Pendant mon court séjour estival à BennyCity, je savais que j'y retournerais une dernière fois. Farmington, le Barn, la Cité où il n'y a pas vraiment d'anges. J'espérais bien ne pas être déçu. J'étais plutôt confiant.
La vérité, c'est que c'était bien mieux que ça. C'était carrément monstrueux. Dantesque et très maîtrisé.
Question de timing
C'est la première fois, pour tout dire, que je vois une série s'achever sur sa meilleure saison. Un luxe rare, quand bien même The Shield, du haut de ses sept saisons, ne compte "que" 88 épisodes.
Le constat est pourtant évident : la série se termine sur 13 épisodes qui jouent parfaitement avec la notion de temps. Un mot qui s'écrit pareil au pluriel comme au singulier... et il semble que les scénaristes aient pris un malin plaisir à jouer tout du long avec cette ambiguité.
Si, dans The Shield, on est habitué à suivre des aventures sans temps mort, force est de constater que pour la septième saison, la production a encore appuyé sur le champignon. Dès le prologue du season premiere, qui s'inscrit dans la suite directe du finale de la saison 6, Shawn Ryan et son équipe donne le ton : on arrive dans le dernier tour de piste et maintenant, ça va sprinter.
Ce que la série va faire avec une maestria peu commune.
Quand la série joue
avec sa propre histoire
Voir Vic et sa bande courir de tous côtés pour ne pas que s'effondre tout ce qu'ils ont essayé de construire (ou tout ce qu'ils n'ont pas encore détruit eux-mêmes), c'est quelque chose auquel on était habitué. On pourrait se dire que la ficelle a déjà beaucoup servi, c'est déjà arrivé au fil des précédentes saisons. Mais pas cette fois.
Dans cette ultime saison, les épisodes s'égrènent, Vic et Ronnie essaient de maîtriser les événements, Shane aussi, et plus le temps passe, plus cela se complique... et plus ça passe. Je veux dire : ça passe vraiment, la vitesse ne nuit pas à la qualité du propos d'ensemble qui reste remarquablement solide.
La raison ? Tout en faisant courir leurs personnages comme des dératés, Ryan et les auteurs ont la brillante idée de placer sur leur route plusieurs visages marquants des précédentes saisons. Comme celui de Tavon, le flic qui avait intégré la Strike Team pendant quelques épisodes de la saison 3.
L'ingéniosité du procédé permet aux scénaristes de faire coup double, si ce n'est "coup triple" : elle permet au téléspectateur de prendre conscience du temps qui s'écoule, de récompenser sa fidélité (ce qui est toujours gratifiant pour celui qui regarde) et de conforter la notion d'évolution psychologique des personnages au gré des saisons et des nombreux retournements de situation.
Tous au bord du précipice...
L'idée est absolument géniale : elle assoit le propos de la production avec force et donne à réfléchir au public. On n'est pas ici dans l'adrénaline pure (même si, en la matière, on est tout de même remarquablement servi) mais aussi dans la description d'une évolution globale, un mouvement d'ensemble qui nous dirige jusqu'aux deux derniers épisodes.
Si la saison sept est une sorte de longue course jusqu'au bord d'un précipice (laquelle intervient après une montée en puissance savamment construite pendant six saisons), Possible Kill Screen et Family Meeting s'imposent comme d'immenses moments de télévision. Ni plus ni moins. Parce qu'ils sont la réalisation de ce que le pilote de la série portait en son sein. Comme s'ils étaient une promesse qui a été tenue.
Ces deux épisodes, c'est le moment où Mackey et tout ceux qui l'entourent font le grand saut. Où les choix conduisent à des actes parfois extrêmes, parfois libérateurs mais irrémédiablement définitifs. Là encore, les moments forts sont appuyés par une somme de détails finement décrits et brillamment mis en scène (1).
... jusqu'au grand saut
Fidèle à son propos, cohérent en diable, capable de combiner résolution et émotion en s'aménageant juste ce qu'il faut d'ouverture pour laisser vagabonder l'imagination du téléspectateur, Family Meeting est à ce titre un des plus grands finale de séries que l'on n'a jamais vus.
Si vous aimez la télévision, si vous recherchez l'émotion et surtout la densité émotionnelle, vous devez le voir. Et le revoir, ainsi que toute la série. Car The Shield est une grande oeuvre télé. De celles dont on ne peut passer à côté.
Bien à vous,
Benny
(1) : On notera à ce propos que le dernier épisode a été réalisé par Clark Johnson, qui avait signé le pilote.
L'intégrale The Shield
sur Le monde de Benny:
"The Shield" : La bonne série au bon moment ?
"The Shield" (saison 1) : Le système Mackey
"The Shield" (saison 2) : Violence vs. Intelligence
"The Shield" (saison 3) : Farmington s'enfonce dans l'ombre
"The Shield" (saison 4) : Celle où la guest star s'appelle Monica
"The Shield" (saison 5) : Plus rude sera la chute
"The Shield" (saison 6) : Farmington et le début de la fin
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dimanche 16 septembre 2012
mercredi 12 septembre 2012
"The Wire" (saison 3) : Baltimore, la lutte continue
Bizarrement, je redoute toujours un peu le moment de dresser le bilan d'une saison de The Wire.
Beaucoup de choses à dire, plein d'éléments à décrire et toujours le doute de ne pas tout écrire. Bon, ce n'est pas, à proprement parler, une angoisse... mais quand une série vous plaît vraiment, vous avez envie de rendre avec justesse tout ce qui, à vos yeux, fait sa singularité. Et parfois, c'est dur.
Il faut se rendre à l'évidence : descendre un truc mauvais, c'est beaucoup plus simple. Presque reposant.
Entre la Ville et la mort
Qu'à cela ne tienne, on peut déjà partir d'un constat évident. Avec cette saison 3, le projet The Wire gagne encore plus en profondeur et en complexité. Et c'est ce qui, de façon vraiment peu commune, décuple son pouvoir d'attraction.
La scène inaugurale, sur la destruction de tours de Baltimore Ouest, m'a fait sourire : dans la saison 3 d'Homicide, il y a une scène sensiblement identique et dans laquelle on retrouve Meldrick Lewis, l'inspecteur de la crim' joué par Clark Johnson. Johnson qui a réalisé le pilote de The Wire et que l'on retrouvera devant la caméra en saison 5.
Mais si ce prologue de l'épisode 1 est vraiment remarquable, c'est parce que c'est une brillante illustration de ce qui nous attend tout au long de la saison. Cette année, Baltimore change, Baltimore bouge... et face à cette réalité, tout le monde va devoir s'adapter.
L'objectif pour tous : rester au moins debout, en équilibre. Certains parviendront à tirer parti de la situation. Mais pour certains, la chute - violente, douloureuse - est au bout du chemin.
Et c'est tout cela que les douze épisodes racontent avec maestria.
Le récit, tout d'un bloc
A la fin du visionnage, je me suis fait la réflexion que j'ai plus apprécié cette saison que la précédente. Ce qui n'est pas sans me troubler un peu, je l'avoue.
Est-ce que c'est parce que j'ai mieux intégré les codes de la narration ? Est-ce que la multitude de storylines a donné un caractère plus dynamique à l'ensemble ? Je dois reconnaître que j'ai vraiment du mal à trancher sur ce point (1).
A mon avis, tout cela est un peu mélangé. Un point, cependant, me paraît clair au moment de faire le bilan : l'histoire de la saison 3 constitue un bloc géographique plus compact que celle de la saison 2. On n'est pas, ici, entre le port, les tours et la prison. Et il me semble que cela donne, au final, un "bloc humain" plus fort.
Place à la politique
Il faut dire que cette fois, Simon et sa bande s'aventurent véritablement dans une zone qui n'était qu'effleurée auparavant : la sphère politique. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais dans une interview George Pelecanos, producteur de cette saison 3, a avoué qu'il ne croyait pas à cette idée. Trop casse-gueule, pas forcément facile à exploiter dans un récit-fleuve.
Pourtant, quand on prend un moment pour y réfléchir, cela ne pouvait pas ne pas se produire. D'abord parce que dans The Corner, toute la partie sociologique de l'enquête étudie cette question. Ensuite parce que de toute façon, dans The Wire, tout est politique... alors autant l'assumer complètement. Et utiliser cette donnée comme un ciment.
A mes yeux, l'une des grandes forces de cette saison 3, c'est aussi de s'appuyer à fond sur les points forts du show. Sans doute plus que la deuxième. Cette fois-ci, l'iconicité et la continuité sont puissamment renforcées.
Sur les porcs d'Hamsterdam...
L'iconicité, on la retrouve avec de nouvelles figures de roman qui viennent s'extraire d'un propos richement documenté. Leurs noms : Dennis Cutty Wise, Tommy Carcetti et surtout Bunny Colvin.
Tous les trois - mais d'abord ce dernier - ont tous un lien avec le quartier de Hamsterdam, l'entité fictive au centre de l'histoire dont certains élus essaient de profiter tels des cochons qui s'engraissent. Mais Hamsterdam, c'est aussi et surtout le fruit d'une minutieuse synthèse sociologique de l'impact de la drogue et de son trafic sur la ville américaine.
La théorie du sac en papier, que Colvin présente à ses hommes à la fin de l'épisode 4, cette théorie qui évoque la différence entre l'écoulement de l'alcool et celui de la dope, c'est celle que décrit Simon lui-même dans son travail sur The Corner.
L'incapacité à enrayer le phénomène de ce que l'on appelle en France l'économie souterraine, et l'improbable course aux chiffres qu'elle suscite, elle existe bel et bien hors du petit écran et sur HBO.
C'est encore une fois cette capacité à lier récit fictif et données vérifiables et vérifiées (sans toujours que l'on sache vraiment ce qui fait partie de l'un et ce qui appartient aux autres) qui fait toute la force de The Wire. Sa force et, évidemment, son côté bluffant.
Ne pas se satisfaire
du statu quo. Jamais...
La continuité, elle, est évidemment à chercher dans ce qui arrive aux figures du début. D'Omar, le Robin des Blacks, à Bunk en passant par la tragique trajectoire d'Avon Barksdale et Stringer Bell. Ou encore dans l'évolution de Prez et de Carver comme celle de McNulty. On retrouve ici, une logique de cohérence digne du roman urbain tentaculaire qu'est la série. Et ça aussi, cela participe à la puissance du récit.
Un récit qui nous raconte encore et toujours la prééminence du système sur l'individu mais qui ne se jamais satisfait de la promesse du statu quo.
Voilà pourquoi on ne peut lâcher The Wire : l'objectif, ici, ce n'est pas seulement de dire que les choses ne marchent pas. Il s'agit d'expliquer pourquoi rien n'est simple et définitivement humain. Dans ce qui est pathétique comme dans ce qui peut, de façon quasi-illogique, peut surprendre positivement et donner encore envie de se battre.
J'ai toujours pensé que celui qui portait la croyance en un idéal à la télé et dans ses scripts, c'était Aaron Sorkin avec The West Wing. Mais peut-être qu'au fond, la série qui défend le mieux le jusqu'au-boutisme, c'est celle de David Simon.
La raison ? Dans The Wire, la lutte continue. Toujours. Même -et surtout- si l'on perd.
Bien à vous,
Benny
(1) A mon avis, il va me falloir revoir l'histoire de la famille Sobotka, pour en avoir le coeur net.
Beaucoup de choses à dire, plein d'éléments à décrire et toujours le doute de ne pas tout écrire. Bon, ce n'est pas, à proprement parler, une angoisse... mais quand une série vous plaît vraiment, vous avez envie de rendre avec justesse tout ce qui, à vos yeux, fait sa singularité. Et parfois, c'est dur.
Il faut se rendre à l'évidence : descendre un truc mauvais, c'est beaucoup plus simple. Presque reposant.
Entre la Ville et la mort
Qu'à cela ne tienne, on peut déjà partir d'un constat évident. Avec cette saison 3, le projet The Wire gagne encore plus en profondeur et en complexité. Et c'est ce qui, de façon vraiment peu commune, décuple son pouvoir d'attraction.
La scène inaugurale, sur la destruction de tours de Baltimore Ouest, m'a fait sourire : dans la saison 3 d'Homicide, il y a une scène sensiblement identique et dans laquelle on retrouve Meldrick Lewis, l'inspecteur de la crim' joué par Clark Johnson. Johnson qui a réalisé le pilote de The Wire et que l'on retrouvera devant la caméra en saison 5.
Mais si ce prologue de l'épisode 1 est vraiment remarquable, c'est parce que c'est une brillante illustration de ce qui nous attend tout au long de la saison. Cette année, Baltimore change, Baltimore bouge... et face à cette réalité, tout le monde va devoir s'adapter.
L'objectif pour tous : rester au moins debout, en équilibre. Certains parviendront à tirer parti de la situation. Mais pour certains, la chute - violente, douloureuse - est au bout du chemin.
Et c'est tout cela que les douze épisodes racontent avec maestria.
Le récit, tout d'un bloc
A la fin du visionnage, je me suis fait la réflexion que j'ai plus apprécié cette saison que la précédente. Ce qui n'est pas sans me troubler un peu, je l'avoue.
Est-ce que c'est parce que j'ai mieux intégré les codes de la narration ? Est-ce que la multitude de storylines a donné un caractère plus dynamique à l'ensemble ? Je dois reconnaître que j'ai vraiment du mal à trancher sur ce point (1).
A mon avis, tout cela est un peu mélangé. Un point, cependant, me paraît clair au moment de faire le bilan : l'histoire de la saison 3 constitue un bloc géographique plus compact que celle de la saison 2. On n'est pas, ici, entre le port, les tours et la prison. Et il me semble que cela donne, au final, un "bloc humain" plus fort.
Place à la politique
Il faut dire que cette fois, Simon et sa bande s'aventurent véritablement dans une zone qui n'était qu'effleurée auparavant : la sphère politique. Je ne sais plus où j'ai lu ça, mais dans une interview George Pelecanos, producteur de cette saison 3, a avoué qu'il ne croyait pas à cette idée. Trop casse-gueule, pas forcément facile à exploiter dans un récit-fleuve.
Pourtant, quand on prend un moment pour y réfléchir, cela ne pouvait pas ne pas se produire. D'abord parce que dans The Corner, toute la partie sociologique de l'enquête étudie cette question. Ensuite parce que de toute façon, dans The Wire, tout est politique... alors autant l'assumer complètement. Et utiliser cette donnée comme un ciment.
A mes yeux, l'une des grandes forces de cette saison 3, c'est aussi de s'appuyer à fond sur les points forts du show. Sans doute plus que la deuxième. Cette fois-ci, l'iconicité et la continuité sont puissamment renforcées.
Sur les porcs d'Hamsterdam...
L'iconicité, on la retrouve avec de nouvelles figures de roman qui viennent s'extraire d'un propos richement documenté. Leurs noms : Dennis Cutty Wise, Tommy Carcetti et surtout Bunny Colvin.
Tous les trois - mais d'abord ce dernier - ont tous un lien avec le quartier de Hamsterdam, l'entité fictive au centre de l'histoire dont certains élus essaient de profiter tels des cochons qui s'engraissent. Mais Hamsterdam, c'est aussi et surtout le fruit d'une minutieuse synthèse sociologique de l'impact de la drogue et de son trafic sur la ville américaine.
La théorie du sac en papier, que Colvin présente à ses hommes à la fin de l'épisode 4, cette théorie qui évoque la différence entre l'écoulement de l'alcool et celui de la dope, c'est celle que décrit Simon lui-même dans son travail sur The Corner.
L'incapacité à enrayer le phénomène de ce que l'on appelle en France l'économie souterraine, et l'improbable course aux chiffres qu'elle suscite, elle existe bel et bien hors du petit écran et sur HBO.
C'est encore une fois cette capacité à lier récit fictif et données vérifiables et vérifiées (sans toujours que l'on sache vraiment ce qui fait partie de l'un et ce qui appartient aux autres) qui fait toute la force de The Wire. Sa force et, évidemment, son côté bluffant.
Ne pas se satisfaire
du statu quo. Jamais...
La continuité, elle, est évidemment à chercher dans ce qui arrive aux figures du début. D'Omar, le Robin des Blacks, à Bunk en passant par la tragique trajectoire d'Avon Barksdale et Stringer Bell. Ou encore dans l'évolution de Prez et de Carver comme celle de McNulty. On retrouve ici, une logique de cohérence digne du roman urbain tentaculaire qu'est la série. Et ça aussi, cela participe à la puissance du récit.
Un récit qui nous raconte encore et toujours la prééminence du système sur l'individu mais qui ne se jamais satisfait de la promesse du statu quo.
Voilà pourquoi on ne peut lâcher The Wire : l'objectif, ici, ce n'est pas seulement de dire que les choses ne marchent pas. Il s'agit d'expliquer pourquoi rien n'est simple et définitivement humain. Dans ce qui est pathétique comme dans ce qui peut, de façon quasi-illogique, peut surprendre positivement et donner encore envie de se battre.
J'ai toujours pensé que celui qui portait la croyance en un idéal à la télé et dans ses scripts, c'était Aaron Sorkin avec The West Wing. Mais peut-être qu'au fond, la série qui défend le mieux le jusqu'au-boutisme, c'est celle de David Simon.
La raison ? Dans The Wire, la lutte continue. Toujours. Même -et surtout- si l'on perd.
Bien à vous,
Benny
(1) A mon avis, il va me falloir revoir l'histoire de la famille Sobotka, pour en avoir le coeur net.
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lundi 10 septembre 2012
"Dexter" (saison 3) : Dark Pessenger vs. Evil Moustache
Le retour de Dexter dans les chroniques séries de ce blog est une bonne nouvelle. Enfin, je crois. Avec un peu de chance, septembre devrait être un mois plus productif en terme de rédaction de billets. Ceci devrait être d'autant plus réalisable que j'ai pas mal de chroniques dont la ponte est programmée.
Mais le retour de Dexter, c'est aussi une petite déception. Parce que, pour moi, la saison 3 des aventures de l'expert de l'emballage de tordus n'est pas au niveau des deux premières. Clairement pas.
Tout avait bien commencé...
En même temps, tout ça, c'est de la faute de Clyde Philipps. La première saison posait le concept d e la série avec une efficacité redoutable: elle s'appuyait sur une exploration maline de la thématique du double (1) pour doper l'histoire.
Dès la deuxième année, le showrunner à qui l'on doit aussi Parker Lewis ne perd jamais (je ne me lasse jamais de cette anecdote) a eu la bonne idée de mettre son héros tout de suite en danger.
Là où certains auraient peut-être attendu la saison 5 ou 6 pour s'y résoudre, il a en plus l'autre bonne idée de le placer dans une crise plus personnelle (2).
Certes, l'idée a eu tendance à s'étioler au fil des épisodes (sa résolution n'était pas très satisfaisante), mais quand même... ça avait de la gueule.
Et soudain, une moustache
Du coup, ce n'était pas forcément évident de conserver la même force narrative pour une douzaine d'épisodes supplémentaires. L'idée de départ était pourtant couillue, une fois encore. Avec le meurtre d'un innocent au coeur du récit, on se dit que le show va poursuivre son exploration des gris. Les zones d'ombre peuplant effectivement la vie de Dexter, autant continuer à zigzaguer sur la frontière du bien et du mal.
Sauf que non.
Très vite, la série va effectivement revenir sur la question de la solitude en mettant sur la route du héros un ami qui lui veut du bien.
Un gars et une moustache, Miguel Prado et son tapis de poils.
L'idée n'est pas mauvaise, loin de là. Il y a d'ailleurs plusieurs moments où l'émotion passe assez bien. Principalement quand Dexter explore ce qu'implique les notions d'amitié, de partage et de soutien. Sauf que ces questions sont enchâssés dans une intrigue générale qui peine à garder une puissance dramatique constante.
Comment dit-on "caricature" en espagnol ?
Si c'était dans une autre série que Dexter, si ce n'était pas après deux années véritablement sous tension, peut-être que la pilule serait mieux passée. Ou peut-être pas. Le problème de cette saison - que l'on rebaptisera gentiment "Les mésaventures de Moustache" - c'est qu'elle s'appuie sur un personnage assez agaçant et dont la capacité à gober vainement du temps d'antenne est assez édifiante (3).
Si Miguel n'était pas aussi caricatural, s'il était lui aussi en proie à des doutes un poil plus complexe que "Ouais en fait, mon papa à moi aussi, il était pas cool : viens on va discuter le bout de gras (et le trancher aussi)", l'histoire aurait vraiment pu marcher.
Peut-être même que la conclusion n'aurait pas été ratée (franchement entre la fin des deux premières saisons, il n'y a pas photo).
Un coup de moins bien,
mais pas non plus un drame
Heureusement, il reste Debra : la fille Morgan continue son bout de chemin et son personnage de flic prend encore un peu plus de volume pendant la saison 3. Ce qui est plutôt heureux quand on voit ce qu'il advient d'Angel et La Guerta.
Maintenant, il ne faut pas non plus exagérer : le tout reste plus que regardable. Moins réussi que ce qui a été produit auparavant mais avec de vrais bons moments.
On dirait donc que c'est plus une baisse de tension qu'autre chose. Ou un poil de moustache dans la soupe. Ce n'est pas très agréable mais il n'y a pas non plus de quoi couper l'appétit.
Bien à vous,
Benny
(1) Ah, Rudy : tu avais la tête de l'emploi mais on t'aimait bien...
(2) Ah, Lila : toi, tu n'avais pas le corps de l'emploi, mais on l'aimait (vraiment) bien aussi...
(3) L'intégration de la storyline avec Margo Martindale ne dit pas autre chose.
Mais le retour de Dexter, c'est aussi une petite déception. Parce que, pour moi, la saison 3 des aventures de l'expert de l'emballage de tordus n'est pas au niveau des deux premières. Clairement pas.
Tout avait bien commencé...
En même temps, tout ça, c'est de la faute de Clyde Philipps. La première saison posait le concept d e la série avec une efficacité redoutable: elle s'appuyait sur une exploration maline de la thématique du double (1) pour doper l'histoire.
Dès la deuxième année, le showrunner à qui l'on doit aussi Parker Lewis ne perd jamais (je ne me lasse jamais de cette anecdote) a eu la bonne idée de mettre son héros tout de suite en danger.
Là où certains auraient peut-être attendu la saison 5 ou 6 pour s'y résoudre, il a en plus l'autre bonne idée de le placer dans une crise plus personnelle (2).
Certes, l'idée a eu tendance à s'étioler au fil des épisodes (sa résolution n'était pas très satisfaisante), mais quand même... ça avait de la gueule.
Et soudain, une moustache
Du coup, ce n'était pas forcément évident de conserver la même force narrative pour une douzaine d'épisodes supplémentaires. L'idée de départ était pourtant couillue, une fois encore. Avec le meurtre d'un innocent au coeur du récit, on se dit que le show va poursuivre son exploration des gris. Les zones d'ombre peuplant effectivement la vie de Dexter, autant continuer à zigzaguer sur la frontière du bien et du mal.
Sauf que non.
Très vite, la série va effectivement revenir sur la question de la solitude en mettant sur la route du héros un ami qui lui veut du bien.
Un gars et une moustache, Miguel Prado et son tapis de poils.
L'idée n'est pas mauvaise, loin de là. Il y a d'ailleurs plusieurs moments où l'émotion passe assez bien. Principalement quand Dexter explore ce qu'implique les notions d'amitié, de partage et de soutien. Sauf que ces questions sont enchâssés dans une intrigue générale qui peine à garder une puissance dramatique constante.
Comment dit-on "caricature" en espagnol ?
Si c'était dans une autre série que Dexter, si ce n'était pas après deux années véritablement sous tension, peut-être que la pilule serait mieux passée. Ou peut-être pas. Le problème de cette saison - que l'on rebaptisera gentiment "Les mésaventures de Moustache" - c'est qu'elle s'appuie sur un personnage assez agaçant et dont la capacité à gober vainement du temps d'antenne est assez édifiante (3).
Si Miguel n'était pas aussi caricatural, s'il était lui aussi en proie à des doutes un poil plus complexe que "Ouais en fait, mon papa à moi aussi, il était pas cool : viens on va discuter le bout de gras (et le trancher aussi)", l'histoire aurait vraiment pu marcher.
Peut-être même que la conclusion n'aurait pas été ratée (franchement entre la fin des deux premières saisons, il n'y a pas photo).
Un coup de moins bien,
mais pas non plus un drame
Heureusement, il reste Debra : la fille Morgan continue son bout de chemin et son personnage de flic prend encore un peu plus de volume pendant la saison 3. Ce qui est plutôt heureux quand on voit ce qu'il advient d'Angel et La Guerta.
Maintenant, il ne faut pas non plus exagérer : le tout reste plus que regardable. Moins réussi que ce qui a été produit auparavant mais avec de vrais bons moments.
On dirait donc que c'est plus une baisse de tension qu'autre chose. Ou un poil de moustache dans la soupe. Ce n'est pas très agréable mais il n'y a pas non plus de quoi couper l'appétit.
Bien à vous,
Benny
(1) Ah, Rudy : tu avais la tête de l'emploi mais on t'aimait bien...
(2) Ah, Lila : toi, tu n'avais pas le corps de l'emploi, mais on l'aimait (vraiment) bien aussi...
(3) L'intégration de la storyline avec Margo Martindale ne dit pas autre chose.
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mercredi 29 août 2012
Les questions de l'été : Bon, finalement, "Animal Practice", ça tient la route ou pas ?
En mai dernier, alors que les trailers arrivaient en rafale sur le web, celui d'Animal Practice a retenu mon attention. Je sais : ça peut surprendre quand on connaît l'argument principale de la sitcom de NBC.
Ce qui m'a plu ? Pas forcément ce que j'avais vu dans la bande annonce mais ce que le pitch ouvrait comme perspectives éventuelles.
Vétérinaire peu conventionnel, le docteur George Coleman est une sorte de Gregory House du mammifère. Plus à l'aise avec les animaux qu'avec les humains, il voit sa vie prendre un autre tournant après le décès de la propriétaire de la clinique pour laquelle il travaille. La direction de l'établissement revient effectivement à Dorothy Crane, la petite-fille de la défunte qui est aussi son ex.
Les histoires remplies d'animaux de tout poil, on aime ou on n'aime pas. Personnellement, ça ne me pose pas de problème particulier à partir du moment où les scènes avec des homo sapiens sont bien écrites.
Un projet de ce type, s'il est par exemple confié à la bande de Victor Fresco (Better Off Ted, comédie dont je compte bien vous parler prochainement), ça peut passer. Ca peut même être carrément réjouissant.
Il est drôle le singe...
non ? Euh...
Sauf que là, on a affaire à Alex Tanaka et Brian Gatewood. Un duo qui ne parvient pas à faire décoller son sujet, j'aurais même envie de dire "à le dépasser", pour nous proposer une vraie comédie loufoque portée par des personnages.
Résultat : on est coincé entre des gags animaliers plutôt pouet pouet et une exposition des protagonistes très superficielle. Le pilote est donc plutôt raté et j'ai du mal à imaginer que la suite soit autrement plus excitante.
Maintenant, on peut toujours être agréablement surpris : la diffusion de la série aura lieu en septembre.
Wait & See, comme on dit.
Bien à vous,
Benny
dimanche 19 août 2012
Les questions de l'été : Quelqu'un peut me dire comment "Private Practice" m'a piégé?
Je n'en reviens toujours pas. Moi qui ai toujours dit que Grey's Anatomy et les histoires produites par Shonda Rhymes me laissent plus que froid, je dois aujourd'hui vous faire un terrible aveu.
Ce soir, Private Practice débute sa saison 4 sur France 2... et bon sang, vous pouvez être sûr que je vais regarder ces épisodes.
Mine de rien, c'est assez déstabilisant.
Comment est-ce que tout a commencé ? Je crois que c'était un accident. Un moment posé devant la télé avec mes parents, avec une revue dans les mains en attendant qu'ils aillent se coucher et que je puisse récupérer la télécommande, pour regarder Deadwood en DVD.
Anatomie d'un accident
C'était l'an passé et... j'ai été attrapé par un bout d'histoire. Plus précisément, j'ai aimé la description de la relation unissant Cooper (Paul Adelstein, que j'aime vraiment bien) et Violet (Amy Brenneman, laquelle revient régulièrement dans mon parcours de sériephile, de NYPD Blue à Judging Amy). Le pédiatre et la psy sont amis, ils sont vraiment très proches et ça passe vraiment bien... loin de toute tension sexuelle artificielle.
Ce n'est pas le seul cas de figure. Mais là, il y a eu un truc.
Du coup, j'ai continué. J'ai retrouvé avec plaisir Kate Walsh aperçue vite fait dans la série phare de Rhymes (et elle est assez sublime, quand même...), je suis tombé sous le charme de KaDee Strickland et je trouve que les histoires médicales sont assez prenantes. En plus, il y a Brian Benben, et même Taye Diggs et Tim Daly sont supportables. Donc...
C'est soapy... mais ça passe (Argh !)
Bon, soyons francs : on retrouve les éléments qui me rebutaient complètement dans Grey's Anatomy (des moments d'hystérie qui peuvent être balourds, des éléments hyper soapy -1- notamment en fin de saison...) mais là, encore une fois ça passe. Comme si tout était mieux dosé.
Les personnages masculins manquent parfois de relief (impression que j'ai toujours eu devant les aventures de Meredith, the girls and the boys), mais les histoires médicales s'articulent mieux.
Je ne vais pas descendre en flèche Grey's Anatomy (2) et être honnête : je n'ai pas vu beaucoup d'épisodes, ça ne me parle pas. Pas du tout. Du coup, je ne pensais vraiment pas tomber sous le charme des aventures du cabinet d'Ocean Side... et c'est pourtant le cas. C'est bien produit et quand on rentre dedans, on a du mal à en sortir.
Bon sang, si ça se trouve, je vais jeter un oeil à Scandal.
Aidez-moi !
Bien à vous,
Benny
(1) : J'adore ce mot. Le glisser partout, c'est ma nouvelle passion.
(2) : Et pourtant, hein... ce serait facile et cathartique.
Ce soir, Private Practice débute sa saison 4 sur France 2... et bon sang, vous pouvez être sûr que je vais regarder ces épisodes.
Mine de rien, c'est assez déstabilisant.
Comment est-ce que tout a commencé ? Je crois que c'était un accident. Un moment posé devant la télé avec mes parents, avec une revue dans les mains en attendant qu'ils aillent se coucher et que je puisse récupérer la télécommande, pour regarder Deadwood en DVD.
Anatomie d'un accident
C'était l'an passé et... j'ai été attrapé par un bout d'histoire. Plus précisément, j'ai aimé la description de la relation unissant Cooper (Paul Adelstein, que j'aime vraiment bien) et Violet (Amy Brenneman, laquelle revient régulièrement dans mon parcours de sériephile, de NYPD Blue à Judging Amy). Le pédiatre et la psy sont amis, ils sont vraiment très proches et ça passe vraiment bien... loin de toute tension sexuelle artificielle.
Ce n'est pas le seul cas de figure. Mais là, il y a eu un truc.
Du coup, j'ai continué. J'ai retrouvé avec plaisir Kate Walsh aperçue vite fait dans la série phare de Rhymes (et elle est assez sublime, quand même...), je suis tombé sous le charme de KaDee Strickland et je trouve que les histoires médicales sont assez prenantes. En plus, il y a Brian Benben, et même Taye Diggs et Tim Daly sont supportables. Donc...
C'est soapy... mais ça passe (Argh !)
Bon, soyons francs : on retrouve les éléments qui me rebutaient complètement dans Grey's Anatomy (des moments d'hystérie qui peuvent être balourds, des éléments hyper soapy -1- notamment en fin de saison...) mais là, encore une fois ça passe. Comme si tout était mieux dosé.
Les personnages masculins manquent parfois de relief (impression que j'ai toujours eu devant les aventures de Meredith, the girls and the boys), mais les histoires médicales s'articulent mieux.
Je ne vais pas descendre en flèche Grey's Anatomy (2) et être honnête : je n'ai pas vu beaucoup d'épisodes, ça ne me parle pas. Pas du tout. Du coup, je ne pensais vraiment pas tomber sous le charme des aventures du cabinet d'Ocean Side... et c'est pourtant le cas. C'est bien produit et quand on rentre dedans, on a du mal à en sortir.
Bon sang, si ça se trouve, je vais jeter un oeil à Scandal.
Aidez-moi !
Bien à vous,
Benny
(1) : J'adore ce mot. Le glisser partout, c'est ma nouvelle passion.
(2) : Et pourtant, hein... ce serait facile et cathartique.
jeudi 26 juillet 2012
Quatre grandes catégories de moustache dans les séries des années 2000
Ce qu'il y a de bien, avec l'été et le temps de cerveau disponible qui l'accompagne, c'est que l'on peut se consacrer à des sujets de fond. Des vrais. Des compliqués, avec une question cruciale et des arguments bien choisis. Des posts dérangeants, qui rendent justement compte du caractère singulier d'un thème.
Mais bon, l'été, c'est aussi la période où on aime manger des glaces en rigolant bêtement, donc... voici un vrai-faux carré d'as des différents acteurs qui ont choisi de se faire pousser la moustache pour un rôle, et qui ont eu plus ou moins de succès.
(Sinon, faites gaffe : là, vous avez de la glace au bout du menton - ça fait sale).
Le titre est un peu long et en même temps, une fois qu'on l'a écrit, il n'y a pas beaucoup plus à rajouter.
Pourquoi ? Parce que pour ces acteurs-là, c'est à se demander si la moustache est une bonne idée.
Beaux gosses, bons interprètes, ces gens (assez agaçants, il faut bien le dire) n'en ont pas besoin pour attirer l'attention : c'est tout juste si on s'arrête vraiment sur les poils qu'ils ont au-dessus de la bouche et du menton.
N'est-ce pas, Timothy Olyphant (Deadwood) ?
CATEGORIE 2 : La moustache qui fait votre personnalité (ou celle de votre personnage)
Un élément exhibé avec fierté et malice au nez de tous. Et ça, messieurs dames, c'est beau. Demandez à Jason Lee (My Name Is Earl): Quand il avait envie qu'on lui lâche les baskets entre deux saisons de la série, il se rasait le dessous du nez. Imparable pour avoir la paix, il paraît.
A mettre aussi dans cette catégorie : Ted Levine (Monk), Nick Offerman (Parks & Recreation, sauf que lui l'a toujours eu il me semble)
CATEGORIE 3 : La moustache qui vous change en tant qu'homme (mais vraiment)
Ce petit tapis de poils, généralement, le public ne le voit pas arriver. Plus fort : l'audience ne peut même pas imaginer l'idée d'un tel développement possible. Et pourtant, pourtant... le coup de poker s'avère incroyablement payant. Parce que mine de rien, cette stachemou', elle change bien comme il faut l'image que l'on se faisait de vous.
L'exemple roi, c'est Bradley Whitford et son changement de look pour The Good Guys de Matt Nix. Je ne sais pas pourquoi, mais en l'espace d'un été, de la fin de The West Wing au lancement de Studio 60, j'ai eu l'impression que l'acteur avait pris un bon petit coup de vieux.
Par le biais d'une "opération bacchantes" étonnante, il a donné d'entrée un truc à son personnage de flic improbable. Bien joué, Bradley.
CATEGORIE 4 : La moustache qui fait dire aux gens autour de vous "non, mais non : c'est pas possible..."
Dans l'esprit, les artistes qui se sont dit "c'est bon : laisse pousser" comptaient bien finir triomphalement dans la catégorie juste au dessus. Raté. L'accessoire était là pour apporter une touche particulière, colorer un rôle et embellir une composition d'acteur.
Dans les faits, c'est un peu comme un accident de voiture : on ne devrait pas regarder, on devrait faire autre chose que de fixer la glorieuse... mais ce n'est tout simplement pas possible. Elle est ridicule, elle est superflue, elle est gênante : en soi, c'est un vrai firewall qui vous empêche d'entrer dans une histoire. Et c'est très, très troublant.
La palme en la matière revient peut-être à ce pauvre Jimmy Smits dans la saison 3 de Dexter. Pour incarner le dangereux Miguel Prado, il s'est dit qu'un peu de poils ne pourrait pas faire de mal. Mieux : cela devait, sur le papier, renforcer le caractère sombre de son personnage (ben oui : moustache = danger, c'est évident).
Mais en fait non. Non, non, non. J'en glisserai sans doute encore deux mots lors de la review de cette troisième saison des aventures du petit père Morgan... (oui, oui : c'est du teasing tiré par les poils).
Bien à vous,
Benny
Mais bon, l'été, c'est aussi la période où on aime manger des glaces en rigolant bêtement, donc... voici un vrai-faux carré d'as des différents acteurs qui ont choisi de se faire pousser la moustache pour un rôle, et qui ont eu plus ou moins de succès.
(Sinon, faites gaffe : là, vous avez de la glace au bout du menton - ça fait sale).
CATEGORIE 1 : La moustache qui vous va bien, mais bon vu que vous étiez cool au départ, ça change pas granch'
Le titre est un peu long et en même temps, une fois qu'on l'a écrit, il n'y a pas beaucoup plus à rajouter.
Pourquoi ? Parce que pour ces acteurs-là, c'est à se demander si la moustache est une bonne idée.
Beaux gosses, bons interprètes, ces gens (assez agaçants, il faut bien le dire) n'en ont pas besoin pour attirer l'attention : c'est tout juste si on s'arrête vraiment sur les poils qu'ils ont au-dessus de la bouche et du menton.
N'est-ce pas, Timothy Olyphant (Deadwood) ?
CATEGORIE 2 : La moustache qui fait votre personnalité (ou celle de votre personnage)
Ces acteurs sont atteints du syndrome dit "de Tom Selleck". Sans, on se dit qu'il leur manque un truc important (un bras ? Un cou ? On cherche...) et on les trouve franchement bizarre. Bien plus qu'un accessoire pileux, la moustache est une sorte d'étendard pour ces artistes.
Un élément exhibé avec fierté et malice au nez de tous. Et ça, messieurs dames, c'est beau. Demandez à Jason Lee (My Name Is Earl): Quand il avait envie qu'on lui lâche les baskets entre deux saisons de la série, il se rasait le dessous du nez. Imparable pour avoir la paix, il paraît.
A mettre aussi dans cette catégorie : Ted Levine (Monk), Nick Offerman (Parks & Recreation, sauf que lui l'a toujours eu il me semble)
CATEGORIE 3 : La moustache qui vous change en tant qu'homme (mais vraiment)
Ce petit tapis de poils, généralement, le public ne le voit pas arriver. Plus fort : l'audience ne peut même pas imaginer l'idée d'un tel développement possible. Et pourtant, pourtant... le coup de poker s'avère incroyablement payant. Parce que mine de rien, cette stachemou', elle change bien comme il faut l'image que l'on se faisait de vous.
L'exemple roi, c'est Bradley Whitford et son changement de look pour The Good Guys de Matt Nix. Je ne sais pas pourquoi, mais en l'espace d'un été, de la fin de The West Wing au lancement de Studio 60, j'ai eu l'impression que l'acteur avait pris un bon petit coup de vieux.
Par le biais d'une "opération bacchantes" étonnante, il a donné d'entrée un truc à son personnage de flic improbable. Bien joué, Bradley.
CATEGORIE 4 : La moustache qui fait dire aux gens autour de vous "non, mais non : c'est pas possible..."
Dans l'esprit, les artistes qui se sont dit "c'est bon : laisse pousser" comptaient bien finir triomphalement dans la catégorie juste au dessus. Raté. L'accessoire était là pour apporter une touche particulière, colorer un rôle et embellir une composition d'acteur.
Dans les faits, c'est un peu comme un accident de voiture : on ne devrait pas regarder, on devrait faire autre chose que de fixer la glorieuse... mais ce n'est tout simplement pas possible. Elle est ridicule, elle est superflue, elle est gênante : en soi, c'est un vrai firewall qui vous empêche d'entrer dans une histoire. Et c'est très, très troublant.
La palme en la matière revient peut-être à ce pauvre Jimmy Smits dans la saison 3 de Dexter. Pour incarner le dangereux Miguel Prado, il s'est dit qu'un peu de poils ne pourrait pas faire de mal. Mieux : cela devait, sur le papier, renforcer le caractère sombre de son personnage (ben oui : moustache = danger, c'est évident).
Mais en fait non. Non, non, non. J'en glisserai sans doute encore deux mots lors de la review de cette troisième saison des aventures du petit père Morgan... (oui, oui : c'est du teasing tiré par les poils).
Bien à vous,
Benny
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lundi 23 juillet 2012
Ces séries qui connaissent la chanson #3 : "Brothers in Arms" (Dire Straits/The West Wing)
C'est un grand classique. Un de ces moments de série qui restent gravé dans l'esprit des amateurs du genre. Et puisque je ne pouvais pas ne pas l'aborder dans cette rubrique... autant le faire aujourd'hui.
L'extrait du jour
C'est encore (et toujours) la dernière scène d'un épisode. La dernière scène de la saison 2 de The West Wing, l'excellent Two Cathedrals.
Ce qui se passe
Le président Bartlet enterre Mrs Landingham, sa fidèle assistante décédée dans un accident de voiture. Ce drame personnel survient alors que le grand public apprend que le commander in chief est atteint d'une sclérose en plaques.
Après une très éprouvante journée, il doit se rendre à une conférence de presse au cours de laquelle il doit annoncer qu'il ne se représentera pas pour un second mandat. Seul, en colère alors que l'orage gronde, il se débat avec ses propres pensées... et repense à Mrs Landingham.
Pourquoi ça le fait
Je crois que Two Cathedrals est mon épisode préféré de The West Wing. Parce qu'il donne à voir qui est Jed Bartlet. En quelques flashbacks, Sorkin esquisse brillamment qui est son héros: ce qui fait sa force comme sa fragilité.
Illustrant à la perfection l'expression selon laquelle une image vaut parfois mille mots, Sorkin laisse le corps de son héros parler pour lui. Un peu comme si, au gré des précédentes scènes, les dialogues avaient déjà tout dit et que la meilleure façon de laisser Bartlet être Bartlet (une image célèbre de la série), c'est encore de le laisser avancer. Pour exprimer ce qu'il est et surtout ce qu'il devient.
Sorkin le laisse en fait atteindre son but, résolument et sans mot dire.
A ce petit jeu, il fallait une chanson puissante et crépusculaire: tout le parcours de Bartlet, c'est celui d'un homme qui apprend à devenir homme d'Etat. La marche vers cette conférence de presse traduit une nouvelle étape, celle où il se donne encore un peu plus à sa fonction et laisse derrière lui une partie de ces doutes.
Dans cette logique, la chanson accompagnant ces images ne pouvait être que Brothers in Arms... et bon sang, ça file des frissons, ce truc-là.
Bien à vous,
Benny
L'extrait du jour
C'est encore (et toujours) la dernière scène d'un épisode. La dernière scène de la saison 2 de The West Wing, l'excellent Two Cathedrals.
Ce qui se passe
Le président Bartlet enterre Mrs Landingham, sa fidèle assistante décédée dans un accident de voiture. Ce drame personnel survient alors que le grand public apprend que le commander in chief est atteint d'une sclérose en plaques.
Après une très éprouvante journée, il doit se rendre à une conférence de presse au cours de laquelle il doit annoncer qu'il ne se représentera pas pour un second mandat. Seul, en colère alors que l'orage gronde, il se débat avec ses propres pensées... et repense à Mrs Landingham.
Pourquoi ça le fait
Je crois que Two Cathedrals est mon épisode préféré de The West Wing. Parce qu'il donne à voir qui est Jed Bartlet. En quelques flashbacks, Sorkin esquisse brillamment qui est son héros: ce qui fait sa force comme sa fragilité.
Illustrant à la perfection l'expression selon laquelle une image vaut parfois mille mots, Sorkin laisse le corps de son héros parler pour lui. Un peu comme si, au gré des précédentes scènes, les dialogues avaient déjà tout dit et que la meilleure façon de laisser Bartlet être Bartlet (une image célèbre de la série), c'est encore de le laisser avancer. Pour exprimer ce qu'il est et surtout ce qu'il devient.
Sorkin le laisse en fait atteindre son but, résolument et sans mot dire.
A ce petit jeu, il fallait une chanson puissante et crépusculaire: tout le parcours de Bartlet, c'est celui d'un homme qui apprend à devenir homme d'Etat. La marche vers cette conférence de presse traduit une nouvelle étape, celle où il se donne encore un peu plus à sa fonction et laisse derrière lui une partie de ces doutes.
Dans cette logique, la chanson accompagnant ces images ne pouvait être que Brothers in Arms... et bon sang, ça file des frissons, ce truc-là.
Bien à vous,
Benny
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dimanche 22 juillet 2012
"The Wire" version Lego : "You play with toys in dirt, you get dirty toys"
Parfois, je peux me lancer dans des diatribes longues, très longues sur ce blog. Pour argumenter, encenser ou montrer que je suis énervé.
Aujourd'hui, je vais faire court. Très court. Avec une vidéo et juste quelques mots. Et en même temps, avec un remake de The Wire et des Lego, qu'est-ce que je pourrais rajouter de vraiment indispensable, hein... (si ce n'est que c'est une trouvaille faite sur Twitter, via @TinaBartlet)
En gros, pas beaucoup de choses... Si ce n'est que ce n'est pas la première fois que le Charm City de David Simon fait l'objet d'une adaptation qui marque les esprits. Il y a quelques mois, c'était une parodie façon comédie musicale qui avait atterri sur Youtube.
Souvenez-vous.
Et comme on dit : It's all in the game...
Bien à vous,
Benny
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vendredi 20 juillet 2012
Les questions de l'été : où trouver des infos sur les showrunners quand on aime les séries ?
Avec la multiplication des séries, la multiplication des sites et publications qui parlent des séries, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Surtout quand on cherche de l'info de fond, fiable et précise.
Il y a quelques mois, Télérama s'était essayé à cet exercice avec une infographie sur les six grandes familles de showrunners. L'idée était bonne, l'exécution beaucoup moins. A trop vouloir synthétiser, on prend toujours le risque de laisser sur le bas côté des éléments cruciaux.
Quand on veut du fond...
C'est un peu ce qui est arrivé ce coup-là, avec une proposition qui a méchamment tendance à réduire son propos aux séries nobles (en gros, celles dont parle la rédaction ? Oui, la question est un chouya perfide).
Au bout du compte, j'ai trouvé que le projet loupait sa cible. Pour ceux qui ne connaissent que peu ou pas de choses sur le sujet, il zappe beaucoup de producteurs de SF, par exemple (Straczinski ? Roddenberry ?). Et pour ceux qui s'y connaissent bien ou très bien, le contenu des textes est très sommaire.
Du coup, si vous cherchez un vrai bon outil pour mener ou compléter des recherches sur le sujet des séries, je vous encourage vivement à laisser traîner votre curseur du côté d'Universéries, un projet du bouquet Orange Cinéma-Séries.
... et faire le plein
Il ne s'agit pas ici de sponsoriser un contenu pour un groupe qui n'en a pas franchement besoin. Sur le fond comme dans la forme, ce site est une réussite. Visuellement très travaillé, il combine les qualités d'une navigation fluide avec des textes plutôt costauds sur les différents scénaristes, producteurs et autres habitués du petit écran qu'il référence.
Depuis que ma consoeur Delphine de Reviewer et La Tête dans le Poste me l'a conseillé, j'avoue que c'est un de mes outils de choix. A votre tour de le découvrir, si vous ne le connaissiez pas encore !
Bien à vous,
Benny
Il y a quelques mois, Télérama s'était essayé à cet exercice avec une infographie sur les six grandes familles de showrunners. L'idée était bonne, l'exécution beaucoup moins. A trop vouloir synthétiser, on prend toujours le risque de laisser sur le bas côté des éléments cruciaux.
Quand on veut du fond...
C'est un peu ce qui est arrivé ce coup-là, avec une proposition qui a méchamment tendance à réduire son propos aux séries nobles (en gros, celles dont parle la rédaction ? Oui, la question est un chouya perfide).
Au bout du compte, j'ai trouvé que le projet loupait sa cible. Pour ceux qui ne connaissent que peu ou pas de choses sur le sujet, il zappe beaucoup de producteurs de SF, par exemple (Straczinski ? Roddenberry ?). Et pour ceux qui s'y connaissent bien ou très bien, le contenu des textes est très sommaire.
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| Captures d'écran Allociné.fr |
Du coup, si vous cherchez un vrai bon outil pour mener ou compléter des recherches sur le sujet des séries, je vous encourage vivement à laisser traîner votre curseur du côté d'Universéries, un projet du bouquet Orange Cinéma-Séries.
... et faire le plein
Il ne s'agit pas ici de sponsoriser un contenu pour un groupe qui n'en a pas franchement besoin. Sur le fond comme dans la forme, ce site est une réussite. Visuellement très travaillé, il combine les qualités d'une navigation fluide avec des textes plutôt costauds sur les différents scénaristes, producteurs et autres habitués du petit écran qu'il référence.
Depuis que ma consoeur Delphine de Reviewer et La Tête dans le Poste me l'a conseillé, j'avoue que c'est un de mes outils de choix. A votre tour de le découvrir, si vous ne le connaissiez pas encore !
Bien à vous,
Benny
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jeudi 19 juillet 2012
"Revolution" : Abrams, Favreau et Kripke font le SAV
La vidéo a été publiée cette semaine sur la chaîne YouTube de NBC. A quelques semaines de la diffusion du pilote de Revolution, LE gros projet du network pour 2012/2013, un nouveau trailer combinant des images que l'on connaît déjà et des extraits d'interviews des trois producteurs exécutifs a été mis en ligne.
Le but : faire monter la sauce autour de ce que l'équipe créative définit tout à la fois comme une série d'aventures et un road show. Un genre plus vraiment visible sur les grandes chaînes américaines et qui a, du même coup, les défauts de ses qualités.
Kripke en première ligne ?
Ce que j'entends par là ? Que si le projet n'est pas en béton armé, il risque vite de devenir très cher (trop cher) pour une chaîne pas franchement en grande forme. Personnellement, plus que le nom d'Abrams, c'est celui de Kripke qui me rassure: on sait que le créateur d'Alias est aujourd'hui très occupé. A l'image d'un Josh Schwartz, il fait plus office de marque que de showrunner très actif d'un point de vue créatif.
Dans cette logique, savoir que c'est le créateur de Supernatural qui a la main sur le manche est plutôt rassurant. Il a montré qu'il savait raconter une histoire et la développer. Du coup, j'ai tendance à croire que celui est vraiment en première ligne, celui qui devra transformer ce projet en succès, c'est définitivement lui...
Le trailer remonté est accessible en cliquant là.
Une courte interview d'Abrams (en VO) qui parle du projet est, quant à elle, visible en cliquant ici.
Bien à vous,
Benny
Le but : faire monter la sauce autour de ce que l'équipe créative définit tout à la fois comme une série d'aventures et un road show. Un genre plus vraiment visible sur les grandes chaînes américaines et qui a, du même coup, les défauts de ses qualités.
Kripke en première ligne ?
Ce que j'entends par là ? Que si le projet n'est pas en béton armé, il risque vite de devenir très cher (trop cher) pour une chaîne pas franchement en grande forme. Personnellement, plus que le nom d'Abrams, c'est celui de Kripke qui me rassure: on sait que le créateur d'Alias est aujourd'hui très occupé. A l'image d'un Josh Schwartz, il fait plus office de marque que de showrunner très actif d'un point de vue créatif.
Dans cette logique, savoir que c'est le créateur de Supernatural qui a la main sur le manche est plutôt rassurant. Il a montré qu'il savait raconter une histoire et la développer. Du coup, j'ai tendance à croire que celui est vraiment en première ligne, celui qui devra transformer ce projet en succès, c'est définitivement lui...
Le trailer remonté est accessible en cliquant là.
Une courte interview d'Abrams (en VO) qui parle du projet est, quant à elle, visible en cliquant ici.
Bien à vous,
Benny
mercredi 18 juillet 2012
Ces séries qui connaissent la chanson #2 : "Iguazu" (Gustavo Santaolalla/Deadwood)
Deuxième épisode de la série estivale qui mélange musique et pur moment d'histoire... et je commence déjà à pervertir (un peu) la formule en choisissant un titre où personne ne chante. Je vous jure : on ne peut faire confiance à personne, de nos jours...
L'extrait du jour
C'est la scène finale de l'épisode 1.04 de Deadwood, Here was a man.
Le titre musical, c'est Iguazu de Gustavo Santaolalla. Un morceau que le cinéma et la télévision ont utilisé à de multiples reprises pour illustrer des bandes originales. Il hante par exemple complètement le film Babel d'Alejandro Gonzalez Inarritu. Et on l'entend aussi dans le pilote de 24.
Ce qui se passe
Alors que la tension est jusqu'ici montée crescendo entre Wild Bill Hickok et Jack McCall, ce dernier, encore un peu plus saoûl que d'habitude, décide d'en finir une bonne fois pour toute avec lui.
Alors que l'un des plus crépusculaires personnages de la série vit ses derniers instants, tous les regards du campement se tournent vers McCall... puis vers un cavalier qui débarque avec la tête décapitée d'un Indien.
Pourquoi ça le fait
Les moments où tous les personnages de la série convergent vers un même point sont assez rares. C'est ce qui arrive dans cette scène assez magnétique et puissamment évocatrice. La tension et l'émotion sont fortes pendant ces trois minutes. Même le très rigide Bullock parvient à émouvoir ce coup-ci : c'est dire...
Si cela marche aussi bien, c'est parce que le flot de notes déversées par Santaolalla et sa guitare accompagnent magnifiquement la montée en puissance de l'émotion et la convergence des regards vers ce qui se passe à la sortie du bar de Tom Nuttall.
Avec cet extrait, on a un peu tout ce qui est réussi dans Deadwood : de la tension sourde, lourde, une multiplicité d'intrigues et des moments qui sortent de nulle part (l'arrivée du cavalier) mais donnent un côté surréaliste et assez fascinant à l'ensemble.
A titre personnel, je trouve que, tout au long de ces trois saisons, la série n'aura que trop peu de fois magnifié ce genre de moments. Alors autant savourer.
Bien à vous,
Benny
L'extrait du jour
C'est la scène finale de l'épisode 1.04 de Deadwood, Here was a man.
Le titre musical, c'est Iguazu de Gustavo Santaolalla. Un morceau que le cinéma et la télévision ont utilisé à de multiples reprises pour illustrer des bandes originales. Il hante par exemple complètement le film Babel d'Alejandro Gonzalez Inarritu. Et on l'entend aussi dans le pilote de 24.
Ce qui se passe
Alors que la tension est jusqu'ici montée crescendo entre Wild Bill Hickok et Jack McCall, ce dernier, encore un peu plus saoûl que d'habitude, décide d'en finir une bonne fois pour toute avec lui.
Alors que l'un des plus crépusculaires personnages de la série vit ses derniers instants, tous les regards du campement se tournent vers McCall... puis vers un cavalier qui débarque avec la tête décapitée d'un Indien.
Pourquoi ça le fait
Les moments où tous les personnages de la série convergent vers un même point sont assez rares. C'est ce qui arrive dans cette scène assez magnétique et puissamment évocatrice. La tension et l'émotion sont fortes pendant ces trois minutes. Même le très rigide Bullock parvient à émouvoir ce coup-ci : c'est dire...
Si cela marche aussi bien, c'est parce que le flot de notes déversées par Santaolalla et sa guitare accompagnent magnifiquement la montée en puissance de l'émotion et la convergence des regards vers ce qui se passe à la sortie du bar de Tom Nuttall.
Avec cet extrait, on a un peu tout ce qui est réussi dans Deadwood : de la tension sourde, lourde, une multiplicité d'intrigues et des moments qui sortent de nulle part (l'arrivée du cavalier) mais donnent un côté surréaliste et assez fascinant à l'ensemble.
A titre personnel, je trouve que, tout au long de ces trois saisons, la série n'aura que trop peu de fois magnifié ce genre de moments. Alors autant savourer.
Bien à vous,
Benny
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lundi 16 juillet 2012
Les questions de l'été : qui est le grand vainqueur de la saison 2011/2012 aux USA ?
Au départ, quand la question m'a traversé l'esprit, je pensais faire un tour d'horizon assez large. Avec différentes catégories, des angles très pointus... mais la vérité, c'est que pour ça, il aurait fallu que la saison écoulée soit un peu plus transcendante qu'elle ne l'a été.
Du coup, plutôt que de mettre en avant un producteur, un scénariste ou une création, c'est un network qui, pour moi, s'impose comme le grand vainqueur de 2011/2012. Et c'est assez symbolique de l'ambiance globale qui règne chez les networks.
Dad is back, again
Avec huit séries aux dix premières places du classement des séries le plus suivies la saison dernière aux Etats-Unis, CBS prouve que la télé à papa a encore de beaux jours devant elle.
Ne vous méprenez pas : dans mon esprit "Télé à papa" n'est pas forcément une insulte. C'est un mode de production qui privilégie les "formats sûrs", le plus souvent pas ou peu feuilletonnants et qui plaît d'abord à un public plutôt âgé.
Du coup, on retrouve dans sa grille un peu de tout : quelques séries capables du meilleur (The Good Wife, loin devant... d'un point de vue qualitatif), plusieurs qui font plutôt du "moyen plus ou moins bien" (The Mentalist) et d'autres qui donnent dans le beaucoup moins bon (NCIS : Los Angeles. LL Cool J, pitié...).
Dans un contexte frileux, ce sont les plus prudents qui s'en sortent souvent le mieux. Avec NCIS en tête du classement ; avec un combo The Big Bang Theory / Mon Oncle Charlie tout en haut côté comédies, l'ex-chaîne de Walker, Texas Ranger (out : c'est une vacherie, ça) montre que l'adage n'a jamais été aussi vrai.
Des poids lourds... et la suite qui se prépare déjà
Cela semble d'autant moins susceptible de changer que le network prend bien soin de ne pas s'endormir sur ses lauriers. Avec Person of Interest, la chaîne a lancé la nouveauté la plus suivie de l'année. Dans le même temps, 2 Broke Girls décroche une honorable 18e place, juste derrière Mike & Molly, qui était en saison 2.
L'hégémonie de la chaîne paraît donc vraiment bien établie. Surtout au terme d'une année au cours de laquelle ABC (qui vient de dire au revoir aux Desperate Housewives) et Fox (qui a vu s'achever House, MD) ne sont pas parvenues à sortir un vrai hit (1).
Conclusion : pour que les choses changent, il faudra un sacré coup de pied dans la fourmilière en 2012/2013.
Bien à vous,
Benny
(1) : NBC ? Quoi, NBC ? Non, on avait dit qu'on arrêtait de de moquer... (pareil pour la CW).
Du coup, plutôt que de mettre en avant un producteur, un scénariste ou une création, c'est un network qui, pour moi, s'impose comme le grand vainqueur de 2011/2012. Et c'est assez symbolique de l'ambiance globale qui règne chez les networks.
Dad is back, again
Avec huit séries aux dix premières places du classement des séries le plus suivies la saison dernière aux Etats-Unis, CBS prouve que la télé à papa a encore de beaux jours devant elle.
Ne vous méprenez pas : dans mon esprit "Télé à papa" n'est pas forcément une insulte. C'est un mode de production qui privilégie les "formats sûrs", le plus souvent pas ou peu feuilletonnants et qui plaît d'abord à un public plutôt âgé.
Du coup, on retrouve dans sa grille un peu de tout : quelques séries capables du meilleur (The Good Wife, loin devant... d'un point de vue qualitatif), plusieurs qui font plutôt du "moyen plus ou moins bien" (The Mentalist) et d'autres qui donnent dans le beaucoup moins bon (NCIS : Los Angeles. LL Cool J, pitié...).
Dans un contexte frileux, ce sont les plus prudents qui s'en sortent souvent le mieux. Avec NCIS en tête du classement ; avec un combo The Big Bang Theory / Mon Oncle Charlie tout en haut côté comédies, l'ex-chaîne de Walker, Texas Ranger (out : c'est une vacherie, ça) montre que l'adage n'a jamais été aussi vrai.
Des poids lourds... et la suite qui se prépare déjà
Cela semble d'autant moins susceptible de changer que le network prend bien soin de ne pas s'endormir sur ses lauriers. Avec Person of Interest, la chaîne a lancé la nouveauté la plus suivie de l'année. Dans le même temps, 2 Broke Girls décroche une honorable 18e place, juste derrière Mike & Molly, qui était en saison 2.
L'hégémonie de la chaîne paraît donc vraiment bien établie. Surtout au terme d'une année au cours de laquelle ABC (qui vient de dire au revoir aux Desperate Housewives) et Fox (qui a vu s'achever House, MD) ne sont pas parvenues à sortir un vrai hit (1).
Conclusion : pour que les choses changent, il faudra un sacré coup de pied dans la fourmilière en 2012/2013.
Bien à vous,
Benny
(1) : NBC ? Quoi, NBC ? Non, on avait dit qu'on arrêtait de de moquer... (pareil pour la CW).
vendredi 13 juillet 2012
Ces séries qui connaissent la chanson #1 : "Devil" (Stereophonics/Rescue Me)
Encore une petite rubriquette pour passer l'été. Encore un moyen de revisiter l'univers des séries de manière ludique. Encore une façon de partager un coup de coeur.
Le principe est tout simple : je reviens sur une scène d'une série, un extrait porté par une chanson. Le procédé est hyper courant mais les moments où l'on se dit "ça le fait vraiment", ce n'est pas si facile à trouver.
Alors autant essayer de comprendre pourquoi.
L'extrait du jour
C'est la dernière scène du premier épisode de la saison 3 de Rescue Me.
Le titre de la chanson, c'est Devil des Stereophonics (et c'est aussi le titre de l'épisode, écrit par les créateurs du show, Denis Leary et Peter Tolan. SPOILER ALERT : la description qui suit révèle un élément très important de la saison. Si vous ne l'avez pas vu, pas de chance, il va vous falloir faire l'impasse. Sad but true).
Ce qui se passe
Plusieurs mois ont passé depuis la mort du fils de Tommy Gavin. Il est à nouveau séparé de sa femme Janet et se retrouve encore au bord du gouffre. Mais pour l'instant, il reste debout. Malgré le stress, malgré le chagrin et l'envie de replonger dans la drogue et l'alcool.
Contre toute attente pourtant, comme le reste de la caserne, il décide d'arrêter de fumer. Et il tient bon, jusqu'à ce soir d'intervention, au cours duquel il a sorti d'un incendie une petite fille mal en point...
Pourquoi ça le fait grave...
Parce que cette scène a un petit côté overzetop/badass assez génial. Elle n'est pas du tout crédible et pourtant, avec la chanson, avec ce qu'on sait de Gavin, tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui pend au nez, le fait que la fiction torde le cou à la vraisemblance passe parfaitement.
Parce qu'on a envie d'y croire, ce qui arrive à Tommy à ce moment-là. Un peu pour nous, beaucoup pour lui.
Gavin, c'est un pompier au-dessus de tous les autres. Qui réalise dans son boulot des choses qu'il est le seul capable d'accomplir. Le prix à payer, c'est une vie chaotique, douloureuse et qui va toujours un peu plus vers le néant.
C'est comme ça qu'il arrive à sauver des vies que d'autres ne peuvent sauver. C'est en quelque sorte son pacte avec le Diable (Devil, donc) : c'est hyper-dramatique, franchement soapy parfois... mais bon sang, qu'est-ce que c'est bon à regarder.
En tout cas, vous l'aurez compris : moi, je me suis laissé porter. Ca fait du bien d'y croire des fois... D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que, l'an passé, pendant un moment un peu bad, j'avais ce titre et cette scène dans la tête.
Des fois, laisser faire la fiction, laisser couler la chanson, ça a du bon.
Bien à vous,
Benny
Le principe est tout simple : je reviens sur une scène d'une série, un extrait porté par une chanson. Le procédé est hyper courant mais les moments où l'on se dit "ça le fait vraiment", ce n'est pas si facile à trouver.
Alors autant essayer de comprendre pourquoi.
L'extrait du jour
C'est la dernière scène du premier épisode de la saison 3 de Rescue Me.
Le titre de la chanson, c'est Devil des Stereophonics (et c'est aussi le titre de l'épisode, écrit par les créateurs du show, Denis Leary et Peter Tolan. SPOILER ALERT : la description qui suit révèle un élément très important de la saison. Si vous ne l'avez pas vu, pas de chance, il va vous falloir faire l'impasse. Sad but true).
Ce qui se passe
Plusieurs mois ont passé depuis la mort du fils de Tommy Gavin. Il est à nouveau séparé de sa femme Janet et se retrouve encore au bord du gouffre. Mais pour l'instant, il reste debout. Malgré le stress, malgré le chagrin et l'envie de replonger dans la drogue et l'alcool.
Contre toute attente pourtant, comme le reste de la caserne, il décide d'arrêter de fumer. Et il tient bon, jusqu'à ce soir d'intervention, au cours duquel il a sorti d'un incendie une petite fille mal en point...
Pourquoi ça le fait grave...
Parce que cette scène a un petit côté overzetop/badass assez génial. Elle n'est pas du tout crédible et pourtant, avec la chanson, avec ce qu'on sait de Gavin, tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui pend au nez, le fait que la fiction torde le cou à la vraisemblance passe parfaitement.
Parce qu'on a envie d'y croire, ce qui arrive à Tommy à ce moment-là. Un peu pour nous, beaucoup pour lui.
Gavin, c'est un pompier au-dessus de tous les autres. Qui réalise dans son boulot des choses qu'il est le seul capable d'accomplir. Le prix à payer, c'est une vie chaotique, douloureuse et qui va toujours un peu plus vers le néant.
C'est comme ça qu'il arrive à sauver des vies que d'autres ne peuvent sauver. C'est en quelque sorte son pacte avec le Diable (Devil, donc) : c'est hyper-dramatique, franchement soapy parfois... mais bon sang, qu'est-ce que c'est bon à regarder.
En tout cas, vous l'aurez compris : moi, je me suis laissé porter. Ca fait du bien d'y croire des fois... D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que, l'an passé, pendant un moment un peu bad, j'avais ce titre et cette scène dans la tête.
Des fois, laisser faire la fiction, laisser couler la chanson, ça a du bon.
Bien à vous,
Benny
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jeudi 12 juillet 2012
"The Big Bang Theory" (saison 2) : le théorème du surplace de Hofstadder-Cooper
Voilà, ça c'est fait. J'ai récupéré un peu de mon retard sur The Big Bang Theory et ça ne m'a même pas fait mal. Bon, en même temps, ce n'est pas comme si j'étais allé chez le dentiste... mais ce n'était pas non plus un très grand moment de bonheur.
Pourtant, tout était là. Bien en place. Un quintet de personnages bien posé, dans un cadre tout ce qu'il y a de plus classiques pour une sitcom multi-caméras, une romance qui s'articule sur le mode archi-connu du "je t'aime/Moi non plus", un personnage qui catalyse les situations comiques... l'amateur de comédies qui rigole en moi aurait dû trouver de quoi se réjouir.
Car oui : j'avais tout pour m'éclater, en gros. Sauf que non.
Faire rire, ce n'est pas si facile...
La raison : Lorre, Prady et Aronsohn, producteurs exécutifs de The Big Bang Theory, ont pris l'option petit bras. L'idée : on ne prend aucun risque, on exploite l'existant sans pousser les interactions de façon novatrice et on joue sur le seul capital sympathie du projet.
Du coup, la série est sans surprise. Voire carrément fade. Il y a certes des épisodes qui marchent bien (quand Penny et Sheldon se font face, c'est souvent réussi) mais aussi d'autres devant lesquels on s'ennuie tout de même pas mal.
Pourquoi ? Parce que d'un point de vue dramatique (ou de la progression de l'histoire), certaines intrigues sont conclues dans la précipitation, quand ce n'est pas de façon complètement aberrante. Du coup, on est quelque fois à deux doigts du foutage de gueule.
Proposer une comédie réussie, c'est faire du travail de précision. C'est refuser la facilité pour accrocher les coeurs derrière les rires. Ce n'est certainement pas faire des épisodes de 18 minutes qui se termine en mode "Pouet Pouet".
J'avoue nourrir un certain agacement en y repensant...
Triste Statu quo
Parallèlement, la storyline entre Penny et Leonard, relancée de façon adroite en début de saison (pas originale mais adroite) reste en stand by jusqu'au trois derniers épisodes. Tout ça sans jamais que la qualité de la relation qui unit les deux personnages ne soit travaillée.
J'ai trouvé ça très décevant. Je crois qu'on est face à un beau gâchis parce que la production loupe le coche pour consolider les acquis de la saison 1. Jouer sur les rouages de la sitcom, cela présuppose que l'on a compris qu'il faut développer la richesse des rapports qui unissent les héros. Ici, c'est plus le statu quo qu'autre chose.
Si on veut briser tous les espoirs portés par une sympathique série, c'est une très bonne méthode. A titre personnel, je dis que c'est déplorable.
Bien à vous,
Benny
Pourtant, tout était là. Bien en place. Un quintet de personnages bien posé, dans un cadre tout ce qu'il y a de plus classiques pour une sitcom multi-caméras, une romance qui s'articule sur le mode archi-connu du "je t'aime/Moi non plus", un personnage qui catalyse les situations comiques... l'amateur de comédies qui rigole en moi aurait dû trouver de quoi se réjouir.
Car oui : j'avais tout pour m'éclater, en gros. Sauf que non.
Faire rire, ce n'est pas si facile...
La raison : Lorre, Prady et Aronsohn, producteurs exécutifs de The Big Bang Theory, ont pris l'option petit bras. L'idée : on ne prend aucun risque, on exploite l'existant sans pousser les interactions de façon novatrice et on joue sur le seul capital sympathie du projet.
Du coup, la série est sans surprise. Voire carrément fade. Il y a certes des épisodes qui marchent bien (quand Penny et Sheldon se font face, c'est souvent réussi) mais aussi d'autres devant lesquels on s'ennuie tout de même pas mal.
Pourquoi ? Parce que d'un point de vue dramatique (ou de la progression de l'histoire), certaines intrigues sont conclues dans la précipitation, quand ce n'est pas de façon complètement aberrante. Du coup, on est quelque fois à deux doigts du foutage de gueule.
Proposer une comédie réussie, c'est faire du travail de précision. C'est refuser la facilité pour accrocher les coeurs derrière les rires. Ce n'est certainement pas faire des épisodes de 18 minutes qui se termine en mode "Pouet Pouet".
J'avoue nourrir un certain agacement en y repensant...
Triste Statu quo
Parallèlement, la storyline entre Penny et Leonard, relancée de façon adroite en début de saison (pas originale mais adroite) reste en stand by jusqu'au trois derniers épisodes. Tout ça sans jamais que la qualité de la relation qui unit les deux personnages ne soit travaillée.
J'ai trouvé ça très décevant. Je crois qu'on est face à un beau gâchis parce que la production loupe le coche pour consolider les acquis de la saison 1. Jouer sur les rouages de la sitcom, cela présuppose que l'on a compris qu'il faut développer la richesse des rapports qui unissent les héros. Ici, c'est plus le statu quo qu'autre chose.
Si on veut briser tous les espoirs portés par une sympathique série, c'est une très bonne méthode. A titre personnel, je dis que c'est déplorable.
Bien à vous,
Benny
mercredi 11 juillet 2012
Les questions de l'été : le retour de Matthew Perry dans "Go on" est-il une bonne chose ?
On teste une nouveauté de ce côté-ci de la toile. Parallèlement aux critiques télé habituelles, je vous propose une nouvelle série de billets plutôt courts pour faire un peu le point sur l'actu.
Le premier épisode s'intéresse à une comédie qui débarquera le mois prochain sur NBC : Go On, de Scott Silveri. Le pitch : un commentateur sportif qui a tout pour plaire (Perry) peut parler de tout à tout le monde... sauf du décès de sa femme, dont il n'est pas encore remis.
Bon gré mal gré, il va rejoindre un groupe de thérapie, pour essayer d'avancer.
Pourquoi ça peut le faire
Parce que sur le papier, l'idée est bonne. Elle a en tout cas suffisamment de potentiel pour tenir un joli petit paquet d'épisodes si Ryan King, le personnage de Matthew Perry est assez complexe pour que l'on s'y attache. Et le sujet est suffisamment riche pour développer des héros aussi dingues qu'attachants.
Pourquoi ça peut faire un flop
En évoquant les projets de pilotes retenus par les chaînes, j'ai parlé il y a quelques mois d'une malédiction Chandler Bing. Vous savez : ce truc chelou qui fait que l'interprète du personnage le plus drôle des cinq premières saisons de Friends paraît coincé dans un trou noir artistique. Un phénomène qui semble lui interdire de tenir le premier rôle dans une série à succès.
Tout ça pour dire que je demande à voir, mais je me garde bien d'être super confiant.
Bien à vous,
Benny
Le premier épisode s'intéresse à une comédie qui débarquera le mois prochain sur NBC : Go On, de Scott Silveri. Le pitch : un commentateur sportif qui a tout pour plaire (Perry) peut parler de tout à tout le monde... sauf du décès de sa femme, dont il n'est pas encore remis.
Bon gré mal gré, il va rejoindre un groupe de thérapie, pour essayer d'avancer.
Pourquoi ça peut le faire
Parce que sur le papier, l'idée est bonne. Elle a en tout cas suffisamment de potentiel pour tenir un joli petit paquet d'épisodes si Ryan King, le personnage de Matthew Perry est assez complexe pour que l'on s'y attache. Et le sujet est suffisamment riche pour développer des héros aussi dingues qu'attachants.
Pourquoi ça peut faire un flop
En évoquant les projets de pilotes retenus par les chaînes, j'ai parlé il y a quelques mois d'une malédiction Chandler Bing. Vous savez : ce truc chelou qui fait que l'interprète du personnage le plus drôle des cinq premières saisons de Friends paraît coincé dans un trou noir artistique. Un phénomène qui semble lui interdire de tenir le premier rôle dans une série à succès.
Avec le trailer de Go On, je ne parlerai pas vraiment de ça. Ce qui me gêne, c'est que la richesse du concept papier paraît bien très peu exploitée dans ce qu'on voit ici à l'écran. Ce n'est pas vraiment drôle, la puissance d'évocation semble un peu en berne... et ça m'ennuie un peu.
Tout ça pour dire que je demande à voir, mais je me garde bien d'être super confiant.
Bien à vous,
Benny
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lundi 2 juillet 2012
Le livre de juillet : "The Practice, la justice à la barre" (Nathalie Perreur)
Cela fait un petit moment que j'avais prévu de parler de ce livre. Mais comme c'est la tradition depuis plusieurs années, je n'ai pas vu passer le mois de juin et j'ai laissé trainer...
The Practice : La justice à la barre est issu de la nouvelle collection que les Presses universitaires de France consacrent aux grandes séries américaines post Hill Street Blues, celles que Robert Thompson regroupe sous le concept de Quality Television dans son ouvrage Television's Second Golden Age. Une appellation qui recouvre en gros tous les dramas qui, ces trente dernières années, ont questionné (ou questionnent) avec beaucoup d'acuité la société américaine
L'ouvrage à l'honneur aujourd'hui est le deuxième d'une série dans laquelle on trouve déjà une étude consacrée à Desperate Housewives et une autre à CSI. Dans les mois qui viennent, ce seront au tour de Six Feet Under, Grey's Anatomy et The Shield de faire l'objet d'une analyse réalisée par un universitaire.
Côté approximations, j'en ai relevé trois dès les trois premières pages. Affirmer par exemple que Kelley a écrit la quasi-totalité des épisodes de La Loi de Los Angeles est ainsi une hérésie : il a quitté le show après la saison 5, et au cours de cette dernière année, il était moins présent dans l'écriture directe d'un show qui compte au total huit saisons.
Assurer que la série était "diffusée originellement le dimanche soir puis retransmise le lundi à partir de janvier 2003" est encore approximatif. La saison était diffusée le mardi aux Etats-Unis, avant d'être proposée le samedi en saison 2 (un jour maudit Outre-Atlantique : personne n'est devant sa télé. Kelley a multiplié à l'époque les épisodes bouclés pour ne pas tuer sa propre création) puis d'être propulsée le dimanche grâce aux très bons retours critiques.
Soutenir enfin que la série n'a jamais été proposée intégralement sur une chaîne française est encore faux. Ou alors j'ai rêvé le soir où j'ai vu la fin de la saison 7 puis de la saison 8 sur Jimmy.
A ces erreurs factuelles s'ajoute le besoin de désigner les séries dramatiques "nobles" sous le terme de néo-séries (alors que les spécialistes les appellent déjà... drama). Personnellement, ça m'a gêné. Avec cette appellation, j'ai parfois eu l'impression que l'auteur cherchait à convaincre son lecteur du sérieux de ces créations pour mieux renvoyer les autres productions aux jugements faciles, partiels et partiaux. Ceux que l'on réserve encore souvent à la majeure partie de la production télévisuelle.
The Practice : La justice à la barre est issu de la nouvelle collection que les Presses universitaires de France consacrent aux grandes séries américaines post Hill Street Blues, celles que Robert Thompson regroupe sous le concept de Quality Television dans son ouvrage Television's Second Golden Age. Une appellation qui recouvre en gros tous les dramas qui, ces trente dernières années, ont questionné (ou questionnent) avec beaucoup d'acuité la société américaine
L'ouvrage à l'honneur aujourd'hui est le deuxième d'une série dans laquelle on trouve déjà une étude consacrée à Desperate Housewives et une autre à CSI. Dans les mois qui viennent, ce seront au tour de Six Feet Under, Grey's Anatomy et The Shield de faire l'objet d'une analyse réalisée par un universitaire.
En s'intéressant à The Practice, la série la plus noire de David E. Kelley, Nathalie Perreur, docteur en sciences de l'information et de la communication, laisse à penser que les PUF ne veulent pas seulement surfer sur un effet de mode mais bel et bien s'intéresser à des séries qui possèdent une vraie richesse thématique.
Ce qui est une excellente idée.
Ce bon point est malheureusement contrebalancé par ce qui est, pour moi, deux gros défauts. Le premier, ce sont les approximations et/ou le besoin d'opposer maladroitement les dramas modernes avec le reste de la production.
Ce qui est une excellente idée.
Ce bon point est malheureusement contrebalancé par ce qui est, pour moi, deux gros défauts. Le premier, ce sont les approximations et/ou le besoin d'opposer maladroitement les dramas modernes avec le reste de la production.
Des erreurs regrettables...
Côté approximations, j'en ai relevé trois dès les trois premières pages. Affirmer par exemple que Kelley a écrit la quasi-totalité des épisodes de La Loi de Los Angeles est ainsi une hérésie : il a quitté le show après la saison 5, et au cours de cette dernière année, il était moins présent dans l'écriture directe d'un show qui compte au total huit saisons.
Assurer que la série était "diffusée originellement le dimanche soir puis retransmise le lundi à partir de janvier 2003" est encore approximatif. La saison était diffusée le mardi aux Etats-Unis, avant d'être proposée le samedi en saison 2 (un jour maudit Outre-Atlantique : personne n'est devant sa télé. Kelley a multiplié à l'époque les épisodes bouclés pour ne pas tuer sa propre création) puis d'être propulsée le dimanche grâce aux très bons retours critiques.
Soutenir enfin que la série n'a jamais été proposée intégralement sur une chaîne française est encore faux. Ou alors j'ai rêvé le soir où j'ai vu la fin de la saison 7 puis de la saison 8 sur Jimmy.
... et une idée centrale maladroite
A ces erreurs factuelles s'ajoute le besoin de désigner les séries dramatiques "nobles" sous le terme de néo-séries (alors que les spécialistes les appellent déjà... drama). Personnellement, ça m'a gêné. Avec cette appellation, j'ai parfois eu l'impression que l'auteur cherchait à convaincre son lecteur du sérieux de ces créations pour mieux renvoyer les autres productions aux jugements faciles, partiels et partiaux. Ceux que l'on réserve encore souvent à la majeure partie de la production télévisuelle.
Je suis mal à l'aise avec cette idée car ça ne rend que très imparfaitement compte d'une réalité : avec les séries des USA, comme dans les bons dramas, il n'y a pas d'un côté les bons et les méchants. J'entends par là qu'il y a un vrai phénomène d'interpénétration entre les séries "nobles" et les séries grand public.
C'est parce qu'elle connaît les ressorts du soap et que dans ses meilleurs moments, elle sait transcender son genre que Desperate Housewives a vécu huit saisons. C'est parce qu'elle pose des personnages solides que Chuck n'est pas une série d'espions bateau et benêts. Et cette appellation de "néoséries" ne tient pas vraiment compte de ça.
Car il y a quand même des choses intéressantes dans The Practice : La justice à la barre. Toute la partie sur l'ambivalence des notions de culpabilité et d'innocence est assez bien menée (comme celle sur les dérives d'une société sécuritaire). Quant à celle consacrée à un "argumentaire filé contre la peine de mort", elle est assurément la plus réussie.
Plusieurs bonnes choses (quand même)
Ces considérations mises à part, je dois dire... que je ne sais pas trop quoi penser de cet ouvrage. En tant que téléspectateur attentif de cette série (attention : je n'ai pas dit fan), je n'ai pas appris grand'chose. Maintenant, ça ne me choque pas.
Enfin, pas trop : l'idée est sans doute de s'adresser à ceux qui ne connaissent pas ou peu. Mais dans ce cas-là, autant faire preuve de rigueur dans l'analyse: pour moi, c'est ce qui a sans doute manqué le plus.
Très didactique (sans doute trop), l'ensemble manque un peu de souffle : j'ai parfois eu l'impression d'assister à une démonstration appuyée superposant les exemples plus qu'à une analyse anglée, portée par un récit empreint de souplesse. Et ça aussi, c'était dommage de mon point de vue (1).
Pourtant, conte toute attente, cela m'a surtout donné envie de revoir la série. Mine de rien, c'est une jolie performance : il y a des moments vraiment barbants dans les saisons 6 et 7 de la série.
Bien à vous,
Benny
(1) : Je serais vraiment heureux d'avoir un autre avis parce que je me demande si c'est moi qui ai pris le livre dans le pif (ce que je ne veux pourtant pas faire), loupant au passage des éléments importants...
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critiques,
Ils sont fous ces romans,
Pleine lucarne
dimanche 17 juin 2012
Séries TV : Un été pour se rattraper
On peut rattacher ça à mon côté mouton... ou le lier directement à mon retard sériel chronique. Toujours est-il que cet été, à l'image d'un certain nombre de sériephiles, je vais mettre les jours qui s'annoncent pour rattraper le retard et me pencher sur de nouvelles séries et/ou de nouvelles saisons.
Voilà pourquoi j'ai décidé de partager avec vous la bande annonce de la prochaine saison.
JE VIENS DE COMMENCER: Suits, d'Aaron Korsh (avec Gabriel Macht)
Et vous, qu'allez-vous regarder cet été ?
Voilà pourquoi j'ai décidé de partager avec vous la bande annonce de la prochaine saison.
JE VIENS DE COMMENCER: Suits, d'Aaron Korsh (avec Gabriel Macht)
C'est en suivant les conseils de Livia du blog My Télé is Rich que j'ai décidé de donner sa chance à ce legal drama qui met en scène un duo d'avocats. Ce pourrait être une série comme les autres de USA Network mais, après avoir vu les deux premiers épisodes, je dois dire que je suis plutôt séduit.
La qualité de la relation qui unit les deux protagonistes (ainsi que leurs interprètes) font que l'on a envie d'y revenir avec plaisir. Une première pour moi avec une série de chez USA. Forcément, ça intrigue (dans le bon sens)...
JE VAIS COMMENCER : Shameless (version US), de Paul Abbott (avec William H. Macy)
Pendant un moment, cette nouvelle adaptation de série anglaise me laissait complètement de marbre. Et puis bon, il faut croire qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Je crois que j'ai surtout envie de voir ce que donne une production John Wells quand elle n'est pas diffusée sur un network. Sans oublier que William H. Macy est lui aussi à générique. Et que l'on dit le plus grand bien d'Emmy Rossum.
JE CONTINUE : The Big Bang Theory (saison 2), de Bill Prady & Chuck Lorre (avec Jim Parsons)
Ce n'était pas franchement prémédité. La saison 1, chroniquée ici même, m'a laissé un assez bon souvenir mais ne m'avait pas spécialement enthousiasmé. La saison 2 est pour l'instant très plaisante : je me laisse porter. Elle me semble même plus drôle que la première. Mais de là à dire que je vais véritablement devenir accro...
JE VAIS TERMINER : The Shield (saison 7), de Shawn Ryan (avec Michael Chicklis)
C'est LE rendez-vous de mon été. Et ça devrait se passer à BennyCity, où m'attendent le coffret et les DVD. J'ai pris mon temps pour savourer le dernier chapitre de la série et je ne pense pas que je vais le regretter. Les échos que j'en ai sont effectivement bons, et je vois mal la série me décevoir pour son dernier tour de piste.
Et vous, qu'allez-vous regarder cet été ?
Bien à vous,
Benny
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