lundi 27 février 2012

L'InstantMusique #5 : "Toxic" (Yael Naïm)

Pas de séries aujourd'hui : je brasse un peu les cartes à cause de l'emploi du temps,mais je ne me fiche pas de vous avec une jolie petite perle musicale. Que Yael Naïm reprenne Bitney Spears, ce n'est pas, en soi, le truc qui doit retenir votre attention.

En fait, c'est surtout cette version en live qui vaut le détour, car elle sensiblement plus bluesy que celle que l'on retrouve sur l'album éponyme de l'artiste, sorti en 2007 (mais qui n'en demeure pas moins géniale). Elle perd certes un peu de sa puissance rock sur la fin, mais cela n'en demeure pas moins une version littéralement habitée par la jeune artiste franco-israëlienne.





 Bien à vous,
Benny



vendredi 24 février 2012

Séries télé: Si ces têtes vous disent quelque chose, c'est normal...

L'industrie télé américaine a ceci d'assez incroyable qu'elle fait passer toute une série de visages d'un show à l'autre... sans que l'on s'en aperçoive toujours. Consécutivement à un échange sur twitter avec Florence (@Capcodemiss) et Dylanesque (@Dylanesquetv), j'ai eu envie, aujourd'hui, de ressortir des images de grandes séries dans lesquelles certains petits rôles ont ouvert la voie vers toute une carrière.


NUMERO 4 : Stana Katic dans Urgences (saison 12)



Celle qui prête ses traits à la sculpturale Kate Beckett de Castle n'a pas toujours forcé (excessivement?) sur le maquillage. Dans la saison 12 d'Urgences, on la voit même interpréter une comateuse qui sort de l'inconscience après de nombreuses années. Bon, l'idée est un poil saugrenue mais Katic s'en sort tout de même pas mal...

NUMERO 3 : Mekhi Phifer dans Homicide (saison 6)



Dans le finale de l'avant-dernière saison de la série produite par Levinson et Fontana, il est celui par qui le drame arrive. Aperçu un peu plus tôt dans la saison, l'interprète du docteur Pratt dans Urgences a plutôt bien marqué les esprits avec ce personnage au nom singulier. Les fans de The Wire apprécieront: il s'appelle Junior Bunk.

NUMERO 2 : Dani Pudi dans Urgences (saison 12)




Alors ça, c'est le genre d'apparition furtive qui vous saute à la figure quand vous vous faites un revisionnage. L'interprète de l'inénarrable Abed de Community joue le rôle d'un jeune homme dont la soeur aurait déshonoré toute sa famille. Autant vous le dire tout de suite : son personnage est tout sauf drôle.

NUMERO 1 : Josh Radnor dans Six Feet Under (saison 3)




Se retrouver dans l'une des plus grandes séries des années 2000 pour jouer un mort et porter une moustache assez énorme (au propre comme au figuré), c'est quelque chose qui est difficile à oublier. Et comme l'interprète de Ted dans How I Met Your Mother a complètement changé de registre, c'est plutôt bizarre de le retrouver dans le funérarium des Fisher (épisode The Trap). Bizarre mais marrant.

Bien à vous,
Benny

mercredi 22 février 2012

L'album de février : "Sweet Sour" (Band of Skulls)

C'était un des rendez-vous de l'hiver. Pas forcément le post-it que l'on accroche sur le frigo entre les courses et les factures, mais pas loin. Le début de l'année 2012 promettait en effet le retour d'un sacré trio musical: Band of Skulls.

En 2010, les Anglais s'étaient distingués avec un premier album riche en promesses, notamment grâce au titre I Know What I Am. Les voici donc à nouveau sur le devant de la scène avec Sweet Sour, album dont deux extraits s'étaient déjà échappés (The Devil Takes Care Of His Own et Bruises) à l'automne dernier, histoire de faire monter la pression.

La subtilité harmonique plus que la rythmique imparable

Dès la première piste, qui reprend le titre de l'album, on retrouve ce qui faisait déjà la force Baby Darling Doll Face Honey : la guitare puissante, le duo vocal Marsden (le gars) / Richardson (la fille) qui a de grosses ressources et un vrai sens de la mélodie. A mes yeux (et surtout mes oreilles), c'est d'ailleurs ce dernier point qui fait la particularité de ce deuxième album. On sent que sur pas mal de titres, il y a une belle recherche de la subtilité harmonique (Bruises, Hometowns, Close to Nowhere). Ce coup-ci, c'est en jouant à fond sur cette carte que les Band of Skulls veulent emporter le morceau.

Tout ceci n'est pas sans avoir des incidences un peu plus discutables. Ce qui faisait tout l'attrait du premier album de Band of Skulls, c'est aussi une capacité rythmique assez marquante. Je me rappelle que la première fois que je l'avais écouté, l'enchaînement Patterns/Bomb puis la découverte de Hollywood Bowl m'avaient bluffé d'entrée. Ici, Sweet Sour, You're Not Pretty But You Got It Goin'on et Lies m'ont bien plu mais il n'y avait pas le côté imparable des titres susnommés.



C'est un peu dommage. Je le regrette un peu, mais pas au point de perdre de vue la qualité de l'ensemble. Elle est évidente. Il manque peut-être juste un truc un peu plus puissant en complément. The Devil Takes Care Of His Own laissait à penser que ce serait le cas, mais pas vraiment...

Bien à vous,
Benny

lundi 20 février 2012

"Smash" : on attend le grand coup de Spielberg

Le Pitch: Et si Marylin Monroe prêtait son nom, son aura et son âme succès de l'année à Broadway ? L'idée, alors que l'on va célébrer le cinquantième anniversaire de sa disparition, électrise les deux auteurs de comédies musicales Julia Houston et Derek Wills. Encore faut-il passer tous les obstacles qui se dressent sur la route d'un show en cours de production. Du casting au déblocage de fonds.


Un casting de haut niveau (avec Debra Messing, le toujours très bon Christian Borle - vu dans Coupling - et Anjelica Huston), un projet opportuniste mais qui bénéficie d'un grand nom à la production (Steven Spielberg), une savante campagne de com qui dure depuis près de neuf mois (en gros, depuis que le projet a été commandé), une programmation maline et complètement assumée par la chaîne (elle conclut une soirée ouverte par un programme de téléréalité musicale)... Smash, c'est la déferlante auquel il est difficile d'échapper en ce début d'année.

Un mélange des genres
à (vraiment) réussir

Bien décidée à damer le pion à Glee et à la Fox, NBC a misé gros sur ce drama musical qui doit faire entrer Broadway dans les salons d'Amérique et du monde jusqu'au printemps. Pour réussir ce pari, la chaîne et Spielberg font confiance à Theresa Rebeck, scénariste qui a biberonné chez Bochco (elle a fait ses premières armes sur NYPD Blue) avant de faire un crochet chez Dick Wolf (elle a participé au lancement de Law & Order : Criminal Intent) et de s'installer backstage pour devenir... auteur de théâtre.

Son challenge ? Réussir le croisement de deux genres qui, depuis plusieurs années, se font de l'oeil sans toujours séduire complétement le grand public. Avant le phénomène Glee, de Cop Rock en 1990 à Smash en 2012, ce ne sont pas les special musical qui manquent à la télé américaine. Buffy, Scrubs, Ally McBeal et même Oz ont succombé au genre au moins une fois avec succès. Et la montée en puissance de programmes comme American Idol, Pop Idol ou justement The Voice ont sans aucun doute contribué à faciliter la rencontre de deux genres qui se marient assez bien ensemble mais ont du mal à faire un couple qui dure.

De très bonnes bases

A l'heure où le débat "Glee: nul ou génial ?" divise toujours durablement les téléspectateurs, Smash doit tenter une audacieuse conciliation sur le long terme: proposer un show musical de haute tenue... dans un show de haute tenue tout court.

Au vu du pilote, on repère très vite les forces de la série: une narration dynamique, portée par l'enthousiasme du projet Marylin : the musical qui émerge; une galerie de portraits assez dense, laquelle permet d'esquisser de multiples storylines dans les coulisses de la production; deux héroïnes qui luttent pour un rôle et surtout pour voir leur carrière décoller... Tout ça est bien mis en scène et tend vers une dernière scène musicale qui emporte l'ensemble avec un certain panache. On ne sait pas complètement où on va mais on y va fougueusement (oui, oui).

Faire décoller la narration

Reste alors à transcender l'effet pilote, à proposer quelque chose de fort sur le long terme. Ce que le deuxième épisode n'arrive pas vraiment à faire. C'est cohérent, c'est bien interprété... mais il manque encore un truc pour décoller. Un soupçon d'originalité dans le propos pour que la narration soit au niveau du travail musical. Pour que Smash frappe un grand coup, il va falloir un peu plus de complexité et de subtilité émotionnelle que ce que la storyline de la procédure d'adoption de Julia Houston - par exemple - donne à voir. De la même façon, il va falloir que les tiraillements entre les personnages de Karen et de son petit copain soient mieux développés.

En clair : Smash cartonnera s'il donne du drame. Du sang et des larmes (c'est du concept, c'est aussi du Churchill). Pour donner une vraie dimension dramatique aux mélodies.C'est largement dans les cordes de Theresa Rebeck et sa bande. C'est surtout impératif (sinon, ça se résumera à "Han, ils chantent bien"). Et mine de rien, si on y parvient, ça peut devenir un sacré gros carton, critique et public.



Bien à vous,
Benny

vendredi 17 février 2012

"Borgen" : la série politique fait enfin son come back ?

Le propre d'une grande série, c'est souvent de dire beaucoup de choses dès sa première scène. Celle de Borgen a tendance à confirmer cette idée. Elle se déroule dans une loge de studio télé. Birgitte Nyborg, chef du Parti Modéré (Centre), se prépare avec Kasper Juul, son conseiller en communication, pour une interview en direct. L'enjeu : apporter son soutien à Michael Laugesen, le leader de l'opposition, à quelques jours des élections qui désigneront le prochain chef du gouvernement.

La politique, la communication, les médias... et une femme au milieu de tout ça : en une poignée de plans, tout est en place, déjà là. Quelques minutes et un coup d'éclat plus tard, sans vraiment s'en rendre compte, Nyborg lancera une campagne qui va la conduire aux plus hautes fonctions de l'Etat danois. Au grand dam de Laugesen et du premier ministre sortant, le conservateur Lars Hesselboe.

La machine Borgen est lancée, et ne va plus s'arrêter pendant une première saison de 10 épisodes.

La suite, c'est à lire sur LePlus du Nouvel Observateur, où j'ai laissé une nouvelle contribution.

mercredi 15 février 2012

L'instantMusique #4 : "We walk" (The Ting Tings)

Faire du neuf avec du vieux ? Pas tout à fait mais pas loin. Cette semaine, alors que j'étais parti pour vous proposer un morceau avec de grosses guitares, j'ai finalement changé d'avis : on va revisiter un album chroniqué ici-même au cours de l'été 2008, alors que le BennyBlog n'en était qu'à sa saison 1.

We walk, c'est la dernière piste de We Started Nothing, des très bons Ting Tings. A l'époque, je n'avais pas hésité à écrire que c'était le meilleur titre de l'album. Quatre ans plus tard, même si Shut up and let me go reste plus populaire auprès du public, je dois dire qu'il reste toujours aussi bon à écouter. Grâce notamment à une très belle intro proposée en préambule à une rythmique redoutable.

Comme, par ici, on n'a jamais eu peur des jeux de mots pourris, je n'hésite pas une seconde au moment d'écrire la phrase qui suit : We walk, ça marche.



Frais et dynamique, We walk bénéficie en plus d'une mise en images alerte. En clair, le clip est à la hauteur de la mélodie. En l'écoutant, en le regardant, on en profitera pour noter que le prochain album, intitulé Sounds from Nowhereville, sortira très bientôt. La date retenue pour sa diffusion est celle du 27 février.

Bien à vous,
Benny

lundi 13 février 2012

"Rob" / "iRob!": Caramba, mais c'est la (mauvaise) sitcom à papa !

Le Pitch : Célibataire endurci, Rob, architecte paysagiste, voit sa vie basculer en épousant du jour au lendemain la jolie Maggie. Le voilà effectivement confronté aux multiples petits bouleversements liés à la vie de couple et surtout à une belle famille mexicaine aussi nombreuse qu'envahissante.

Qui a dit que CBS était, aux Etats-Unis, la chaîne des vieux ? Cette affirmation, on a parfois tendance à l'oublier quand on se pose devant The Big Bang Theory ou The Good Wife, deux succès publics qui sont loin de faire vibrer les seuls porteurs de cheveux d'argent. Sauf que la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre, et qu'il y a, dans la programmation de la chaîne, quelques belles golden qui entretiennent les clichés.

Le dernier exemple en date, c'est assurément iRob! (ou Rob, c'est comme vous voulez), petite comédie sans prétention qui accumule pas mal de clichés.

La recette ressemble à celle des pâtes au riz. Un peu lourd, limité, pas super varié.

Vous prenez :

- Un héros névrosé joué par un artiste rompu à la comédie (Rob Schneider vient du stand up)

- Un second rôle féminin qui incarne la gentillesse et la simplicité, pour servir de "repère plutôt normal" (Claudia Bassols dont le joli minois a damé le pion à Nadine Velasquez, de My Name is Earl, qui devait tenir le rôle)

- Une petite tripotée de seconds rôles plutôt barrés et franchement caricaturaux (la belle-mère qui décide de tout; le beau-père qui veut surtout qu'on lui foute la paix - joué par Cheech Marin; le cousin qui fatigue assez vite)

- Un décor en carton pâte

- Assaisonnez le tout de rires toutes les trente secondes

Et vous obtenez une sitcom de 1987, laquelle fait passer 2 Broke Girls pour un monument d'audace et une expérience conceptuelle.

Si, comme moi, vous n'avez rien contre les pâtes (et le riz) en ces temps de crise, vous allez bouffer  de l'humour à très, très gros sabots (ah, la scène où Rob se retrouve dans la chambre de la grand-mère...1), qui joue sur le choc des cultures (donc de l'humour à gros poncho, mucho racisto ?) sans chercher à voir au-delà.

Le problème, c'est que la perspective de se faire 13, 22, 24 plats de pâtes au riz porte au coeur. Du coup, même si les Américains consomment des fois n'importe comment (la bouillie According To Jim), on voit mal comment, en France, on pourrait accrocher durablement avec Rob et sa belle-famille. Ou alors vous regardez ça au 150e degré, en vous disant que c'est une expérience anthropologique façon Claude Guéant. A moins que vous n'optiez pour un visionnage multitâches, en faisant votre lessive et la liste des courses.



Bien à vous,
Benny

(1) : Un aveu, quitte à perdre toute crédibilité, j'ai pouffé devant cette scène. Adieu, e-lecteur.