C'aurait pu s'appeler épisode II, puisque ce n'est pas la première fois que je raconte une histoire de ce type. Mais j'avais pas envie donc... allons directement au coeur du sujet.
7h : joie du matin, le réveil sonne. La fatigue est moins là que la veille cependant. Ca c'est parce que je sais que le lendemain, c'est un jour de relâche donc forcément, ça vous donne envie de sortir (un peu) plus vite du lit.
8h10 : je quitte mon appart. En avance : c'est suffisamment rare pour être remarqué. Je file vite au bureau, pour récupérer des papiers... et retrouver des gars avec qui on fait un reportage. Le temps d'imprimer dare-dare la feuille avec le numéro du contact, et je retrouve les trois gars en bas, dans la rue.
9h : encore à l'heure. Mais pas les personnes avec qui on a rendez-vous. On poireaute donc, un peu. Avant de retrouver les hommes qui doivent nous accompagner. Ce matin, le thème de la sortie, c'est "Découvrez les égouts de BennyCity". Une idée qui est partie dans une réunion au bureau, comme ça. Un truc à ne pas faire avec notre petite équipe : plus c'est inattendu, plus on va se jeter dessus. Enfin, jeter dessus, presque : moi, je suis là pour le calage et les interviews. Les gars qui partent à la recherche des tortues ninja, avec un casque de chantier sur la tête, je n'en suis pas. Mais c'est pas grave, il y a de quoi faire.
9h30: Vous connaissiez, vous, le H2S ? C'est un gaz, du sulfure d'hydrogène. On le trouve dans les égouts et c'est mortel. "A Paris, deux gars ont voulu faire un tour dans un égout. Le premier est descendu, il est tombé net. Le deuxième est allé le chercher, il n'est pas non plus remonté. C'est inodore aussi" raconte le technicien. Regard de Dustin Hoffman dans "Alerte" à l'appui. Et ça vient d'où ? "C'est la merde. Elle fermente". Re-Dustin Hoffman. Mais ça le fait un peu moins.
10h15 : les garçons ressortent, pas trop crotteux finalement. Mais bien contents. On file boire un coup, vite fait pour caler le bazar avant que chacun ne reparte de son côté. On zieute la fameuse photo de Une (oui, j'ai encore récupéré l'insigne honneur de sa gestion : en même temps, ça m'arrive trois fois sur quatre en ce moment) : ça le fait bien. On va pouvoir avancer l'esprit léger.
11h30 : retour au bureau. Gestion du tout venant. Déjeuner avec les autres gars du bureau. Rapide. Et calage de l'itinéraire pour le reportage de l'aprem. Sur le coup sans trop y penser, je me dis que je peux traiter ça en trois quarts d'heure montre en main.
13h50 : direction l'autre bout de BennyCity. Au programme : rencontre avec des parents qui ont créé une association pour lutter contre la leucémie après avoir perdu leur fils. "Délicat, mais sujet faisable" disait le mail du boss. J'y vais sans trop me renseigner : je me dis que je sais l'essentiel et que je verrais avec eux. Règle d'or dans ce boulot cependant : quand on ne sait pas, on le dit honnêtement. Mieux vaut avoir l'air idiot et dire que l'on ne sait pas que de feindre que l'on sait, prouvant du même coup qu'on est vraiment un imbécile.
14h25 : j'arrive dans un petit lotissement plein de charme. Derrière un alignement d'immeubles qui se situe au croisement de deux routes bien fréquentées. Et cela, même si le milieu de la journée est maintenant bien passé. Je tourne un peu pour trouver l'entrée. En y repensant, c'est assez saisissant de constater le contraste. D'un côté, le souffle des bagnoles. De l'autre, un calme olympien.
14h28 : je sonne. La porte s'ouvre et je file dans les escaliers. Raté : la porte du rez-de-chaussée s'ouvre. Je souris : "Je crois que j'ai été piégé". Un homme ouvre la porte. Il a des cheveux poivre et sel, et un regard bleu intense. J'entre et je découvre très vite un salon aux murs couleurs pèche. La pièce est vraiment lumineuse, tranquille. Nickel aussi : c'est vraiment très propre. L'hôte me présente sa femme. On s'installe au salon.
14h35 : J'explique le pourquoi du comment : l'article pour le mercredi suivant, la présentation de l'association et de leur histoire. et je rajoute : "ce qui est important, c'est que c'est vous qui battez la mesure. Vous me dites ce que vous voulez et s'il y a des choses que vous ne voulez pas que j'écrive, vous me le dites". En vrai, ce genre de choses (le retour sur des propos) arrive rarement. Mais si c'est le cas, je pèse le pour et le contre, pour arranger les deux parties. Après, je peux faire le forcing pour garder tel ou tel élément mais ce n'est pas si commun au final.
14h45 : le couple me raconte son histoire et clairement, il y a de quoi vous retourner l'estomac. Un petit garçon de neuf ans, diagnostiqué le 31 mars et mort le 9 mai. 34 jours plus tard. Tous les deux ont quarante ans et c'est leur seul enfant. C'est leur première interview : le mari parle et tient plutôt bien le choc. Sa femme, elle, me paraît prête à fondre en larmes. Elle est à côté de moi et je sens le malaise. Je me tourne vers elle et je lui dis que s'il y a besoin de faire une pause, il n'y a pas de problèmes. Elle répond que non. Elle dit que ça ira.
Quand je suis confronté à ce genre de situation, je veux dire quand je suis confronté à des trucs très intimes, je me mets à parler assez bas. Sans m'en rendre compte. Un peu comme si le poids de ce dont on parle écrasait le ton de ma voix...
15h00 (enfin, en gros) : je n'aime pas toujours quand les gens font ça (en tout cas, quand ça tombe au mauvais moment) mais le fait de les entendre parler d'eux m'a donné envie de parler de trucs intimes. Pas pour comparer, absolument pas. Mais pour partager des choses, des impressions.
C'est fou... la femme me fait beaucoup, beaucoup penser à ma mère. Pourtant, toutes les deux ne se ressemblent pas trop. On discute longtemps. De lui, de leur deuil qui ne se fait pas. De leurs projets. Dans la maison, les images du garçon sont partout. Plus tard, je constaterai que sa chambre n'a pas bougé. On peut se dire que leur maison ressemble parfois à un mausolée. Que la mort est peut-être partout là-bas, peut-être depuis trop longtemps. Mais franchement à leur place, vous feriez comment ?
Perso, je n'ai pas de réponse.
16h : je repars en bus. Moi qui suis le spécialiste des coups de fil dans les transports en commun, je ne dessers pas les dents de tous le trajet. Arrivé au boulot, j'en parle avec mes collègues avant de me mettre au turbin.
17h : parfois j'aime prendre mon temps avant de rédiger. Pour laisser les choses se décanter. Pas cette fois. C'est un peu comme s'il y avait pour le coup, un vrai besoin de mettre des mots sur tout ça.
19h : c'est rédigé. Petit coup de fil à une asso en quête de bénévoles, pour finir une page. Et petit coup de bol : le mec répond d'entrée de jeu. Cool. Une petite interview et je peux re-rédiger.
20h : j'ai pas envie de rentrer. C'est rare. Alors je m'occupe de la mise en page du dossier égouts du matin. C'est l'occasion de faire preuve un peu de créativité, de casser les formats et j'aime bien ça. Ca change un peu les idées.
21h30 : je vais rentrer, je traine un peu en ville pour trouver à manger (pas envie de cuisiner).
22h35 : j'arrive chez moi. Sur CineCinema, il y a La Guerre selon Charlie Wilson. Un film avec Tom Hanks que je veux voir depuis 18 mois au moins (et que j'ai loupé au cinéma). Je loupe le début, je déteste ça. Je regarde le film d'un oeil distrait. Je suis crevé, pas vraiment dedans.
0h : je rends les armes : je n'ai plus trop les égouts en tête, plutôt le reste. Pas étonnant que je m'effondre vite fait dans mon lit.
Bien à vous,
Benny
mercredi 31 mars 2010
dimanche 28 mars 2010
Yin... Yang, yang, yang
Bon alors voilà :
- J'ai bossé tout le week-end et j'en ai ma claque.
- J'ai des trucs à vous raconter ici-même mais mon PC a chopé un virus
- Je vais devoir poireauter jusqu'à mercredi pour lire "Ma semaine à nous" et tous les autres incontournables à votre droite
- Mon ami humoriste à roulette m'a outrageusement démonté la bouche et du coup, je dois manger mou et froid
- Je meurs de faim
- Je suis en repos lundi et mardi, et j'ai une joli paquet de trucs à faire.
- Je suis à la ramasse : j'ai toujours pas trouvé d'analogie comique autour de la phrase "Je dois manger mou et froid". Et ça m'énerve.
- J'ai pas respecté l'Earth Hour parce que j'étais encore au taf à l'heure en question.
Cependant :
- Il ne fait plus nuit à 19 heures
- Je garde bien la pèche
- Je suis dans une "phase projet" sympa
- J'ai fait une chouette découverte musicale
- Je reviens sur la blogosphère mercredi. Avec un PC purifié comme après un bon gros detox à la miss400.
Je vous laisse avec Laura Marling (Adam, tu dois connaître... ou tu vas aimer) :
Bon début de semaine,
Bien à vous,
Benny
- J'ai bossé tout le week-end et j'en ai ma claque.
- J'ai des trucs à vous raconter ici-même mais mon PC a chopé un virus
- Je vais devoir poireauter jusqu'à mercredi pour lire "Ma semaine à nous" et tous les autres incontournables à votre droite
- Mon ami humoriste à roulette m'a outrageusement démonté la bouche et du coup, je dois manger mou et froid
- Je meurs de faim
- Je suis en repos lundi et mardi, et j'ai une joli paquet de trucs à faire.
- Je suis à la ramasse : j'ai toujours pas trouvé d'analogie comique autour de la phrase "Je dois manger mou et froid". Et ça m'énerve.
- J'ai pas respecté l'Earth Hour parce que j'étais encore au taf à l'heure en question.
Cependant :
- Il ne fait plus nuit à 19 heures
- Je garde bien la pèche
- Je suis dans une "phase projet" sympa
- J'ai fait une chouette découverte musicale
- Je reviens sur la blogosphère mercredi. Avec un PC purifié comme après un bon gros detox à la miss400.
Je vous laisse avec Laura Marling (Adam, tu dois connaître... ou tu vas aimer) :
Bon début de semaine,
Bien à vous,
Benny
mercredi 24 mars 2010
Bringing out your dead songs
Décidément, ce mois-ci, les disparus aiment se faire entendre. Après Johnny Cash (on en parlait il y a quelques jours ici même), c'est au tour de la discographie de Jimi Hendrix de nous réserver une petite surprise. Valleys of Neptune regroupe des enregistrements datant de 1969, entre Londres et New York, un peu avant que l'artiste ne file à Woodstock et entre, du même coup, un peu plus dans l'histoire. L'album compile des titres peu connus mais pas vraiment inédits... hormis Valleys of Neptune.
Depuis quelques jours, les fans se divisent autour de ce nouvel album : cette évidente opération commerciale est-elle bonne à remettre dans les placards dont on l'a extirpé ? Tout dépend du point de vue où l'on se place. Si on regarde la discographie de Hendrix, on se dit que Valleys of Neptune fait clairement office de batard dans une famille prestigieuse. Plus encore, c'est le marketing foireux l'accompagnant qui peut agacer : raconter que ces titres sont tous inédits, c'est se foutre de la gueule de l'acheteur en ajoutant la carotte collector devant son nez.
Mais c'est aussi l'occasion de rappeler que l'homme multipliait les enregistrements alternatifs de son oeuvre : celles qui ont été sélectionnées sont bien fichues et ça donne plutôt envie de revenir aux bons vieux classiques. On appelle ça une oeuvre mineure, un peu hypocrite (lire chère... surtout pour ce que c'est, quand même), mais pas désagréable... même si elle pourrait quand même donner envie aux puristes de s'arracher les cheveux.
Bien à vous,
Benny
Depuis quelques jours, les fans se divisent autour de ce nouvel album : cette évidente opération commerciale est-elle bonne à remettre dans les placards dont on l'a extirpé ? Tout dépend du point de vue où l'on se place. Si on regarde la discographie de Hendrix, on se dit que Valleys of Neptune fait clairement office de batard dans une famille prestigieuse. Plus encore, c'est le marketing foireux l'accompagnant qui peut agacer : raconter que ces titres sont tous inédits, c'est se foutre de la gueule de l'acheteur en ajoutant la carotte collector devant son nez.
Mais c'est aussi l'occasion de rappeler que l'homme multipliait les enregistrements alternatifs de son oeuvre : celles qui ont été sélectionnées sont bien fichues et ça donne plutôt envie de revenir aux bons vieux classiques. On appelle ça une oeuvre mineure, un peu hypocrite (lire chère... surtout pour ce que c'est, quand même), mais pas désagréable... même si elle pourrait quand même donner envie aux puristes de s'arracher les cheveux.
Bien à vous,
Benny
lundi 22 mars 2010
Et la surprise, bordel !
C'était il y a une quinzaine de jours. Une invitation de sortie tout ce qu'il y a de plus banale, sauf que ça faisait un joli petit bout de temps que ça ne m'était pas arrivé cet hiver (rapport à un emploi du temps assez lourd en ce moment). Et vous savez quoi : ça fait fichtrement du bien. Genre ET l'extraterrestre qui est récupéré par le vaisseau-mère. Ou un truc du même goût, voyez.
Avant de revenir à BennyCity, j'ai travaillé dans une autre ville où on sortait pratiquement deux soirs sur trois, ce qui ne nous empêchait pas de faire le métier le lendemain. Je me disais à l'époque que je profitais des années de fac que j'avais pas vraiment eues (pas de voiture, mais vie chez papa/maman pas très loin de la fac mais pas trop près non plus) en faisant deux choses :
1/ Relancer activement le commerce de la patate dans cette contrée (ah, la vodka-pomme...)
2/ Faire tout un tas d'âneries sans pour autant aller trop loin (ben oui, j'avais plus 18 ans, donc j'avais un peu plus de plomb dans la tête... et je ramènais pas mal de soiffards incapables de conduire chez moi).
Méfions-nous (un peu) du planning...
Cette sortie, ça m'a rappelé ce temps pas si lointain. Pas dans le sens "Han, c'était mieux avant...", non. Plus en me faisant dire "t'es con, faut remettre ça plus souvent". L'idée me plaît, et du coup je ressors plus dans des proportions raisonnables. Lire : "un peu limitées". A cela deux raisons : je suis entouré de couples très pépère (sic transit gloria mundi) et je trouve qu'à la BennyCorp, on a plus de boulot qu'il y a quelques années. Il faut l'avouer : le diktat de l'agenda, on dirait pas mais c'est aussi subtil que pervers.
Ce qui me fait parler de diktat de l'agenda ? Une discussion avec une de mes amies toute jeune maman (oui, je termine tout juste une phase "Mon dieu, toutes mes amies tombent enceintes : aurais-je des vertues fertilisantes pour les couples alentours ?"). Alors qu'elle trouve tout juste ses marques avec son bout de chou, elle m'a annoncé : "non mais le souci, c'est qu'au fil des années, je perds mon insouciance. Je planifie, je multiplie les listes et les plannings... et ça me plaît moyen : je sors mais je ne lâche plus tout à fait comme avant".
L'âge insouchiant ?
Je dois dire que ça m'a fait réflechir. Est-ce que plus on avance dans l'âge, plus nos plannings, souvent structurés par nos impératifs pro et autres, limitent les occasions où l'on peut profiter du moment présent ? Avec un bébé sur les bras, mon amie va embrasser de nouvelles responsabilités. Pas sûr qu'elle soit encore moins insouciante... Tout ça, je le redis, me fait en tout cas cogiter. Un peu. Et c'est pas foncièrement négatif, il me semble. Surtout si ça me fait nager un peu à contre-courant et ne pas subir les choses. L'idée maitresse étant : laissons un peu de place à la surprise.
Bien à vous,
Benny
vendredi 19 mars 2010
Vracorama de mars : et en musique, s'il vous plaît !
Bonjour les gens,
C'est la guerre et c'est de saison. Au boulot, je veux dire. Comme à chaque fois quand arrive le printemps depuis deux ans, le planning de la BennyCorp c'est un peu comme faire du taureau mécanique en ne portant qu'un slip plein de glue. Traduction 1.0 : ça secoue, c'est long et ça n'en finit pas. Mais je vais bien.
Car oui, le moral est là (ça c'est parce qu'en ce moment, moi et mon taureau, on sort quand même. Ouais). Et quand j'aurais un tout petit peu plus de temps, promis, je vous raconterai tout ce que j'ai dans mes cartons bloggesques. Peut-être même ce week-end. Soyons fous.
Sinon... c'est la guerre et c'est de saison. A peine a-t-on fini de trembler pendant un hiver long et froid, à peine le soleil refait-il franchement son apparition que mon nez se liquéfie. Traduction 2.0 : je fais maintenant une p(censuré) d'allergie au pollen je crois. Ce qui, avant l'année dernière, ne m'arrivait jamais.
Ah. Tchoum.
Je déteste BennyCity. Et les pollen. Et les taureaux mécaniques.
A part ça, en ce moment, je regarde ça :
Franchement, c'est un pur générique. Je le savais mais je pense que c'est l'un des meilleurs de la décennie passée. Avec celui-là :
Et je rajouterais, à titre perso, celui-là (la fin est mal coupée, sacrilège !) :
Rescue Me - Generique
envoyé par CASEYS. - Découvrez des vidéos faites entre amis ou en famille.
[EDIT 13h33] J'avais oublié celui-là dis donc...
Je vous aurais bien mis un pur bijou aussi, celui de Murder one, mais impossible de le retrouver sur ToiTube. Déception.
Et vous, vous avez un générique préféré ?
Bien à vous,
Benny
C'est la guerre et c'est de saison. Au boulot, je veux dire. Comme à chaque fois quand arrive le printemps depuis deux ans, le planning de la BennyCorp c'est un peu comme faire du taureau mécanique en ne portant qu'un slip plein de glue. Traduction 1.0 : ça secoue, c'est long et ça n'en finit pas. Mais je vais bien.
Car oui, le moral est là (ça c'est parce qu'en ce moment, moi et mon taureau, on sort quand même. Ouais). Et quand j'aurais un tout petit peu plus de temps, promis, je vous raconterai tout ce que j'ai dans mes cartons bloggesques. Peut-être même ce week-end. Soyons fous.
Sinon... c'est la guerre et c'est de saison. A peine a-t-on fini de trembler pendant un hiver long et froid, à peine le soleil refait-il franchement son apparition que mon nez se liquéfie. Traduction 2.0 : je fais maintenant une p(censuré) d'allergie au pollen je crois. Ce qui, avant l'année dernière, ne m'arrivait jamais.
Ah. Tchoum.
Je déteste BennyCity. Et les pollen. Et les taureaux mécaniques.
A part ça, en ce moment, je regarde ça :
Franchement, c'est un pur générique. Je le savais mais je pense que c'est l'un des meilleurs de la décennie passée. Avec celui-là :
Et je rajouterais, à titre perso, celui-là (la fin est mal coupée, sacrilège !) :
Rescue Me - Generique
envoyé par CASEYS. - Découvrez des vidéos faites entre amis ou en famille.
[EDIT 13h33] J'avais oublié celui-là dis donc...
Je vous aurais bien mis un pur bijou aussi, celui de Murder one, mais impossible de le retrouver sur ToiTube. Déception.
Et vous, vous avez un générique préféré ?
Bien à vous,
Benny
Libellés :
Pleine lucarne,
The single life
jeudi 11 mars 2010
L'album de mars : "American VI : Ain't no grave" (Johnny Cash)
Revoilà l'homme en noir. Alors que l'on pensait que sa discographie ne réserverait plus forcément de surprises, voilà qu'un album posthume atterrit dans les bacs près de sept ans après sa disparition. Opération commerciale ? Sûrement, mais en la matière on a vu (et surtout entendu) bien pire.
Comme beaucoup, j'ai découvert Johnny Cash après sa mort, grâce à un pote et, ô surprise, grâce à une série télé. Le prologue d'un épisode de Third Watch pour être précis, illustré par sa reprise de Hurt de Nine Inch Nails. C'était bien avant que le titre ne soit repris par une pub. Avant qu'il ne devienne un des hymnes de cette génération qui a découvert Johnny Cash presque trop tard, entre réédition de sa discographie et biopic pas trop mal de James Mangold.
Mieux vaut tard que jamais cependant, parce qu'à l'heure où de nombreuses formations saturent nos oreilles d'une pop folk douce-amère mais sans vraie émotion, American VI vient en remontrer à un bon nombre de compositeurs d'aujourd'hui. Ne serait-ce qu'avec Ain't no grave ou la reprise de Redemption Day de Sheryl Crow.
Notes entre ombre et lumière
Cet album a été enregistré quelques mois avant la mort de Cash, juste après celle de la femme de sa vie, June Carter : il porte en lui le souffe fragile d'un homme qui arrive au bout de sa vie passée entre ombre et lumière. S'il n'est plus l'icone de Folsom Prison Blues, il porte encore en lui cette énergie assez particulière, qui fait que le gars inspire encore le respect. Même aux portes de la mort, Johnny Cash est encore au-dessus de bien des artistes.
Peut-être ai-je du mal à dissocier ce disque de ce contexte crépusculaire, mais j'ai vraiment l'impression que fond et forme sont ici solidement noués. Tout cela nous donne un album tour à tour sombre, léger, grave et rythmé. Une création pleine de vie. Rien d'étonnant car, comme l'artiste le dit "There ain’t no grave/Can hold my body down".
RIP, Mr Cash.
Bien à vous,
Benny
Comme beaucoup, j'ai découvert Johnny Cash après sa mort, grâce à un pote et, ô surprise, grâce à une série télé. Le prologue d'un épisode de Third Watch pour être précis, illustré par sa reprise de Hurt de Nine Inch Nails. C'était bien avant que le titre ne soit repris par une pub. Avant qu'il ne devienne un des hymnes de cette génération qui a découvert Johnny Cash presque trop tard, entre réédition de sa discographie et biopic pas trop mal de James Mangold.
Mieux vaut tard que jamais cependant, parce qu'à l'heure où de nombreuses formations saturent nos oreilles d'une pop folk douce-amère mais sans vraie émotion, American VI vient en remontrer à un bon nombre de compositeurs d'aujourd'hui. Ne serait-ce qu'avec Ain't no grave ou la reprise de Redemption Day de Sheryl Crow.
Notes entre ombre et lumière
Cet album a été enregistré quelques mois avant la mort de Cash, juste après celle de la femme de sa vie, June Carter : il porte en lui le souffe fragile d'un homme qui arrive au bout de sa vie passée entre ombre et lumière. S'il n'est plus l'icone de Folsom Prison Blues, il porte encore en lui cette énergie assez particulière, qui fait que le gars inspire encore le respect. Même aux portes de la mort, Johnny Cash est encore au-dessus de bien des artistes.
Peut-être ai-je du mal à dissocier ce disque de ce contexte crépusculaire, mais j'ai vraiment l'impression que fond et forme sont ici solidement noués. Tout cela nous donne un album tour à tour sombre, léger, grave et rythmé. Une création pleine de vie. Rien d'étonnant car, comme l'artiste le dit "There ain’t no grave/Can hold my body down".
RIP, Mr Cash.
Bien à vous,
Benny
lundi 8 mars 2010
Le DVD de mars : "Redacted"
Samarra, Irak. Une compagnie de GIs a pour mission de garder un barrage à l'entrée de la ville. Objectif : contrôler les allers et venues, rassurer les populations par leur présence, limiter le nombre d'attentats terroristes. Tout cela dans la défiance générale, alors que leur état-major ne cesse de repousser le moment où l'équipe en place sera relevée et qu'ils peuvent être pris pour cible à tout moment. Pour ces jeunes Américains issus de multiples horizons, le temps est long. Très long et les nerfs sont mis à rude épreuve.
Jusqu'à ce qu'un de leurs chefs ne meure dans un attentat. Jusqu'à ce que les éléments les plus incontrôlables de la troupe partent une nuit en ville (une nuit en vrille, ça marche aussi) pour mener une épouvantable expédition vengeresse...
Quand les images combattent...
Histoire fictive inspirée de faits réels, Redacted est unanimement décrit par les observateurs comme un film expérimental de Brian De Palma. Datant de 2007, porté par un casting d'acteurs méconnus, il tient sa particularité dans le fait qu'il s'agit d'un long-métrage qui s'intéresse à deux guerres : celle qui se déroule sur le terrain et celle que l'on déverse sur les écrans. Film amateur de soldat, reportage de la télé saoudienne, vidéos terroristes sur le net, chats sur le web, caméras de surveillance, documentaire tourné par deux Français... tous les moyens modernes qui offrent un point de vue sur la guerre sont au service de cette histoire, pour multiplier les points de vue et rendre compte d'un terrible drame.
"La guerre c'est mal", par Brian De P.
L'idée est bonne : l'histoire est forte et le parti pris narratif a de quoi rendre la complexité de la situation. C'est en tout cas ce que l'on serait tenter de penser. Le problème, l'ENORME problème, c'est que De Palma, cinéaste qui a brillamment mis en scène la thématique du point de vue dans des films comme Body Double ou Snake eyes, se plante cette fois dans les grandes largeurs.
Tout simplement parce qu'il est incapable de trouver la bonne articulation entre le fond et la forme. Et qu'il est surtout incapable de laisser vivre son histoire, de laisser mûrir l'émotion. La multiplicité des points de vue "techniques" (images du web, film amateur, reportage) fait finalement plus office de collage/barrage qu'autre chose.
L'avis de Brian
Trop obnubilé par sa volonté de poursuivre le réel, de lui coller au train comme une voiture de flics filerait un suspect, il en oublie un axe cruciale du film de fiction : il doit émouvoir le spectateur. Or là, ça ne marche pas. La faute à un script insuffisamment fouillé sans doute... mais aussi et surtout à un réalisateur arc-bouté sur sa volonté de dénoncer la situation américaine en Irak. A plusieurs reprises, on voit arriver De Palma à des kilomètres avec ses grosses rangers pour dénoncer les exactions de l'armée US. Et comme il le fait de manière parfois carrément balourde (les extraits du documentaire français sont ratés, pour ne pas dire consternants), la pilule ne passe pas.
C'est dur d'écrire ça quand on aime vraiment le cinéma de De Palma, mais c'est ce que j'ai ressenti devant ce film. Et ce n'est pas le documentaire De Palma Reloaded consacré à la sortie du film et à la volée de bois vert qu'il a ramassé aux USA qui a arrangé les choses. Confronté à une réaction épidermique de l'opinion (qui a pris pour argent comptant le propos de cette fiction, argh), le réalisateur s'est enfermé dans un discours le confortant dans la position assez stérile de l'artiste incompris (qui rappelle parfois celle de l'ado fatiguant, faut bien le dire). Il faut dire, à la décharge de l'intéressé, que Redacted a été primé en Europe, ce qui ne peut que le conforter dans cette idée sans doute.
Il n'empêche : l'essai est loin d'être transformé. Très loin.
Bien à vous,
Benny
Jusqu'à ce qu'un de leurs chefs ne meure dans un attentat. Jusqu'à ce que les éléments les plus incontrôlables de la troupe partent une nuit en ville (une nuit en vrille, ça marche aussi) pour mener une épouvantable expédition vengeresse...
Quand les images combattent...
Histoire fictive inspirée de faits réels, Redacted est unanimement décrit par les observateurs comme un film expérimental de Brian De Palma. Datant de 2007, porté par un casting d'acteurs méconnus, il tient sa particularité dans le fait qu'il s'agit d'un long-métrage qui s'intéresse à deux guerres : celle qui se déroule sur le terrain et celle que l'on déverse sur les écrans. Film amateur de soldat, reportage de la télé saoudienne, vidéos terroristes sur le net, chats sur le web, caméras de surveillance, documentaire tourné par deux Français... tous les moyens modernes qui offrent un point de vue sur la guerre sont au service de cette histoire, pour multiplier les points de vue et rendre compte d'un terrible drame.
"La guerre c'est mal", par Brian De P.
L'idée est bonne : l'histoire est forte et le parti pris narratif a de quoi rendre la complexité de la situation. C'est en tout cas ce que l'on serait tenter de penser. Le problème, l'ENORME problème, c'est que De Palma, cinéaste qui a brillamment mis en scène la thématique du point de vue dans des films comme Body Double ou Snake eyes, se plante cette fois dans les grandes largeurs.
Tout simplement parce qu'il est incapable de trouver la bonne articulation entre le fond et la forme. Et qu'il est surtout incapable de laisser vivre son histoire, de laisser mûrir l'émotion. La multiplicité des points de vue "techniques" (images du web, film amateur, reportage) fait finalement plus office de collage/barrage qu'autre chose.
L'avis de Brian
Trop obnubilé par sa volonté de poursuivre le réel, de lui coller au train comme une voiture de flics filerait un suspect, il en oublie un axe cruciale du film de fiction : il doit émouvoir le spectateur. Or là, ça ne marche pas. La faute à un script insuffisamment fouillé sans doute... mais aussi et surtout à un réalisateur arc-bouté sur sa volonté de dénoncer la situation américaine en Irak. A plusieurs reprises, on voit arriver De Palma à des kilomètres avec ses grosses rangers pour dénoncer les exactions de l'armée US. Et comme il le fait de manière parfois carrément balourde (les extraits du documentaire français sont ratés, pour ne pas dire consternants), la pilule ne passe pas.
C'est dur d'écrire ça quand on aime vraiment le cinéma de De Palma, mais c'est ce que j'ai ressenti devant ce film. Et ce n'est pas le documentaire De Palma Reloaded consacré à la sortie du film et à la volée de bois vert qu'il a ramassé aux USA qui a arrangé les choses. Confronté à une réaction épidermique de l'opinion (qui a pris pour argent comptant le propos de cette fiction, argh), le réalisateur s'est enfermé dans un discours le confortant dans la position assez stérile de l'artiste incompris (qui rappelle parfois celle de l'ado fatiguant, faut bien le dire). Il faut dire, à la décharge de l'intéressé, que Redacted a été primé en Europe, ce qui ne peut que le conforter dans cette idée sans doute.
Il n'empêche : l'essai est loin d'être transformé. Très loin.
Bien à vous,
Benny
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