En ce moment, je fais une cure de Friday Night Lights. Je ne vais pas être très original : c'est vraiment, vraiment bon. Dans les prochaines semaines, il est probable que je revienne plus attentivement sur les (nombreuses) qualités de la série de Peter Berg et Jason Katims. Mais aujourd'hui, je vais m'intéresser à une des têtes d'affiche de la série : Eric Taylor, incarné par Kyle Chandler.J'adore Taylor. Quelque part, ce personnage vient combler une de mes aspirations profondes. Cela fait en effet quelques années que je pense que le sport (et surtout le sport collectif) peut-être un bon terreau pour raconter des histoires denses d'un point de vue humain.
Friday Night Lights est une série dont la qualité repose sur les multiples cadres dans lesquels s'inscrit son récit. C'est tout à la fois un teen show qui dépasse largement cette catégorie, une fresque saisissante d'une certaine Amérique d'aujourd'hui (celle du sud) et une brillante évocation du sport et de ses enjeux sur et en dehors du terrain de jeu. Mais sur ce dernier point, ce show m'interpelle vraiment.
Une vie dans une autre
Pourquoi cet aspect et le personnage du coach Taylor me bottent autant ? Peut-être parce que, chez moi, la dynamique de projection fonctionne à plein régime sur ce coup-là. C'est un peu comme ce que Feyrtys dit dans sa critique de The Wrestler (oui, j'aurais pu citer Schopenhauer ou Gandhi mais j'ai la flemme ^^) : "Je suis entrée dans l'histoire comme s'il s'agissait de la mienne".
C'est une excellente formule. Elle met des mots sur une expérience de spectateur ou de téléspectateur que tout un chacun, au fond, veut vivre face à un grand ou un petit écran. C'est rare. Plus qu'on ne le croit. Mais avec Taylor, je vis peut-être par procuration une vie que j'aimerais vivre. Ou que je vivrais peut-être un jour, à un autre niveau ou dans un autre cadre.
Sans jouer les groupies transies, j'aime ses réactions, sa façon d'évoluer auprès des siens comme au bord d'un terrain. Un homme qui ne parle pas énormément mais tape souvent juste lorsqu'il s'exprime. Un gars qui sait faire face à la pression, et sait aussi se remettre en question quand il a tort.Il y a toutefois quelque chose de troublant. Ce quelque chose, c'est Kyle Chandler. Je le trouve vraiment très bon. Subtile, juste. Il se dégage de son interprétation une impression de vérité. Mais Kyle Chandler, c'était aussi Gary Hobson à la fin des années 90, le héros de Demain à la une.
D'une décennie à l'autre
Sans blague : vous vous souvenez de cette série qui rappelait maladroitement Code Quantum ? L'idée était sympa. Le début aussi. Mais c'est vite devenu terne, assez mauvais. Et franchement, Chandler n'était pas à son avantage. C'est même un doux euphémisme.
Alors, de Chicago à Dillon, je ne sais pas ce qui s'est passé mais c'est proprement étonnant. Je n'ai pas vu The Lion's Den, série intermédiaire dans laquelle l'acteur partageait la vedette avec Rob West Wing Lowe. Mais il faut reconnaître qu'en dix ans, Chandler est devenu un tout autre acteur. Ca laisse songeur, non ?...
Bien à vous,
Benny











