dimanche 7 septembre 2008

Vrac-o-rama pour la rentrée

Dîtes bonjour à Mère indigne !

Un nouveau blog a rejoint ma liste de liens incontournables. Le blog de Mère indigne, habitante de Locbidule, instit par ailleurs, qui essaie d’élever un enfant de troizanédemi avec Père indigne. Ce n’est pas toujours facile mais c’est raconté avec beaucoup d’humour, d’énergie et ça vaut vraiment le détour (merci à Pauline pour le tuyau). Des billets d'humeur qui évitent les babillements et ne se privent pas de dire quelques vérités bien senties.

"The Kill Point" fait mouche

Pour moi, c’est la jolie petite nouveauté de la rentrée en attendant les vraies nouvelles séries (Pushing Daisies et surtout, surtout Life). Diffusée pendant l’été 2007 sur Spike TV, The Kill Point raconte une prise d’otages dans une banque de Pittsburgh. Une histoire de braquage qui débute beaucoup mieux que le décevant The Nine, et met en place (en tout cas dans ses deux premiers épisodes) une intéressante guerre psychologique entre Donnie Boomtown Wahlberg et John ER Leguizamo. A voir sur France 2 le dimanche soir en deuxième partie de soirée. La review, c’est pour bientôt.

Seriebox joue la case forum

Si vous vous êtes perdus sur ce blog en faisant une recherche Google contenant les mots « chambre à air » et « Giscardisme », je vous conseille de continuer votre déambulation aveugle du côté de Seriebox, un forum de discussion mis en place par Baba et Jess, deux dynamiques bloggeurs dont les liens sont également à découvrir dans la rubrique « Lucarne ! ».
Sur Seriebox, pas encore de liens sur le site de Vulcania (tant pis pour les Giscardiens) ou sur celui de Michelin (tant pis pour les chambres à air et le Bibendum) mais plein de sujets sur les séries à retrouver ou à découvrir, ainsi que sur le monde sériel en général.
Un espace de discussion vraiment sympa, qui mérite d’être connu. Et pendant que vous y êtes, vous irez voir les bandes de pErDUSA et Critictoo (avec un super nouveau site), qui ont aussi des forums bien faits et pleins d’infos.
Et pour VGE, ben… allez, c’est cadeau et ça me fait plaisir.

Bien à vous,
Benny

Rachida fait le ventre rond

On m’aurait dit la semaine passée que je parlerais politique ici, je ne l’aurais pas forcément cru. Et pourtant, si. La raison : la déclaration de Rachida Dati, à la sortie du conseil des ministres, alors qu’on l’interrogeait sur sa probable grossesse. Un sujet qui fait beaucoup travailler la presse ces dernières semaines, et pas que la presse people.
Après avoir esquivé le sujet au terme d’une conférence de presse à la prison de Fleury-Mérogis, expliquant que ce n’était ni le moment ni le lieu d’évoquer cette question, la Garde des sceaux a finalement consenti à répondre. Oui, elle est enceinte. Et qui est le père ? Sa réponse : « J’ai une vie privée compliquée et c’est la limite que je me pose vis-à-vis de la presse. Je ne dirai rien là-dessus ».

Gossip politics

Et voilà encore un exemple de ce qui m’agace le plus en ce moment dans la communication des hommes et femmes politiques. Alors que certains leur reprochent d’être loin des préoccupations des Français, alors qu’on dit que leur message passe de plus en plus difficilement, ils occupent les médias avec des sujets à caractère privé non sans jouer sur cet axe de communication.
Car qu’est-ce qui empêche le ministre de la Justice de dire au sujet du père de son futur enfant « cela ne regarde que lui et moi. Je préfère ne pas communiquer là-dessus » ? Quel est l’intérêt de préciser « Vous savez, j’ai une vie privée compliquée » ? C’est un ministre ou Blair Waldorf ? J’hésite…
Cet épisode rappelle forcément la conférence de presse de Nicolas Sarkozy en janvier, son sourire en coin quand la deuxième question qu’on lui a posée ce jour-là portait sur ses rapports avec sa future femme Carla Bruni.

Audience, tu penses…

Que la vie privée des hommes politiques intéresse le public n’est pas nouveau. Que ces derniers l’instrumentalisent pour se présenter sous un jour plus humain, pour créer une certaine forme de compassion à une grande échelle de diffusion (pas seulement Paris Match), ça par contre, c’est assez récent. Et plutôt gênant parce que je ne pense pas que c’est de cette façon que s’améliorera le crédit porté par les Français à la politique. A mon sens, ça sent la manipulation et c’est bien voyant.
D’un autre côté, soyons honnêtes. Les médias, toujours en quête d’audience dans un paysage très concurrentiel, jouent le jeu. Et une large partie du public est demanderesse. Le phénomène est complexe, très humain finalement. Je suis peut-être vieux jeu, mais… Ceux pour qui la politique s’impose par la force des idées, et défendent une certaine idée du jardin secret, devront faire avec, faire le dos rond. Rachida Dati, elle, a choisi la stratégie du ventre rond. Pour au moins quelques mois.

Bien à vous,
Benny

samedi 6 septembre 2008

Partir, revenir… et mieux repartir

Je suis rentré ! Le séjour à Paris puis Bordeaux s’est bien passé même si franchement, question soleil en Gironde, ça aura été la grosse désillusion (c’est le syndrome Amélie, lire le post précédent). Qu’à cela ne tienne : la ville possède de vraies curiosités architecturales, un patrimoine et une identité bien affirmée. Autant dire que je n’ai pas tenu en place.

Des paysages et des sons

Et c’est une constante chez moi depuis plusieurs années : Paris, Marseille, Biarritz, La Rochelle, Arcachon, Bordeaux… j’adore faire un petit séjour en solo pour me balader pendant de longues heures jusqu’à me retrouver avec de sacrées courbatures aux jambes. Lecteur CD puis MP3 sur les oreilles (pour coller une BO aux paysages que j’ai pu découvrir, et repenser à ses images à chaque fois que je réécoute certaines chansons), c’est pour moi l’occasion de faire tout ce que je ne fais pas le reste de l’année. D’abord, pour le grand bavard que je suis, c’est un peu l’occasion de m’isoler.
De réfléchir à la façon dont les semaines et les mois se sont écoulés depuis mon précédent périple. De voir ce que j’ai fait, ce que j’ai vu, ce que j’ai manqué… pour mieux faire une liste de projets pour la rentrée. Pas sûr que je fasse tout ce à quoi j’aspire mais bon, en même temps, ce ne sont pas d’idiotes résolutions de début d’année alors… Une chose est sûre : je suis prêt pour ma rentrée.
Et pour cela, rien de tel que de marcher de longues heures… même quand il pleut. C’est un peu comme dans Forrest Gump, quand le héros traverse le pays de long en large et on cherche à comprendre pourquoi. Sa réponse : « j’ai juste envie de courir, c’est tout ».
Moi, je marche, c’est tout.

Où l’on vient, où l’on va

Ce qui ne veut pas dire que je suis un sauvage, au contraire : je bavarde avec les gens que je rencontre et j’aime aussi beaucoup partir en virée avec des potes. Mais parfois, ça fait du bien de se retrouver seul et, sans complaisance, de faire le point. Avant de rentrer, parce que quand même, la solitude, au bout d’un moment, c’est gonflant…
Paradoxe : c’est finalement quand je suis seul que je pense le plus à mes amis, à ma famille, à l’évolution de nos rapports. A la façon de profiter le plus possible de nos liens alors que le temps glisse toujours entre les doigts.
On en revient à Forrest Gump. Au moment où, alors que Gump retrace quelques unes de ses plus belles découvertes au fil de ses aventures, Jenny, mourante, lui confie : « j’aurais tellement été être avec toi… ». Et lui de lui répondre, en désignant sa tête : « mais tu y étais, là dedans ».

A ma famille, à mon Cinq majeur, et à tous ceux qui se reconnaîtront (dont les quatre personnes qui lisent ce blog) : vous étiez avec moi à Bordeaux et c’était cool.
C’est une phrase absolument neuneu, un peu comme ce post. Mais tout à fait sincère.

Bien à vous,
Benny

jeudi 28 août 2008

L’aventure commence au guichet

Lundi, à la gare la plus proche de chez moi. Un petit tour dans la file d’attente qui se tortille le long des guichets de réservations et c’est à moi. Il fait beau, c’est encore l’été (si, si) et cette fois, après de multiples tergiversations, j’ai arrêté le choix de mon petit voyage estival en solo. Ce sera… Barcelone. La Catalogne, le soleil, les plages espagnoles, l’architecture, le Camp Nou : ce ne sera pas New York et Baltimore comme un temps envisagé (va encore falloir reporter) mais bon, ça vaut quand même franchement le coup. Un petit détour par Paris, un autre dans le Sud-Ouest et Viva Barcelona !

Et me voilà, tout content devant le guichet pour réserver mes billets. Sauf que de l’autre côté du guichet, il y a Amélie. En tout cas, c’est ce que son badge accroché sur la veste dit. Et Amélie, elle est gentille hein. Vraiment sympa même. Mais son problème (et très vite le mien), c’est que ses parents l'ont sûrement conçue dans un champ où reposent les restes d’un cimetière indien parce qu’elle a la poisse. Le temps d’enregistrer les différentes étapes du périple, elle imprime les billets, me le tend… et puis non. Non ? « Non, y a un problème avec le… oui, non. Il faut recommencer ».
Alors on recommence, on reprend mon nom, mon adresse, mon numéro de téléphone, on refait un débit bancaire après avoir annulé la précédente opération et Viva Barcelo… non.
« Ben non, ça marche pas… » soupire Amélie en se mordant la lèvre inférieure.
« Pardon, mais c’est quoi le problème ? » demande-je un brin amusé.
« Ca ne marche pas »
(soupir) « Oui, mais c’est où le souci ? »
« C’est le réseau international, ça coince, c’est déjà arrivé cet après-midi ».
« Ah ? »
« oui » (soupir)
« Ah »

On rerecommence. Annulation de l’opération bancaire. On reprend mon nom, le nom de la rue où je passe l’été (épelé pour une troisième fois. Amélie rigole. C’est drôle), mon numéro de téléphone. On refait la réservation. Amélie est contente : « ah, cette fois je suis arrivée à faire ce que la machine ne me laissait pas faire la dernière fois ! ».
Et puis… non. Toujours rien.
Alors on va chercher la chef, plus que ça à faire. Ben oui, et puis ça devient long cette affaire. Heureusement, Amélie dit « je reviens tout de suite ». Et au pays de ceux qui prennent le temps d’aller vite (on ne rit pas : la compagnie en a fait un slogan), « tout de suite », ça dure 15 minutes.
C’est sympa : ça vous laisse le temps d’échanger un regard avec le type du guichet d’à côté, qui vient contester une amende (vous savez, ces regards complices où on se dit que… ben non, on a rien à partager en fait). Et puis vous regardez aussi la file d’attente où des clients vous toisent tout méchamment parce que « bon, il a pas fini de faire perdre du temps aux autres celui-là ???»
Finalement, Amélie revient avec la chef. Pas bien contente d’avoir été dérangée prestement, visiblement. Alors on a recommencé. Deux fois, trois fois. On a même rebooté le PC. Amélie a ri : elle n’arrivait toujours pas à retenir l’orthographe de ma rue. C’était drôle.
On a presque pas vu le temps passer… ah ben si : une heure, quand même. A un moment, j’ai dit que je commençais à m’inquiéter parce qu’il me semblait bien avoir vu dans la file d’attente les enfants de ceux avec qui j’avais, à une époque, attendu mon tour. C’était drôle. Ah ben non : Amélie n’a pas ri. Pas plus que sa chef.
Finalement, je pars vendredi 29 août. Je vous souhaite une bonne semaine : je ne rentrerai pas avant jeudi soir.
Je vais visiter Bordeaux.

Bien à vous,
Benny

mercredi 27 août 2008

Le CD d’août : « We started nothing » (The Ting Tings)

Il y a des sons qui vont bien avec le soleil. La preuve avec cet album du duo anglais Jules de Martino/Katie White. Un gars, une fille de la région de Manchester qui ne manquent ni d’énergie ni d’imagination quand il s’agit de se faire une petite place dans l’immense répertoire pop anglais.
Le secret ? A vrai dire, je doute qu’il y en ait vraiment un… mais the Ting Tings a un vrai don pour proposer des mélodies légères, efficaces et plutôt péchues.
Il y a Shut up and let me go, un titre qui sert d’illustration musicale à la dernière pub pour iPod (et dont le clip rappelle furieusement celui de Seven Nation Army des White Stripes). Mais il y a aussi That’s not my name (très bon), Great DJ ou encore Traffic Light : autant de chansons qui sont un peu comme les bulles d’un cocktail que l’on siroterait sous les derniers rayons du soleil d’été (arf, c'est beau...).
L’intelligence du groupe, c’est en fait d’expérimenter de multiples articulations sonores et d’exploiter, au gré des plages, les multiples facettes de la voix de Katie White. Parfois ça rappelle Avril Lavigne (Fruit Machine, mouais), parfois c’est tout simplement génial (We walk, LE titre).
Un très bon album. De ceux que l’on est content d’avoir dans la boite à gants ou sur son MP3, quant on est coincé dans la foule avant d’aller au boulot.

Bien à vous,
Benny

samedi 16 août 2008

Urgences : pitié, attachez-moi au docteur Pratt !

Un titre un peu surprenant ne fait jamais de mal : non, je ne veux pas me prêter à des jeux cochons avec Mekhi Phifer. Ni finir au fond de l’eau, puisque pour certains, c’est un authentique boulet, limite un paratonnerre de la haine comme dirait l’excellent Conundrum. Si je donne dans le titre provoc' aujourd’hui, c’est parce que je viens de commencer la visualisation de la saison 14 d’Urgences et franchement, mon rapport à cette série devient vraiment bizarre.

Souvenirs, souvenirs

Premier paradoxe : je ne regarde plus Urgences. En tout cas pas le show qui fait figure de pierre dans mon jardin sériephilique. Celui qui m’a carrément électrisé un soir de 1996 lorsque j’ai vu l’épisode pilote dans la chambre d’amis de mes parents. Celui qui m’a amené à me questionner sur ce qu’est une série de qualité quand, abasourdi, je me baladais en repensant à la disparition du docteur Gant en saison 3 ; à la façon subtile dont les choses avaient conduit à ce tragique épilogue (Accident ou suicide ?). Le show qui m’a estomaqué avec une autre mort, celle de Lucy Knight. Celui qui m’a fait chialer comme un gosse (et sans doute la seule fois) avec la mort de Mark Greene. Dites donc, qu’est-ce qu’ils meurent dans cette série, quand même…
Pourtant, ces disparitions ne sont que des pics dramatiques dans un flot de lignes narratives nerveuses, drôles ou effarantes, reflétant ce qu’est la société américaine (et parfois plus encore) aujourd’hui.

Injections d’audace en IV

Urgences, c’est aussi pour moi une série qui n’hésitait pas à bousculer son format de tant à autre, prenait des risques souvent payants et forçait mon respect. L’escapade de Benton dans le sud des Etats-Unis, l’épisode à la Roshamon ouvrant la saison 8, celui s’inspirant de Memento avec Kovac en saison 9 ou celui qui se déroule au cours d’une éclipse la même année, sont de bons exemples en la matière.
Aujourd’hui, avec le temps, Urgences est plus devenu un soap médical. Un soap pas trop mal fait (en tout cas largement meilleur que d’autres). Mais le fait est là : je ne regarde plus Urgences. Je regarde une série qui en a le titre, l’univers et par à coups très sporadiques, le côté brillant, mais qui n’est pas celle que j’ai connue.
La grande gueule
rentre dans le rang,
encore et encore

Il fallait bien trouver une façon de faire face au temps qui passe. Mais depuis la saison 10 (j’aurai presque envie de dire la 9, parfois), les scénaristes donnent l’impression de ne pas savoir comment faire avec leur panel de personnages. D’abord en reproduisant jusqu’à épuisement l’introduction d’un « médecin cow boy », censé secouer le service. Une sorte de Doug Ross constamment en proie à ses démons. Il y eut l’échec Malucci (saisons 6 et 7), Ray Barnett (saison 11 à 13), Tony Gates (saisons 13 à 15) et un cas particulier, Greg Pratt (depuis la saison 8, au générique à partir de la saison 9).
A chaque fois, le même schéma : une grande gueule qui prend des risques et menace de se prendre un mur avec son attitude (sauf Malucci, qui finit vraiment dans le mur… sans que cela ne soit vraiment sa faute au début de la saison 8). Ce gars un peu prétentieux finit par écouter ses titulaires, et par rentrer dans le rang. Jusqu’à en devenir plus ou moins fade.
A ce titre, le cas du docteur Gregory Pratt est spécial. A l’origine, il est le double tourmenté de Michael Gallant (saison 9) et sa caractérisation est suffisamment forte pour que l’on s’attache à lui. Le problème, c’est qu’après le départ de Jack Orman au poste de showrunner, une valse des producteurs débute (Chris Chulack, Dee Johnson, R Scott Gemmill, Dee Johnson seule, David Zabel se succèdent au poste de capitaine du navire) et Pratt est l’un des principaux personnages à tournicoter tragiquement, à partir dans tous les sens. Au point que l’on ne sait pas trop comment la chanson va finir.

Greg Pratt, aka Docteur Zébulon

La preuve ? Entre autres péripéties, Pratt va au Darfour (saison 12), perd Gallant (saison 13), apporte son aide à un quartier défavorisé (saison 13), veut diriger les urgences du Cook County (saison 14) sans qu’on ait l’impression de sentir une vraie cohérence dans ces choix. On pourrait penser que cela va avec un personnage qui ne sait pas trop ce qu’il veut faire, réagit en fonction des événements et des opportunités. Sauf que l’on a surtout l’impression que les scénaristes se posent d’abord une question : « bon, qu’est-ce qu’on lui fait faire cette année ?».
Ceci sans prendre à bras le corps le souci de cohérence forte qui faisait la puissance de la série il n’y a pas si longtemps. Du coup, on a toutes les peines du monde à s'intéresser à son parcours, à s'attacher à lui.
Dans une certaine mesure, le personnage de Archie Morris (Scott Grimes) est un peu dans la même situation si l’on regarde qui il était (un incompétent, ce qui pour le coup était un choix fort, renvoyant au monde réel) et ce qu’il devient (un médecin un peu cabot mais fiable. Comme une floppée d’autres). Mais lui est drôle, donc ça passe mieux.

Le chef de service ? Lequel ?

Vous n’êtes pas convaincus ? Alors, observez l’autre valse qui secoue le Cook County au fil des saisons pour trouver un chef de services des Urgences. De Susan Lewis (saison 11) à Skye Wexler (saison 14) en passant par Victor Clemente (saison 12), Luka Kovac (saison 13, un autre personnage à qui on a fait faire un peu tout et n’importe quoi) et Kevin Moretti (saison 14), on a vu défiler beaucoup de monde...
En gros, et surtout depuis l’arrivée de David Zabel, on a l’impression que les producteurs se bornent à reprendre des recettes éprouvées (qui a dit « usées jusqu'à la corde » ?) sans avoir une vraie vision d’ensemble pour leur show. Clemente et Moretti ne font que passer et leur caractérisation légère (en gros « Je suis un chef casse pieds mais j’ai pas un si mauvais fond, des fois ») renvoie à de pâles copies de Kerry Weaver ou de Robert Romano sans chercher à secouer un peu plus le télespectateur.

Tentative de traitement

Pourtant, j’en suis convaincu. Il y aurait mieux à faire. Beaucoup mieux. Ne serait-ce qu’en posant de vraies lignes directrices à des personnages comme Pratt ou Gates pour qu’une réelle dynamique s’instaure entre les différents éléments de cet ensemble show. Prendre les différents personnages, étudier leurs interactions : voir ce que l’on a, ce que l’on n’a pas, ce que l'on n'a pas eu et ce que l’on a plus.
On peut aussi jouer sur la conséquente densité de l’univers de la série (Rachel Greene – la fille de Mark - pourrait faire, en cette fin de parcours, une intéressante externe. Une façon de récompenser les téléspectateurs fidèles, de marquer le temps qui passe et de boucler la boucle).
On peut également explorer de nouvelles formes de narration.
Pourquoi pas deux épisodes qui fonctionneraient comme un récit à énigme dont la clef ne serait accessible qu’en regardant les deux segments, avec deux binômes de soignants de garde le même soir mais qui ne se croisent presque pas. La même histoire, avec deux points de vue complètement différents (et plusieurs courtes storylines différentes) mais une solution qui se situerait au second plan.
Oui, c’est compliqué à expliquer. Oui, c’est casse gueule et audacieux.
Mais on est dans Urgences ou non ?
Une douce maladie de cœur…
D'ailleurs, il y a encore des petites choses qui parfois font croire que tout n'est pas perdu. Comme le personnage de Harold Zelinski, qui renouvelle de façon attrayante la figure du newby en blouse blanche. Ou l’arrivée de Kari Matchett au casting dans la blouse de Skye Wexler (une des meilleures comédiennes de sa génération, injustement méconnue).
Ultime paradoxe : malgré tous ses défauts (les problèmes d’alcool d’Abby, c’est too much. Bien écrit mais too much au vu du parcours du personnage), je veux encore un peu y croire. Parce que je reste viscéralement attaché à cette fiction qui aura toujours une place à part dans mon « parcours » de sériphile.
Je l’aime et c’est tout.

Bien à vous,
Benny

vendredi 15 août 2008

Heroes, saison 2 : la Bell catastrophe

J’aime bien Heroes. Ne me regardez pas comme ça, c’est vrai. Mais je vous dis ça comme je pourrais vous dire « J’aime le flan au café ». En gros, s’il y en a au menu, j’en prends volontiers. Mais sinon, tant pis : c’est pas non plus du tiramisu, donc…
Ce que je veux dire, considérations gloutonnes mises à part, c’est que j’aime bien la multitude de personnages et de petites intrigues qui s’enchaînent au fil des épisodes, c’est plutôt agréable et ça passe vite. Est-ce que la quantité va pour autant de pair avec la qualité ?

Je conseille à tous les fans hardcore de la série de ne pas lire ce qui suit… et éventuellement de déguster un flan au café.

Tim Kring, BancalMan

Au tout début, quand le concept de Heroes a émergé de la mare de projets dans laquelle barbotaient les dirigeants de NBC (1), je n’y ai pas cru. Le pitch paraissait trop bateau. Et pourtant, la saison un se tient bien, tendue toute entière (ou presque) vers un final que l’on imaginait dantesque.
Sauf que non.
Le final, c’est un flop. Un flan au navet. Avec trop de sel.
L’affrontement tant attendu entre Hiro, Sylar et Peter Petrelli tourne en effet à la farce, au face à face baclé. En gros, au rendez-vous manqué. Ce qui a souvent généré un sentiment de frustration intense chez les spectateurs. Sans savoir que cela ne s’arrêterait pas avec ce tome I.

J’y crois, j’y crois pas
(j’y crois plus ?)

Susciter l’adhésion du public à une intrigue, à un twist, faire en sorte qu’il accepte un coup de théâtre, c’est vraiment très délicat. Il faut avoir une vision à court, moyen et long terme vraiment bien développée. Il faut aussi des personnages solidement définis et une connaissance fine de leur psychologie pour que leur évolution paraisse cohérente. Au final, tous ces éléments concourent à créer un sentiment : celui de la croyance. Telle intrigue, on y croit ou on n’y croit pas. Et c’est ce qui manque très souvent à la série de Tim Kring.
Il ne suffit en effet pas d’enchaîner les petites storylines et de faire apparaître de nouveaux personnages dotés de pouvoirs extraordinaires (même si, paradoxe, le public en est très friand) pour embarquer le public. Pour qu’il adhère à votre histoire, il faut tout le reste. Et le tome 2 de Heroes, baptisé Generations, souffre vraiment beaucoup de ces problèmes.

Mais pourquoi,
Kristen, POUR-QUOI ???????

Dans cette saison, on enchaîne les histoires sans vrai rythme (Peter et sa balade irlandaise entre autres, Hiro et Kensei). On en bâcle d’autres (la mort de Noah Bennett, ou comment casser un puissant ressort tragique pour s’arranger) et l’objectif final de ces lignes narratives paraît vraiment trop bricolé. On évoque un sujet fort (la maladie, la perte de pouvoirs) sans jamais être capable de nous projeter dans les sentiments de ces héros déchus (Sylar, Nikki).
Et surtout, surtout, psychologiquement, les Heroes sont aussi complexes que des… flans au lait, parfumés au lait (oui, oui).
La palme (ou le ravier d’or) revenant au personnage de Elle, campé par Kristen Bell. Une excellente actrice (Veronica Mars, fallait-il parenthéser ?), au talent évident, qui se vautre complètement en prêtant ses traits à un personnage caricatural, pas du tout attachant. Et c’est quand même terriblement dommage.
Au final, puisque l’on n’a pas trop le temps de s’apesantir, on arrive au bout de Generations, qui se termine mieux qu’il n’a commencé. Il n’empêche : très vite, on attendait pas grand’chose de ce tome 2… C'est sympa. Mais ç'aurait pu être franchement mieux. Beaucoup mieux.
Les regrets sont éternels : avec un showrunner plus ambitieux (David Eick ?), ces aventures un peu trop « flan flan » auraient sans doute eu une toute autre allure.

Bien à vous,
Benny

(1) : Message personnel = Kevin Reilly, tu me manques. Reviens, je te ferais moi-même du flan s’il le faut. A la vanille. Non parce que l’autre, là, c’est même pas la peine…