En ce lundi où vous faites peut-être le pont (veinards), je vous propose aujourd'hui un coup de projecteur sur les génériques des dernières séries arrivées à l'antenne aux Etats-Unis.
D'abord parce que je l'ai déjà fait une fois en début d'année et que c'était plutôt ludique, ensuite parce que c'est mon petit côté militant à moi (oui, certains militent pour l'arrêt du nucléaire ou pour le mariage gay, moi c'est pour la défense et la sauvegarder des vrais génériques...).
Voici donc ma sélection printanière de thèmes musicaux...
NUMERO 4 : TOUCH (Par Lisa Coleman & Wendy Melvoin, 2012)
Ce qu'il y a de bien, avec certains thèmes musicaux, c'est qu'ils en disent beaucoup sur une série. Là, par exemple, on sait tout de suite qu'on est avec Tim Kring (notamment à cause de l'ultime image, qui fait très Heroes) mais on ne voit pas toujours où on va (en même temps, avec Tim Kring hein...). Reste que le duo Coleman/Melvoin, qui travaille avec le créateur de Heroes depuis Crossing Jordan, signe une création assez réussie.
NUMERO 3 : LUCK (Massive Attack, Splitting the atom)
A l'image de la mise en scène et de l'écriture de la série, le thème musical de la courte création de David Milch et Michael Mann possède un générique très soigné. C'est dans le répertoire d'un des plus célèbres groupe de trip hop au monde que cette fine équipe est allée chercher sa mélodie d'ouverture. Massive Attack fait donc la passe de trois puisque Teardrop, le générique de House, et Paradise Circus, celui de la série britannique Luther, étaient déjà une de ses compositions.
NUMERO 2 : PRIME SUSPECT US (XCD214, Glorious)
Bon, ça n'a pas marché non plus... et j'ai déjà eu l'occasion de dire que je le regrettais beaucoup. Mais l'adaptation de l'univers de Linda LaPlante par Alexandra Cuningham et Peter Berg aurait vraiment mérité un autre destin. Parce que c'était chouette et que même son générique avait de la gueule. Rageant, je vous dis.
NUMERO 1 : NYC 22 (Jay Z, Heart of the City (Ain't No Love))
Pour son tout nouveau top show made in New York, CBS a fait appel à des habitués de Big Apple. La série créée par Richard Price et produite par Robert De Niro a effectivement choisi un titre du rappeur Jay Z pour ouvrir ses épisodes. Comme l'animation est au niveau, on savoure le tout avec un certain plaisir. Espérons qu'on pourra encore dire ça à la fin de saison. Qui est (déjà) toute proche.
Bien à vous,
Benny
lundi 30 avril 2012
samedi 28 avril 2012
Séries : les pilotes annoncés ne me font (a priori) pas décoller
Je me refuse à verser dans le cynisme, à être blasé. Mais quand même. En parcourant la liste des pilotes commandés pour la saison 2012/2013 par les networks, j'ai sérieusement l'impression que les choses ne vont pas en s'arrangeant d'un point de vue créatif.
Pourquoi ? Parce que si je me refuse à croire que l'on a déjà tout vu, que tout est mauvais, il faut bien admettre que les pitches accolés aux présentations de projets ne frappent pas les esprits par leur inventivité.
Est-ce que c'est la conséquence directe de l'érosion de l'audience des grandes chaines US ? Est-ce que c'est parce que les productions qui ont le plus de baloches (rhâââ : ce que j'aime écrire ce mot, parfois...) n'ont jamais pu s'installer sur la durée ? Ou est-ce que les meilleurs projets sont désormais directement proposés aux petites chaînes qui ne demandent qu'à monter ?
Toujours est-il qu'aujourd'hui, les dernières news ne me font pas vraiment fantasmer (rhâââ : ce que j'aime ça, pourtant...)
Pas question de déprimer cependant. Parce qu'un projet bateau peut surprendre en bien une fois à l'écran (franchement, qui aurait cru que 2 Broke Girls ou Happy Endings retiendraient durablement l'attention avec leurs prémices ?) et que l'on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Surtout quand on est optimiste jusqu'à l'os.
Et donc, à défaut de m'enthousiasmer sur tel ou tel concept, j'ai choisi de vous parler...
DES PROJETS PAS TROP ORIGINAUX MAIS SEXY QUAND MÊME
Gotham (ABC) : Une histoire fantastique qui a pour cadre un univers magique en plein coeur de New York. Si c'est bel et bien le monde du Dark Knight, Michael Green peut marquer les esprits, sinon...
Revolution (NBC) : Eric Kripke (Supernatural), JJ Abrams et une histoire de survie dans un monde post-apocalyptique à la Mad Max, ça peut le faire. David Lyons (Urgences) sera de la partie. Je veux bien parier dessus si on n'essaie pas d'introduire de fumée noire et d'ours polaire pour choper des fans de Lost. Enfin, je dis ça...
Midnight Sun (NBC) : Une secte qui disparaît en Alaska, une conspiration politique et un désastre environnemental, ça fait un peu gloubi-boulga d'influences (Northern Exposure + 24 / X Files) mais c'est surtout le remake d'une série israélienne. Etant donné que c'est dans ce pays que les Américains sont allés chercher les idées d'In Treatment et Homeland, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Friday Night Dinner (NBC) : Un dîner chaque vendredi soir en famille (un petit côté Gilmore Girls, vous dites ?), deux frères coincés entre des parents hauts en couleur et un voisin imprévisible... il s'agit du remake d'une série anglaise, porté par ceux qui ont réussi celui de The Office (Greg Daniels au scénario, Ken Kwapis à la réalisation). Et en plus, il y a un casting de feu (Allison Janney et Tony Shalhoub jouent les parents).
DES PROJETS DEJA VUS MAIS PORTES PAR DES GENS BIEN
Hannibal (NBC) : Hannibal Lecter. Ses liens avec l'agent Graham du FBI. Mouais... mais c'est Bryan Fuller (Dead Like Me) qui s'attelle à la production. Donc bon, pourquoi pas ?
County (NBC) : Un drama hospitalier, dans un établissement frappé par la crise et écrit par Jason Katims (Friday Night Lights), avec Jason Ritter (Parenthood).
Clairement, c'est ma nostalgie d'Urgences et des Dillon Panthers qui parle, mais si ça pouvait être bien mieux que Trauma (produite par Peter Berg il y a quelques saisons), ce serait super.
Nashville (ABC) : J'ai beau détester les vestes à franges et les chansons larmoyantes, cette histoire de star montante de la country et d'une autre au firmament de sa carrière m'intrigue. Pas seulement parce que c'est Callie Khouri (la scénariste de Thelma et Louise) qui est derrière cette idée mais parce que le casting est très costaud (Connie Britton, Eric Close, Robert Wisdom. Et puis Hayden Panettiere aussi. Euh, attendez une seconde...).
Susan 313 (NBC) : La comédie imaginée par l'imprévisible Sarah Silverman. Le pitch est basique au possible (une fille se fait larguer et se rend compte que ses amis n'ont plus trop de temps pour elle, vu qu'elle les a laissés tomber). Mais elle est vraiment capable d'en faire un truc.
Chicago Fire (NBC) : Des pompiers. Dick Wolf à la production. Jesse Spencer (House) et Terry Kinney (Oz) au générique. Des questions ?
DES PROJETS BOF, QU'ON NE DEVRAIT PAS REGARDER, MAIS BON...
Pourquoi ? Parce que si je me refuse à croire que l'on a déjà tout vu, que tout est mauvais, il faut bien admettre que les pitches accolés aux présentations de projets ne frappent pas les esprits par leur inventivité.
Est-ce que c'est la conséquence directe de l'érosion de l'audience des grandes chaines US ? Est-ce que c'est parce que les productions qui ont le plus de baloches (rhâââ : ce que j'aime écrire ce mot, parfois...) n'ont jamais pu s'installer sur la durée ? Ou est-ce que les meilleurs projets sont désormais directement proposés aux petites chaînes qui ne demandent qu'à monter ?
Toujours est-il qu'aujourd'hui, les dernières news ne me font pas vraiment fantasmer (rhâââ : ce que j'aime ça, pourtant...)
Pas question de déprimer cependant. Parce qu'un projet bateau peut surprendre en bien une fois à l'écran (franchement, qui aurait cru que 2 Broke Girls ou Happy Endings retiendraient durablement l'attention avec leurs prémices ?) et que l'on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Surtout quand on est optimiste jusqu'à l'os.
Et donc, à défaut de m'enthousiasmer sur tel ou tel concept, j'ai choisi de vous parler...
DES PROJETS PAS TROP ORIGINAUX MAIS SEXY QUAND MÊME
Gotham (ABC) : Une histoire fantastique qui a pour cadre un univers magique en plein coeur de New York. Si c'est bel et bien le monde du Dark Knight, Michael Green peut marquer les esprits, sinon...
Revolution (NBC) : Eric Kripke (Supernatural), JJ Abrams et une histoire de survie dans un monde post-apocalyptique à la Mad Max, ça peut le faire. David Lyons (Urgences) sera de la partie. Je veux bien parier dessus si on n'essaie pas d'introduire de fumée noire et d'ours polaire pour choper des fans de Lost. Enfin, je dis ça...
Midnight Sun (NBC) : Une secte qui disparaît en Alaska, une conspiration politique et un désastre environnemental, ça fait un peu gloubi-boulga d'influences (Northern Exposure + 24 / X Files) mais c'est surtout le remake d'une série israélienne. Etant donné que c'est dans ce pays que les Américains sont allés chercher les idées d'In Treatment et Homeland, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Friday Night Dinner (NBC) : Un dîner chaque vendredi soir en famille (un petit côté Gilmore Girls, vous dites ?), deux frères coincés entre des parents hauts en couleur et un voisin imprévisible... il s'agit du remake d'une série anglaise, porté par ceux qui ont réussi celui de The Office (Greg Daniels au scénario, Ken Kwapis à la réalisation). Et en plus, il y a un casting de feu (Allison Janney et Tony Shalhoub jouent les parents).
Oh Fuck, It's You (CBS) : OK, le titre y est pour beaucoup. Mais franchement, mon côté midinette a du mal à résister à l'idée de Greg Malins (Friends) et Greg Berlanti (Everwood) : à la suite d'ennuis de santé, un gars s'aperçoit que sa meilleure amie et partenaire en affaires est la femme de sa vie. Sincèrement, si ça ne dure qu'un an mais que c'est bien fait, je serais aux anges.
Rebounding (Fox) : Un homme essaie de se remettre de la mort de sa fiancée avec le soutien de son équipe de basket. Laquelle est composée d'une sacrée bande d'idiots. Steve Levitan (Just Shoot Me, Modern Family) est un garçon bien, donc je dis ok. Et peut-être qu'il y aura un peu de fond derrière les rires. Donc, je le redis: je signe.
DES PROJETS DEJA VUS MAIS PORTES PAR DES GENS BIEN
Hannibal (NBC) : Hannibal Lecter. Ses liens avec l'agent Graham du FBI. Mouais... mais c'est Bryan Fuller (Dead Like Me) qui s'attelle à la production. Donc bon, pourquoi pas ?
County (NBC) : Un drama hospitalier, dans un établissement frappé par la crise et écrit par Jason Katims (Friday Night Lights), avec Jason Ritter (Parenthood).
Clairement, c'est ma nostalgie d'Urgences et des Dillon Panthers qui parle, mais si ça pouvait être bien mieux que Trauma (produite par Peter Berg il y a quelques saisons), ce serait super.
Nashville (ABC) : J'ai beau détester les vestes à franges et les chansons larmoyantes, cette histoire de star montante de la country et d'une autre au firmament de sa carrière m'intrigue. Pas seulement parce que c'est Callie Khouri (la scénariste de Thelma et Louise) qui est derrière cette idée mais parce que le casting est très costaud (Connie Britton, Eric Close, Robert Wisdom. Et puis Hayden Panettiere aussi. Euh, attendez une seconde...).
Susan 313 (NBC) : La comédie imaginée par l'imprévisible Sarah Silverman. Le pitch est basique au possible (une fille se fait larguer et se rend compte que ses amis n'ont plus trop de temps pour elle, vu qu'elle les a laissés tomber). Mais elle est vraiment capable d'en faire un truc.
Prairie Dogs (ABC) : Un employé looser victime d'un vol d'identité retrouve celui qui a fait le coup et, découvrant qu'il en a fait quelque chose de cool, lui demande son aide pour vraiment changer de vie. Une idée de deux ex-scénaristes de That 70's Show.
DES PROJETS BOF, QU'ON NE DEVRAIT PAS REGARDER, MAIS BON...
Zero Hour (ABC) : une histoire de conspiration qui mêle les 12 apôtres. Je maudis Anthony Edwards (Urgences) d'être allé mettre son nez là-dedans: ça va me donner envie d'y mettre le mien. C'est moche.
Table for Three (NBC) : Une fille retrouve son père après un long voyage et découvre qu'il a refait sa vie avec une femme du même âge qu'elle. Et c'est l'ancienne peste de sa période lycée. Pas de bol : Scott Bakula joue le père. Damned.
Partners (CBS) : les créateurs de Will & Grace. Une histoire avec un homo et un hétéro (sans blague ?). Tous les deux se lancent dans une relation sérieuse (pas ensemble, hein : suivez un peu...). Avec Brendan Routh (l'agent Shaw de Chuck). Ce n'est pas une bonne idée. Non, non. Non. Non ?
Go On (NBC) : Matthew Perry en commentateur sportif essaie de se remettre d'une rupture avec l'aide d'un groupe de thérapie. Scott Silveri (Friends) va devoir faire fort pour briser le cycle de la "malédiction Chandler Bing".
Let It Go (Fox) : "Quatre jeunes manipulent dans tous les sens les règles de la société contemporaine". Gné ? Avec Zachary Levi (Chuck) ? D'accord, d'accord...
Voilà: si vous voulez voir la liste complète des pilotes commandés ce printemps, vous avez rendez-vous chez Allociné.
Bien à vous,
Benny
Bien à vous,
Benny
mercredi 25 avril 2012
L'album d'avril (disque B) : "Blunderbuss" (Jack White)
C'est un des rendez-vous du printemps. Quatorze mois après la séparation des White Stripes, parallèlement à ses aventures percutantes avec The Dead Weather (il est derrière la batterie), l'infatigable Jack White revient en solo ce mois-ci avec un nouvel album.
Infatigable testeur taillé dans le rock, le fils de Detroit continue d'explorer les rythmes pour élargir sa palette. Cette fois-ci, c'est la country qui se taille une jolie place dans la playlist, notamment avec des titres comme On and On and On ou encore Take me with you when you go.
Côté instruments, dès Missing Pieces, le titre inaugural, les claviers se disputent les faveurs du compositeur avec les cordes de ses guitares adorées. Le tout fait furieusement penser au son de Consolers of the Lonely et aux Raconteurs (notamment avec le très bon Weep themselves to sleep), un des side projects du garçon.
Les mots blues, les rythmes aussi
Le tout s'inscrit cependant une ambiance plus feutrée. Certains diront que l'ensemble est plutôt apaisé, d'autres diront qu'on finit par s'ennuyer. Je serais plutôt dans la première catégorie, parce que j'ai aussi apprécié le revigorant Sixteen Saltines, qu'on aurait pu retrouver sur Elephant des White Stripes ou sur un des deux disques de The Dead Weather.
Projet carrément blues, Blunderbuss ne perd jamais de vue l'envie - presque le besoin viscéral - de son créateur de produire des mélodies fluides et/ou enlevées (comme avec I'm shakin'). Du coup, si l'ensemble est plutôt doux amer, si les textes sont assez torturés, l'empreinte musicale de cet album reste assez forte. On y revient avec plaisir : pas besoin d'avoir le moral dans les pantoufles pour l'apprécier.
Au final, et même si on pouvait facilement s'en douter : Jack is back. Et ça marque.
Pour écouter l'album, cliquez ici.
Bien à vous,
Benny
Infatigable testeur taillé dans le rock, le fils de Detroit continue d'explorer les rythmes pour élargir sa palette. Cette fois-ci, c'est la country qui se taille une jolie place dans la playlist, notamment avec des titres comme On and On and On ou encore Take me with you when you go.
Côté instruments, dès Missing Pieces, le titre inaugural, les claviers se disputent les faveurs du compositeur avec les cordes de ses guitares adorées. Le tout fait furieusement penser au son de Consolers of the Lonely et aux Raconteurs (notamment avec le très bon Weep themselves to sleep), un des side projects du garçon.
Les mots blues, les rythmes aussi
Le tout s'inscrit cependant une ambiance plus feutrée. Certains diront que l'ensemble est plutôt apaisé, d'autres diront qu'on finit par s'ennuyer. Je serais plutôt dans la première catégorie, parce que j'ai aussi apprécié le revigorant Sixteen Saltines, qu'on aurait pu retrouver sur Elephant des White Stripes ou sur un des deux disques de The Dead Weather.
Projet carrément blues, Blunderbuss ne perd jamais de vue l'envie - presque le besoin viscéral - de son créateur de produire des mélodies fluides et/ou enlevées (comme avec I'm shakin'). Du coup, si l'ensemble est plutôt doux amer, si les textes sont assez torturés, l'empreinte musicale de cet album reste assez forte. On y revient avec plaisir : pas besoin d'avoir le moral dans les pantoufles pour l'apprécier.
Au final, et même si on pouvait facilement s'en douter : Jack is back. Et ça marque.
Pour écouter l'album, cliquez ici.
Bien à vous,
Benny
lundi 23 avril 2012
"Friday Night Lights" (saison 1) : Ces trajectoires qui touchent au coeur
Aujourd'hui, on remonte dans le temps. Pas très loin, mais un peu quand même. Un énième visionnage du pilote de Friday Night Lights ce week-end (mais aussi de toute la saison, il y a quelques semaines) et une conférence à Séries Mania m'ont effectivement donné envie de me lancer dans une intégrale critique.
S'aventurer dans une entreprise de ce type alors que beaucoup de monde a déjà dit beaucoup de choses, ce n'est pas simple. Surtout si on a l'ambition d'apporter quelque chose de différent. Mais bon : ce n'est pas la première fois que cela arrive, donc on va dire qu'à l'impossible, nul n'est tenu...
Evoquer Friday Night Lights, c'est parler d'une série au récit transcendé. Le show parle d'abord de football américain, de l'Amérique profonde et de l'adolescence, mais son propos dépasse largement ces thèmes (c'est d'ailleurs pour ça que j'ai toujours un mal fou à en parler comme d'une série d'ados).
Des archétypes qui volent en éclats
Immergée dans la société américaine comme très peu de séries savent le faire, Friday Night Lights jongle toujours très adroitement avec les codes du teen show et ceux de l'épopée sportive. Tout ça pour servir complètement un propos puissamment réaliste.
C'est particulièrement évident dans le pilote, où l'on se retrouve avec des profils vus et revus dans les séries pour ados qui vont très vite sortir de la case dans laquelle on pourrait facilement les ranger. Souvenez-vous : dans les 42 premières minutes, Tyra a tout de la garce pénible qu'on a vu 158 fois et Lyla est une cheerleader 100% pur sucre.
Mais rien ne va durer. C'est évident avec le trio Jason Street / Tim Riggins / Brian Smash Williams... et ça l'est encore plus, sur la durée de la saison, avec le duo Lyla Garrity / Tyra Collette.
Ceux qui vont tout perdre,
celle qui doit tout arracher
Avec ces trois garçons et ces deux filles, le détournement de genre s'appuie sur le développement d'une vraie psychologie des personnages... et l'exploration des diverses couches d'une communauté. C'est principalement le cas pour Riggins et Smash, qui s'interrogent régulièrement sur la place qu'ils ont à Dillon, sur et en dehors du terrain.
Mais le processus devient particulièrement saisissant avec Jason et Lyla, deux personnages qui vont tout perdre. L'un, dès le pilote, va structurer les conditions de son rebond, faire des choix, assumer ce qui n'est plus. L'autre va connaître une lente, douloureuse et inexorable chute. Sentimentalement mais aussi d'un point de vue social et familial.
Assurément, ces deux parcours sont deux vrais temps forts de la saison. Comme l'est celui de Tyra, du reste. Son évolution est plus lente, plus difficile. Comme l'a expliqué Marjolaine Boutet à Séries Mania, elle est issue des White Trash: pour Tyra, faire des études, s'extirper de l'avenir que lui promet Dillon, cela ne va pas de soi. Elle doit vraiment remonter le courant: ça prend du temps. Plus d'une saison, mais à la fin du 22e épisode, le changement est déjà évident.
Coller aux corps, agripper les émotions
Street, Garrity, Collette, Riggins, Williams... ces personnages occupent le devant de la scène, juste derrière Matt Saracen, Eric et Tammy Taylor. Car dans Friday Night Lights, on ne peut effectivement parler de second plan. C'est une série à relief: le récit, subtil, est résolument en trois dimensions.
Voilà pourquoi il faut une caméra qui virevolte, qui colle aux corps pour mieux s'agripper aux émotions. Et que regarder la première saison, c'est explorer la société américaine.
Tout cela à travers des trajectoires qui touchent au coeur et résonnent dans les âmes. Pendant 22 épisodes sans temps mort, et même au-delà.
Bien à vous,
Benny
S'aventurer dans une entreprise de ce type alors que beaucoup de monde a déjà dit beaucoup de choses, ce n'est pas simple. Surtout si on a l'ambition d'apporter quelque chose de différent. Mais bon : ce n'est pas la première fois que cela arrive, donc on va dire qu'à l'impossible, nul n'est tenu...
Evoquer Friday Night Lights, c'est parler d'une série au récit transcendé. Le show parle d'abord de football américain, de l'Amérique profonde et de l'adolescence, mais son propos dépasse largement ces thèmes (c'est d'ailleurs pour ça que j'ai toujours un mal fou à en parler comme d'une série d'ados).
Des archétypes qui volent en éclats
Immergée dans la société américaine comme très peu de séries savent le faire, Friday Night Lights jongle toujours très adroitement avec les codes du teen show et ceux de l'épopée sportive. Tout ça pour servir complètement un propos puissamment réaliste.
C'est particulièrement évident dans le pilote, où l'on se retrouve avec des profils vus et revus dans les séries pour ados qui vont très vite sortir de la case dans laquelle on pourrait facilement les ranger. Souvenez-vous : dans les 42 premières minutes, Tyra a tout de la garce pénible qu'on a vu 158 fois et Lyla est une cheerleader 100% pur sucre.
Mais rien ne va durer. C'est évident avec le trio Jason Street / Tim Riggins / Brian Smash Williams... et ça l'est encore plus, sur la durée de la saison, avec le duo Lyla Garrity / Tyra Collette.
Ceux qui vont tout perdre,
celle qui doit tout arracher
Avec ces trois garçons et ces deux filles, le détournement de genre s'appuie sur le développement d'une vraie psychologie des personnages... et l'exploration des diverses couches d'une communauté. C'est principalement le cas pour Riggins et Smash, qui s'interrogent régulièrement sur la place qu'ils ont à Dillon, sur et en dehors du terrain.
Mais le processus devient particulièrement saisissant avec Jason et Lyla, deux personnages qui vont tout perdre. L'un, dès le pilote, va structurer les conditions de son rebond, faire des choix, assumer ce qui n'est plus. L'autre va connaître une lente, douloureuse et inexorable chute. Sentimentalement mais aussi d'un point de vue social et familial.
Assurément, ces deux parcours sont deux vrais temps forts de la saison. Comme l'est celui de Tyra, du reste. Son évolution est plus lente, plus difficile. Comme l'a expliqué Marjolaine Boutet à Séries Mania, elle est issue des White Trash: pour Tyra, faire des études, s'extirper de l'avenir que lui promet Dillon, cela ne va pas de soi. Elle doit vraiment remonter le courant: ça prend du temps. Plus d'une saison, mais à la fin du 22e épisode, le changement est déjà évident.
Coller aux corps, agripper les émotions
Street, Garrity, Collette, Riggins, Williams... ces personnages occupent le devant de la scène, juste derrière Matt Saracen, Eric et Tammy Taylor. Car dans Friday Night Lights, on ne peut effectivement parler de second plan. C'est une série à relief: le récit, subtil, est résolument en trois dimensions.
Voilà pourquoi il faut une caméra qui virevolte, qui colle aux corps pour mieux s'agripper aux émotions. Et que regarder la première saison, c'est explorer la société américaine.
Tout cela à travers des trajectoires qui touchent au coeur et résonnent dans les âmes. Pendant 22 épisodes sans temps mort, et même au-delà.
Bien à vous,
Benny
samedi 21 avril 2012
"The West Wing" : le Top 5 des épisodes qui vous font vibrer pour une campagne électorale
J'ai tenu parole. Je n'ai pas parlé de The West Wing pendant 16 mois sur ce blog. Et c'est franchement pas mal, je trouve.
Cependant, puisque l'on est en plein week-end électoral et que la campagne présidentielle française n'a pas franchement été portée par un débat d'idées transcendant (doux euphémisme), je vous propose une sélection d'épisodes à revoir pour rêver un peu en suivant des élections.
Ca ne coûte pas cher (ça tombe bien : c'est la crise), c'est foncièrement idéaliste (donc pas toujours possible dans la réalité) et... ça fait du bien.
NUMERO 5 : King Corn (épisode 6.13 ; écrit par John Wells, réalisé par Alex Graves)
Un vrai épisode de campagne électorale, admirablement conduit par John Wells et mobilisant les différents candidats en lice pour l'après-Bartlet. Il a pour cadre l'Iowa et un congrès d'agriculteurs spécialisés dans la culture du maïs.
Doivent-ils défendre un dispositif imparfait pour gagner plus de voix ? Doivent-ils au contraire aller au carton, quitte à s'attirer les foudres de la foules ? Santos, Russell et Vinick ont chacun leur réponse. Et l'ensemble est vraiment bien raconté.
NUMERO 4 : La Palabra (épisode 6.18 ; écrit par Eli Attie ; réalisé par John Ensler)
Cela aurait pu être mon préféré. Ecrit par Eli Attie qui est la plume numéro 1 de toute la storyline élections de The West Wing, La Palabra raconte un des tournants majeurs de la campagne. A l'approche du Super Tuesday, elle place l'état de Californie au coeur de l'intrigue. Ce n'est pas un épisode vraiment singulier dans sa structure, mais son final, avec Josh qui annonce à Santos les dernières nouvelles, me file des frissons à chaque fois que je le vois.
NUMERO 3 : The Debate (épisode 7.07 ; écrit par Lawrence O'Donnell ; réalisé par Alex Graves)
Un classique. On a beaucoup parlé de cet épisode à cause de son tournage en direct, qui a un côté très théâtral. C'est tout à fait justifié. Mais si c'est The Debate est aussi marquant, c'est aussi et surtout parce qu'il combine tout à la fois une écriture de très haut niveau, une interprétation de tout premier plan (Alan Alda, dans le rôle d'Arnie Vinick, crève l'écran) et une réalisation très efficace.
Le visionnage de cet épisode doit être complété par celui du documentaire qui relate son making of.
NUMERO 2 : In God We Trust (épisode 6.20 ; écrit par Lawrence O'Donnell Jr. ; réalisé par Christopher Misiano)
L'épisode qui donne toute sa stature au personnage d'Arnold Vinick. A des années lumière du très pâle Robert Richie, l'adversaire de Bartlet dans sa course à la réélection pour la saison 4, Vinick est un homme brillant qui compose avec ses propres doutes.
Une campagne électorale, c'est prétendre à une stature d'homme d'Etat, composé avec les tiraillements de la présence (ce que l'on est) et de la représentation (l'image que l'on donne : j'en parlais dans un autre billet, d'ailleurs).
C'est ce que cet épisode raconte avec intelligence, magnifiant une fois encore "l'esprit West Wing".
NUMERO 1 : Election Night (épisode 4.07 ; écrit par Aaron Sorkin, d'après une histoire de David Gerken & David Handelman ; réalisé par Leslie Linka Glatter)
Je ne pouvais pas ne pas mettre un épisode de la période Sorkin dans cette liste. Et avec celui-ci, on retrouve la quintessence de l'écriture sorkinienne. Deux élections, la petite et la grande, et c'est la petite qui est la plus électrique. En suivant Will Bailey et la météorologie californienne, on vibre autour d'un improbable scrutin. C'est complètement idéaliste, c'est très bien écrit et on passe un très beau moment devant son écran.
J'aurais évidemment pu (évidemment dû) rajouter les épisodes 2162 Votes (6.22) et le double épisode Election Day (7.16 et 7.17) mais je me dis qu'une présidentielle, ça compte deux tours. Alors mieux vaut les garder pour dans 15 jours.
Bien à vous,
Benny
Cependant, puisque l'on est en plein week-end électoral et que la campagne présidentielle française n'a pas franchement été portée par un débat d'idées transcendant (doux euphémisme), je vous propose une sélection d'épisodes à revoir pour rêver un peu en suivant des élections.
Ca ne coûte pas cher (ça tombe bien : c'est la crise), c'est foncièrement idéaliste (donc pas toujours possible dans la réalité) et... ça fait du bien.
NUMERO 5 : King Corn (épisode 6.13 ; écrit par John Wells, réalisé par Alex Graves)
Un vrai épisode de campagne électorale, admirablement conduit par John Wells et mobilisant les différents candidats en lice pour l'après-Bartlet. Il a pour cadre l'Iowa et un congrès d'agriculteurs spécialisés dans la culture du maïs.
Doivent-ils défendre un dispositif imparfait pour gagner plus de voix ? Doivent-ils au contraire aller au carton, quitte à s'attirer les foudres de la foules ? Santos, Russell et Vinick ont chacun leur réponse. Et l'ensemble est vraiment bien raconté.
NUMERO 4 : La Palabra (épisode 6.18 ; écrit par Eli Attie ; réalisé par John Ensler)
Cela aurait pu être mon préféré. Ecrit par Eli Attie qui est la plume numéro 1 de toute la storyline élections de The West Wing, La Palabra raconte un des tournants majeurs de la campagne. A l'approche du Super Tuesday, elle place l'état de Californie au coeur de l'intrigue. Ce n'est pas un épisode vraiment singulier dans sa structure, mais son final, avec Josh qui annonce à Santos les dernières nouvelles, me file des frissons à chaque fois que je le vois.
NUMERO 3 : The Debate (épisode 7.07 ; écrit par Lawrence O'Donnell ; réalisé par Alex Graves)
Un classique. On a beaucoup parlé de cet épisode à cause de son tournage en direct, qui a un côté très théâtral. C'est tout à fait justifié. Mais si c'est The Debate est aussi marquant, c'est aussi et surtout parce qu'il combine tout à la fois une écriture de très haut niveau, une interprétation de tout premier plan (Alan Alda, dans le rôle d'Arnie Vinick, crève l'écran) et une réalisation très efficace.
Le visionnage de cet épisode doit être complété par celui du documentaire qui relate son making of.
NUMERO 2 : In God We Trust (épisode 6.20 ; écrit par Lawrence O'Donnell Jr. ; réalisé par Christopher Misiano)
L'épisode qui donne toute sa stature au personnage d'Arnold Vinick. A des années lumière du très pâle Robert Richie, l'adversaire de Bartlet dans sa course à la réélection pour la saison 4, Vinick est un homme brillant qui compose avec ses propres doutes.
Une campagne électorale, c'est prétendre à une stature d'homme d'Etat, composé avec les tiraillements de la présence (ce que l'on est) et de la représentation (l'image que l'on donne : j'en parlais dans un autre billet, d'ailleurs).
C'est ce que cet épisode raconte avec intelligence, magnifiant une fois encore "l'esprit West Wing".
NUMERO 1 : Election Night (épisode 4.07 ; écrit par Aaron Sorkin, d'après une histoire de David Gerken & David Handelman ; réalisé par Leslie Linka Glatter)
Je ne pouvais pas ne pas mettre un épisode de la période Sorkin dans cette liste. Et avec celui-ci, on retrouve la quintessence de l'écriture sorkinienne. Deux élections, la petite et la grande, et c'est la petite qui est la plus électrique. En suivant Will Bailey et la météorologie californienne, on vibre autour d'un improbable scrutin. C'est complètement idéaliste, c'est très bien écrit et on passe un très beau moment devant son écran.
Bien à vous,
Benny
vendredi 20 avril 2012
David Shore, David Simon et Shawn Ryan : trois regards sur le showrunning
Cette semaine, au Forum des images, les mordus de séries font le plein d'épisodes, de rencontres et de projections à l'occasion du troisième festival Séries Mania. C'est aussi le moment idéal pour en savoir plus sur plusieurs têtes pensantes de la télé américaine des années 2000.
Mardi, quelques heures avant la venue de Terence Winter pour parler de Boardwalk Empire, la projection de trois épisodes de la série documentaire française Showrunners était proposée au public. Devant la caméra, on retrouvait David Shore (qui parlait exclusivement de House), Davd Simon (qui concentrait ses propos sur The Wire et Treme) et Shawn Ryan (qui est revenu sur l'aventure The Shield).
Une myriade de détails à gérer
Trois auteurs, trois univers, trois sensibilités différentes. Pendant près de 90 minutes, au fil des épisodes, les documentaristes Virginia Vosgimorukian et Anthony Dubé tricotent adroitement leur projet filmé. Au gré des entretiens, on voit ce qui lient les uns (les mailles à l'endroit) et ceux qui les différencient (les mailles à l'envers).
C'est souvent dense, c'est très enrichissant et ça vaut vraiment le coup.
Principalement parce que, ce qui ressort avec force, c'est que ce qui fait la force d'une histoire, ce qui fait sa vérité (et donc le succès d'une série), repose sur un ensemble d'éléments, une somme de détails appréhendés de façon différente selon les auteurs.
David Shore, qui se concentre beaucoup sur les forces de House dans l'entretien (il aurait été amusant de voir comment il analyse la façon dont il a voulu briser la routine d'une série très rigide dans son format. Le sujet porte en effet à discussion), a eu une jolie formule par exemple. "Il y a deux choses importantes pour réussir une série. Numéro un : l'histoire. Numéro 2 : rien n'est plus important que le numéro 1".
David Shore : Un peu d'histoire
dans les histoires
Pour atteindre cet objectif, Shore fait le travail "classique" du showrunner tel qu'on l'imagine, avec une relecture méthodique, "jusqu'au boutiste" de chaque script. Si son avis est évidemment prééminent, l'épisode qui lui est consacré permet de découvrir sa méthode de travail, qui tend à associer le plus possible ses collaborateurs.
Un dispositif de double écran est effectivement installé dans son bureau : un du côté de celui qui a le clavier, un du côté de celui qui vient échanger. L'idée est alors d'associer au maximum auteur et showrunner... sans pour autant que cela vire à la négociation des accords de Grenelle.
L'intérêt de ces trois épisodes, c'est aussi de voir comment chacun prend à pleines mains la question de la psychologie des personnages.
Shore insiste sur la notion de background psychologique, sur le parcours du héros qui doit colorer chaque acte, chaque parole et chaque pensée.
En cela, il rejoint Shawn Ryan, qui explique avoir pris de Joss Whedon (et avoir appris sur la première saison d'Angel) l'importance du cheminement émotionnel de chaque personnage à travers un épisode. Lequel doit aller d'un point A à un point B en traversant divers états pour emmener le spectateur dans son histoire. Une logique que l'on retrouve dans vraiment beaucoup d'épisodes de The Shield.
David Simon, lui, rappelle une fois encore la spécificité de son parcours, qui l'a conduit du journalisme à la fiction. Dans sa méthode de travail, dans sa manière d'appréhender les choses, il y a une volonté de s'appuyer sur les faits, sur les détails vrais pour porter la force du récit.
Le raccourci un peu rapide, pour ceux qui songent à se lancer dans l'écriture d'une fiction, serait de se dire qu'au final, il suffit de blinder son récit d'éléments tirés du réel pour embarquer le téléspectateur. Mais quand on écoute Simon, on constate que l'enjeu n'est pas là.
Formidable fact checker, Simon est aussi et surtout un conteur hors pair, comme on peut s'en rendre compte dans The Corner, le roman qu'il a co-écrit avec Ed Burns. C'est ce qui fait que ses séries restent des fictions uniques.
Maîtriser... et (aussi) accepter
la fragilité des choses
Cela ressort un peu dans l'épisode que lui consacre Showrunners mais sans doute pas assez. Il aurait sans doute fallu mettre en balance l'aspect "homme de récit journalistique et de fiction" avec la bluffante connaissance que le bonhomme a de la notion d'enjeux dramatiques.
Cela n'enlève rien au plaisir évident que l'on prend à les écouter. Aussi brillants soient-ils, tous les trois savent aussi que tout reste extrêmement fragile. A l'image d'un Shawn Ryan qui s'interroge, non sans une certaine circonspection, sur la chance qu'il aura ou pas de connaître une aventure de production aussi forte que fut celle de The Shield.
Ce vendredi au Forum des images, trois nouveaux épisodes de Showrunners seront projetés. Ils seront consacrés à Carlton Cuse (Lost), Terence Winter (Boardwalk Empire) et Ronald D. Moore (Battlestar Galactica).
Pour en savoir encore plus, vous pouvez également cliquer là : une interview d'une des documentaristes est à lire sur le blog Têtes de Séries.
Bien à vous,
Benny
Mardi, quelques heures avant la venue de Terence Winter pour parler de Boardwalk Empire, la projection de trois épisodes de la série documentaire française Showrunners était proposée au public. Devant la caméra, on retrouvait David Shore (qui parlait exclusivement de House), Davd Simon (qui concentrait ses propos sur The Wire et Treme) et Shawn Ryan (qui est revenu sur l'aventure The Shield).
Une myriade de détails à gérer
Trois auteurs, trois univers, trois sensibilités différentes. Pendant près de 90 minutes, au fil des épisodes, les documentaristes Virginia Vosgimorukian et Anthony Dubé tricotent adroitement leur projet filmé. Au gré des entretiens, on voit ce qui lient les uns (les mailles à l'endroit) et ceux qui les différencient (les mailles à l'envers).
C'est souvent dense, c'est très enrichissant et ça vaut vraiment le coup.
Principalement parce que, ce qui ressort avec force, c'est que ce qui fait la force d'une histoire, ce qui fait sa vérité (et donc le succès d'une série), repose sur un ensemble d'éléments, une somme de détails appréhendés de façon différente selon les auteurs.
David Shore, qui se concentre beaucoup sur les forces de House dans l'entretien (il aurait été amusant de voir comment il analyse la façon dont il a voulu briser la routine d'une série très rigide dans son format. Le sujet porte en effet à discussion), a eu une jolie formule par exemple. "Il y a deux choses importantes pour réussir une série. Numéro un : l'histoire. Numéro 2 : rien n'est plus important que le numéro 1".
David Shore : Un peu d'histoire
dans les histoires
Pour atteindre cet objectif, Shore fait le travail "classique" du showrunner tel qu'on l'imagine, avec une relecture méthodique, "jusqu'au boutiste" de chaque script. Si son avis est évidemment prééminent, l'épisode qui lui est consacré permet de découvrir sa méthode de travail, qui tend à associer le plus possible ses collaborateurs.
Un dispositif de double écran est effectivement installé dans son bureau : un du côté de celui qui a le clavier, un du côté de celui qui vient échanger. L'idée est alors d'associer au maximum auteur et showrunner... sans pour autant que cela vire à la négociation des accords de Grenelle.
L'intérêt de ces trois épisodes, c'est aussi de voir comment chacun prend à pleines mains la question de la psychologie des personnages.
Shore insiste sur la notion de background psychologique, sur le parcours du héros qui doit colorer chaque acte, chaque parole et chaque pensée.
Chacun s'approprie la question de l'émotion
En cela, il rejoint Shawn Ryan, qui explique avoir pris de Joss Whedon (et avoir appris sur la première saison d'Angel) l'importance du cheminement émotionnel de chaque personnage à travers un épisode. Lequel doit aller d'un point A à un point B en traversant divers états pour emmener le spectateur dans son histoire. Une logique que l'on retrouve dans vraiment beaucoup d'épisodes de The Shield.
David Simon, lui, rappelle une fois encore la spécificité de son parcours, qui l'a conduit du journalisme à la fiction. Dans sa méthode de travail, dans sa manière d'appréhender les choses, il y a une volonté de s'appuyer sur les faits, sur les détails vrais pour porter la force du récit.
Le raccourci un peu rapide, pour ceux qui songent à se lancer dans l'écriture d'une fiction, serait de se dire qu'au final, il suffit de blinder son récit d'éléments tirés du réel pour embarquer le téléspectateur. Mais quand on écoute Simon, on constate que l'enjeu n'est pas là.
Formidable fact checker, Simon est aussi et surtout un conteur hors pair, comme on peut s'en rendre compte dans The Corner, le roman qu'il a co-écrit avec Ed Burns. C'est ce qui fait que ses séries restent des fictions uniques.
Maîtriser... et (aussi) accepter
la fragilité des choses
Cela ressort un peu dans l'épisode que lui consacre Showrunners mais sans doute pas assez. Il aurait sans doute fallu mettre en balance l'aspect "homme de récit journalistique et de fiction" avec la bluffante connaissance que le bonhomme a de la notion d'enjeux dramatiques.
Cela n'enlève rien au plaisir évident que l'on prend à les écouter. Aussi brillants soient-ils, tous les trois savent aussi que tout reste extrêmement fragile. A l'image d'un Shawn Ryan qui s'interroge, non sans une certaine circonspection, sur la chance qu'il aura ou pas de connaître une aventure de production aussi forte que fut celle de The Shield.
Ce vendredi au Forum des images, trois nouveaux épisodes de Showrunners seront projetés. Ils seront consacrés à Carlton Cuse (Lost), Terence Winter (Boardwalk Empire) et Ronald D. Moore (Battlestar Galactica).
Pour en savoir encore plus, vous pouvez également cliquer là : une interview d'une des documentaristes est à lire sur le blog Têtes de Séries.
Bien à vous,
Benny
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lundi 16 avril 2012
L'album d'avril : "Underwater sunshine" (Counting crows)
Appuyer sur "Play" pour écouter un album, parfois, c'est comme pousser une DeLorean à 55 miles à l'heure. Avec Underwater sunshine, les Counting Crows nous ramènent facilement en arrière.
Au milieu des années 90 tout d'abord. Lorsque, avec Mister Jones, Adam Duritz et ses musiciens apportaient un peu de nouveauté dans une époque franchement grunge. Une époque que l'on retrouve sans peine dès les premières notes de Untitled (Love Song), qui ouvre ce nouvel album.
La patte Counting Crows est toujours là, avec des ballades bien calibrées. Et il ne serait pas franchement étonnant de retrouver un (voire plusieurs) de ces titres sur une (voire plusieurs) bandes originales de films et/ou de séries.
Le voyage dans le temps, cependant, ne s'arrête pas là. Convoquant volontiers des mélodies folk et country au gré des pistes, Underwater Sunshine nous ramène parfois carrément dans les années 70, en lorgnant du côté de Lynyrd Skynyrd par exemple.
L'hommage est soigné. Il n'est franchement pas désagréable à écouter. Mais il manque un peu de coeur, un peu d'âme pour vraiment marquer les esprits. Et il y a de fortes chances que cet album soit assez vite oublié, même si on a pris plaisir à le découvrir.
C'est l'inconvénient des voyages dans le temps, parfois : ils rappellent que le temps passe. Et que l'on a changé, même dans ses goûts musicaux.
Bien à vous,
Benny
Au milieu des années 90 tout d'abord. Lorsque, avec Mister Jones, Adam Duritz et ses musiciens apportaient un peu de nouveauté dans une époque franchement grunge. Une époque que l'on retrouve sans peine dès les premières notes de Untitled (Love Song), qui ouvre ce nouvel album.
La patte Counting Crows est toujours là, avec des ballades bien calibrées. Et il ne serait pas franchement étonnant de retrouver un (voire plusieurs) de ces titres sur une (voire plusieurs) bandes originales de films et/ou de séries.
Le voyage dans le temps, cependant, ne s'arrête pas là. Convoquant volontiers des mélodies folk et country au gré des pistes, Underwater Sunshine nous ramène parfois carrément dans les années 70, en lorgnant du côté de Lynyrd Skynyrd par exemple.
L'hommage est soigné. Il n'est franchement pas désagréable à écouter. Mais il manque un peu de coeur, un peu d'âme pour vraiment marquer les esprits. Et il y a de fortes chances que cet album soit assez vite oublié, même si on a pris plaisir à le découvrir.
C'est l'inconvénient des voyages dans le temps, parfois : ils rappellent que le temps passe. Et que l'on a changé, même dans ses goûts musicaux.
Bien à vous,
Benny
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