Pendant mon court séjour estival à BennyCity, je savais que j'y retournerais une dernière fois. Farmington, le Barn, la Cité où il n'y a pas vraiment d'anges. J'espérais bien ne pas être déçu. J'étais plutôt confiant.
La vérité, c'est que c'était bien mieux que ça. C'était carrément monstrueux. Dantesque et très maîtrisé.
Question de timing
C'est la première fois, pour tout dire, que je vois une série s'achever sur sa meilleure saison. Un luxe rare, quand bien même The Shield, du haut de ses sept saisons, ne compte "que" 88 épisodes.
Le constat est pourtant évident : la série se termine sur 13 épisodes qui jouent parfaitement avec la notion de temps. Un mot qui s'écrit pareil au pluriel comme au singulier... et il semble que les scénaristes aient pris un malin plaisir à jouer tout du long avec cette ambiguité.
Si, dans The Shield, on est habitué à suivre des aventures sans temps mort, force est de constater que pour la septième saison, la production a encore appuyé sur le champignon. Dès le prologue du season premiere, qui s'inscrit dans la suite directe du finale de la saison 6, Shawn Ryan et son équipe donne le ton : on arrive dans le dernier tour de piste et maintenant, ça va sprinter.
Ce que la série va faire avec une maestria peu commune.
Quand la série joue
avec sa propre histoire
Voir Vic et sa bande courir de tous côtés pour ne pas que s'effondre tout ce qu'ils ont essayé de construire (ou tout ce qu'ils n'ont pas encore détruit eux-mêmes), c'est quelque chose auquel on était habitué. On pourrait se dire que la ficelle a déjà beaucoup servi, c'est déjà arrivé au fil des précédentes saisons. Mais pas cette fois.
Dans cette ultime saison, les épisodes s'égrènent, Vic et Ronnie essaient de maîtriser les événements, Shane aussi, et plus le temps passe, plus cela se complique... et plus ça passe. Je veux dire : ça passe vraiment, la vitesse ne nuit pas à la qualité du propos d'ensemble qui reste remarquablement solide.
La raison ? Tout en faisant courir leurs personnages comme des dératés, Ryan et les auteurs ont la brillante idée de placer sur leur route plusieurs visages marquants des précédentes saisons. Comme celui de Tavon, le flic qui avait intégré la Strike Team pendant quelques épisodes de la saison 3.
L'ingéniosité du procédé permet aux scénaristes de faire coup double, si ce n'est "coup triple" : elle permet au téléspectateur de prendre conscience du temps qui s'écoule, de récompenser sa fidélité (ce qui est toujours gratifiant pour celui qui regarde) et de conforter la notion d'évolution psychologique des personnages au gré des saisons et des nombreux retournements de situation.
Tous au bord du précipice...
L'idée est absolument géniale : elle assoit le propos de la production avec force et donne à réfléchir au public. On n'est pas ici dans l'adrénaline pure (même si, en la matière, on est tout de même remarquablement servi) mais aussi dans la description d'une évolution globale, un mouvement d'ensemble qui nous dirige jusqu'aux deux derniers épisodes.
Si la saison sept est une sorte de longue course jusqu'au bord d'un précipice (laquelle intervient après une montée en puissance savamment construite pendant six saisons), Possible Kill Screen et Family Meeting s'imposent comme d'immenses moments de télévision. Ni plus ni moins. Parce qu'ils sont la réalisation de ce que le pilote de la série portait en son sein. Comme s'ils étaient une promesse qui a été tenue.
Ces deux épisodes, c'est le moment où Mackey et tout ceux qui l'entourent font le grand saut. Où les choix conduisent à des actes parfois extrêmes, parfois libérateurs mais irrémédiablement définitifs. Là encore, les moments forts sont appuyés par une somme de détails finement décrits et brillamment mis en scène (1).
... jusqu'au grand saut
Fidèle à son propos, cohérent en diable, capable de combiner résolution et émotion en s'aménageant juste ce qu'il faut d'ouverture pour laisser vagabonder l'imagination du téléspectateur, Family Meeting est à ce titre un des plus grands finale de séries que l'on n'a jamais vus.
Si vous aimez la télévision, si vous recherchez l'émotion et surtout la densité émotionnelle, vous devez le voir. Et le revoir, ainsi que toute la série. Car The Shield est une grande oeuvre télé. De celles dont on ne peut passer à côté.
Bien à vous,
Benny
(1) : On notera à ce propos que le dernier épisode a été réalisé par Clark Johnson, qui avait signé le pilote.
L'intégrale The Shield
sur Le monde de Benny:
"The Shield" : La bonne série au bon moment ?
"The Shield" (saison 1) : Le système Mackey
"The Shield" (saison 2) : Violence vs. Intelligence
"The Shield" (saison 3) : Farmington s'enfonce dans l'ombre
"The Shield" (saison 4) : Celle où la guest star s'appelle Monica
"The Shield" (saison 5) : Plus rude sera la chute
"The Shield" (saison 6) : Farmington et le début de la fin
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dimanche 16 septembre 2012
vendredi 24 août 2012
Mon Village à moi
Taper juste. Dire tout ce que cela aura été pour moi sans faire dans le post "copinage stérile", qui n'intéresse pas grand'monde. C'est ma mission du jour et je l'accepte, alors que je ne pouvais écrire ces quelques lignes à l'instant T, puisque j'étais loin des autoroutes de l'information.
Le 4 août dernier, Le Village, webzine consacré aux séries françaises et européennes, a sorti son dernier édito, annonçant la fin d'une aventure qui aura duré cinq ans et demi. Sur ce blog, j'ai beaucoup parlé de pErDUSA mais assez peu de son double européen. La raison : pendant longtemps, trop longtemps, je ne me suis intéressé qu'aux séries nord-américaines. Il aura fallu la plume alerte, le goût du partage et l'enthousiasme communicatif de Sullivan Le Postec pour que je me décide à sauter le pas. C'était avec Sherlock, c'était en 2011. Et c'était super chouette.
Des découvertes sur et autour de l'écran
A l'époque, je réfléchissais déjà sérieusement à la perspective de rejoindre la Grande Méchante Ville mais je ne me serais jamais imaginé au Village. J'ai pourtant poursuivi mes expérimentations européennes en lisant les articles de l'équipe et une fois arrivé sur place, je me suis lancé. L'envie de vivre une nouvelle aventure collective m'aura conduit vers une histoire qui aura été très différente de ce que j'ai vécue à la BennyCorp. Mais elle aura vraiment participé à mon installation dans une vie et une ville nouvelles.
Je ne crois pas trahir un secret d'état en vous confiant que j'ai su assez vite que la saison 2011/2012 serait la dernière. Sullivan m'a prévenu tôt : je me suis donc dis qu'il fallait que j'en profite résolument. Pour rencontrer le plus de monde possible pour mes projets... mais pas que.
Finalement, j'ai rencontré du monde mais aussi des univers. De nouvelles séries, de nouvelles nations de la fiction dans lesquelles je n'avais jamais mis le nez jusqu'ici. Au Danemark, en Israël, mais aussi... en France, et cela de plusieurs façons.
Cette année au Village m'aura en effet surtout permis de redécouvrir les séries bleu, blanc, rouge. D'aller au delà du constat plus ou moins négatif pour repérer des artistes qui ont des choses à dire et qui ont tout à gagner à travailler dans la continuité.
Garder un oeil sur (toute) l'Europe...
Clairement, le téléspectateur que je suis pense que le chemin est long pour que je devienne accro d'une série de chez nous comme j'ai pu l'être d'Urgences, Due South, The West Wing ou Code Quantum. Mais il est faisable : je suis surtout complètement ouvert à cette perspective. Et ça, je le dois vraiment au Village, à son rédacteur en chef comme à Dominique Montay et Emilie Flament.
Au bout du compte, dans une année où beaucoup de choses ont changé pour moi, ce n'est pas rien.
Et il fallait que ce soit dit, en attendant la suite.
Bien à vous,
Benny
Le 4 août dernier, Le Village, webzine consacré aux séries françaises et européennes, a sorti son dernier édito, annonçant la fin d'une aventure qui aura duré cinq ans et demi. Sur ce blog, j'ai beaucoup parlé de pErDUSA mais assez peu de son double européen. La raison : pendant longtemps, trop longtemps, je ne me suis intéressé qu'aux séries nord-américaines. Il aura fallu la plume alerte, le goût du partage et l'enthousiasme communicatif de Sullivan Le Postec pour que je me décide à sauter le pas. C'était avec Sherlock, c'était en 2011. Et c'était super chouette.
Des découvertes sur et autour de l'écran
A l'époque, je réfléchissais déjà sérieusement à la perspective de rejoindre la Grande Méchante Ville mais je ne me serais jamais imaginé au Village. J'ai pourtant poursuivi mes expérimentations européennes en lisant les articles de l'équipe et une fois arrivé sur place, je me suis lancé. L'envie de vivre une nouvelle aventure collective m'aura conduit vers une histoire qui aura été très différente de ce que j'ai vécue à la BennyCorp. Mais elle aura vraiment participé à mon installation dans une vie et une ville nouvelles.
Je ne crois pas trahir un secret d'état en vous confiant que j'ai su assez vite que la saison 2011/2012 serait la dernière. Sullivan m'a prévenu tôt : je me suis donc dis qu'il fallait que j'en profite résolument. Pour rencontrer le plus de monde possible pour mes projets... mais pas que.
Finalement, j'ai rencontré du monde mais aussi des univers. De nouvelles séries, de nouvelles nations de la fiction dans lesquelles je n'avais jamais mis le nez jusqu'ici. Au Danemark, en Israël, mais aussi... en France, et cela de plusieurs façons.
Cette année au Village m'aura en effet surtout permis de redécouvrir les séries bleu, blanc, rouge. D'aller au delà du constat plus ou moins négatif pour repérer des artistes qui ont des choses à dire et qui ont tout à gagner à travailler dans la continuité.
Garder un oeil sur (toute) l'Europe...
Clairement, le téléspectateur que je suis pense que le chemin est long pour que je devienne accro d'une série de chez nous comme j'ai pu l'être d'Urgences, Due South, The West Wing ou Code Quantum. Mais il est faisable : je suis surtout complètement ouvert à cette perspective. Et ça, je le dois vraiment au Village, à son rédacteur en chef comme à Dominique Montay et Emilie Flament.
Au bout du compte, dans une année où beaucoup de choses ont changé pour moi, ce n'est pas rien.
Et il fallait que ce soit dit, en attendant la suite.
Bien à vous,
Benny
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lundi 23 juillet 2012
Ces séries qui connaissent la chanson #3 : "Brothers in Arms" (Dire Straits/The West Wing)
C'est un grand classique. Un de ces moments de série qui restent gravé dans l'esprit des amateurs du genre. Et puisque je ne pouvais pas ne pas l'aborder dans cette rubrique... autant le faire aujourd'hui.
L'extrait du jour
C'est encore (et toujours) la dernière scène d'un épisode. La dernière scène de la saison 2 de The West Wing, l'excellent Two Cathedrals.
Ce qui se passe
Le président Bartlet enterre Mrs Landingham, sa fidèle assistante décédée dans un accident de voiture. Ce drame personnel survient alors que le grand public apprend que le commander in chief est atteint d'une sclérose en plaques.
Après une très éprouvante journée, il doit se rendre à une conférence de presse au cours de laquelle il doit annoncer qu'il ne se représentera pas pour un second mandat. Seul, en colère alors que l'orage gronde, il se débat avec ses propres pensées... et repense à Mrs Landingham.
Pourquoi ça le fait
Je crois que Two Cathedrals est mon épisode préféré de The West Wing. Parce qu'il donne à voir qui est Jed Bartlet. En quelques flashbacks, Sorkin esquisse brillamment qui est son héros: ce qui fait sa force comme sa fragilité.
Illustrant à la perfection l'expression selon laquelle une image vaut parfois mille mots, Sorkin laisse le corps de son héros parler pour lui. Un peu comme si, au gré des précédentes scènes, les dialogues avaient déjà tout dit et que la meilleure façon de laisser Bartlet être Bartlet (une image célèbre de la série), c'est encore de le laisser avancer. Pour exprimer ce qu'il est et surtout ce qu'il devient.
Sorkin le laisse en fait atteindre son but, résolument et sans mot dire.
A ce petit jeu, il fallait une chanson puissante et crépusculaire: tout le parcours de Bartlet, c'est celui d'un homme qui apprend à devenir homme d'Etat. La marche vers cette conférence de presse traduit une nouvelle étape, celle où il se donne encore un peu plus à sa fonction et laisse derrière lui une partie de ces doutes.
Dans cette logique, la chanson accompagnant ces images ne pouvait être que Brothers in Arms... et bon sang, ça file des frissons, ce truc-là.
Bien à vous,
Benny
L'extrait du jour
C'est encore (et toujours) la dernière scène d'un épisode. La dernière scène de la saison 2 de The West Wing, l'excellent Two Cathedrals.
Ce qui se passe
Le président Bartlet enterre Mrs Landingham, sa fidèle assistante décédée dans un accident de voiture. Ce drame personnel survient alors que le grand public apprend que le commander in chief est atteint d'une sclérose en plaques.
Après une très éprouvante journée, il doit se rendre à une conférence de presse au cours de laquelle il doit annoncer qu'il ne se représentera pas pour un second mandat. Seul, en colère alors que l'orage gronde, il se débat avec ses propres pensées... et repense à Mrs Landingham.
Pourquoi ça le fait
Je crois que Two Cathedrals est mon épisode préféré de The West Wing. Parce qu'il donne à voir qui est Jed Bartlet. En quelques flashbacks, Sorkin esquisse brillamment qui est son héros: ce qui fait sa force comme sa fragilité.
Illustrant à la perfection l'expression selon laquelle une image vaut parfois mille mots, Sorkin laisse le corps de son héros parler pour lui. Un peu comme si, au gré des précédentes scènes, les dialogues avaient déjà tout dit et que la meilleure façon de laisser Bartlet être Bartlet (une image célèbre de la série), c'est encore de le laisser avancer. Pour exprimer ce qu'il est et surtout ce qu'il devient.
Sorkin le laisse en fait atteindre son but, résolument et sans mot dire.
A ce petit jeu, il fallait une chanson puissante et crépusculaire: tout le parcours de Bartlet, c'est celui d'un homme qui apprend à devenir homme d'Etat. La marche vers cette conférence de presse traduit une nouvelle étape, celle où il se donne encore un peu plus à sa fonction et laisse derrière lui une partie de ces doutes.
Dans cette logique, la chanson accompagnant ces images ne pouvait être que Brothers in Arms... et bon sang, ça file des frissons, ce truc-là.
Bien à vous,
Benny
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dimanche 22 juillet 2012
"The Wire" version Lego : "You play with toys in dirt, you get dirty toys"
Parfois, je peux me lancer dans des diatribes longues, très longues sur ce blog. Pour argumenter, encenser ou montrer que je suis énervé.
Aujourd'hui, je vais faire court. Très court. Avec une vidéo et juste quelques mots. Et en même temps, avec un remake de The Wire et des Lego, qu'est-ce que je pourrais rajouter de vraiment indispensable, hein... (si ce n'est que c'est une trouvaille faite sur Twitter, via @TinaBartlet)
En gros, pas beaucoup de choses... Si ce n'est que ce n'est pas la première fois que le Charm City de David Simon fait l'objet d'une adaptation qui marque les esprits. Il y a quelques mois, c'était une parodie façon comédie musicale qui avait atterri sur Youtube.
Souvenez-vous.
Et comme on dit : It's all in the game...
Bien à vous,
Benny
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Pleine lucarne
vendredi 20 juillet 2012
Les questions de l'été : où trouver des infos sur les showrunners quand on aime les séries ?
Avec la multiplication des séries, la multiplication des sites et publications qui parlent des séries, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Surtout quand on cherche de l'info de fond, fiable et précise.
Il y a quelques mois, Télérama s'était essayé à cet exercice avec une infographie sur les six grandes familles de showrunners. L'idée était bonne, l'exécution beaucoup moins. A trop vouloir synthétiser, on prend toujours le risque de laisser sur le bas côté des éléments cruciaux.
Quand on veut du fond...
C'est un peu ce qui est arrivé ce coup-là, avec une proposition qui a méchamment tendance à réduire son propos aux séries nobles (en gros, celles dont parle la rédaction ? Oui, la question est un chouya perfide).
Au bout du compte, j'ai trouvé que le projet loupait sa cible. Pour ceux qui ne connaissent que peu ou pas de choses sur le sujet, il zappe beaucoup de producteurs de SF, par exemple (Straczinski ? Roddenberry ?). Et pour ceux qui s'y connaissent bien ou très bien, le contenu des textes est très sommaire.
Du coup, si vous cherchez un vrai bon outil pour mener ou compléter des recherches sur le sujet des séries, je vous encourage vivement à laisser traîner votre curseur du côté d'Universéries, un projet du bouquet Orange Cinéma-Séries.
... et faire le plein
Il ne s'agit pas ici de sponsoriser un contenu pour un groupe qui n'en a pas franchement besoin. Sur le fond comme dans la forme, ce site est une réussite. Visuellement très travaillé, il combine les qualités d'une navigation fluide avec des textes plutôt costauds sur les différents scénaristes, producteurs et autres habitués du petit écran qu'il référence.
Depuis que ma consoeur Delphine de Reviewer et La Tête dans le Poste me l'a conseillé, j'avoue que c'est un de mes outils de choix. A votre tour de le découvrir, si vous ne le connaissiez pas encore !
Bien à vous,
Benny
Il y a quelques mois, Télérama s'était essayé à cet exercice avec une infographie sur les six grandes familles de showrunners. L'idée était bonne, l'exécution beaucoup moins. A trop vouloir synthétiser, on prend toujours le risque de laisser sur le bas côté des éléments cruciaux.
Quand on veut du fond...
C'est un peu ce qui est arrivé ce coup-là, avec une proposition qui a méchamment tendance à réduire son propos aux séries nobles (en gros, celles dont parle la rédaction ? Oui, la question est un chouya perfide).
Au bout du compte, j'ai trouvé que le projet loupait sa cible. Pour ceux qui ne connaissent que peu ou pas de choses sur le sujet, il zappe beaucoup de producteurs de SF, par exemple (Straczinski ? Roddenberry ?). Et pour ceux qui s'y connaissent bien ou très bien, le contenu des textes est très sommaire.
![]() |
| Captures d'écran Allociné.fr |
Du coup, si vous cherchez un vrai bon outil pour mener ou compléter des recherches sur le sujet des séries, je vous encourage vivement à laisser traîner votre curseur du côté d'Universéries, un projet du bouquet Orange Cinéma-Séries.
... et faire le plein
Il ne s'agit pas ici de sponsoriser un contenu pour un groupe qui n'en a pas franchement besoin. Sur le fond comme dans la forme, ce site est une réussite. Visuellement très travaillé, il combine les qualités d'une navigation fluide avec des textes plutôt costauds sur les différents scénaristes, producteurs et autres habitués du petit écran qu'il référence.
Depuis que ma consoeur Delphine de Reviewer et La Tête dans le Poste me l'a conseillé, j'avoue que c'est un de mes outils de choix. A votre tour de le découvrir, si vous ne le connaissiez pas encore !
Bien à vous,
Benny
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mercredi 18 juillet 2012
Ces séries qui connaissent la chanson #2 : "Iguazu" (Gustavo Santaolalla/Deadwood)
Deuxième épisode de la série estivale qui mélange musique et pur moment d'histoire... et je commence déjà à pervertir (un peu) la formule en choisissant un titre où personne ne chante. Je vous jure : on ne peut faire confiance à personne, de nos jours...
L'extrait du jour
C'est la scène finale de l'épisode 1.04 de Deadwood, Here was a man.
Le titre musical, c'est Iguazu de Gustavo Santaolalla. Un morceau que le cinéma et la télévision ont utilisé à de multiples reprises pour illustrer des bandes originales. Il hante par exemple complètement le film Babel d'Alejandro Gonzalez Inarritu. Et on l'entend aussi dans le pilote de 24.
Ce qui se passe
Alors que la tension est jusqu'ici montée crescendo entre Wild Bill Hickok et Jack McCall, ce dernier, encore un peu plus saoûl que d'habitude, décide d'en finir une bonne fois pour toute avec lui.
Alors que l'un des plus crépusculaires personnages de la série vit ses derniers instants, tous les regards du campement se tournent vers McCall... puis vers un cavalier qui débarque avec la tête décapitée d'un Indien.
Pourquoi ça le fait
Les moments où tous les personnages de la série convergent vers un même point sont assez rares. C'est ce qui arrive dans cette scène assez magnétique et puissamment évocatrice. La tension et l'émotion sont fortes pendant ces trois minutes. Même le très rigide Bullock parvient à émouvoir ce coup-ci : c'est dire...
Si cela marche aussi bien, c'est parce que le flot de notes déversées par Santaolalla et sa guitare accompagnent magnifiquement la montée en puissance de l'émotion et la convergence des regards vers ce qui se passe à la sortie du bar de Tom Nuttall.
Avec cet extrait, on a un peu tout ce qui est réussi dans Deadwood : de la tension sourde, lourde, une multiplicité d'intrigues et des moments qui sortent de nulle part (l'arrivée du cavalier) mais donnent un côté surréaliste et assez fascinant à l'ensemble.
A titre personnel, je trouve que, tout au long de ces trois saisons, la série n'aura que trop peu de fois magnifié ce genre de moments. Alors autant savourer.
Bien à vous,
Benny
L'extrait du jour
C'est la scène finale de l'épisode 1.04 de Deadwood, Here was a man.
Le titre musical, c'est Iguazu de Gustavo Santaolalla. Un morceau que le cinéma et la télévision ont utilisé à de multiples reprises pour illustrer des bandes originales. Il hante par exemple complètement le film Babel d'Alejandro Gonzalez Inarritu. Et on l'entend aussi dans le pilote de 24.
Ce qui se passe
Alors que la tension est jusqu'ici montée crescendo entre Wild Bill Hickok et Jack McCall, ce dernier, encore un peu plus saoûl que d'habitude, décide d'en finir une bonne fois pour toute avec lui.
Alors que l'un des plus crépusculaires personnages de la série vit ses derniers instants, tous les regards du campement se tournent vers McCall... puis vers un cavalier qui débarque avec la tête décapitée d'un Indien.
Pourquoi ça le fait
Les moments où tous les personnages de la série convergent vers un même point sont assez rares. C'est ce qui arrive dans cette scène assez magnétique et puissamment évocatrice. La tension et l'émotion sont fortes pendant ces trois minutes. Même le très rigide Bullock parvient à émouvoir ce coup-ci : c'est dire...
Si cela marche aussi bien, c'est parce que le flot de notes déversées par Santaolalla et sa guitare accompagnent magnifiquement la montée en puissance de l'émotion et la convergence des regards vers ce qui se passe à la sortie du bar de Tom Nuttall.
Avec cet extrait, on a un peu tout ce qui est réussi dans Deadwood : de la tension sourde, lourde, une multiplicité d'intrigues et des moments qui sortent de nulle part (l'arrivée du cavalier) mais donnent un côté surréaliste et assez fascinant à l'ensemble.
A titre personnel, je trouve que, tout au long de ces trois saisons, la série n'aura que trop peu de fois magnifié ce genre de moments. Alors autant savourer.
Bien à vous,
Benny
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vendredi 13 juillet 2012
Ces séries qui connaissent la chanson #1 : "Devil" (Stereophonics/Rescue Me)
Encore une petite rubriquette pour passer l'été. Encore un moyen de revisiter l'univers des séries de manière ludique. Encore une façon de partager un coup de coeur.
Le principe est tout simple : je reviens sur une scène d'une série, un extrait porté par une chanson. Le procédé est hyper courant mais les moments où l'on se dit "ça le fait vraiment", ce n'est pas si facile à trouver.
Alors autant essayer de comprendre pourquoi.
L'extrait du jour
C'est la dernière scène du premier épisode de la saison 3 de Rescue Me.
Le titre de la chanson, c'est Devil des Stereophonics (et c'est aussi le titre de l'épisode, écrit par les créateurs du show, Denis Leary et Peter Tolan. SPOILER ALERT : la description qui suit révèle un élément très important de la saison. Si vous ne l'avez pas vu, pas de chance, il va vous falloir faire l'impasse. Sad but true).
Ce qui se passe
Plusieurs mois ont passé depuis la mort du fils de Tommy Gavin. Il est à nouveau séparé de sa femme Janet et se retrouve encore au bord du gouffre. Mais pour l'instant, il reste debout. Malgré le stress, malgré le chagrin et l'envie de replonger dans la drogue et l'alcool.
Contre toute attente pourtant, comme le reste de la caserne, il décide d'arrêter de fumer. Et il tient bon, jusqu'à ce soir d'intervention, au cours duquel il a sorti d'un incendie une petite fille mal en point...
Pourquoi ça le fait grave...
Parce que cette scène a un petit côté overzetop/badass assez génial. Elle n'est pas du tout crédible et pourtant, avec la chanson, avec ce qu'on sait de Gavin, tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui pend au nez, le fait que la fiction torde le cou à la vraisemblance passe parfaitement.
Parce qu'on a envie d'y croire, ce qui arrive à Tommy à ce moment-là. Un peu pour nous, beaucoup pour lui.
Gavin, c'est un pompier au-dessus de tous les autres. Qui réalise dans son boulot des choses qu'il est le seul capable d'accomplir. Le prix à payer, c'est une vie chaotique, douloureuse et qui va toujours un peu plus vers le néant.
C'est comme ça qu'il arrive à sauver des vies que d'autres ne peuvent sauver. C'est en quelque sorte son pacte avec le Diable (Devil, donc) : c'est hyper-dramatique, franchement soapy parfois... mais bon sang, qu'est-ce que c'est bon à regarder.
En tout cas, vous l'aurez compris : moi, je me suis laissé porter. Ca fait du bien d'y croire des fois... D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que, l'an passé, pendant un moment un peu bad, j'avais ce titre et cette scène dans la tête.
Des fois, laisser faire la fiction, laisser couler la chanson, ça a du bon.
Bien à vous,
Benny
Le principe est tout simple : je reviens sur une scène d'une série, un extrait porté par une chanson. Le procédé est hyper courant mais les moments où l'on se dit "ça le fait vraiment", ce n'est pas si facile à trouver.
Alors autant essayer de comprendre pourquoi.
L'extrait du jour
C'est la dernière scène du premier épisode de la saison 3 de Rescue Me.
Le titre de la chanson, c'est Devil des Stereophonics (et c'est aussi le titre de l'épisode, écrit par les créateurs du show, Denis Leary et Peter Tolan. SPOILER ALERT : la description qui suit révèle un élément très important de la saison. Si vous ne l'avez pas vu, pas de chance, il va vous falloir faire l'impasse. Sad but true).
Ce qui se passe
Plusieurs mois ont passé depuis la mort du fils de Tommy Gavin. Il est à nouveau séparé de sa femme Janet et se retrouve encore au bord du gouffre. Mais pour l'instant, il reste debout. Malgré le stress, malgré le chagrin et l'envie de replonger dans la drogue et l'alcool.
Contre toute attente pourtant, comme le reste de la caserne, il décide d'arrêter de fumer. Et il tient bon, jusqu'à ce soir d'intervention, au cours duquel il a sorti d'un incendie une petite fille mal en point...
Pourquoi ça le fait grave...
Parce que cette scène a un petit côté overzetop/badass assez génial. Elle n'est pas du tout crédible et pourtant, avec la chanson, avec ce qu'on sait de Gavin, tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui pend au nez, le fait que la fiction torde le cou à la vraisemblance passe parfaitement.
Parce qu'on a envie d'y croire, ce qui arrive à Tommy à ce moment-là. Un peu pour nous, beaucoup pour lui.
Gavin, c'est un pompier au-dessus de tous les autres. Qui réalise dans son boulot des choses qu'il est le seul capable d'accomplir. Le prix à payer, c'est une vie chaotique, douloureuse et qui va toujours un peu plus vers le néant.
C'est comme ça qu'il arrive à sauver des vies que d'autres ne peuvent sauver. C'est en quelque sorte son pacte avec le Diable (Devil, donc) : c'est hyper-dramatique, franchement soapy parfois... mais bon sang, qu'est-ce que c'est bon à regarder.
En tout cas, vous l'aurez compris : moi, je me suis laissé porter. Ca fait du bien d'y croire des fois... D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que, l'an passé, pendant un moment un peu bad, j'avais ce titre et cette scène dans la tête.
Des fois, laisser faire la fiction, laisser couler la chanson, ça a du bon.
Bien à vous,
Benny
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jeudi 14 juin 2012
Ma madeleine de Proust, elle était dans la télé avec des pulls de toutes les couleurs
Je suis tombé dessus hier soir et ça m'a fait tout drôle. Dès les premières images, je me suis senti carrément transporté. Embarqué à BennyCity, il y a déjà un joli petit paquet d'années (j'ai commencé à compter et, voyant que ça commençait à faire, j'ai préféré mettre une longue parenthèse par dessus ce chiffre).
En regardant un épisode, je me suis retrouvé dans ma propre histoire. Quand j'avais 14 ans, que je suivais avec avidité les aventures de celui que je considérais (et considère toujours sans doute) comme un génie. Le papa de l'humour malin, frais et jamais vulgaire. Le père qui faisait toujours sourire devant des soucis pas vraiment galère.
Hier soir, donc, je suis tombé sur un épisode du Cosby Show. Et j'ai surkiffé ce moment. Pas forcément parce que quand on regarde un épisode, on se sent "heureux, aimé et rassuré" comme on m'a dit sur Twitter (surtout que juste après, toujours sur Twitter, on m'a dit que le Xanax faisait le même effet...). Mais parce que Bill Cosby et les Huxtable constituent tout simplement un autre des fondements de ma culture séries.
Si j'aime toujours beaucoup les comédies, si j'apprécie leur côté "pas si facile à faire que ça" (en tout cas, pour celles qui sont réussies), c'est d'abord grâce à Cosby.
Je l'avais presque oublié. Pourtant c'était une évidence. Et il n'y a rien de mieux, quand on court dans tous les sens au quotidien, de retrouver des images qui vous rappelle d'où l'on vient.
Très bêtement, ça donne envie d'aller plus loin. Avec envie, et un bel appétit.
Et vous, c'est quoi votre madeleine de Proust télévisuelle ?
Bien à vous,
Benny
En regardant un épisode, je me suis retrouvé dans ma propre histoire. Quand j'avais 14 ans, que je suivais avec avidité les aventures de celui que je considérais (et considère toujours sans doute) comme un génie. Le papa de l'humour malin, frais et jamais vulgaire. Le père qui faisait toujours sourire devant des soucis pas vraiment galère.
Hier soir, donc, je suis tombé sur un épisode du Cosby Show. Et j'ai surkiffé ce moment. Pas forcément parce que quand on regarde un épisode, on se sent "heureux, aimé et rassuré" comme on m'a dit sur Twitter (surtout que juste après, toujours sur Twitter, on m'a dit que le Xanax faisait le même effet...). Mais parce que Bill Cosby et les Huxtable constituent tout simplement un autre des fondements de ma culture séries.
Si j'aime toujours beaucoup les comédies, si j'apprécie leur côté "pas si facile à faire que ça" (en tout cas, pour celles qui sont réussies), c'est d'abord grâce à Cosby.
Je l'avais presque oublié. Pourtant c'était une évidence. Et il n'y a rien de mieux, quand on court dans tous les sens au quotidien, de retrouver des images qui vous rappelle d'où l'on vient.
Très bêtement, ça donne envie d'aller plus loin. Avec envie, et un bel appétit.
Et vous, c'est quoi votre madeleine de Proust télévisuelle ?
Bien à vous,
Benny
dimanche 3 juin 2012
"Les Chevaliers du Zodiaque", format (très) court mais (très) drôle
Billet spécial trentenaires aujourd'hui : avant de reprendre le cours de nos activités habituelles (je prépare une chronique sur la saison 1 de Sons of Anarchy et un autre sur le bouquin consacré par les Puf à The Practice), j'ai choisi de faire un clin d'oeil à une petite série parodique que j'ai engloutie dans le courant de la semaine.
Les chevaliers du zodiaque : la série abrégée revisite le manga culte de Masami Kurumada avec une fine connaissance de l'univers et un sens du gag assez efficace. Imaginée par un internaute surnommé State Alchemist, cette succession de vidéos s'intéresse à la bataille du sanctuaire. Celle menée par les chevaliers de bronze, maison après maison, pour venger la mort d'Athena (qui n'est pas morte, contrairement à ce qu'ils répètent à longueur d'épisodes : ce qui énerve pas mal l'intéressée).
La réalisation de cet hommage sincère et potache au manga est un travail de longue haleine. Il a commencé il y a plus de trois ans et se poursuit encore aujourd'hui : l'épisode consacré à la Maison des Poissons est encore en cours de réalisation - sa sortie pourrait intervenir en fin d'année. Concrètement, c'est une parodie qui ravira d'abord les fans qui connaissent bien l'animé et tous ceux qui aiment l'humour bas du front.
Running gags à gogo (Shiryu et sa propension à être un boulet, Shun et son ambiguité sexuelle, Hyoga et son oedipe plutôt compliqué), joli sens de la réplique et belle capacité à digresser : le tout marche assez bien et séduira les nostalgiques d'un dessin animé inoubliable pour toute une génération.
Pour en savoir plus, et voir les autres vidéos, rendez-vous sur le site de la série abrégée.
Bien à vous,
Benny
Les chevaliers du zodiaque : la série abrégée revisite le manga culte de Masami Kurumada avec une fine connaissance de l'univers et un sens du gag assez efficace. Imaginée par un internaute surnommé State Alchemist, cette succession de vidéos s'intéresse à la bataille du sanctuaire. Celle menée par les chevaliers de bronze, maison après maison, pour venger la mort d'Athena (qui n'est pas morte, contrairement à ce qu'ils répètent à longueur d'épisodes : ce qui énerve pas mal l'intéressée).
La réalisation de cet hommage sincère et potache au manga est un travail de longue haleine. Il a commencé il y a plus de trois ans et se poursuit encore aujourd'hui : l'épisode consacré à la Maison des Poissons est encore en cours de réalisation - sa sortie pourrait intervenir en fin d'année. Concrètement, c'est une parodie qui ravira d'abord les fans qui connaissent bien l'animé et tous ceux qui aiment l'humour bas du front.
Running gags à gogo (Shiryu et sa propension à être un boulet, Shun et son ambiguité sexuelle, Hyoga et son oedipe plutôt compliqué), joli sens de la réplique et belle capacité à digresser : le tout marche assez bien et séduira les nostalgiques d'un dessin animé inoubliable pour toute une génération.
Pour en savoir plus, et voir les autres vidéos, rendez-vous sur le site de la série abrégée.
Bien à vous,
Benny
vendredi 18 mai 2012
"Chuck" (saison 4) : Les aventures de Mr. & Mrs Carmichael
Plus d'un mois après la semaine spéciale Chuck, je remets ça une (avant-)dernière fois, en chroniquant la plus longue saison (24 épisodes) de la vraie-fausse série d'aventures de NBC.
Après avoir très adroitement géré le passage à l'InterSecret 2.0, qui fait du héros un super-espion updated, Chris Fedak et Josh Schwartz devaient gérer le pire des adversaires qui soient pour l'équipe Bartowski : la routine.
Chuck vs. le double-piège
Chuck, à la base, c'est un garçon maladroit, un espion malgré lui qui craque pour la sculpturale blonde qui lui sert de garde du corps. Après le démantèlement de l'Alliance, sa vie est considérablement différente : le réparateur de Nerd Herd assume complètement son statut hors normes et l'agent Walker et lui coulent des jours heureux après s'être tourné autour pendant une petite cinquantaine d'épisodes.
S'il n'est pas facile de réussir la première mutation, la seconde, elle, est carrément casse-gueule. Il y avait donc de quoi être inquiet.
Pour se sortir de ce double-piège, la série a décidé de s'appuyer sur ses fondamentaux. Parce que Chuck, c'est un tout : le mélange de références geek, de codes du récit d'espionnage et des caractéristiques de la comédie romantique donne un caractère un peu hybride au récit. Et c'est ça qu'il fallait préserver.
Casey et Morgan superstars
Si la tension de la romance Chuck/Sarah en prend un coup par la force des choses, Chris Fedak et Nicholas Wootton (le nouveau producteur exécutif, ex de NYPD Blue) ont fait le pari de s'appuyer sur la dynamique de groupe du show pour préserver le punch de la série.
Globalement, ça marche bien : développées sur des nouvelles bases, celle du couple hors normes, les aventures de Sarah et Chuck n'ont pas le charme des débuts (le fait que cette relation devienne sérieuse fait que les scénaristes tournent un peu en rond), mais elles ne sont pas non plus trop fades. Certains épisodes sont, à ce sujet, particulièrement réussis, comme Chuck vs. The Wedding Planner.
A contrario cependant, l'installation durable du binôme Casey/Morgan donne un joli coup de fouet aux histoires. Et elles permettent surtout de préserver le capital humour du show. A tous les coups ou presque.
L'intrigue Volkoff,
storyline maline
Comme à chaque saison depuis la deuxième année, un fil rouge court sur toute la saison. Cette fois-ci, il s'agit de l'intrigue liée à Alexei Volkoff.
Elle s'articule autour de deux axes : à l'image de ce qui a été fait pour la saison 3, ces 24 épisodes se décomposent en effet en deux étapes (de l'épisode 1 à 13, et de l'épisode 14 à 24 : la peur de se faire annuler en cours de route ?) et là aussi, le bilan est globalement positif.
Si l'ensemble débute sur un bon rythme, on notera quand même que l'intrigue a un peu de mal en repartir dans la seconde période. Mais un twist bien amené permet de lier l'ensemble avec brio, et de donner un peu plus de relief à toute la saison. Au final, tout cela tient même très bien la route.
On aurait donc tort de bouder son plaisir. Surtout quand Linda Hamilton, Timothy Dalton, Lou Ferrigno et plein d'autres guests viennent sur le plateau.
Bien à vous,
Benny
Après avoir très adroitement géré le passage à l'InterSecret 2.0, qui fait du héros un super-espion updated, Chris Fedak et Josh Schwartz devaient gérer le pire des adversaires qui soient pour l'équipe Bartowski : la routine.
Chuck vs. le double-piège
Chuck, à la base, c'est un garçon maladroit, un espion malgré lui qui craque pour la sculpturale blonde qui lui sert de garde du corps. Après le démantèlement de l'Alliance, sa vie est considérablement différente : le réparateur de Nerd Herd assume complètement son statut hors normes et l'agent Walker et lui coulent des jours heureux après s'être tourné autour pendant une petite cinquantaine d'épisodes.
S'il n'est pas facile de réussir la première mutation, la seconde, elle, est carrément casse-gueule. Il y avait donc de quoi être inquiet.
Pour se sortir de ce double-piège, la série a décidé de s'appuyer sur ses fondamentaux. Parce que Chuck, c'est un tout : le mélange de références geek, de codes du récit d'espionnage et des caractéristiques de la comédie romantique donne un caractère un peu hybride au récit. Et c'est ça qu'il fallait préserver.
Casey et Morgan superstars
Si la tension de la romance Chuck/Sarah en prend un coup par la force des choses, Chris Fedak et Nicholas Wootton (le nouveau producteur exécutif, ex de NYPD Blue) ont fait le pari de s'appuyer sur la dynamique de groupe du show pour préserver le punch de la série.
Globalement, ça marche bien : développées sur des nouvelles bases, celle du couple hors normes, les aventures de Sarah et Chuck n'ont pas le charme des débuts (le fait que cette relation devienne sérieuse fait que les scénaristes tournent un peu en rond), mais elles ne sont pas non plus trop fades. Certains épisodes sont, à ce sujet, particulièrement réussis, comme Chuck vs. The Wedding Planner.
A contrario cependant, l'installation durable du binôme Casey/Morgan donne un joli coup de fouet aux histoires. Et elles permettent surtout de préserver le capital humour du show. A tous les coups ou presque.
L'intrigue Volkoff,
storyline maline
Comme à chaque saison depuis la deuxième année, un fil rouge court sur toute la saison. Cette fois-ci, il s'agit de l'intrigue liée à Alexei Volkoff.
Elle s'articule autour de deux axes : à l'image de ce qui a été fait pour la saison 3, ces 24 épisodes se décomposent en effet en deux étapes (de l'épisode 1 à 13, et de l'épisode 14 à 24 : la peur de se faire annuler en cours de route ?) et là aussi, le bilan est globalement positif.
Si l'ensemble débute sur un bon rythme, on notera quand même que l'intrigue a un peu de mal en repartir dans la seconde période. Mais un twist bien amené permet de lier l'ensemble avec brio, et de donner un peu plus de relief à toute la saison. Au final, tout cela tient même très bien la route.
On aurait donc tort de bouder son plaisir. Surtout quand Linda Hamilton, Timothy Dalton, Lou Ferrigno et plein d'autres guests viennent sur le plateau.
Bien à vous,
Benny
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vendredi 20 avril 2012
David Shore, David Simon et Shawn Ryan : trois regards sur le showrunning
Cette semaine, au Forum des images, les mordus de séries font le plein d'épisodes, de rencontres et de projections à l'occasion du troisième festival Séries Mania. C'est aussi le moment idéal pour en savoir plus sur plusieurs têtes pensantes de la télé américaine des années 2000.
Mardi, quelques heures avant la venue de Terence Winter pour parler de Boardwalk Empire, la projection de trois épisodes de la série documentaire française Showrunners était proposée au public. Devant la caméra, on retrouvait David Shore (qui parlait exclusivement de House), Davd Simon (qui concentrait ses propos sur The Wire et Treme) et Shawn Ryan (qui est revenu sur l'aventure The Shield).
Une myriade de détails à gérer
Trois auteurs, trois univers, trois sensibilités différentes. Pendant près de 90 minutes, au fil des épisodes, les documentaristes Virginia Vosgimorukian et Anthony Dubé tricotent adroitement leur projet filmé. Au gré des entretiens, on voit ce qui lient les uns (les mailles à l'endroit) et ceux qui les différencient (les mailles à l'envers).
C'est souvent dense, c'est très enrichissant et ça vaut vraiment le coup.
Principalement parce que, ce qui ressort avec force, c'est que ce qui fait la force d'une histoire, ce qui fait sa vérité (et donc le succès d'une série), repose sur un ensemble d'éléments, une somme de détails appréhendés de façon différente selon les auteurs.
David Shore, qui se concentre beaucoup sur les forces de House dans l'entretien (il aurait été amusant de voir comment il analyse la façon dont il a voulu briser la routine d'une série très rigide dans son format. Le sujet porte en effet à discussion), a eu une jolie formule par exemple. "Il y a deux choses importantes pour réussir une série. Numéro un : l'histoire. Numéro 2 : rien n'est plus important que le numéro 1".
David Shore : Un peu d'histoire
dans les histoires
Pour atteindre cet objectif, Shore fait le travail "classique" du showrunner tel qu'on l'imagine, avec une relecture méthodique, "jusqu'au boutiste" de chaque script. Si son avis est évidemment prééminent, l'épisode qui lui est consacré permet de découvrir sa méthode de travail, qui tend à associer le plus possible ses collaborateurs.
Un dispositif de double écran est effectivement installé dans son bureau : un du côté de celui qui a le clavier, un du côté de celui qui vient échanger. L'idée est alors d'associer au maximum auteur et showrunner... sans pour autant que cela vire à la négociation des accords de Grenelle.
L'intérêt de ces trois épisodes, c'est aussi de voir comment chacun prend à pleines mains la question de la psychologie des personnages.
Shore insiste sur la notion de background psychologique, sur le parcours du héros qui doit colorer chaque acte, chaque parole et chaque pensée.
En cela, il rejoint Shawn Ryan, qui explique avoir pris de Joss Whedon (et avoir appris sur la première saison d'Angel) l'importance du cheminement émotionnel de chaque personnage à travers un épisode. Lequel doit aller d'un point A à un point B en traversant divers états pour emmener le spectateur dans son histoire. Une logique que l'on retrouve dans vraiment beaucoup d'épisodes de The Shield.
David Simon, lui, rappelle une fois encore la spécificité de son parcours, qui l'a conduit du journalisme à la fiction. Dans sa méthode de travail, dans sa manière d'appréhender les choses, il y a une volonté de s'appuyer sur les faits, sur les détails vrais pour porter la force du récit.
Le raccourci un peu rapide, pour ceux qui songent à se lancer dans l'écriture d'une fiction, serait de se dire qu'au final, il suffit de blinder son récit d'éléments tirés du réel pour embarquer le téléspectateur. Mais quand on écoute Simon, on constate que l'enjeu n'est pas là.
Formidable fact checker, Simon est aussi et surtout un conteur hors pair, comme on peut s'en rendre compte dans The Corner, le roman qu'il a co-écrit avec Ed Burns. C'est ce qui fait que ses séries restent des fictions uniques.
Maîtriser... et (aussi) accepter
la fragilité des choses
Cela ressort un peu dans l'épisode que lui consacre Showrunners mais sans doute pas assez. Il aurait sans doute fallu mettre en balance l'aspect "homme de récit journalistique et de fiction" avec la bluffante connaissance que le bonhomme a de la notion d'enjeux dramatiques.
Cela n'enlève rien au plaisir évident que l'on prend à les écouter. Aussi brillants soient-ils, tous les trois savent aussi que tout reste extrêmement fragile. A l'image d'un Shawn Ryan qui s'interroge, non sans une certaine circonspection, sur la chance qu'il aura ou pas de connaître une aventure de production aussi forte que fut celle de The Shield.
Ce vendredi au Forum des images, trois nouveaux épisodes de Showrunners seront projetés. Ils seront consacrés à Carlton Cuse (Lost), Terence Winter (Boardwalk Empire) et Ronald D. Moore (Battlestar Galactica).
Pour en savoir encore plus, vous pouvez également cliquer là : une interview d'une des documentaristes est à lire sur le blog Têtes de Séries.
Bien à vous,
Benny
Mardi, quelques heures avant la venue de Terence Winter pour parler de Boardwalk Empire, la projection de trois épisodes de la série documentaire française Showrunners était proposée au public. Devant la caméra, on retrouvait David Shore (qui parlait exclusivement de House), Davd Simon (qui concentrait ses propos sur The Wire et Treme) et Shawn Ryan (qui est revenu sur l'aventure The Shield).
Une myriade de détails à gérer
Trois auteurs, trois univers, trois sensibilités différentes. Pendant près de 90 minutes, au fil des épisodes, les documentaristes Virginia Vosgimorukian et Anthony Dubé tricotent adroitement leur projet filmé. Au gré des entretiens, on voit ce qui lient les uns (les mailles à l'endroit) et ceux qui les différencient (les mailles à l'envers).
C'est souvent dense, c'est très enrichissant et ça vaut vraiment le coup.
Principalement parce que, ce qui ressort avec force, c'est que ce qui fait la force d'une histoire, ce qui fait sa vérité (et donc le succès d'une série), repose sur un ensemble d'éléments, une somme de détails appréhendés de façon différente selon les auteurs.
David Shore, qui se concentre beaucoup sur les forces de House dans l'entretien (il aurait été amusant de voir comment il analyse la façon dont il a voulu briser la routine d'une série très rigide dans son format. Le sujet porte en effet à discussion), a eu une jolie formule par exemple. "Il y a deux choses importantes pour réussir une série. Numéro un : l'histoire. Numéro 2 : rien n'est plus important que le numéro 1".
David Shore : Un peu d'histoire
dans les histoires
Pour atteindre cet objectif, Shore fait le travail "classique" du showrunner tel qu'on l'imagine, avec une relecture méthodique, "jusqu'au boutiste" de chaque script. Si son avis est évidemment prééminent, l'épisode qui lui est consacré permet de découvrir sa méthode de travail, qui tend à associer le plus possible ses collaborateurs.
Un dispositif de double écran est effectivement installé dans son bureau : un du côté de celui qui a le clavier, un du côté de celui qui vient échanger. L'idée est alors d'associer au maximum auteur et showrunner... sans pour autant que cela vire à la négociation des accords de Grenelle.
L'intérêt de ces trois épisodes, c'est aussi de voir comment chacun prend à pleines mains la question de la psychologie des personnages.
Shore insiste sur la notion de background psychologique, sur le parcours du héros qui doit colorer chaque acte, chaque parole et chaque pensée.
Chacun s'approprie la question de l'émotion
En cela, il rejoint Shawn Ryan, qui explique avoir pris de Joss Whedon (et avoir appris sur la première saison d'Angel) l'importance du cheminement émotionnel de chaque personnage à travers un épisode. Lequel doit aller d'un point A à un point B en traversant divers états pour emmener le spectateur dans son histoire. Une logique que l'on retrouve dans vraiment beaucoup d'épisodes de The Shield.
David Simon, lui, rappelle une fois encore la spécificité de son parcours, qui l'a conduit du journalisme à la fiction. Dans sa méthode de travail, dans sa manière d'appréhender les choses, il y a une volonté de s'appuyer sur les faits, sur les détails vrais pour porter la force du récit.
Le raccourci un peu rapide, pour ceux qui songent à se lancer dans l'écriture d'une fiction, serait de se dire qu'au final, il suffit de blinder son récit d'éléments tirés du réel pour embarquer le téléspectateur. Mais quand on écoute Simon, on constate que l'enjeu n'est pas là.
Formidable fact checker, Simon est aussi et surtout un conteur hors pair, comme on peut s'en rendre compte dans The Corner, le roman qu'il a co-écrit avec Ed Burns. C'est ce qui fait que ses séries restent des fictions uniques.
Maîtriser... et (aussi) accepter
la fragilité des choses
Cela ressort un peu dans l'épisode que lui consacre Showrunners mais sans doute pas assez. Il aurait sans doute fallu mettre en balance l'aspect "homme de récit journalistique et de fiction" avec la bluffante connaissance que le bonhomme a de la notion d'enjeux dramatiques.
Cela n'enlève rien au plaisir évident que l'on prend à les écouter. Aussi brillants soient-ils, tous les trois savent aussi que tout reste extrêmement fragile. A l'image d'un Shawn Ryan qui s'interroge, non sans une certaine circonspection, sur la chance qu'il aura ou pas de connaître une aventure de production aussi forte que fut celle de The Shield.
Ce vendredi au Forum des images, trois nouveaux épisodes de Showrunners seront projetés. Ils seront consacrés à Carlton Cuse (Lost), Terence Winter (Boardwalk Empire) et Ronald D. Moore (Battlestar Galactica).
Pour en savoir encore plus, vous pouvez également cliquer là : une interview d'une des documentaristes est à lire sur le blog Têtes de Séries.
Bien à vous,
Benny
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vendredi 13 avril 2012
Semaine spéciale "Chuck" (partie 5) : l'espion qui faisait du lien
On va terminer cette série de billets par... un tour d'horizon des sites à visiter, des articles à lire et des adresses à garder dans un coin de vos favoris si vous aussi, vous êtes fan de l'agent Bartowski.
A tout seigneur tout honneur, on commencera par le site Chuck-France. Comme tous les sites de fans du show de Josh Schwartz, il est moins actif depuis le début de l'année et la diffusion du Series finale, mais on y trouve toujours beaucoup d'infos. Et notamment un guide des épisodes carrément incontournable car très détaillé (répliques phare, vidéos, et même... les gadgets utilisés). Un must.
Pour vos yeux
et aussi vos oreilles
Autre blog immanquable : Incredible Chuck, qui garde un oeil sur l'après saison 5 (des rumeurs de film circulent depuis que le show a quitté l'antenne). Le classement thématique des infos est très pratique et celui des titres utilisés pour la bande originale est vraiment exhaustif. Une vraie mine d'or.
En parlant de musique, je vous conseille d'aller faire un tour sur cet article consacré à Alexandra Patsavas, la papesse des BO qui tuent sur le petit écran. Chargée de la supervision musicale de séries comme The OC, Gossip Girl, Grey's Anatomy ou encore Mad Men, elle est la femme de l'ombre qui a fait beaucoup pour le succès de Chuck.
L'article choisi ne parle pas de la série, mais il n'en demeure pas moins très intéressant pour comprendre comment ont été choisies les mélodies qui assurent le succès du show.
Une jolie perle pop décryptée
Sinon, vous pouvez aussi aller faire un tour du côté de la page consacrée à Chuck par NT1. On y trouve des trucs sympas (principalement des petites vidéos promo) et franchement, on a vu bien pire en France pour promouvoir une série américaine.
Enfin, on terminera en citant le papier consacré à la série par Les Inrocks : son auteur, Olivier Joyard, met en relief ce qui fait les spécificités du show, et notamment le fait qu'il ne manque pas de fond. Evoquant surtout "un objet télévisuel pop sans grand équivalent aujourd’hui", il met le doigt sur tout ce qui fait la singularité de cette drôle d'histoire d'espions.
Voilà, la semaine Chuck est terminée : rendez-vous samedi soir, sur NT1, pour les derniers inédits français de la série. Et en attendant, comme on dit...
Bien à vous,
Benny
A tout seigneur tout honneur, on commencera par le site Chuck-France. Comme tous les sites de fans du show de Josh Schwartz, il est moins actif depuis le début de l'année et la diffusion du Series finale, mais on y trouve toujours beaucoup d'infos. Et notamment un guide des épisodes carrément incontournable car très détaillé (répliques phare, vidéos, et même... les gadgets utilisés). Un must.
Pour vos yeux
et aussi vos oreilles
Autre blog immanquable : Incredible Chuck, qui garde un oeil sur l'après saison 5 (des rumeurs de film circulent depuis que le show a quitté l'antenne). Le classement thématique des infos est très pratique et celui des titres utilisés pour la bande originale est vraiment exhaustif. Une vraie mine d'or.
En parlant de musique, je vous conseille d'aller faire un tour sur cet article consacré à Alexandra Patsavas, la papesse des BO qui tuent sur le petit écran. Chargée de la supervision musicale de séries comme The OC, Gossip Girl, Grey's Anatomy ou encore Mad Men, elle est la femme de l'ombre qui a fait beaucoup pour le succès de Chuck.
L'article choisi ne parle pas de la série, mais il n'en demeure pas moins très intéressant pour comprendre comment ont été choisies les mélodies qui assurent le succès du show.
Une jolie perle pop décryptée
Sinon, vous pouvez aussi aller faire un tour du côté de la page consacrée à Chuck par NT1. On y trouve des trucs sympas (principalement des petites vidéos promo) et franchement, on a vu bien pire en France pour promouvoir une série américaine.
Enfin, on terminera en citant le papier consacré à la série par Les Inrocks : son auteur, Olivier Joyard, met en relief ce qui fait les spécificités du show, et notamment le fait qu'il ne manque pas de fond. Evoquant surtout "un objet télévisuel pop sans grand équivalent aujourd’hui", il met le doigt sur tout ce qui fait la singularité de cette drôle d'histoire d'espions.
Voilà, la semaine Chuck est terminée : rendez-vous samedi soir, sur NT1, pour les derniers inédits français de la série. Et en attendant, comme on dit...
Bien à vous,
Benny
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Semaine spéciale Chuck
jeudi 12 avril 2012
Semaine spéciale "Chuck" (partie 4) : la saison 3, celle où il faut grandir...
I know kung fu : l'ultime réplique de la saison 2 de Chuck, qui détourne une phrase culte de Matrix, fait définitivement partie des citations incontournables de la série. Elle marque surtout un tournant décisif dans l'évolution du show. Et cela à plus d'un titre.
J'ai déjà eu l'occasion de dire que l'arrivée de l'InterSecret 2.0 dans l'histoire (et accessoirement, la tête de notre héros) bouscule sérieusement le postulat posé dans le pilote de la série.
J'ai déjà eu l'occasion de dire que l'arrivée de l'InterSecret 2.0 dans l'histoire (et accessoirement, la tête de notre héros) bouscule sérieusement le postulat posé dans le pilote de la série.
Désormais capable de se battre mieux que n'importe quel agent de la CIA et de la NSA, Chuck pouvait sérieusement perdre son âme avec ses nouvelles possibilités. Et quand je dis Chuck, je parle tout aussi bien du personnage que de la série.
Vous reprendrez bien du thriller ?
Contre toute attente, et même si le show perd sans doute un peu de sa fraîcheur juvénile, le tournant est particulièrement bien négocié. La part thriller du récit prend du volume tout au long des 19 épisodes arrachés à la chaîne NBC, qui a songé à l'annuler en fin de saison 2. Mais cela ne se fait pas au détriment de la dimension fun de l'histoire, plutôt bien préservée.
En fait, Chuck grandit. Après de multiples tergiversations, il accepte d'endosser le costume de superagent secret (vous me direz, avec les potentialités de l'InterSecret 2.0, c'est plus facile...). Il fait des choix, prend ses responsabilités. Quitte à en assumer les conséquences difficiles par la suite.
On n'est pas complètement dans un trip à la Great powers means great responsabilities... mais il y a un peu de ça quand même. Notamment dans l'évolution de la relation qui lie Chuck et Sarah. Il y a toujours un vrai risque à construire une relation sur de la tension sexuelle, sur une attirance inassouvie qu'il faudra bien assouvir un jour (coucou, Jim et Pam de The Office).
Finalement, les auteurs de Chuck négocient là aussi adroitement le tournant en plaçant rapidement le duo face à une situation qui impacts aussi la partie "espionnage" du récit.
Structurellement, on sent très nettement que les scénaristes avaient anticipé que cette saison ne dure que 13 épisodes, mais l'histoire rebondit très bien après ce cap. D'abord parce que le personnage de Shaw gagne en densité (même si Brendan Routh n'est sûrement pas le meilleur acteur de sa génération), ensuite parce qu'en l'espace d'une poignée d'épisodes, la double vie de notre héros en prend un sacré coup.
Là encore, le pari était osé, mais jusqu'au bout (et avec un combat dantesque), ça marche vraiment bien. Sûrement grâce à Jeffster aussi.
Finalement, grandir, c'est pas si terrible qu'on le pense...
Bien à vous,
Benny
En fait, Chuck grandit. Après de multiples tergiversations, il accepte d'endosser le costume de superagent secret (vous me direz, avec les potentialités de l'InterSecret 2.0, c'est plus facile...). Il fait des choix, prend ses responsabilités. Quitte à en assumer les conséquences difficiles par la suite.
On n'est pas complètement dans un trip à la Great powers means great responsabilities... mais il y a un peu de ça quand même. Notamment dans l'évolution de la relation qui lie Chuck et Sarah. Il y a toujours un vrai risque à construire une relation sur de la tension sexuelle, sur une attirance inassouvie qu'il faudra bien assouvir un jour (coucou, Jim et Pam de The Office).
Finalement, les auteurs de Chuck négocient là aussi adroitement le tournant en plaçant rapidement le duo face à une situation qui impacts aussi la partie "espionnage" du récit.
Un enchainement sans temps mort
En abordant la question des conséquences de la technologie qu'il a dans son cerveau, Schwartz et Fedak offrent aussi et surtout un très bon moteur à la deuxième partie de la saison. Jusqu'à la première partie du final, qui possède un moment particulièrement sombre.
Rétrospectivement, même si l'arc avec Kristin Kreuk n'est pas le plus intense ni le plus original qui soit, il faut bien admettre que cette troisième année des aventures de Chuck n'a pas de temps mort. Les storylines s'enchainent vite et bien, que ce soit pour Awesome, Morgan, Elie et surtout Casey.
Une saison en deux temps bien négociés
Structurellement, on sent très nettement que les scénaristes avaient anticipé que cette saison ne dure que 13 épisodes, mais l'histoire rebondit très bien après ce cap. D'abord parce que le personnage de Shaw gagne en densité (même si Brendan Routh n'est sûrement pas le meilleur acteur de sa génération), ensuite parce qu'en l'espace d'une poignée d'épisodes, la double vie de notre héros en prend un sacré coup.
Là encore, le pari était osé, mais jusqu'au bout (et avec un combat dantesque), ça marche vraiment bien. Sûrement grâce à Jeffster aussi.
Finalement, grandir, c'est pas si terrible qu'on le pense...
Bien à vous,
Benny
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Semaine spéciale Chuck
mercredi 11 avril 2012
Semaine spéciale "Chuck" (partie 3) : Josh Schwartz et Chris Fedak, le surdoué et le roi d'USC

Aujourd'hui, on va s'intéresser à ceux qui sont derrière l'InterSecret narratif de Chuck. Traduction : c'est l'heure de parler des créateurs.
Dans une certaine mesure, le duo pourrait rappeler, dans son mode de fonctionnement, celui que formaient Steven Bochco et David Milch pour NYPD Blue. Le premier étant le grand nom qui donne de la crédibilité au projet; le second, celui qui le porte dans le temps.
Sauf que c'est un peu plus subtil que ça. Quand bien même l'implication directe dans l'écriture sera davantage portée par Fedak (qui a signé le Series Finale).
La patte Schwartz
Schwartz, c'est un peu l'enfant prodigue de la télé US. Créateur et showrunner d'un premier show à 26 ans (un record : pour info, Abrams avait 32 ans quand Felicity est arrivé à l'antenne), celui qui a imaginé The OC mais aussi Gossip Girl et Hart of Dixie est un boulimique d'histoires.
Fils d'un couple juif qui travaillait chez Hasbro à l'époque où l'entreprise lançait Transformers et Mon Petit poney (ça ne s'invente pas: sa bio est sur Wikipedia), il réunit plusieurs qualités du showrunner moderne. Inventif, capable de mêler émotion, humour et suspense, Josh Schwartz possède surtout deux gros points forts.
D'abord il est définitivement le produit d'une génération. Jamais avide de clins d'oeil dans ses productions, on lui doit par exemple le choix de Scott Bakula pour jouer le père de Chuck. La raison: c'était un fan de Code Quantum - comme Fedak.
Des histoires pour
le coeur... et les oreilles
Ensuite, véritable mordu de musique qui aime garder la main sur la BO de ses séries (un peu comme Tarantino le fait avec ses films), Schwartz sait surtout produire des shows efficaces. Et ça qu'on aime ou pas les aventures de petites filles riches en Californie ou à New York.
L'histoire est parfois (allez, disons souvent) bateau dans Gossip Girl ? Overzetop, comme dans la saison 2 de The OC ? Schwartz s'attache pourtant toujours à privilégier la véracité des émotions pour accrocher le public. Quitte à corriger le tir en chemin. Ca passe par le coeur, par les oreilles, pas toujours par la tête diront certains... mais ça marche auprès de pas mal de téléspectateurs.
Fedak, mordu de thrillers
Dans l'aventure Chuck, il y a Schwartz mais il y a aussi Fedak. "Le roi Fedak" comme son complice le surnomme dans une interview accordée à Alan Sepinwall au moment d'évoquer la fin de l'histoire de l'agent Charles Bartowski / Charles Carmichael.
Tous les deux se sont rencontrés à USC, l'University of Southern California. A l'époque, Fedak, plus âgé, bénéficiait d'une certaine aura auprès des plus jeunes, comme Schwartz.
Les deux gars sont restés régulièrement en contact jusqu'au jour où Fedak est venu rendre visite au jeune producteur sur le plateau de tournage de The OC.
Il lui parle alors de son projet de série : un show d'espionnage au ton singulier. Sans le savoir, Chuck est en train de naître autour d'une tasse de café...
Chuck, la fusion de deux imaginaires
"A ce moment-là je regardais la deuxième saison de The Office, explique Fedak dans une interview que l'on peut en partie lire sur le site Chuck France. Mais ce que j’aimais écrire c’était des trucs d’action : 24, Alias. C’est mon obsession, mais j’aime la comédie aussi. Et j’ai commencé à me demander ce qui arriverait si Jack Bauer débarquait dans The Office, et embarquait Jim dans une sorte d’aventure".
"Quand il m'a présenté son projet, explique de son coté Schwartz dans une interview pour Popgurls.com, je me suis dit qu'il y avait un vrai potentiel pour en faire quelque chose de vraiment marrant.
Lui pensait plus à quelque chose qui lorgnait du côté du thriller. Chuck, c'est vraiment la fusion de nos deux sensibilités. Et c'est surtout devenu une très chouette collaboration".On parlait hier de Chuck comme d'un mélange des genres assez singulier ? Clairement, il prend sa source dans la rencontre même de ses créateurs...
Bien à vous,
Benny
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Semaine spéciale Chuck
mardi 10 avril 2012
Semaine spéciale "Chuck" (partie 2) : la saison 2, l'âge d'or ?
On continue cette semaine dédiée à la bande du Buy More, en revenant sur la deuxième saison du show de Josh Schwartz et Chris Fedak (puisque la saison a été chroniquée par ici).
Si je parle - un peu de manière provocante - d'un âge d'or de la série, c'est d'abord parce que c'est à cette époque que Chuck, porté par des chiffres encourageants en 2007/2008, bénéficie des budgets les plus confortables. Mais aussi parce que c'est sans doute à ce moment-là que le concept initial est exploité le plus directement.
Un équilibre malin
Pendant 22 épisodes, le principe de l'espion malgré lui est exploité de manière assez fraîche, dynamique. A mesure que les aventures s'enchaînent, le trio Chuck-Sarah-Casey se solidifie et la personnalité de chacun gagne en densité.
Si la série a des moyens, elle ne les perd pas en multipliant les prouesses techniques (même si les scènes de combat sont pleines d'énergie - il suffit de revoir le combat entre Sarah et Heather Chandler dans l'épisode 4, Promo 98, pour s'en convaincre). Elle les utilise surtout pour attirer de jolies guests star avec notamment John Laroquette et Melinda Clarke (épisode 2 : Opération séduction), qui servent des scripts efficaces.
Surtout, le show confirme sa thématique poupée gigogne... et développe vraiment sa spécificité.
Une avancée sur trois plans
Si vous avez la curiosité de lire ce qu'on écrit sur Chuck sur les sites consacrés aux séries (au hasard, celui d'Allociné), vous constaterez que beaucoup de critiques plutôt élogieuses commencent par une formule du style "Bon, c'est vrai c'est pas très original mais..."
En fait, Schwartz et Fedak se sont complètement emparés d'une phrase d'un scénariste et consultant qui a aussi écrit des bouquins : Jean-Marie Roth. Dans L'écriture de scénario, Roth glisse au détour d'un chapitre "Tout a été déjà écrit... mais pas par vous".
C'est donc en reprenant les codes de la série d'espionnage, de la comédie romantique et de la série de geeks que les créateurs de Chuck ont façonné l'ADN narratif de leur show. L'entreprise était périlleuse, elle ne satisfait pas toujours tout le monde sur tous les plans... mais elle reste efficace.
Il faut dire que les aventures d'espion de Chuck sont divertissantes, que le rapprochement de Chuck et Sarah est très bien géré (il faut dire que Schwartz a du savoir-faire) et que les pérégrinations de Jeff, Lester et Big Mike se développent avec plus ou moins de bonheur (ça marche très bien dans l'épisode 5, Champion du Monde; c'est moins le cas quand Morgan veut s'approprier une DeLorean).
Le fait est là : l'ensemble tient la route. Et il fonctionne à plein régime dans des épisodes comme Chuck et son ex (où le héros retrouve Jill, celle qui lui a brisé le coeur), mais surtout Intersecret Story (qui secoue la traditionnelle histoire de la prise d'otage) ou encore dans les trois derniers épisodes de la saison. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'équilibre est évident entre ces trois pans narratifs.
Jusqu'au bout
Pour le coup, on n'est plus dans le guilty pleasure mais bel et bien dans l'hommage intelligent et rythmé de trois genres distincts. C'est ce qui explique que l'on n'est pas franchement dans le détournement jubilatoire de la culture geek que j'appelais de mes voeux à la fin de la première saison. Mais on s'en fiche un peu : les clins d'oeil restent sympa et nourrissent un ensemble qui n'est pas dénué d'ambition.
La preuve, c'est qu'un ultime twist annonce pour la saison suivante un tournant assez fort dans la carrière contrariée d'espion de Chuck Bartowski. C'aurait pu être franchement dangereux et contre toute attente, c'est plutôt salutaire : Chuck ne pouvait pas rester 90 épisodes à faire semblant d'attendre dans une voiture que Casey et Sarah sortent les gros flingues.
Le concept évolue alors en saison 3... On en reparlera mais le constat est évident : c'est dans la saison 2 que le principe de base de la série est exploité à fond. Avant de glisser vers autre chose, sensiblement et intelligemment.
Bien à vous,
Benny
Si je parle - un peu de manière provocante - d'un âge d'or de la série, c'est d'abord parce que c'est à cette époque que Chuck, porté par des chiffres encourageants en 2007/2008, bénéficie des budgets les plus confortables. Mais aussi parce que c'est sans doute à ce moment-là que le concept initial est exploité le plus directement.
Un équilibre malin
Pendant 22 épisodes, le principe de l'espion malgré lui est exploité de manière assez fraîche, dynamique. A mesure que les aventures s'enchaînent, le trio Chuck-Sarah-Casey se solidifie et la personnalité de chacun gagne en densité.
Si la série a des moyens, elle ne les perd pas en multipliant les prouesses techniques (même si les scènes de combat sont pleines d'énergie - il suffit de revoir le combat entre Sarah et Heather Chandler dans l'épisode 4, Promo 98, pour s'en convaincre). Elle les utilise surtout pour attirer de jolies guests star avec notamment John Laroquette et Melinda Clarke (épisode 2 : Opération séduction), qui servent des scripts efficaces.
Surtout, le show confirme sa thématique poupée gigogne... et développe vraiment sa spécificité.
Une avancée sur trois plans
Si vous avez la curiosité de lire ce qu'on écrit sur Chuck sur les sites consacrés aux séries (au hasard, celui d'Allociné), vous constaterez que beaucoup de critiques plutôt élogieuses commencent par une formule du style "Bon, c'est vrai c'est pas très original mais..."
En fait, Schwartz et Fedak se sont complètement emparés d'une phrase d'un scénariste et consultant qui a aussi écrit des bouquins : Jean-Marie Roth. Dans L'écriture de scénario, Roth glisse au détour d'un chapitre "Tout a été déjà écrit... mais pas par vous".C'est donc en reprenant les codes de la série d'espionnage, de la comédie romantique et de la série de geeks que les créateurs de Chuck ont façonné l'ADN narratif de leur show. L'entreprise était périlleuse, elle ne satisfait pas toujours tout le monde sur tous les plans... mais elle reste efficace.
Il faut dire que les aventures d'espion de Chuck sont divertissantes, que le rapprochement de Chuck et Sarah est très bien géré (il faut dire que Schwartz a du savoir-faire) et que les pérégrinations de Jeff, Lester et Big Mike se développent avec plus ou moins de bonheur (ça marche très bien dans l'épisode 5, Champion du Monde; c'est moins le cas quand Morgan veut s'approprier une DeLorean).
Le fait est là : l'ensemble tient la route. Et il fonctionne à plein régime dans des épisodes comme Chuck et son ex (où le héros retrouve Jill, celle qui lui a brisé le coeur), mais surtout Intersecret Story (qui secoue la traditionnelle histoire de la prise d'otage) ou encore dans les trois derniers épisodes de la saison. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'équilibre est évident entre ces trois pans narratifs.
Jusqu'au boutPour le coup, on n'est plus dans le guilty pleasure mais bel et bien dans l'hommage intelligent et rythmé de trois genres distincts. C'est ce qui explique que l'on n'est pas franchement dans le détournement jubilatoire de la culture geek que j'appelais de mes voeux à la fin de la première saison. Mais on s'en fiche un peu : les clins d'oeil restent sympa et nourrissent un ensemble qui n'est pas dénué d'ambition.
La preuve, c'est qu'un ultime twist annonce pour la saison suivante un tournant assez fort dans la carrière contrariée d'espion de Chuck Bartowski. C'aurait pu être franchement dangereux et contre toute attente, c'est plutôt salutaire : Chuck ne pouvait pas rester 90 épisodes à faire semblant d'attendre dans une voiture que Casey et Sarah sortent les gros flingues.
Le concept évolue alors en saison 3... On en reparlera mais le constat est évident : c'est dans la saison 2 que le principe de base de la série est exploité à fond. Avant de glisser vers autre chose, sensiblement et intelligemment.
Bien à vous,
Benny
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jeudi 5 avril 2012
L'InstantMusique #8 : "Baltimore's fireflies" (Woodkid)
Une claque. Un bijou d'équilibre, à la fois fragile et puissant. Virevoltant et profond. C'est ce que vous découvrirez si vous vous procurez l'EP Iron de Woodkid.
Derrière ce pseudo, on retrouve un Français. Yoann Lemoine est musicien, chanteur et réalisateur. Installé derrière la caméra lors du tournage de clips de Katy Perry (Teenage Dream) ou encore Taylor Swift (Back to December), ce touche-à-tout qui se rapproche de la trentaine est aussi le réalisateur de Born To Die, de Lana Del Rey.
Il prépare actuellement son premier album, intitulé The Golden Age. Si le reste est aussi brillant que ce titre (et s'il ne s'enferme pas trop dans un même rythme), sa sortie risque de faire beaucoup parler.
On dit que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés : la vidéo ci-dessus, un peu tristounette, a tendance à le confirmer (mais c'est la seule que j'ai trouvée dans laquelle la force du titre ressort pleinement). Espérons qu'un vrai clip sortira un jour...
Bien à vous,
Benny
Derrière ce pseudo, on retrouve un Français. Yoann Lemoine est musicien, chanteur et réalisateur. Installé derrière la caméra lors du tournage de clips de Katy Perry (Teenage Dream) ou encore Taylor Swift (Back to December), ce touche-à-tout qui se rapproche de la trentaine est aussi le réalisateur de Born To Die, de Lana Del Rey.
Il prépare actuellement son premier album, intitulé The Golden Age. Si le reste est aussi brillant que ce titre (et s'il ne s'enferme pas trop dans un même rythme), sa sortie risque de faire beaucoup parler.
On dit que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés : la vidéo ci-dessus, un peu tristounette, a tendance à le confirmer (mais c'est la seule que j'ai trouvée dans laquelle la force du titre ressort pleinement). Espérons qu'un vrai clip sortira un jour...
Bien à vous,
Benny
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lundi 26 mars 2012
Si vous aimez les séries télé, il vous sort des clichés
![]() |
| Capture d'écran www.ericpix.com |
Eric Liebowitz est photographe. Il a l'habitude de se balader sur les plateaux de ciné et de tournages de séries depuis des années, et de capter toutes sortes d'instants inattendus. Amusantes, surprenantes, parfois émouvantes (découvrir cette image de The West Wing avec John Spencer en fait partie), ses photos permettent de regarder certaines séries cultes sous un autre angle et elles sont souvent très, très réussies.
Des images rares, esthétiquement très travaillées souvent, et qui ont tout pour vous séduire. Rien que pour ça, celle que j'ai choisie et dont j'ai fait une capture d'écran, mérite d'être en pleine largeur (une chose éminemment rare - voire unique - sur ce blog).
Pour en découvrir plus, ça se passe par là : http://www.ericpix.com/
mercredi 4 janvier 2012
Musiques et génériques : vous connaissez la chanson ?
Comme il y a quand même pas mal de chaînes qui diffusent, aux USA, des séries sans générique, c'est quand même bien de rendre hommage à celles qui en ont encore, et plus encore quand ils sont chouettes. Voici donc un petit coup de projecteur sur trois opening que je kiffe vraiment.
Ce n'est pas à proprement parler une chanson (et ça fiche en l'air mon titre)... mais qu'est-ce que c'est bien fait ! Normal, on le doit à un compositeur argentin qui fêtera cette année son demi-siècle et qui a signé un morceau à la guitare mortel qu'on peut entendre dans de nombreux films... mais surtout dans l'excellent Babel, dans le pilote de 24 et dans un épisode de la saison 1 de Deadwood. Le morceau en question s'appelle Iguazu, si vous voulez tout savoir. Et c'est ce qui fait de ce musicien une valeur sûre. Pas étonnant qu'on se soit tourné vers lui pour signer le générique de la série western d'AMC...
Là aussi, on a du lourd côté compositeur... puisque c'est effectivement dans un des albums solo de l'éternel chanteur de Led Zeppelin que Gus Van Sant et sa bande sont allés chercher les notes de leur thème musical. Satan Your Kingdom Must come Down est extrait de l'album Band of Joy, qui est le nom de la formation qui accompagne l'artiste dans cette jolie petite aventure (on retrouve notamment dans le groupe la chanteuse Alison Krauss). Un superbe titre pour un show sombre et complexe.
La vidéo ci-dessous n'est visuellement pas exceptionnelle (doux euphémisme)... mais c'est celle qui rend le mieux la qualité du morceau.
Alors ça, il fallait oser... Proposer un titre de bluegrass mélangé à du rap pour ouvrir une série dont le héros serait un marshall qui porte un chapeau de cowboy, c'était plutôt culotté... ou carrément inconscient. Mais il en va de Long Hard Times To Come comme de Justified : ça marche, et c'est même carrément génial. Le succès du show de Graham Yost a donc aussi permis de découvrir une audacieuse formation new-yorkaise, qui n'a pour l'heure qu'un seul album à son actif Lightning on the Strings, Thunder on the Mic (datant de 2010)... et tout ça méritait bien un vrai clip, avec les images du show et Timothy Olyphant.
Bien à vous,
Benny
NUMERO 3 Hell on Wheels (par Gustavo Santaolalla)
Ce n'est pas à proprement parler une chanson (et ça fiche en l'air mon titre)... mais qu'est-ce que c'est bien fait ! Normal, on le doit à un compositeur argentin qui fêtera cette année son demi-siècle et qui a signé un morceau à la guitare mortel qu'on peut entendre dans de nombreux films... mais surtout dans l'excellent Babel, dans le pilote de 24 et dans un épisode de la saison 1 de Deadwood. Le morceau en question s'appelle Iguazu, si vous voulez tout savoir. Et c'est ce qui fait de ce musicien une valeur sûre. Pas étonnant qu'on se soit tourné vers lui pour signer le générique de la série western d'AMC...
NUMERO 2 Boss (Satan Your Kingdom Must come Down, Robert Plant)
Là aussi, on a du lourd côté compositeur... puisque c'est effectivement dans un des albums solo de l'éternel chanteur de Led Zeppelin que Gus Van Sant et sa bande sont allés chercher les notes de leur thème musical. Satan Your Kingdom Must come Down est extrait de l'album Band of Joy, qui est le nom de la formation qui accompagne l'artiste dans cette jolie petite aventure (on retrouve notamment dans le groupe la chanteuse Alison Krauss). Un superbe titre pour un show sombre et complexe.
La vidéo ci-dessous n'est visuellement pas exceptionnelle (doux euphémisme)... mais c'est celle qui rend le mieux la qualité du morceau.
NUMERO 1 Justified (Long Hard Times To Come, GangstaGrass)
Alors ça, il fallait oser... Proposer un titre de bluegrass mélangé à du rap pour ouvrir une série dont le héros serait un marshall qui porte un chapeau de cowboy, c'était plutôt culotté... ou carrément inconscient. Mais il en va de Long Hard Times To Come comme de Justified : ça marche, et c'est même carrément génial. Le succès du show de Graham Yost a donc aussi permis de découvrir une audacieuse formation new-yorkaise, qui n'a pour l'heure qu'un seul album à son actif Lightning on the Strings, Thunder on the Mic (datant de 2010)... et tout ça méritait bien un vrai clip, avec les images du show et Timothy Olyphant.
Bien à vous,
Benny
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dimanche 25 décembre 2011
Onze coups avant minuit : pErDUSA en 2011, la belle décennie
Il y a des célébrations que l'on ne voit pas venir mais qui font vraiment plaisir. Vendredi, sur pErDUSA (ci-contre, une capture d'écran du site) on annonçait fièrement que les aventures de l'équipe qui dit du mal des séries télé et le pense avaient commencé il y a pile dix ans.
L'auteur de ces modestes lignes ne peut que saluer l'événement et vous encourager à lire le sujet consacré à cet anniversaire sur le site. Des liens vers pErDUSA, j'en ai fait des brouettes sur ce blog et j'en suis fier. J'ai découvert le site assez tard, puisque c'était en 2006. A l'époque, le projet venait de changer de nom et je n'ai pas vraiment connu la première époque, celle d'EDUSA (pour En direct des USA : il m'arrive régulièrement de fureter dans les archives encore en ligne). Je me souviens qu'à ce moment-là, je cherchais depuis un moment un site capable de satisfaire ma faim d'infos sur le petit monde des séries US... et pErDUSA est devenu une sorte de modèle, de source d'inspiration et de vraie référence dans mon esprit.
Certes, ce ne sont pas le fil des news qui fait la force du site (il n'y en a plus, en tout cas pas sous la forme "classique") mais Ju, Drum, Tigrou, Jéjé et tous les autres sont vraiment au taquet quand il s'agit de trouver les nouveautés à voir... comme quand il faut descendre un show qui ne vise pas haut. On peut ne pas être d'accord avec ce qu'écrivent (et pensent) les uns et les autres, mais pErDUSA a, depuis dix ans, conservé une ligne éditoriale forte.
Avec des textes qui mélangent la mauvaise foi et le bon goût - qu'il soit autoproclamé ou, plus souvent, défendu par des contributions solides et argumentées. Avec une mise en forme régulièrement revue pour garder une fraîcheur esthétique réelle (et rendre l'ensemble assez fluide. En tout cas, ça a progressé). Et avec un forum où l'on ne prend jamais de gants pour répondre aux contributeurs.
On aime ou on n'aime pas. Mais le fait est là : c'est du taf de qualité, en gérant au mieux les coups de moins bien (dix ans, putain !) et personnellement, j'espère que ça durera encore longtemps. Parce que ça reste une référence.
Bien à vous,
Benny
L'auteur de ces modestes lignes ne peut que saluer l'événement et vous encourager à lire le sujet consacré à cet anniversaire sur le site. Des liens vers pErDUSA, j'en ai fait des brouettes sur ce blog et j'en suis fier. J'ai découvert le site assez tard, puisque c'était en 2006. A l'époque, le projet venait de changer de nom et je n'ai pas vraiment connu la première époque, celle d'EDUSA (pour En direct des USA : il m'arrive régulièrement de fureter dans les archives encore en ligne). Je me souviens qu'à ce moment-là, je cherchais depuis un moment un site capable de satisfaire ma faim d'infos sur le petit monde des séries US... et pErDUSA est devenu une sorte de modèle, de source d'inspiration et de vraie référence dans mon esprit.
Certes, ce ne sont pas le fil des news qui fait la force du site (il n'y en a plus, en tout cas pas sous la forme "classique") mais Ju, Drum, Tigrou, Jéjé et tous les autres sont vraiment au taquet quand il s'agit de trouver les nouveautés à voir... comme quand il faut descendre un show qui ne vise pas haut. On peut ne pas être d'accord avec ce qu'écrivent (et pensent) les uns et les autres, mais pErDUSA a, depuis dix ans, conservé une ligne éditoriale forte.
Avec des textes qui mélangent la mauvaise foi et le bon goût - qu'il soit autoproclamé ou, plus souvent, défendu par des contributions solides et argumentées. Avec une mise en forme régulièrement revue pour garder une fraîcheur esthétique réelle (et rendre l'ensemble assez fluide. En tout cas, ça a progressé). Et avec un forum où l'on ne prend jamais de gants pour répondre aux contributeurs.
On aime ou on n'aime pas. Mais le fait est là : c'est du taf de qualité, en gérant au mieux les coups de moins bien (dix ans, putain !) et personnellement, j'espère que ça durera encore longtemps. Parce que ça reste une référence.
Bien à vous,
Benny
mercredi 10 août 2011
"Justified" (saison 1): Les doubles de Harlan County
En abattant de sang-froid (et au bord d'une piscine) le truand Tommy Bucks sous le chaud soleil de Miami, le marshall adjoint Raylan Givens cherchait-il inconsciemment à retourner chez lui, dans le Kentucky? Au moment où son chef, soucieux d'éviter les ennuis, l'oblige à quitter la Floride, l'intéressé s'en défend. L'agent fédéral, qui soutient que le tir était justifié, dit qu'il ne veut pas retourner là-bas, qu'il n'a plus rien à y faire.
Un peu d'histoires à Harlan...
A Harlan, il n'y a en effet que son passé qui l'attend. Son ex-femme, Wynona, désormais remariée; Art Mullen, qui dirige le bureau du marshall et avec qui il a déjà bossé; sans oublier sa famille avec laquelle il est en froid. Et puis il y a les Crowder, une famille que Givens connaît très bien et qui trafique à tout va. Du père qui est en prison, aux fils Bowman et Boyd.
Ce sont justement les rejetons Crowder qui vont vite poser des problèmes à Raylan dès son retour. D'abord parce que Boyd, à la tête d'un groupe néo-nazi, joue un peu trop du lance-roquette dans les rues. Ensuite parce que Bowman est allé trop loin et que sa femme l'a abattu avec un fusil. Pour protéger Ava, Givens va devoir faire face à Boyd. Et si la confrontation tourne d'abord à l'avantage du marshall (Crowder, touché d'une balle qui ne passe pas loin de son cœur, s'en sort de justesse), tout ne fait que commencer pour ces deux hommes...
Yost is back
Justified marque le grand retour de Graham Yost à la tête d'une série. Le scénariste de Band of Brothers, The Pacific et From the Earth to the Moon, par ailleurs créateur du très bon Boomtown, fait parti de ces showrunners de talent dont la télé US n'a pas toujours su profiter intelligemment. Ici, il s'attaque à l'adaptation d'un roman d'Elmore Leonard et réutilise surtout son personnage principal, Raylan Givens.
Stetson sur la tête, gachette facile, attitude ombrageuse: Givens est l'archétype du cowboy balancé dans une Amérique moderne. Enfin, moderne... disons que l'on retrouve à Harlan l'Amérique du trafic de drogue car le Kentucky n'est pas vraiment l'état le plus moderne qui soit, que l'on parle des infrastructures ou des moeurs de la population.
Le cowboy est comme Tony Soprano
Dans Justified, toute l'intelligence de Yost, c'est d'appliquer à la figure iconique du cowboy le traitement que David Chase a réservé à celle du mafieux dans The Soprano et que Matthew Weiner a fait subir à celle du business man des années 60 dans Mad Men. En clair, il le confronte à ses doutes, ses dilemmes moraux et ses hésitations dans un récit plus "nerveux", propice à l'action. Surtout, en confrontant Givens à un père particulièrement manipulateur, il l'humanise sans jamais le détacher complètement de l'image que l'on a de ces héros. Et c'est précisément ce qui fait de Justified une série résolument moderne. Et très efficace.
Après quelques épisodes unitaires qui posent l'action tout en définissant les personnages, le récit de Justified prend en effet tout son volume avec un arc d'épisodes qui fait se rapprocher les trajectoires de Givens et Crowder. Incarcéré puis libéré, Boyd soutient en effet qu'il a changé. Il a eu une révélation et compte se racheter de ses péchés en fondant une communauté dont il serait le guide.
Goggins en grande forme, Olyphant aussi... Enfin!
Naturellement, tout le monde doute en l'écoutant parler. Et le récit joue très adroitement dans le caractère trouble de Boyd pour tenir en haleine le spectateur: est-il un imposteur, un faux précheur dont on disait il n'y a pas si longtemps qu'il était néo-nazi par opportunisme? Ou cherche-t-il vraiment à changer de vie, quitte pour cela à utiliser des méthodes expéditives? Tout l'attrait de cette storyline tient en la capacité des scénaristes à pervertir le procédé narratif hyper connu de la rédemption... Ce qui marche vraiment bien.
Cerise sur le gâteau, Justified bénéficie d'un excellent casting avec, en premier lieu, un Walton Goggins très convaincant (pour ne pas dire bluffant) dans son interprétation de Boyd Crowder. Le jeu de celui qui était Shane Vendrell dans The Shield s'appuie sur une subtilité essentielle pour que l'on y croit. Dans le rôle de son double torturé par une colère contenue, Timothy Olyphant, qui incarne Givens, prouve enfin qu'il n'est pas qu'une belle gueule. Loin du jeu très rigide qu'il déployait dans Deadwood, à des années-lumière de son rôle inutile (et agaçant) dans Damages, il fait valoir tout son talent et tient une place prépondérante dans la qualité de cette saison 1. Saison qui bénéficie de lignes de dialogue souvent excellentes.
Paroles et musique
Aussi, plutôt que d'aligner sottement les superlatifs, vais-je conclure sur quelques citations. Non sans préciser que c'est une série à voir impérativement. Que l'on aime ou non le thème musical du show, une sorte de country rap que l'on doit à GangstaGrass (et l'auteur de ce billet, lui, a kiffé...)
"On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. On décide juste jusqu'où on peut aller"
"- Messieurs, vous pourriez faire moins de bruit?(à deux hommes enchaînant bruyamment les pires réflexions machistes)
- Ah oui ? Et pourquoi ça?
- Parce que j'ai pas commandé de trous du cul avec mon whisky"
En un mot: incontournable.
Bien à vous,
Benny
Un peu d'histoires à Harlan...
A Harlan, il n'y a en effet que son passé qui l'attend. Son ex-femme, Wynona, désormais remariée; Art Mullen, qui dirige le bureau du marshall et avec qui il a déjà bossé; sans oublier sa famille avec laquelle il est en froid. Et puis il y a les Crowder, une famille que Givens connaît très bien et qui trafique à tout va. Du père qui est en prison, aux fils Bowman et Boyd.
Ce sont justement les rejetons Crowder qui vont vite poser des problèmes à Raylan dès son retour. D'abord parce que Boyd, à la tête d'un groupe néo-nazi, joue un peu trop du lance-roquette dans les rues. Ensuite parce que Bowman est allé trop loin et que sa femme l'a abattu avec un fusil. Pour protéger Ava, Givens va devoir faire face à Boyd. Et si la confrontation tourne d'abord à l'avantage du marshall (Crowder, touché d'une balle qui ne passe pas loin de son cœur, s'en sort de justesse), tout ne fait que commencer pour ces deux hommes...
Yost is back
Justified marque le grand retour de Graham Yost à la tête d'une série. Le scénariste de Band of Brothers, The Pacific et From the Earth to the Moon, par ailleurs créateur du très bon Boomtown, fait parti de ces showrunners de talent dont la télé US n'a pas toujours su profiter intelligemment. Ici, il s'attaque à l'adaptation d'un roman d'Elmore Leonard et réutilise surtout son personnage principal, Raylan Givens.
Stetson sur la tête, gachette facile, attitude ombrageuse: Givens est l'archétype du cowboy balancé dans une Amérique moderne. Enfin, moderne... disons que l'on retrouve à Harlan l'Amérique du trafic de drogue car le Kentucky n'est pas vraiment l'état le plus moderne qui soit, que l'on parle des infrastructures ou des moeurs de la population.
Le cowboy est comme Tony Soprano
Dans Justified, toute l'intelligence de Yost, c'est d'appliquer à la figure iconique du cowboy le traitement que David Chase a réservé à celle du mafieux dans The Soprano et que Matthew Weiner a fait subir à celle du business man des années 60 dans Mad Men. En clair, il le confronte à ses doutes, ses dilemmes moraux et ses hésitations dans un récit plus "nerveux", propice à l'action. Surtout, en confrontant Givens à un père particulièrement manipulateur, il l'humanise sans jamais le détacher complètement de l'image que l'on a de ces héros. Et c'est précisément ce qui fait de Justified une série résolument moderne. Et très efficace.
Après quelques épisodes unitaires qui posent l'action tout en définissant les personnages, le récit de Justified prend en effet tout son volume avec un arc d'épisodes qui fait se rapprocher les trajectoires de Givens et Crowder. Incarcéré puis libéré, Boyd soutient en effet qu'il a changé. Il a eu une révélation et compte se racheter de ses péchés en fondant une communauté dont il serait le guide.
Goggins en grande forme, Olyphant aussi... Enfin!
Naturellement, tout le monde doute en l'écoutant parler. Et le récit joue très adroitement dans le caractère trouble de Boyd pour tenir en haleine le spectateur: est-il un imposteur, un faux précheur dont on disait il n'y a pas si longtemps qu'il était néo-nazi par opportunisme? Ou cherche-t-il vraiment à changer de vie, quitte pour cela à utiliser des méthodes expéditives? Tout l'attrait de cette storyline tient en la capacité des scénaristes à pervertir le procédé narratif hyper connu de la rédemption... Ce qui marche vraiment bien.
Cerise sur le gâteau, Justified bénéficie d'un excellent casting avec, en premier lieu, un Walton Goggins très convaincant (pour ne pas dire bluffant) dans son interprétation de Boyd Crowder. Le jeu de celui qui était Shane Vendrell dans The Shield s'appuie sur une subtilité essentielle pour que l'on y croit. Dans le rôle de son double torturé par une colère contenue, Timothy Olyphant, qui incarne Givens, prouve enfin qu'il n'est pas qu'une belle gueule. Loin du jeu très rigide qu'il déployait dans Deadwood, à des années-lumière de son rôle inutile (et agaçant) dans Damages, il fait valoir tout son talent et tient une place prépondérante dans la qualité de cette saison 1. Saison qui bénéficie de lignes de dialogue souvent excellentes.
Paroles et musique
Aussi, plutôt que d'aligner sottement les superlatifs, vais-je conclure sur quelques citations. Non sans préciser que c'est une série à voir impérativement. Que l'on aime ou non le thème musical du show, une sorte de country rap que l'on doit à GangstaGrass (et l'auteur de ce billet, lui, a kiffé...)
"On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. On décide juste jusqu'où on peut aller"
"- Messieurs, vous pourriez faire moins de bruit?(à deux hommes enchaînant bruyamment les pires réflexions machistes)
- Ah oui ? Et pourquoi ça?
- Parce que j'ai pas commandé de trous du cul avec mon whisky"
En un mot: incontournable.
Bien à vous,
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