. Alors autant boucler la boucle. Ou essayer.
Ce qu'il y a de bien, avec l'été et le temps de cerveau disponible qui l'accompagne, c'est que l'on peut se consacrer à des sujets de fond. Des vrais. Des compliqués, avec une question cruciale et des arguments bien choisis. Des posts dérangeants, qui rendent justement compte du caractère singulier d'un thème.
Mais bon, l'été, c'est aussi la période où on aime manger des glaces en rigolant bêtement, donc... voici un vrai-faux carré d'as des différents acteurs qui ont choisi de se faire pousser la moustache pour un rôle, et qui ont eu plus ou moins de succès.
(Sinon, faites gaffe : là, vous avez de la glace au bout du menton - ça fait sale).
CATEGORIE 1 : La moustache qui vous va bien, mais bon vu que vous étiez cool au départ, ça change pas granch'
Le titre est un peu long et en même temps, une fois qu'on l'a écrit, il n'y a pas beaucoup plus à rajouter.
Pourquoi ? Parce que pour ces acteurs-là, c'est à se demander si la moustache est une bonne idée.
Beaux gosses, bons interprètes, ces gens (assez agaçants, il faut bien le dire) n'en ont pas besoin pour attirer l'attention : c'est tout juste si on s'arrête vraiment sur les poils qu'ils ont au-dessus de la bouche et du menton.
N'est-ce pas, Timothy Olyphant (Deadwood) ?
CATEGORIE 2 : La moustache qui fait votre personnalité (ou celle de votre personnage)
Ces acteurs sont atteints du syndrome dit "de Tom Selleck". Sans, on se dit qu'il leur manque un truc important (un bras ? Un cou ? On cherche...) et on les trouve franchement bizarre. Bien plus qu'un accessoire pileux, la moustache est une sorte d'étendard pour ces artistes.
Un élément exhibé avec fierté et malice au nez de tous. Et ça, messieurs dames, c'est beau. Demandez à Jason Lee (My Name Is Earl): Quand il avait envie qu'on lui lâche les baskets entre deux saisons de la série, il se rasait le dessous du nez. Imparable pour avoir la paix, il paraît.
A mettre aussi dans cette catégorie : Ted Levine (Monk), Nick Offerman (Parks & Recreation, sauf que lui l'a toujours eu il me semble)
CATEGORIE 3 : La moustache qui vous change en tant qu'homme (mais vraiment)
Ce petit tapis de poils, généralement, le public ne le voit pas arriver. Plus fort : l'audience ne peut même pas imaginer l'idée d'un tel développement possible. Et pourtant, pourtant... le coup de poker s'avère incroyablement payant. Parce que mine de rien, cette stachemou', elle change bien comme il faut l'image que l'on se faisait de vous.
L'exemple roi, c'est Bradley Whitford et son changement de look pour The Good Guys de Matt Nix. Je ne sais pas pourquoi, mais en l'espace d'un été, de la fin de The West Wing au lancement de Studio 60, j'ai eu l'impression que l'acteur avait pris un bon petit coup de vieux.
Par le biais d'une "opération bacchantes" étonnante, il a donné d'entrée un truc à son personnage de flic improbable. Bien joué, Bradley.
CATEGORIE 4 : La moustache qui fait dire aux gens autour de vous "non, mais non : c'est pas possible..."
Dans l'esprit, les artistes qui se sont dit "c'est bon : laisse pousser" comptaient bien finir triomphalement dans la catégorie juste au dessus. Raté. L'accessoire était là pour apporter une touche particulière, colorer un rôle et embellir une composition d'acteur.
Dans les faits, c'est un peu comme un accident de voiture : on ne devrait pas regarder, on devrait faire autre chose que de fixer la glorieuse... mais ce n'est tout simplement pas possible. Elle est ridicule, elle est superflue, elle est gênante : en soi, c'est un vrai firewall qui vous empêche d'entrer dans une histoire. Et c'est très, très troublant.
La palme en la matière revient peut-être à ce pauvre Jimmy Smits dans la saison 3 de Dexter. Pour incarner le dangereux Miguel Prado, il s'est dit qu'un peu de poils ne pourrait pas faire de mal. Mieux : cela devait, sur le papier, renforcer le caractère sombre de son personnage (ben oui : moustache = danger, c'est évident).
Mais en fait non. Non, non, non. J'en glisserai sans doute encore deux mots lors de la review de cette troisième saison des aventures du petit père Morgan... (oui, oui : c'est du teasing tiré par les poils).
Le monde des séries télé n'a pas de chance : il n'a pas son Uwe Boll. Vous ne savez pas qui c'est ? Pour faire court, Boll est un "cinéaste" allemand qui fait des "films" régulièrement descendus par la presse mais qui se considère comme un véritable esthète, un authentique artiste. Quitte, pour montrer qu'il a raison, à se castagner sur un ring de catch avec des critiques pour leur montrer que si, bon sang, il a raison.
Donc non, pas de Uwe Boll chez les producteurs de séries. Pas encore.
Mais on a déjà Tim Kring. Et c'est pas mal aussi.
Parce que si Kring n'en est pas encore à se battre avec les geeks de la terre, il a quand même une sacrée propension à nier la réalité quand les audiences de ses séries se cassent la gueule et que les critiques ne sont pas vraiment porteuses.
La période "On est désolés"
Toute l'histoire de Heroes a ainsi été marquée par ses déclarations à l'emporte pièce, et ça continue encore aujourd'hui. La preuve en quatre temps.
Novembre 2007: après un début de saison 2 désastreux (et alors que la saison 1 avait fait monter la pression jusqu'à un final décevant). C'est là que ce brave Tim prend la parole... et s'excuse : "Nous pensions que le public s’attendait à quelque chose comme dans la saison 1, un développement d’intrigues autour des personnages et la découverte de leurs pouvoirs. Nous leur avons appris une certaine manière de raconter une histoire. Mais ils voulaient des montées d’adrénaline. Nous avons donc fait une erreur (...) Le message qu’on veut passer est simple, nous avons entendu les critiques et nous sommes en train d’arranger les choses".
Image créée par le site pErDUSA
(http://www.a-suivre.org/usa/heroes-3-04-i-am-become-death.html)
Faire son mea culpa, c'est bien. Sincèrement. Dire qu'on a voulu prendre les gens pour des quiches en leur refourgant la même recette de glace à la quenelle, c'était déjà nettement plus bateau. Mais dans l'absolu, je dois être honnête : peu de producteurs sont capables de faire ça. Sauf que...
La période "Accroche-toi à ton string" (en fait, "On est désolés", épisode II)
Automne 2008 : "Le volume Villains de la série durera 13 épisodes et vous saurez qu'en abordant le treizième épisode, vous aurez vu le début, le milieu et la fin de l'histoire... c'est comme un roman (...) Vous ne vous retrouverez pas avec une fin sans réponses. Il y a un nombre défini d'épisodes donc vous anticiperez (...) Si vous tenez jusqu'au bout, vous serez récompensé."
Tim se fend d'une analogie qui ne manque pas de baloches, lorgnant vers une maîtrise à la Joe Michael Straczinski pour Babylon 5. Sauf qu'en début de saison 3, les chiffres ne suivent pas. Les critiques sont moins acerbes sur le contenu (plus maîtrisé, il est vrai... Tout du moins est-il moins bordélique qu'en saison 2) mais le public décroche. Et là, Tim... s'excuse. Encore.
Novembre 2008 : il va voir NBC en leur annonçant qu'il reconnaissait avoir trop délégué de responsabilités à ses collaborateurs concernant l'écriture des scénarios (Courageux...).
Pour redresser la barre, il annonce qu'il veut adopter une nouvelle ligne directrice qu'il a présenté au studio Universal et à la chaîne. Il leur a annoncé la volonté de simplifier les intrigues, de laisser de côté les diverses histoires et recentrer la série sur les personnages.
La période "Non mais en fait, on a fait un truc trop génial"
De quoi tenir un an de plus, avant l'annulation du show. Sur un cliffhanger (ce qui n'est pas une fin d'histoire, Timmy : non, non, non. C'est pourtant simple, ne crois-tu pas ?)
Fin de l'histoire ? Eh bien non !
Ce mois-ci, notre showrunner préféré remonte au créneau. Et lâche une bombe H (comme humilité). Le professionnel parle alors d’un lien de cause à effet : « L'érosion de notre succès est la conséquence de notre succès en téléchargement illégal. A sa fin, Heroes comptait toujours sur un public important, mais ce public préférait ne pas forcément regarder les épisodes sur un poste de télévision» (via Toutelatele.com).
Que le téléchargement puisse avoir une conséquence sur l'audience : soit. Mais n'est-ce pas le cas de pas mal de séries qui ont duré plus longtemps, et ont connu de meilleurs scores grâce à un contenu mieux maîtrisé ? Je pense que si.
Mais Tim est comme ça : c'est le roi de la déclaration approximative, faussement sincère et assez opportune.
Voilà pourquoi j'ai juste envie de lui dire "Mais bon dieu: bosse et tais-toi".
Le pitch: Lennon et Jessica sont les meilleures amies du monde mais vivent chacune dans une ville différente. Jusqu'à ce que Jessica reçoive un courrier qui scelle la fin de son mariage, son mari ayant la délicatesse de lui envoyer les papiers du divorce par la poste. Jessica laisse alors tout tomber pour rejoindre New York et Lennon, pour retrouver sa BFF et la vie qui va avec. Sauf que Lennon vit maintenant avec Joe, et que ce n'est plus vraiment pareil.
Bon, c'est vrai : des fois (souvent ?), je suis méchant. Je le reconnais, ça m'arrive. Surtout quand on parle de séries télé, et qu'on donne dans le foutage de gueule.
Mais je ne suis pas malhonnête. En tout cas, pas trop. La preuve : après avoir vu le pilote de Best Friends Forever, j'ai laissé passer quelques jours pour le revoir à nouveau. Et là, bon...
Du vu, du revu et du rerevu...
J'ai beau être persévérant, il faut se rendre à l'évidence : la nouvelle comédie de NBC, qui doit arriver à l'antenne le 4 avril, loupe complètement son entrée.
Parce que ce n'est pas franchement original dans le fond (le pitch est très classique). Et parce que formellement, ça ne casse pas trois pattes à un canard.
Les personnages sont stéréotypés à mort, les situations dans lesquelles ils se débattent sont d'une platitude rare, le jeu des acteurs n'apporte pas grand-chose (en même temps, quand il n'y a rien à sauver...).
Ah oui, et puis il y a un détail ennuyeux : ce n'est pas drôle. Et c'est censé être une comédie.
Une nouveauté ou un symptôme ?
Je ne sais pas à quoi ressemblera la suite mais franchement, si rien ne bouge sérieusement après cet épisode initial, Best Friends Forever ne pourra pas faire long feu.
En fait, ce pilote est assez terrible parce qu'il donne du grain à moudre à ceux qui pensent que NBC est un network complètement aux abois, capable de balancer à l'écran des productions complètement vaines tant ses dirigeants ne savent plus quoi faire.
Oui : des fois, je suis méchant. Mais là, avec cette nouveauté terne et pas drôle (je le redis, parce que c'est grave), je suis plus dépité qu'autre chose.
Je vous le jure : ce n'est pas un post vraiment méchant. Enfin, pas complètement. Mais au moment de dresser le bilan d'une très agréable saison 3 de 30 Rock, la remarque m'a traversé l'esprit pour ne plus vraiment s'en aller.
Ce billet aurait pu s'appeler "Le syndrome Hornberger" si j'étais parvenu à faire un nouveau top 5 des personnages de séries télé qui ne servent à rien.
Parfois imité, jamais égalé
Quand l'idée m'est venue, je me suis dit que je pourrais y glisser Ryan et Esposito, les deux faire-valoir qui accompagnent Rick Castle et Kate Beckett dans Castle. Mais il faut bien avouer que si ces seconds rôles ne servent franchement pas à grand-chose, ils ont au moins quelques échanges plus ou moins mauvais avec les deux personnages principaux à chaque épisode.
J'aurais aussi pu rajouter toute une tripotée de personnages supprimés par David E. Kelley dans ces séries, de Ally MacBeal à Harry's Law, en passant par Boston Public ou Boston Legal.
Mais soyons honnêtes : ces personnages, dont la disparition souvent soudaine survient après plusieurs épisodes à jouer les bibelots, ont au moins le mérite d'avoir été un peu exposé quelques temps (si, si. Même Rachida Jones dans Boston Public).
Et en plus, on passait d'un top 5 à au moins un top 38.
Un personnage dans le trou noir d'Hollywood
La vérité, c'est que très peu de cas de figure atteignent, dans les années 2000, l'anti-niveau du personnage interprété par Scott Adsit.
Vous me trouvez dur ? Alors, servez-vous de votre mémoire : Pete Hornberger, dans 30 Rock, c'est une vague intrigue en saison 1 (son mariage qui périclite), plusieurs épisodes de la saison 2 à jouer les colocs de Liz Lemon (sans qu'aucune évolution du personnage ne soit notable) et juste après... rien. Rien de rien.
Jamais vraiment drôle, sans odeur ni saveur (et pas beaucoup de cheveux : ce garçon n'a pas de bol), le personnage de Pete traverse le temps en remontant, de façon très troublante, la chaîne de l'évolution du personnage comique. Passant du second rôle discret à celui de béquille assez bancale.
Mais Cerie n'est pas créditée au générique. Cerie ne servait pas, dans le pilote, de cause du tout premier conflit entre Jack Donaghy et Liz Lemon.
Et elle, elle a des cheveux, quoi. Blonds en plus.
Non, moi je vous le dis : des personnages aussi transparents (et même le wiki qui lui est consacré le montre), aussi peu utilisés (et donc peu utiles), ça n'arrive vraiment pas souvent.
Je ne sais pas ce que vous penserez de tout ça... Ce que je sais en revanche, c'est qu'avec ce post, j'ai mes chances pour finir dans le top des recherches sur Pete Hornberger dans Google.
Et ça, ça ne manque pas d'ironie. L'effet Tina Fey, encore.
Il en va avec un blog comme en amour, en fait : il faut savoir étonner, surprendre de temps à autre sinon on ne se regarde plus.
Voilà pourquoi aujourd'hui, on va parler télé française et même téléréalité. Ce n'est pas la première fois que ça arrive de ce côté du web, mais cette fois-ci, c'est un paquet de bougies qui m'a donné envie de prendre le clavier.
Un anniversaire, des boulettes pour le gâteau
Comme vous le savez sans doute, M6 célèbre son 25e anniversaire ce mois-ci. L'occasion pour la direction de la chaîne de revenir sur ses plus beaux faits d'armes, pour le meilleur (la diffusion en prime time de séries comme The X Files ou Ally McBeal à une époque où ce n'était pas franchement une évidence) et le moins meilleur (Loft Story, qui a ouvert la voie à la Real TV française en général, et à celle qui se regarde le nombril en particulier).
Qui dit bilan dit aussi perspectives, forcément. Et quand Nicolas de Tavernost, le numéro de la chaîne prend la parole dans Les Echos pour sortir de bonnes grosses énormités, ça a un peu de mal à passer. Je vous le dis tout de suite : je ne me moquerai pas des plus mémorables morceaux de cet entretien - et notamment le monumental "La fiction française, nous avons mis plus de dix ans à l'installer". Manuel Raynaud (Spin-Off.fr, sur LePlus) et Dominique Montay (Le Village) l'ont effectivement fait avant moi, et ils l'ont fait avec l'efficacité de Tom Cruise dans la scène du night club dans Collateral.
L'impression de "déjà raconté", sous une autre forme
Non en fait, je m'interroge sur un mouvement de fond : à une époque où on a le choix entre des fictions américaines archiprésentes dans les grilles de programmation (1) et des fictions françaises qui tendent vers le mieux mais souffrent encore de ne pas avoir vraiment trouvé leur voix (2), je me demande si la capacité française à raconter des histoires accrocheuses n'a pas été happée par une partie de la téléréalité.
Et quand je dis ça, je pense à deux cas : Top Chef et Koh Lanta.
Je ne vais pas m'étendre sur le rouleau-compresseur à audiences de TF1 ce coup-ci, parce qu'il fonctionne comme le rendez-vous du lundi soir proposé par l'ex "Petite chaîne qui monte". Et je vais en venir directement à ma démonstration.
Quand "sublimer le veau" devient tout une histoire...
Une fiction qui marche, c'est quoi ? Ce sont des personnages bien dessinés, des archétypes dont le dilemme (ou la quête, en tout cas la personnalité) est exposé de façon efficace et qui essaient de se réaliser à travers une quête.
La qualité de l'histoire tient alors le plus souvent en deux points : la capacité à créer des interactions dynamiques entre les différents protagonistes et la capacité à poser des obstacles sur leur chemin, pour créer des rebondissements, pour les faire évoluer.
Top Chef, c'est quoi ? Ce sont des personnes, des candidats qui, au gré de la présentation, du montage, de la narration donnent une image, une représentation d'eux-mêmes. Tous poursuivent le même but : devenir le meilleur jeune cuisinier de l'émission.
Avec les candidats les plus emblématiques (pour la saison 3, c'est définitivement Norbert, le Drômois à rouflaquettes), les événements mais aussi la narration, tendent à les faire évoluer au gré des épreuves. Il faut dire que les rebondissements sont nombreux, et que les rapprochements/oppositions se multiplient au gré de ces mêmes épreuves.
Et bon sang, là je vous avoue volontiers un truc : sur moi, ça marche bien.
Qu'on m'explique !
Ma conclusion est donc la suivante : la téléréalité qui cartonne le plus, c'est celle qui reprend les mécanismes phare de la narration télé en se drapant dans le fait que ceux qui jouent ne sont pas (tout à fait) des comédiens.
Ça passe par l'instauration d'enjeux humains, par un développement sur la durée et par une mise en images/mise en situation qui colle parfaitement à ces impératifs.
D'où la question qui me taraude : comment la télé française a-t-elle pu s'approprier parfaitement des codes qui n'étaient pas les siens pour la téléréalité et ne pas avoir su développer une réflexion équivalente pour ses fictions ? La question des moyens joue sans doute, mais franchement, elle n'explique pas tout (3).
Voilà. Vous avez quatre heures : les calculettes sont interdites. Ou alors vous pouvez laisser un commentaire...
Bien à vous,
Benny
- (1) : Pas forcément dans une volonté de faire valoir la pluralité des genres hélas: mais ce n'est pas le débat du jour.
- (2) : Dans le sens "la voix avec laquelle elles parlent au téléspectateurs". C'était assez évident par exemple avec Les hommes de l'ombre, où on pouvait alterner de vrais bons moments de narration et de sacrés passages à vides.
- (3) : Pour moi, la question n'est pas "Pourquoi on le fait pas ?", mais bien "Pourquoi on ne sait pas le faire ?"
Le Pitch : Célibataire endurci, Rob, architecte paysagiste, voit sa vie basculer en épousant du jour au lendemain la jolie Maggie. Le voilà effectivement confronté aux multiples petits bouleversements liés à la vie de couple et surtout à une belle famille mexicaine aussi nombreuse qu'envahissante.
Qui a dit que CBS était, aux Etats-Unis, la chaîne des vieux ? Cette affirmation, on a parfois tendance à l'oublier quand on se pose devant The Big Bang Theory ou The Good Wife, deux succès publics qui sont loin de faire vibrer les seuls porteurs de cheveux d'argent. Sauf que la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre, et qu'il y a, dans la programmation de la chaîne, quelques belles golden qui entretiennent les clichés.
Le dernier exemple en date, c'est assurément iRob! (ou Rob, c'est comme vous voulez), petite comédie sans prétention qui accumule pas mal de clichés.
La recette ressemble à celle des pâtes au riz. Un peu lourd, limité, pas super varié.
Vous prenez :
- Un héros névrosé joué par un artiste rompu à la comédie (Rob Schneider vient du stand up)
- Un second rôle féminin qui incarne la gentillesse et la simplicité, pour servir de "repère plutôt normal" (Claudia Bassols dont le joli minois a damé le pion à Nadine Velasquez, de My Name is Earl, qui devait tenir le rôle)
- Une petite tripotée de seconds rôles plutôt barrés et franchement caricaturaux (la belle-mère qui décide de tout; le beau-père qui veut surtout qu'on lui foute la paix - joué par Cheech Marin; le cousin qui fatigue assez vite)
- Un décor en carton pâte
- Assaisonnez le tout de rires toutes les trente secondes
Et vous obtenez une sitcom de 1987, laquelle fait passer 2 Broke Girls pour un monument d'audace et une expérience conceptuelle.
Si, comme moi, vous n'avez rien contre les pâtes (et le riz) en ces temps de crise, vous allez bouffer de l'humour à très, très gros sabots (ah, la scène où Rob se retrouve dans la chambre de la grand-mère...1), qui joue sur le choc des cultures (donc de l'humour à gros poncho, mucho racisto ?) sans chercher à voir au-delà.
Le problème, c'est que la perspective de se faire 13, 22, 24 plats de pâtes au riz porte au coeur. Du coup, même si les Américains consomment des fois n'importe comment (la bouillie According To Jim), on voit mal comment, en France, on pourrait accrocher durablement avec Rob et sa belle-famille. Ou alors vous regardez ça au 150e degré, en vous disant que c'est une expérience anthropologique façon Claude Guéant. A moins que vous n'optiez pour un visionnage multitâches, en faisant votre lessive et la liste des courses.
Bien à vous,
Benny
(1) : Un aveu, quitte à perdre toute crédibilité, j'ai pouffé devant cette scène. Adieu, e-lecteur.
Il y a des scènes de télé que l'on n'oubliera jamais. En les voyant, on a vibré, on a tremblé, on a parfois pleuré. L'ultime séquence de Six Feet Under, l'avant-dernière scène du season finale de la saison 2 d'Alias (celle où Sydney et Francie mangent une glace sur le canapé : terrible), le dernier épisode de Mark Greene dans Urgences ou le baiser final dans la saison 2 de The Office... ces moments sont ce pour quoi on se pose devant un écran de télé ou d'ordinateur pendant des heures.
Et puis il y a le reste. Les trucs beaucoup moins bien, pas vraiment réussis. Avec, au milieu, le pire. Et ça aussi, bizarrement, on s'en souvient bien.
Parce que c'est overzetop. Parce que c'est tellement mal amené que ce qui devait être dramatique fait rigoler. Parce que l'on se dit que les scénaristes, ces petits pandas naïfs, prennent parfois leur audience pour une belle bande d'imbéciles.
Franchement, ça aussi madame, ça mérite un carré d'as.
NUMERO 4 : La mort du docteur Romano dans Urgences (saison 10)
Episode 8 : Freefall. On sait depuis la saison 9 que le plus antipathique médecin du Cook County Hospital a un problème avec les hélicoptères. L'accident qui survient dans le premier épisode de cette année-là est sanglant et assez bizarre. Mais il a le mérite de donner du très bon matériel aux scénaristes pour développer la personnalité du chirurgien.
Un peu plus d'un an après, les producteurs nous reproposent un match Rocket Romano vs Medicopter, avec un résultat définitif. Dans le fond comme dans la forme, c'est vraiment bancal : l'idée est franchement tirée par les cheveux et la mise en images assez catastrophique. Et en plus, tout ça est assez stupide.
NUMERO 3 : Grey's Anatomy, Meredith et une bombe dans le corps d'un patient (saison 2)
Episodes 16 et 17 : It's the End of The World / As We Know It. Et dire que c'était un épisode diffusé après le Superbowl ! Pour une fois, je vais être (presque) gentil : Shonda Rhymes est capable du meilleur comme du pire. Le meilleur, pour moi, c'est souvent dans Private Practice (même si bon, imaginer une folle qui vous fait une césarienne à domicile avec des instruments achetés pour l'occasion...).
Le pire, c'est peut-être ici : un double épisode, un casting de malade (Christina Ricci... et Kyle Chandler !) et un pitch complètement barré avec une bombe dans un torse et un twist super pourri à la fin du premier épisode pour mettre en place un cliffhanger qui donne envie de vendre sa télé.
Je veux bien reconnaître qu'il y a là une volonté de créer une dimension symbolique à cette histoire... mais franchement, Shonda et le symbolisme, ça fait deux.
NUMERO 2 : Alias, Nadia et la mort par table basse (saison 5)
Episode 13 : 30 Seconds. Alors ça, c'est terrible. C'est surtout symptomatique d'une fin de série bâclée. Nadia, la demi-soeur de Sydney, se retrouve confrontée une dernière fois à l'incontournable Sloane. Une dispute éclate à cause de Rambaldi (quel sale type, quand même), ils en viennent aux mains, Sloane la repousse, elle tombe sur une table basse... et meurt. Je pense que les producteurs se sont dit que, sur le papier, ça passait. A l'écran, c'est vraiment ridicule.
Dans les faits, ABC avait réduit la commande d'épisodes de ce qui devait être la dernière saison d'Alias. On sent que, pour conclure, les scénaristes ont appuyé sur Fast Forward. Six ans après, c'est toujours effarant à voir.
NUMERO 1 : Beverly Hills, Kelly, une lesbienne et un incendie (saison 5)
Episode 13 : Up in Flames. Il y a ceux qui l'ont vu et ceux qui ne l'ont pas vu. Les premiers pourraient se faire floquer un t-shirt revendiquant ce fait d'armes; les seconds ne savent pas ce qu'ils ratent. L'histoire ? Kelly Taylor s'est attirée les faveurs d'une fille qui aime d'autres filles. La blonde - un peu coincée - n'est clairement pas à l'aise avec cette situation. Et l'histoire prend un tour inattendu quand les deux nanas se retrouvent prises au piège dans les locaux du Peach Pit en plein incendie.
On savait que Beverly Hills n'avait jamais peur du ridicule mais là, c'est le pompon... et en plus il y a une petite pointe d'homophobie dans la storyline (Vont-elles mourir ? Et si oui, la fille avec Kelly va-t-elle tenter de conclure avant de se faire dévorer par le feu ?). C'est assez inoubliable. Hélas.
J'en ai sûrement oublié d'aussi mémorables : si vous en connaissez d'autres, c'est le moment de vous exprimer.
Le pitch : Consultant en finance et management auprès de grandes entreprises (mais aussi frimeur triple A et coureur de jupons), Marty Kaan dispense de multiples conseils aux puissants qui veulent le rester malgré la crise. Une discipline dans laquelle il excelle et qu'il mène de front avec l'éducation de son fils. Ceci alors que son ex-femme (et principal concurrent dans son job) n'en a pas vraiment grand'chose à faire...
Découvrir une nouvelle série de Showtime, c'est un petit peu comme faire de la plongée avec un slip en plomb. Si vous avez de la chance (Dexter, Homeland), l'aventure sera pleine de surprises. Par contre, si vous êtes dans un mauvais jour, ça risque de vous fatiguer assez vite (Weeds, Nurse Jackie un peu, aussi).
La petite dernière s'appelle House of Lies et, Ô joie, elle marque le retour de l'impeccable Don Cheadle (Picket Fences, la saison 9 d'Urgences et dans plusieurs films de Soderbergh) dans une série. Je n'avais pas entendu parler de ce projet avant la diffusion du pilote aux USA, mais coup sur coup, j'ai parcouru deux présentations (très) contradictoires qui ont attiré mon attention.
Forcément, ça donne envie de savoir de quoi il retourne. Et de se faire son opinion.
Petit coup d'oeil sur la fiche technique : on doit House of Lies à Matthew Carnahan (2), qui n'avait plus fait parler de lui depuis l'annulation de Dirt. Ce qui était plutôt une bonne nouvelle parce qu'en matière de ratage, ce show se posait là. Vain, vulgaire, creux comme c'est pas permis... j'avais rarement vu un truc aussi suffisant dans l'insuffisance.
Mais tant pis/tant mieux : comme on disait du bien de House of Lies, que je ne suis pas (trop) un garçon obtu et que j'aime bien qu'on me surprenne (et qu'il y avait, je le redis, Don Cheadle), j'ai plongé dans l'aventure. Avec mon slip en plomb.
Et j'ai bu la tasse.
La théorie du mille-feuilles
Tout n'est cependant pas à jeter. Personnellement, contrairement à Jéjé, j'ai plutôt aimé l'intro (qui est du 100% Showtime: on aime ou pas). Et j'ai constaté, comme Pierre Langlais et avec plaisir, que Cheadle avait toujours un petit truc en plus. J'ai aussi aimé la scène dans laquelle l'effeuilleuse qui finit une soirée avec Marty se prend au jeu et se fait passer pour sa femme.
J'ai également apprécié celle où le héros défend bec et ongles son fils devant la directrice de son école, alors que le rejeton auditionne pour le premier rôle... féminin d'une comédie musicale. Les arrêts sur images, les regards caméra ne m'ont pas gêné: je trouve même que ça fonctionnait assez bien. C'était enfin agréable de revoir Kristen Bell (Veronica Mars) même si son rôle est restreint pour ce premier épisode.
Le problème, c'est tout le reste. Le problème, c'est Matthew Carnahan. Encore.
Ce garçon a un vrai gros souci : il ne sait pas raconter une histoire. On pourrait croire qu'il sait pondre un script rythmé, parce que, c'est vrai, il se passe beaucoup de choses dans son pilote.
Mais en fait, ce n'est pas un scénariste. C'est un pâtissier industriel.
Carnahan, c'est le roi du mille-feuilles narratif. Sa recette? On superpose des couches de storylines, on y ajoute une crème bien épaisse à base de scènes "audacieuses" et on vous fourre le tout dans la gorge. Bien profondément.
La coolitude, ça ne se décrète pas en glissant un billet dans un string
Sauf qu'écrire une histoire, ce n'est pas ça. Pour que les scènes phares de cet épisode fonctionnent, il aurait fallu qu'elles servent un propos mieux structuré. Le coeur du sujet pourrait être tout le côté "consultant pour gens fortunés qui s'engraissent sur le dos des pauvres", or, c'est suggéré avec beaucoup trop de maladresse. Dommage : c'est un atout en or pourdévelopper des personnages complexes. Une étape cruciale que ce pilote foire dans les grandes largeurs, en se perdant dans des "scènes pretexte".
En fait, il y a dans House of Lies, comme dans Dirt,un refus de la psychologie qui est assez effarant. Pour l'auteur, caractériser un héros, cela passe par une série de scènes hautes en couleur qui doivent permettre d'entrer dans sa tête. Apparemment, plus on lui fait faire des trucs déjantés, plus sa coolitude sera évidente.
De la fausse audace à la vraie vulgarité
Et si vous n'êtes pas convaincu, il y a la botte secrète: la scène où le personnage principal saisit furtivement la vacuité de son existence - scène qui arrive n'importe comment, comme un paquet d'autres choses "fun" dans ce gloubi boulga narratif. La démonstration est alors lourde au possible. L'objectif: vous faire comprendre que oui, on vous le jure, Marty Kaan est un garçon complexe.
Tout le problème, il est là : Carnahan n'est pas un garçon dénué d'imagination mais il n'a aucun sens de la subtilité. Il est un peu comme votre cousin Cédric qui, dès qu'il fait un trait d'esprit, vous donne un vilain coup de coude dans les côtes avant de vous dire "eh, t'as vu, j'ai fait une blague/une vacherie. C'était bien hein?"
Non, Matthew: ça n'est pas bien. Ce n'est pas "audacieux". Ni "Cool". C'est vulgaire. C'est raté. Et c'est dommage. Sans guillemets.
Bien à vous,
Benny
(1): La dernière en date, consacrée à l'arrivée de la série française Les Hommes de l'Ombre, était vachement bien: elle est écoutable sur le site de la radio.
(2): A ne pas confondre avec Joe Carnahan, le réalisateur de Narc et Mi$e à Prix. Surtout pas.
L'affaire aura défrayé la chronique pendant de très longs mois. Elle est tour à tour empreinte de cynisme, de pathétique, de moments franchement drôles, de business... et de pathétique, encore. Quelle affaire ? Celle qui aura vu Charlie Sheen quitter Mon Oncle Charlie/Two and a half men, sitcom aussi adulée par les uns que décriée par les autres.
Si vous avez manqué cette tragi-comédie (la meilleure série de l'année?), le résumé est à lire ici (et beaucoup plus est à découvrir du côté d'Allociné, qui n'a jamais lâché le morceau tout au long de 2011 et dont les infos ont servi de grosse base de travail à ce billet). Attention: spoilers inside.
28 janvier :Charlie Sheen annonce sa décision d’entrer en cure de désintoxication. Dans un communiqué, Stan Rosenfield, son attaché de presse, déclare : "Il est très reconnaissant à tous ceux qui ont fait part de leur inquiétude."
Le tournage de la sitcom (la plus regardée aux USA en ce début de décennie) est interrompu pour une durée indéterminée. Dans un communiqué, le producteur exécutif du show, Chuck Lorre, déclare: "Nous sommes profondément inquiets pour sa santé et son bien-être, et nous soutenons sa décision." On parle d'une absence de trois mois pour l'acteur.
Début février : Sheen va mieux. Même que c'est son avocat qui le dit. L'interprète de Charlie Harper pourrait même faire son retour sur les plateaux de tournage avant la fin du mois. Tout ça, grâce à sa famille. Très vite, il propose de payer de sa poche un tiers du salaire de l'équipe de tournage pour pallier le manque à gagner... à condition que CBS et Warner Bros fassent de même.
14 février : dans une de ses célébrissimes Vanity cards (un message à lire dans les génériques de fin de ses shows), Chuck Lorre (ci-contre à gauche, photo DR) lâche ce commentaire agacé : "Je fais de l'exercice régulièrement. Je mange des quantités modérées d'aliments sains. Je m'assure de prendre beaucoup de repos. Je vois mon médecin une fois par an et mon dentiste deux fois par an. J'utilise du fil dentaire chaque soir. J'ai fait une radiographie pulmonaire, des tests de stress cardio, des ECG et des coloscopies. Je vois un psychologue et j'ai tout un tas de loisirs pour réduire le stress. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. Je ne fait pas n'importe quoi sexuellement avec des inconnus. Si Charlie Sheen me survit, je serais dégoûté".
Joie...
Fin février : Au micro du "Alex Jones Show", une émission de radio, Charlie Sheen, s'estimant la cible des médias, pète un câble : "J'ai passé, je crois, la dernière décennie à convertir sans efforts et presque par magie sa "merde" en or", lâche-t-il au sujet de Chuck Lorre et Mon Oncle Charlie. Sur le site TMZ, il déclare que le créateur de Dharma & Greg et The Big Bang Theory est un "petit bonhomme complètement stupide". Il propose même un duel avec le scénariste: "S'il gagne, il peut quitter ma série", ajoute-t-il.
La réponse de Warner Bros. TV et CBS: la fin de saison est tout bonnement annulée.
Réponse qui entraîne... une réponse écrite de Charlie Sheen, envoyée au site TMZ (ben oui : si c'est pas public, c'est pas drôle). Ce que ça dit? "Je contre-attaque encore une fois et ce petit ver pourri [ndlr: Chuck Lorre] ne peut pas faire face à mon pouvoir et affronter la vérité. Je ne lui souhaite rien d'autre que de la douleur (...) Manifestement j'ai vaincu ce ver de terre avec mes déclarations - alors imaginez ce qui aurait pu se passer si j'avais sorti mes poings en feu". Là, c'est sûr : il est guéri. Dans sa tête.
1er Mars : après avoir palabré un peu partout, Sheen file chez 20/20, pour une interview spéciale sur ABC. Il annonce sa volonté de poursuivre poursuivre en justice CBS et Warner Bros. pour rupture de contrat. Et il espère récupérer une belle somme au passage.
2 mars : Chez Howard Stern, Sheen balance encore. On ne l'arrête plus : "Chuck veut se retirer. Il est grillé. Il a trois shows à gérer (Mon oncle Charlie, The Big Bang Theory, Mike & Molly) et a oublié que le nôtre est celui grâce auquel tout a été possible (...) Selon moi, la vraie solution, c'est que Les Moonves [boss de CBS] le vire et me reprenne, ainsi tout le monde sera gagnant." L'acteur vedette de Platoon, qui vient alors de débarquer sur Twitter (et rameute 650 000 followers en quelques jours) précise qu'il ne donnera plus d'interviews parce qu'il est fatigué. En même temps, on a compté qu'il avait fait parler de lui 11 fois en 8 jours...
Moralité : Vous aussi, dites-non à la drogue. Apparemment, ça donne une patate atomique. Enfin, pas à tout le monde: Stan Rosenfeld, l'agent de l'acteur, claque la porte. Tout porte à croire que lui, est un peu fatigué par tout ça.
Ce qui n'est pas le cas de Les Moonves, qui se marre franchement. Il déclare à l'époque à San Francisco: "A court terme, c'est en réalité plutôt intéressant financièrement parlant pour nous (...) En fin de compte, je ne sais pas comment tout cela va se terminer. J'espère que la série va revenir. Nous verrons." Et voilà, mesdames et messieurs, pourquoi Moonves est à la tête de CBS depuis de loooongues années: il a sans doute déjà compris que Mon oncle Charlie n'a pas encore fini sa course à l'antenne. Avec ou sans son acteur vedette.
Pendant ce temps, Jon Cryer, co-vedette du show, s'occupe comme il peut...
5 Mars : Charlie Sheen lance son propre talk show sur le web, Sheen's korner. Le premier épisode cartonne. Et il obtient le soutien de Sean Penn - qui veut l'emmener faire de l'humanitaire en Haïti - et du très "Jean-Claude-Vandammesque" Gary Busey, toujours aussi space : "Je veux que Charlie s'extirpe de toute cette boue infâme, reprenne en main sa vie et je prie pour lui". Amen.
7 mars : Sheen est officiellement viré de Two and a half men. Sa réaction ? "Maintenant, je peux prendre leurs milliards, sans plus avoir à regarder leurs faces de c** et sans plus jamais avoir à enfiler leurs chemises stupides aussi longtemps que ces sorciers vivront dans cette dimension terrestre."
Un petit pas pour la production télé, un pas de géant pour la mode et les voyages interdimensionnels ?
Incroyable mais vrai : on apprend que Joe Estevez, l'oncle de Charlie, a proposé de le remplacer à l'écran. Les producteurs du show n'ont pas donné suite. C'est dingue...
8 Mars :Sheen's korner connaît son 4e épisode. Ce sera le dernier.
10 Mars : l'avocat de l'artiste annonce sa volonté de lancer une procédure judiciaire dans le but de récupérer pas moins de 100 millions de dollars.
Début avril : après avoir lancé un site internet et alors qu'il vient de débuter une improbable tournée sur scène, Sheen refait parler de lui avec une parodie de son entretien dans "20/20". Et... il est drôle, ce gros cochon !
Mais il y en a un que ça ne fait pas rire. Qui donc ? Son pote Daniel Baldwin: "Quand je regarde ce qui arrive à Charlie en ce moment, je suis triste, très triste. Je le connais depuis près de 25 ans. Une telle désintégration publique est pénible à voir", confie-t-il.
Mi-avril :on parle d'un retour de Sheen dans Two and a half man. Sans rire ? "On m'a demandé de ne pas en parler", confie l'artiste à une radio (ce que n'importe qui ferait si on lui disait de ne pas parler, évidemment). La réponse de Warner Bros, qui produit le show, est cinglante : "il n'y a pas eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de discussion sur son retour ou sur une quelconque participation à la série".
Mai : Lorre (un peu paniqué à l'idée de revoir le fils Sheen sur un de ses plateaux ?) trouve le successeur de celui qui incarnait Charlie Harper. Ce sera Ashton Kutcher, qui s'est fait connaître dans That 70's show et en épousant Demi Moore.
Juillet : on annonce que Sheen pourrait rejoindre un remake en série de Self Control, un film qui réunissait Adam Sandler et Jack Nicholson à l'écran.
Août :on sait comment Chuck Lorre gère le départ de Charlie Sheen à l'écran. Il tue son personnage. Radical. Et assez jouissif semble-t-il, pour le producteur. Le season premiere est notamment marqué par un plan terrible : une chemise de bowling accroché au-dessus d'un cercueil.
Septembre : un accord à l'amiable est entériné par Sheen, Lorre et la Warner pour régler le départ du premier nommé. Celui-ci touche 25 millions de dollars au passage. Pas si mal en fin de compte. Quelques jours plus tôt, Ashton Kutcher a fait sa première apparition dans Two and a half men (photos WB). Devant 27,8 millions de téléspectateurs. Pas mal du tout non plus.
Octobre : FX annonce la commande officielle de la nouvelle comédie avec Charlie Sheen en vedette, produite par son vieux pote Joe Roth. Intitulée Anger Management, la sitcom a été confiée à Bruce Helford (The Drew Carey Show). Chuck Lorre compatit déjà, semble-t-il...
Décembre : Lorre, encore. Qui revient sur le SheenGate. La raison pour laquelle il ne souhaitait pas que l'acteur revienne tourner fin février ?"Je ne voulais plus écrire une sitcom tandis que mon ami s'éteignait. Ou pire, blessait quelqu'un. Nous ne pouvions être complaisant. Une tragédie se déroulait juste sous nos yeux. Il y avait de la violence et des trous noirs. A un certain niveau, si vous regardez de l'autre côté, vous êtes responsable." A ces propos, Charlie ne répond rien... enfin, pour l'instant.
Moi, j'attends le film indé qui, dans quelques années, cartonnera à Sundance. 'Cause, that's hollywood, baby...
Entre samedi et dimanche, quand retentiront les douze coups de minuit, ils feront sans doute partie de ceux qui pousseront un "ouf" de soulagement, en se disant qu'une année plutôt pourrie est désormais finie. Aujourd'hui, on s'intéresse en effet à tous ceux qui ne garderont pas un souvenir trop ému des 12 mois qui viennent de s'écouler.
Numéro 5 : Bryan Greenberg (How to make it in America)
Personnellement, j'ai longtemps pensé que c'était une belle gueule inexpressive, juste condamnée à jouer dans des séries médiocres (Ah, October Road). Et puis la saison 1 de How To Make it in America m'a fait douter. Et la saison 2 encore plus parce que j'ai trouvé ça plutôt plaisant à regarder (et on en reparlera). Normal : c'était plus rythmé, plus efficace. Mais pas de bol pour Bryan, qui a vu passer pas mal de bonnes guests dans la série dont il était le héros (Gina Gershon, Eriq LaSalle, Joe Pantoliano) : HBO vient juste d'annoncer qu'il n'y aurait pas de saison 3. Du coup, avec un peu de malchance, on le verra en patient de Grey's Anatomy avec un arc de Cupidon dans les fesses. Non, parce que quand ça veut pas...
Numéro 4 : Matthew Perry (Mister Sunshine)
Il voulait avoir son come-back à lui. Plus comme Courteney Cox (Cougar Town) que Lisa Kudrow (avec... The Comeback) et si possible avec les faveurs des critiques. Comme cela fait un petit moment qu'on nous dit qu'il écrit (quand il incarnait Chandler Bing, on lui a prêté un projet qu'il aurait co-écrit et qui était baptisé The Shrink: il n'a jamais vu le jour), Matthew Perry s'est lancé dans l'expérience avec Mister Sunshine. Avec Thomas Schlamme (The West Wing) derrière la caméra. Plus Alyson Janney (toujours The West Wing) et Andrea Anders (Better off Ted) sur le plateau. Problème : le show manquait cruellement de fond. On a cru que ça allait venir après trois épisodes et en fait... non. Du coup, ça n'a pas fait long feu. Et Perry attend toujours de vivre un après Friends. Une série qui s'est achevée il y a sept ans. Ouch.
Numéro 3 : Dick Wolf (franchise Law & Order) et Shawn Ryan (The Chicago Code)
Est-ce que ça sent la fin pour le poids lourd de la production télé dans les 90's et les années 2000? Sans grande surprise, Law & Order : Los Angeles a fait un flop et Law & Order : Criminal Intent, sous respirateur artificiel depuis plusieurs années sur USA Network, a quitté l'antenne à l'automne. Franchement, on a du mal à voir comment il pourrait revenir sur le devant de la scène. En même temps, son principal hit (Law & Order) a duré 20 ans, donc...
Quant à Ryan, père de The Shield, il a encore connu un échec avec The Chicago Code. Après sa reprise avortée de Lie To Me et la production de Terriers, ça commence à faire beaucoup. Et on ne nourrit de regrets que pour la dernière citée, ce qui n'est pas très bon signe.
Numéro 2 : Maria Bello (Prime Suspect)
Alors, elle, ça me fait mal au coeur. Parce que sa série était chouette, qu'elle cassait la baraque dedans et que c'était produit par une partie de l'équipe de Friday Night Lights. Le souci, c'est que c'était diffusé sur NBC, et que les locaux de la chaîne ont dû être bâti sur un cimetière indien parce que ça fait quand même un sacré bout de temps que la chaîne n'a pas sorti un vrai hit.
Numéro 1 : Ceux qui ont fait le succès de Urgences
Qu'ils soient producteurs (David Zabel avec Detroit 1-8-7; Jack Orman avec Pan Am), scénaristes (Lydia Woodward, Yahlin Chang encore avec Pan Am) ou acteurs (Laura Innes dans The Event, David Lyons dans The Cape), on pourrait croire que celles et ceux qui ont durablement contribué au succès des aventures du Cook County Hospital se sont tous lancés dans le prêt à porter cette année : ils ont tous enchaînés les vestes les uns après les autres. Et je ne peux m'empêcher de voir là le symbole d'une fiction télé en panne de confiance, d'inspiration et - du coup- de succès.
On aurait pu ajouter : Charlie Sheen et Chuck Lorre avec Mon Oncle Charlie (mais tout le monde semble avoir trouvé son compte dans le barouf qui a accompagné le départ du premier dans la sitcom du second), James Badge Dale (pour s'être retrouvé dans le premier échec de AMC, Rubicon) et Ellen Pompeo (parce que la plaisanterie Grey's Anatomy dure depuis huit ans, soit plus d'une année dans la vie d'un chien. Et que c'est cruel. Presque autant que cette blague de mauvais goût).
Connecting people, dit la pub d'un célèbre opérateur de téléphone mobile. Conneries. Quand arrive enfin le premier janvier, je kiffe les textos sympas. Les textos un peu persos, quoi. Je n'ai rien contre le petit message envoyé à 153 expéditeurs et qui dit "Comme Eric Woerth, 2010 s'en est allée, vive l'année 2011 avec Alain Juppé. Je pense à vous. Signé : Boubou" (quoique...): c'est toujours bon de faire partir du "club VIP de la carte SIM de Boubou", mais moi j'aime pas faire ça. Pas mon truc.
Je fais partie de ceux qui envoient des messages individualisés. Ces textoteurs communément appelés "iPoires". Non parce que, il faut comprendre ce que cela implique. Ca veut dire s'isoler dans un coin pendant approximativement une heure et pianoter frénétiquement sur son smartphone. Et mine de rien, quand vous faites ça en soirée - être sociable à distance, en un sens - ben vous avez de fortes chances pour passer pour un bel autiste.
"Te voir quand je vais au chouette..."
A plus forte raison quand le chrono est enclenché. Ben oui : à minuit, on débouche le champagne. A minuit, souvent, on songe à se laisser aller: certains et certaines commencent à se tourner autour pour finir la soirée/Débuter l'année de la meilleure des façons. Donc pas question de traîner. Et vous vous retrouvez à taper à toute vitesse sur le clavier numérique. Façon Usain Bolt de l'Azerty.
A ceci près que Usain, pour le coup, il a souvent bien arrosé le repas avant l'heure H et n'est plus d'une parfaite agilité au moment de taper. En gros, quelqu'un lui a mis des barrières de 110 m haies sur sa route et le terrain est salement en pente. Voilà comment on se retrouve à envoyer un truc du genre "Te voir quand je vais au chouette, c'est toujours bureau de croiser ton regard". Ce qui dénote une réelle volonté de dire un joli truc mais n'a, fondamentalement, pas beaucoup de sens...
Napalechoix
Alors, oui. Oui. Vous allez me dire, il suffit d'envoyer ces messages plus tard, genre le lendemain. Mais non: j'aime les envoyer rapidement pour marquer le coup. Et pour ne pas l'oublier parce que le 1er janvier, je serai plus proche de la limace que de l'homo webphonis. Donc il faut le faire maintenant. Tout de suite. C'est obligé. Oui, je suis normal. Si.
Mais du coup, ça crée des incompréhensions, si ce n'est des tensions. Pas cette année puisque j'ai réveillonné au calme. Mais par le passé...
"Elle : Allez, commence pas l'année en t'isolant, viens donc boire un coup
Benny : non mais je m'isole pas, j'envoie des...
Elle : non, sérieux. Cette année, bouge toi. Vois du monde. Reste pas dans ton coin, c'est pas comme ça que tu rencontreras des filles, hein... C'est ça que tu veux ? Rester seul ce soir et les autres soirs ?
Benny : non mais... oui, mais j'envoie des...
Une Autre, bourrée : allez, banannéeee Bobby: gné, tu fais le geek?
Benny : oh, ta gueule !
Elle : Ah tu vois. Eh ben, c'est ça: fais la gueule. Viens L'Autre, on va boire (Et peut-être faire des cochonneries vu qu'on a le temps, on a envoyé "Bonne année 2009" à 254 personnes d'un coup)".
Cougar Town est arrivée sur Teva. Après un crochet par les chaînes du bouquet Orange (Mais si, vous savez : ces canaux que personne ne reçoit mais qui stocke un impressionnant nombre de nouveautés en exclu. De Glee à Boardwalk Empire), la nouvelle sitcom de Bill Lawrence (Scrubs) avec Courteney Cox, est enfin visible d'un plus large public en France.
L'occasion de constater que:
1/ Les débuts sont plutôt sympas. Un peu lents dans l'installation mais sympas.
2/ La comédienne Courteney Cox n'a pas dépassé la date de péremption, comme on pouvait très sérieusement se poser la question après l'apocalyptique Dirt.
3/ Le personnage de Christa Miller donne vraiment l'impression d'être un copier-coller de celui qu'elle avait dans Scrubs
4/ On a vraiment affaire à un ensemble show, et ça c'est plutôt ambitieux. Donc plutôt bien.
Un constat facile à faire : la première soirée consacrée à la série était l'occasion de voir huit épisodes d'un coup. Huit. Rien que ça. Et autant, je peux comprendre qu'on pète un câble à raison d'un épisode par semaine devant In Treatment sur Série Club, autant là, ce sont des soldes d'épisodes sans beaucoup de bon sens.
Mais Cougar Town n'est pas le seul show à subir pareil sort. Paris Première a diffusé Modern Family à coup de six épisodes inédits par soirée (puis rediff dans la foulée).
Un mode d'emploi perdu ?
En fait, la télé française, non contente de ne pas savoir comment produire des sitcoms, ne sait plus les diffuser. Faute d'horaires. Faute (sans doute) de public bien déterminé.
Les années 90, c'était celles des sitcoms en access prime-time en France. Une nounou d'enfer, Notre belle famille sur M6, Friends sur France 2 en fin d'après-midi... la sitcom n'était pas forcément super mieux vue par les programmateurs mais elle était autrement plus visible.
Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, des séries comme The Big Bang Theory ou How I Met Your Mother, qui sont loin d'être plus mauvaises que la majorité de leurs devancières, ne sont pas diffusées à des heures plus ou moins décentes pour le plus grand nombre ?
Pourquoi des sitcoms nouvelle génération comme Scrubs, The Office ou My Name is Earl ont droit à une diffusion au mieux réduite (Canal+ a les droits des aventures de Scranton) au pire débile (Ah, le créneau de 23h50 le vendredi soir sur M6...) ?
"A pas compris, hein..."
La vérité, c'est qu'en France, les directeurs de programmes n'ont pas compris et intégré (voire même constaté ?) la mutation du genre. Des productions toujours légères dans leur propos mais peut-être un poil plus exigeantes que par le passé. Mais est-ce que c'est parce que The Big Bang Theory a un humour très réferentiel qu'elle doit forcément se heurter à la frilosité des diffuseurs ? Est-ce que la logique du mockumentary, qui est différente de la sitcom classique, ne fera pas rire sous prétexte qu'il n'y a pas de rires enregistrés dans la bande son (A l'époque de la version multilingue en plus) ?
Ca paraît difficile à croire. En même temps, il paraît difficile de croire que, chaque soir de la semaine, M6 rediffuse des épisodes de Un gars, une fille par paquet de quatre en attendant le prime time. Problème : c'est bel et bien le cas.
En janvier, pas de flashback, pas flashforward, pas flashternatifs. Lost et ses rescapés du vol Océanic 815 ne reviendront pas. En tout cas pas tout de suite (on ne sait jamais : quelqu'un pourrait en faire une émission de téléréalité bien pourrie, à coups de flashtonkutchers).
Je ne vous ferai pas une review de l'ultime saison : Ju de pErDUSA a fait ça tellement bien qu'il n'y a pas grand'chose à rajouter (notamment la review du series finale, vraiment bonne. Le package est là).
Je n'ai pas grand'chose à dire du dernier épisode, si ce n'est que, comme d'autres télespectateurs avisés, je pense aussi que Cuse et Lindelof ont joué la carte de l'émotion plus que celle de la prouesse narrative.
Non. Aujourd'hui, considérant qu'une image vaut mille mots, je préfère vous montrer une vidéo. Parce que Lost, c'est un personnage plutôt charismatique (Desmond, au moins pendant deux saisons et demi), un ours blanc, d'autres iconiques (Locke et Ben), un drôle de polygone amoureux (Sawyer, Juliet, Kate et Jack), un monstre de fumée noire, de vrais moments d'émotions (le final de la saison 3, celui de la 5 aussi)...
Mais surtout, surtout... Lost, c'était aussi ça :
En même temps, vu comme il est fatiguant ce garçon, je comprends pourquoi Les Autres l'ont pas pris hein...
Pendant les vacances, on fait des trucs un peu gênants (ou idiots. Ou inutiles. A vous de voir). L'un d'eux, c'est de regarder des programmes qu'on a jamais le temps de zieuter le reste du l'année parce qu'on a toujours mieux à faire (Qui a dit "Regarder Castle et le cabotinage Nathan Fillion sur France 2" ?). Exemple : regarder L'amour est dans le pré.
Moi, dans L'amour est dans le pré, il y a plein de moments où je me sens mal à l'aise. Carrément. Je n'ai rien contre le concept, qui est sauf erreur librement adapté du film Je vous trouve très beau, lui-même inspiré par un docu sur les célibataires en galère (à la campagne comme ailleurs). Non, le fait que l'on propose à des gars et des filles de la campagne de trouver un compagnon/une compagne, pourquoi pas. Moi, ce qui me fout franchement mal (à chaque fois, c'est physique), c'est la présence lourde de l'équipe de tournage tout autant que le cheminement pour trouver la bonne personne, que je trouve tout aussi balourd.
Non mais en fait, je crois que je me projette trop...
Démonstration.
Country Benny a 45 ans. Il élève des opossums dans la Bauce profonde et franchement, les marsupiaux, socialement, on en fait vite le tour. Alors Country Benny décide d'écrire à LachaineM6, la boîte de prod de l'émission. Il raconte qu'il passe son temps avec les opossums, que ça prend beaucoup trop de temps et que bon, la vie, c'est quand même pas que ça, merde. Il écrit donc qu'il aimerait bien partager des tas de trucs (et bien évidemment faire des roulades dans le foin avec l'heureuse élue, mais ça il l'écrira pas. Il lui fera la surprise, c'est mieux)
Trois mois après, l'homme qui murmure à l'oreille des sarigues reçoit une lettre qui dit, en gros, "Badabing, t'as gagné !". Alors, il est content, bien sûr. Et là, il voit débarquer Karine Lemarchand et toute l'équipe de tournage à qui il raconte son histoire. Touchante, l'histoire. Celle d'un gars qui a hérité de la ferme de son père et qui vit, pense, (mais ne bouffe pas. Non, quand même...) opossum. C'est ingrat, c'est surtout isolant. Et Country Benny, il est pas de bois: il pense que la vie, c'est pas que ça. Que des fois il aimerait se balader main dans la main avec une fille sur du Tom Frager, et que, même si ça lui fout quand même la trouille de voir sa vie changer en étant plus tout seul, ben il est prêt à y aller. Et tout ça il le dit simplement, avec sincérité. Devant la caméra tenue par Bob et Bobette de l'équipe de LachaineM6.
Plusieurs semaines se passent et Badabing, épisode 2 ! On l'invite à rencontrer 12 jeunes femmes. Multipliant en gros par... 12 le nombre de contacts qu'il a eu avec la gent féminine ces cinq dernières années. Mine de rien, ça fiche les jetons. Mais il y va quand même, avec Bob et Bobette leur caméra et toussa.
Il les reçoit une par une et là, le charme agit. Pas le charme de la rencontre toute simple, déjà un peu flippante en soi (parce que c'est un peu impressionnant de trouver quoi dire, de se laisser porter par le feeling que l'on a avec quelqu'un). Non, là, c'est le charme de la rencontre avec la fille... et avec Bob et Bobette. Sans rire : vous vous imaginez, vous, rencontrer une personne devant une équipe de télé ?
Apparté.
Très connement, j'ai toujours pensé que, dans la vie, il y a trois types de filles que tu remarques : la Bombe, que tu repères même en hélicoptère; celle qui a un tempérament bien trempé, une énergie peu commune et qui t'attire, et la Discrète, que tu ne repères pas forcément tout de suite mais dégage une force, un truc vraiment singulier et dont le charme est carrément incroyable. Franchement, je me demande s'il y a une vraie place pour les Discrètes dans la quête cathodique de Country Benny.
Fin de l'apparté. Finalement, Country Benny fait son choix. Mais il ne prend pas une fille pour voir si ça peut coller dans son ménage à trois (Elle, lui et le marsupial). Non, le jeu c'est d'en amener plusieurs à Opossum Farm pour voir avec laquelle ça va le mieux coller.
Et voilà comment Country Benny se réveille un beau matin avec deux demoiselles à la maison. Et comment il va devoir choisir The One. Vous aimez les débuts d'histoires ? Les trucs qui se font naturellement et où l'émotion point dans des petits riens ? Ben là, tout pareil. Avec, en plus, Bob et Bobette caméras à l'épaule. Et puis une fille, moins à l'aise ou moins rentre-dedans que l'autre, dans le décor. Moi, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens toujours super mal pour la nana qui reste à quai.
Laquelle se retrouve comme une idiote à ramer dans une écurie ou le salon, 80% du temps (Essayez : ramez chez vous sur une table basse et vous me direz). Mais Country Benny, il est pas forcément super à l'aise non plus. Il faut dire que Bob et Bobette l'ont suivi jusque dans la chambre à coucher où, plus timide que la timidité elle-même, il a osé quémander un bisou sur la joue à l'heureuse élue (on va l'appeler Ella, ce sera plus simple). Et que Bob et Bobette, il lui ont demandé, direct après, de faire un débrief dans le couloir ("Et comment tu la trouves ?", "Et tu crois que c'est la bonne après en gros 12 heures et 15 minutes passées avec elle et la caméra ?"). Tout ça en imaginant, bien sûr, qu'Ella n'est certainement pas en train de coller le "verre à dents" de la salle de bains contre le mur pour ne pas savoir ce qu'il en pense.
Après quoi, Country Benny se retrouve à gérer l'annonce à faire à la fille qui n'est pas Ella. Disons, Elo. Bizarrement, Elo n'est pas super heureuse de se faire jeter comme un ministre français fan de cigares. Après un briefing dans la cour d'Opossum Farm devant sa Clio Campus, elle s'en va les larmes aux yeux (sur une BO signée Sia, Breathe : ça accroche le télespectateur par les tripes. C'est mieux).
Elle a :
1/L'impression d'avoir loupé un truc
2/ Les boules contre l'autre arriviste, là...
3/ La sensation de passer pour une grosse conne
Du coup, elle s'en va en faisant du 110 dans sa caisse sur un chemin de terre.
Elle doit pas aimer la Bauce, c'est sûrement ça.
Tout est bien qui finit bien ? Hola, tout doux Jolly Jumper : on ne s'emballe pas. Il faut qu'Ella s'adapte à l'environnement de Country Benny. Et inversement. Comme on n'a pas le temps de laisser faire le temps (on est dans une émission de télé, bordel. Et la nouvelle saison de Incroyable talent - avec un type qui joue Kashmir de Led Zeppelin sur une boite de Tang - ça commence dans cinq semaines à la même heure), on va faire le tour des proches.
Pas le temps de savoir si Ella, elle est du genre à glisser ses ongles de pied sous le lit comme une cochonne qui se lave le BoumBoum tous les vendredis impairs. Non, là on va aller voir la famille, les amis et passer l'un après l'autre au tamis des réflexions et des debriefs. Jusqu'à celui de la cousine du voisin de Jean-Louis (qui achète des oposums chaque semaine : une fille qui compte, quoi).
Si Country Benny trouve le temps de se rouler dans le foin avec Ella, il aura de la chance. Et Bob et Bobette ne seront pas très loin, filmant avec une caméra Z1 à gros zoom. Tout ça sur fond de Hometown Glory de Adele pour l'ambiance.
Forcément, cette histoire, c'est un peu comme se retrouver dans le tambour d'une machine à laver. Bonjour les secousses. Et difficile de savoir où on en est vraiment. Bon, Ella aime bien Bobette, Country Benny rigole bien aux blagues de Bob... mais où qu'ils n'en sont les deux tourtereaux, hein ? Ben ils savent pas trop. Ella accroche bien. Country Benny aussi. Mais il est prudent, pudique. Il a besoin de temps pour savoir. Comme un fort pourcentage de gens de la vie normale qui plaisent tant à LachaineM6.
Du temps, donc. Ouais bonne idée : on va vous envoyer prendre du temps... dans un hôtel cinq étoiles en Toscane ! Comme ça, vous saurez où vous en êtes et vous pourrez le dire face caméra. Ce sera en plus super proche de la vie qui attend Ella à Opossum Farm, avec le lever à 5h du mat, les journées plus chargées qu'un cycliste du Tour de France et les décors beaux à mourir de la Bauce.
Finalement, Country Benny et Ella décident de continuer leur histoire ensemble. Sur du Snow Patrol. C'est beau. Et on retrouve Country Benny un an après. Seul. "Ben ouais, finalement, ça l'a pas fait avec Ella", confie-t-il avec un sourire désolé et un peu triste. Avec Bob et Bobette qui lâchent un "Oh merde alors..." un peu déçus. Et I'm with you d'Avril Lavigne en BO.
Mais bon, le gars a repris les lettres qu'il avait reçus. Et il espère trouver une autre nana pas allergique à l'opossum donc rien n'est perdu.
Un jour, je vous dirai comment je me sens devant Maman cherche l'amour.