dimanche 7 septembre 2008

Rachida fait le ventre rond

On m’aurait dit la semaine passée que je parlerais politique ici, je ne l’aurais pas forcément cru. Et pourtant, si. La raison : la déclaration de Rachida Dati, à la sortie du conseil des ministres, alors qu’on l’interrogeait sur sa probable grossesse. Un sujet qui fait beaucoup travailler la presse ces dernières semaines, et pas que la presse people.
Après avoir esquivé le sujet au terme d’une conférence de presse à la prison de Fleury-Mérogis, expliquant que ce n’était ni le moment ni le lieu d’évoquer cette question, la Garde des sceaux a finalement consenti à répondre. Oui, elle est enceinte. Et qui est le père ? Sa réponse : « J’ai une vie privée compliquée et c’est la limite que je me pose vis-à-vis de la presse. Je ne dirai rien là-dessus ».

Gossip politics

Et voilà encore un exemple de ce qui m’agace le plus en ce moment dans la communication des hommes et femmes politiques. Alors que certains leur reprochent d’être loin des préoccupations des Français, alors qu’on dit que leur message passe de plus en plus difficilement, ils occupent les médias avec des sujets à caractère privé non sans jouer sur cet axe de communication.
Car qu’est-ce qui empêche le ministre de la Justice de dire au sujet du père de son futur enfant « cela ne regarde que lui et moi. Je préfère ne pas communiquer là-dessus » ? Quel est l’intérêt de préciser « Vous savez, j’ai une vie privée compliquée » ? C’est un ministre ou Blair Waldorf ? J’hésite…
Cet épisode rappelle forcément la conférence de presse de Nicolas Sarkozy en janvier, son sourire en coin quand la deuxième question qu’on lui a posée ce jour-là portait sur ses rapports avec sa future femme Carla Bruni.

Audience, tu penses…

Que la vie privée des hommes politiques intéresse le public n’est pas nouveau. Que ces derniers l’instrumentalisent pour se présenter sous un jour plus humain, pour créer une certaine forme de compassion à une grande échelle de diffusion (pas seulement Paris Match), ça par contre, c’est assez récent. Et plutôt gênant parce que je ne pense pas que c’est de cette façon que s’améliorera le crédit porté par les Français à la politique. A mon sens, ça sent la manipulation et c’est bien voyant.
D’un autre côté, soyons honnêtes. Les médias, toujours en quête d’audience dans un paysage très concurrentiel, jouent le jeu. Et une large partie du public est demanderesse. Le phénomène est complexe, très humain finalement. Je suis peut-être vieux jeu, mais… Ceux pour qui la politique s’impose par la force des idées, et défendent une certaine idée du jardin secret, devront faire avec, faire le dos rond. Rachida Dati, elle, a choisi la stratégie du ventre rond. Pour au moins quelques mois.

Bien à vous,
Benny

2 commentaires:

Une blonde dans la ville a dit…

« J’ai une vie privée compliquée et c’est la limite que je me pose vis-à-vis de la presse. Je ne dirai rien là-dessus ».
moi, quand j'ai lu ça, je me suis demandé si elle ne sous-entendais pas qu'elle multipliais les aventures amoureuses et donc était bien infoutue de dire qui était vraiment le père.
M'enfin, au moins elle se pose des limites vis-à-vis de la presse et tout le monde ne peut pas en dire autant...

Benny a dit…

Vu sous cet angle... c'est assez croustillant.
Et quand on sait qu'en Espagne, la semaine dernière, un quotidien a fait sa Une avec une interview de José Maria Aznar déclarant "non, c'est pas moi le père", je me dis que ça crédite ta théorie.
En tout cas, si le bébé, c'est une fille et qu'elle a une moustache andalouse, on sera vite fixé.

Salutations, lady Blonde :)