samedi 31 décembre 2011

Dernier coup avant minuit : To be Continued...

Cette fois, c'est la dernière. Pour 2011, s'entend. Mais on se retrouve très vite (le 2 janvier) pour une nouvelle saison où on devrait parler de la fin de The Shield, de Friday Night Lights, de 30 Rock (saison 3) ou encore de Sons of Anarchy.

Mais aussi, très sûrement, de la suite des aventures du lauréat du Benny d'Or 2011 (Justified), d'Awkward, de The Wire saison 3, du retour d'Aaron Sorkin sur HBO, de Breaking Bad et encore plein d'autres trucs. Coincés entre des chroniques CD, des confidences sur la Grande Méchante Ville et tout le reste.

En attendant, finissez bien l'année et prenez soin de vous. On se revoit en 2012, pour la saison 5.

Et surtout, surtout, comme on dit à BennyCity...



Bien à vous,
Benny

Deux coups avant minuit : l'année stetson

Season Finale, ou presque: l'heure est venue de jeter un dernier coup d'oeil dans le rétro pour parler séries et Monde de Benny. Une année encore une fois placée sous le signe des dramas puisque l'on a parlé ici de Generation Kill, In Treatment (saison 2), Dexter (saison 2), Six Feet Under (saison 4 et saison 5), The Shield (saison 5 et saison 6), Deadwood (saison 3), The Pacific, The Wire (saison 2), Justified (saison 1) et aussi (grande nouveauté, joie et fierté) de séries toutes nouvelles comme Harry's Law, Detroit 1-8-7 (avec Southand), Pan Am, Hart of Dixie et Prime Suspect. Côté comédies, The Office (saison 5) et 30 Rock (saison 2) ont partagé l'affiche avec Community, New Girl et Up All Night, mais aussi Suburgatory et 2 Broke Girls.

En tout, 20 séries différentes. Le record de 2010 est donc battu, et pas qu'en regardant des trucs un peu vieux. Woop-di-doo, comme dirait Annie de Community.

Ce qui nous amène à désigner le podium sériel de cette année, pour saluer la série qui succède à The Office (saisons 1, 2, 3), The West Wing (saison 6) et The Wire (saison 1)

NUMERO 3 : COMMUNITY
La comédie qui m'a le plus marqué. A cause de son audace, de son côté auto-reflexif et de sa parfaite connaissance des rouages des comédies US. Un jour, Yannick Dahan a dit que c'est en connaissant le plus intimement des règles que l'on se montre le plus créatif. Pour les transgresser comme pour les dynamiser. Dan Harmon et sa bande mettent brillamment en images cette théorie. Et c'est ce qui fait du show le must de mon année de comédies.

NUMERO 2 : SIX FEET UNDER (SAISON 5)
Elle aurait pu finir numéro 1... car ça ne se joue pas à grand'chose. J'ai déjà dit, deux billets plus tôt, pourquoi cette série m'a carrément bluffé et restera gravée dans ma mémoire de sériephile. Brillante, touchante comme peu de shows peuvent l'être, la série d'Alan Ball a carrément crevé le plafond des mes attentes à son sujet. Elle tient désormais une place de choix dans mes références en la matière. Et c'est énorme parce que je n'aurais pas forcément dit ça l'an dernier (même si j'écrivais déjà que c'était, pour moi, une grande série.       

NUMERO 1 : JUSTIFIED
Pourquoi Olyphant, Goggins et Yost se retrouvent tout en haut ? D'abord parce que ce classement est éminement subjectif (c'est mon Monde, ok ? :p) et parce que le show a su utiliser les rouages hyper classiques de la mythologie et des loners pour monter en puissance jusqu'à un final freudien foutrement efficace. A côté de ça, c'est une série qui s'appuie sur quelques uns des plus brillants dialogues que j'ai entendus cette année et que, à la fin du finale, on n'a qu'une envie: voir ce qu'il va advenir des doubles de Harlan County.
Chapeau, messieurs... et à l'année prochaine.

Bien à vous,
Benny

Trois coups avant minuit: la BO de mon année (Partie 2)

On continue d'égrener les jours et les mois au rythme de titre estampillés 2011 (ou un peu plus vieux) à travers cette petite rétro musicale qui consacre aussi mon album de l'année.

JUILLET "Keep the Faith" (Bon Jovi, Keep the Faith)
Alors, pour le coup, ça c'est pas franchement récent... mais il y a une vraie histoire avec ce titre. Elle nous ramène au 1er juillet et à mon dernier jour à la BennyCorp avec mes deux principaux confrères. Le début d'un nouveau semestre et la fin d'une époque... tout se mélange, jusque dans une vidéo qu'ils ont réalisée pour marquer mon départ (avec notamment celle qui m'a succédé), qui est truffée de moments émouvants et sur laquelle on peut entendre ce titre qui a égayé de nombreux vendredis soirs.

C'est clairement l'un des plus beaux (si ce n'est le plus beau) témoignages d'amitié qu'on m'ait fait. J'en suis resté sans voix. Aujourd'hui, c'est mon jerican de secours pour les moments où je cale... et je réalise combien j'ai de la chance d'avoir ça avec loi.

AOÛT "Arlandria" (Foo Fighters, Wasting Light)
Encore un mois bien chargé, à déménager, chercher où emménager, ne pas trouver, courir et s'énerver... Aux quatre coins de BennyCity ou dans ma caisse pour rejoindre la Grande Méchante Ville, cet album sorti au printemps a tourné en boucle, encore et encore. Au point que oui: pour moi, c'est l'album de l'année. Carrément taillé dans le rock, assez souple mélodiquement, c'est le partenaire idéal pour changer de vie. En tout cas, c'est l'album des Foo Fighters que j'écoute le plus depuis le volume 1 de In Your Honor, autre grand succès de mes playlists et qui reste attaché à ma vie dans la Ville du Vent, en 2006 (un jour on en reparlera, tiens).




SEPTEMBRE "I'm Picky" (Shaka Ponk, The Geek and the Jerkin' Socks) et "The Rover" (Led Zeppelin, Physical Graffiti)

Deux titres qui marquent mon départ pour la Grande Méchante Ville. Le premier, extrait d'un album lui aussi très bien fichu, est encore un vrai concentré d'énergie, que je rattache souvent à des moments liés à la nuit (allez savoir pourquoi...). Le second est définitivement lié à mon retour en voiture après l'emménagement. Il y a, dans The Rover, une vraie dimension crépusculaire  qui colle parfaitement à l'instant: tout est près pour partir, tourner une page. Un chouette moment lié à une excursion en voiture.

OCTOBRE "Coma" (The Guns and Roses, Use your illusion 1) et "A commotion" (Feist, Metals)

Ce mois, c'est un peu deux étapes : celle où je finis d'émerger de mes cartons dans la coloc et où je commence (quand même) un peu à bosser et celle où... je peux enfin vraiment utiliser une connexion ADSL. Conclusion? Le premier titre est extirpé de ma ZicoThèque, le second est découvert grâce à la chronique du nouvel album de Feist. Autant PJ Harvey aura été la dame du printemps, autant Feist aura été celle de l'automne. Avec classe et puissance.



NOVEMBRE "ReWired" (Kasabian, Velociraptor!)

Cette année aura eu ceci d'étrange que j'ai parfois chroniqué des albums à un moment donné et que j'en ai apprécié les perles un peu plus tard. C'était le cas avec Wasting Light des Foo Fighters, cela l'aura aussi été avec la nouvelle livraison des Kasabian, dont la finesse des compos fait encore mouche ce coup-ci.


DECEMBRE "Someone Like You" (Adele, 21)

J'aime bien Adele, même si je connais assez mal son travail. Je sais que Hometown Glory me semble écrit par une personne qui a grandi à BennyCity, et je pense que la demoiselle a toutes les cartes en main pour aller très loin. Someone Like You me ramène dans la voiture avec mon père, alors que je rentre à la maison. Elle porte en elle un esprit qui colle pour moi avec Noël, le moment idéal pour faire une pause avec ceux que l'on aime.

Bien à vous,
Benny

vendredi 30 décembre 2011

Quatre coups avant minuit: "Six Feet Under" (saison 5), la mort et le tableau de l'existence

Every Picture Tells a Story / Chaque Tableau a son Histoire: cette formule (qui sert de titre au deuxième épisode du Caméléon, pour l'anecdote inutile), pourrait résumer à elle seule l'ultime saison des aventures de la famille Fisher.

Avec ces douze épisodes, Alan Ball et ses sbires ne font effectivement pas que conclure une histoire dans laquelle le sens de l'existence a toujours été éclairé par la lumière blafarde du deuil. Ils livrent un ensemble dont toute la subtilité, toute la cohérence se révèle à l'aune de son épilogue.

Même si je ne pense pas que tout était écrit à l'avance par Alan Ball, il est clair que l'homme savait ce vers quoi il allait tendre dès le départ. Et qu'il a mis un point d'honneur à ce que ceci soit pleinement révélé au téléspectateur dans les derniers épisodes. Cet conjecture devient une évidence lorsque l'on se penche, a posteriori, sur la trajectoire de Nate.

 Le dessein de Ball

De toute la série, le fils aîné des Fischer est sans aucun doute le personnage le plus complexe. Tour à tour émouvant, touchant et exaspérant, je me souviens avoir été agacé par les atermoiements de son attitude dans la saison 4: j'avais l'impression qu'il n'avançait pas, qu'il ne murissait guère et qu'il se complaisait à se reposer des interrogations auquel il me semblait qu'il avait déjà répondu. La saison 5 démontre de façon magistrale combien en fait il n'est pas là tant question d'avancer que de gérer sa capacité à choisir ce que l'on est. Sa propre propension à prendre des risques et à les assumer.

Comme il partage sa vie avec une femme qui a beaucoup de mal à donner ce dont elle a elle-même tant besoin (je vous le donne en mille : de l'amour), il se heurte perpétuellement à la problématique que l'on vient d'énoncer. Jusqu'à ce que survienne, dans le troisième tiers de la saison, un événement aussi inattendu que traumatisant (pour les héros comme pour le téléspectateur). Jusqu'à ce que le tableau de son existence comme celui de ses proches (vous pouvez appeler ça le dessein d'Alan Ball) ne nous soit finalement révélé.

Un final qui vous hantera...

Ce tournant (que je me refuse à spoiler), c'est clairement l'axe autour duquel tourne cette dernière saison. Un axe autour duquel se structure la course de tous les autres personnages. Pour David, qui franchit une étape cruciale dans sa vie sentimentale avec Keith; pour Ruth, qui dressera un constat plutôt amer sur tout un pan de son existence mais qui l'assoit dans une solide position de matriarche; et pour Claire (je le dis à chaque fois mais vraiment : Lauren Ambrose est fantastique) qui devient du même coup une adulte.

Rarement un season finale n'aura porté en lui une telle puissance évocatrice, une telle densité. En tout cas, pas dans ma vie de téléspectateur. Peut-être parce que la charge sentimentale qui me liait à la série était un peu moins forte qu'avec Urgences ou The West Wing et que du coup, sa puissance narrative n'en est que plus manifeste. Manifeste et incontestable.

... et révèlera une évidence

A tel point que le constat est sans détour : il faut voir Six Feet Under (au moins) une fois dans sa vie. Vous courrez sans aucun doute le risque d'être hanté par ses dernières minutes pendant longtemps, mais l'aventure raisonnera durablement en vous. Dans votre rapport à la fiction comme dans votre rapport à la vie. Et c'est tout ce que j'ai à dire à propos de ça.

Bien à vous,
Benny

Cinq coups avant minuit : La BO de mon année (partie 1)

C'est l'heure de rebrancher le tourne-disque, le baladeur ou le magnéto à cassettes (oui, on est sur un blog moderne ici, qu'est-ce que vous croyez ?) pour raconter 2011. Pas forcément pour évoquer douze nouveautés en douze mois mais pour évoquer une année où il s'est passé pas mal de choses. Et à chaque fois, la musique n'était jamais loin.

JANVIER "My Medicine" (The Pretty Reckless, The Pretty Reckless) et "So Far From Your Weapon" (The Dead Weather, The Dead Weather)
Pour le premier titre, c'est marrant: à l'époque, je m'étais surpris à trouver cet album bien foutu alors que je suis d'ordinaire plus que soupçonneux sur les albums d'actrice. Presque un an plus tard, je trouve toujours que c'était bien.  Nerveux. Et que ça se réécoute avec plaisir. Je me demande ce  que donnera le deuxième album de la Momsen.



Le deuxième titre est lié à un moment plus perso: le mois de janvier, c'était un peu comme se retrouver dans le tambour d'une machine à laver, se faire secouer un peu dans tous les sens et... adorer ça. C'était un dimanche matin que cet air m'est revenu en tête et il m'a accompagné toute une journée au travail. Sans le savoir, j'étais déjà prêt pour la suite de l'année.

FEVRIER "Zombies of Life" (Rodeo Massacre, If you can't smoke'em, sell'em)
J'adore les groupes qui s'inspirent des 70's pour nous balader avec une mélodie efficace. Les Rodeo Massacre ont beaucoup aimé les Jefferson Airplane et le rock un peu psyché: ça se sent, ça s'entend et ça le fait. Une très jolie découverte qui, sans être vraiment révolutionnaire, remet au goût du jour des sonorités parfois un peu vite oubliées.





MARS "Let England Shake" (PJ Harvey, Let England Shake), "Lost in the flood" (Bruce Springsteen & the E Street Band, Live in New York City)
Le premier titre marque le retour d'une sacrée figure de l'Angleterre des refrains. Le texte cloué aux préoccupations sociales d'un pays qui va connaître un été très agité, le son toujours très travaillé: PJ Harvey démontre qu'elle est plus que jamais dans le bon tempo au début des années 2010. Et cet album reste une des créations majeures de l'année.

Le deuxième titre, je l'ai écouté pendant une longue, longue journée de pluie. Vous savez, ce genre de jour où vous pressentez que ça se terminera sur un truc pas cool... Finalement, j'en ai été quitte pour un nouveau tour de tambour, et une des plus belles nuits de l'année.

AVRIL "Hollow Hero" (Le Prince Miiaou, Fill the blanks with your emptiness) et "Megumi and the Milkyway above" (Connan Mockasin)
Un gars, une fille... et deux artistes singulièrement barrés qui ont vraiment marqué l'année. Capable de vous filer le frisson quand elle est sur scène tant il émane d'elle un troublant mélange de force et de fragilité. Chez Maud-Elisa Mandeau, on essaie, on triture, on tortille, on ajoute, on accumule les essais mélodiques. Et à la fin, on obtient des titres d'une densité rare. Encore, une sacrée découverte, à mettre au côté de Connan Mockasin et son très étonnant titre, "Megumi & the Milkyway above" que l'on oublie pas, que dis-je, que l'on ne peut pas oublier une fois qu'on l'a écouté. Il fallait au moins venir d'Australie pour proposer un truc aussi barré et aussi ébouriffant musicalement. D'ailleurs, je vous laisse savourer.



MAI "Future Starts slow" (The Kills, Blood Pressures), "Breathe In" (Yodelice, Cardioid)
Très honnêtement, le premier aurait pu être l'album de l'année. A dire vrai, cela ne s'est pas joué à grand'chose parce que j'ai vraiment aimé l'album de Mosshart et Hince, quand bien même pas mal d'habitués du duo ont plutôt peu accroché. La vérité, c'est que c'est du bon rock, accessible sans être passe partout et que The Last Goodbye ou Pots & Pans sont régulièrement revenus dans mes oreilles cette année.





Le second titre se paie le luxe de placer un même album deux années de suite dans mon bilan-BO. En même temps, c'est comme ça: c'est ce qui résonnait dans la BennyMobile alors que j'allais enfin pouvoir envisager mon départ pour la Grande Méchante Ville. Forcément, ça marque...

JUIN "Another ay to Die" (Jack White & Alicia Keys, BO de Quantum of Solace)
Mois de malade. Volume de travail de malade. C'est mon avant-dernier mois à la BennyCorp et me voilà embringué dans un challenge à la limite de la stupidité: faire la moitié d'un numéro spécial tout seul. Et je l'ai fait. Dans ces cas-là, il faut un pur hymne pour gérer l'affaire. Ce titre, c'est carrément ça.

La suite (et la fin), ce sera pour demain.
Bien à vous,
Benny

jeudi 29 décembre 2011

Six coups avant minuit : Les trucs à retenir en 2011 dans la Grande Méchante Ville

Jeudi 15 septembre, 13h12. Le train qui relie BennyCity à la Grande Méchante Ville quitte le quai avec à son bord votre serviteur, une valise et un sac pour retrouver un nouvel appart, une nouvelle coloc et des affaires déjà là-bas. A ce moment précis, le coeur est aussi gros que les bagages parce que c'est un moment que j'ai longtemps attendu... et parce que, pas loin, il y a la BennyCorp, mes collègues et tout un tas de trucs qui font partie du passé. Pour onze mois ou pour plus que ça.

Jeudi 22 décembre, 19h42. Retour à la maison pour les fêtes, avec l'impression que le temps a filé à toute vitesse mais qu'il n'a pas été perdu. Ou en tout cas le moins possible. Avant de foncer en 2012, avec la ferme intention de faire un trou pour rester sur place, et puisque je n'ai pas eu le temps de le faire avant, petit inventaire des impressions, des souvenirs et des images recueillis sur le théâtre d'un vrai, beau et grand défi.

Numéro 1 : Se casser la gueule avec sa monstrueuse valise dans les escaliers qui mène au premier métro, ça ne fait jamais perdre le sens des réalités, et encore moins celui de la formule. Ce que j'ai dit en me redressant presque aussitôt? "Putain, ça commence bien". Ouaip.

Numéro 2 : Croire que la formule 48 heures chrono de la Redoute, c'est plus fiable que la théorie selon laquelle Oswald aurait shooté seul Kennedy, c'est moyen bien. Bon, c'est vrai: ça n'a pas un lien direct avec la Grande Méchante Ville mais mine de rien, j'ai vécu 15 jours sans le canapé clic clac qui devait me servir de lit. J'ai bien fait d'emprunter l'intégrale de Band of Brothers à un pote: ça mettait un peu dans l'ambiance.

Numéro 3 : On dit que le Parisien n'est pas sympa. C'est faux. Si vous partez dans l'idée que tous les habitants de la Grande Méchante Ville sont méchants/désagréables/pressés, une fois sur quatre, vous tombez sur une personne plutôt gentille (ou presque). Et ça, ça illumine votre journée.

Numéro 4 : Si vous voulez venir là-bas, c'est très sympa. Par contre pour la bouffe, apprenez les rudiments de la boucherie. Et montez avec votre propre vache: la viande coûte tout de même très cher. Perso, je suis devenu un cador de la multi-cuisine de légumes avec du thon.

Numéro 5 : Achetez-vous une bonne paire de pompes parce qu'il y a quand même beaucoup, beaucoup de très chouettes coins. Même quand on joue le touriste de base en passant par les Champs Elysées de nuit pour les fêtes ou le pont de l'Alma. Mais ça marche aussi en vous tapant la rue vieille du Temple, Belleville, Menilmontant (je surkiffe la descente) Barbès en journée ou encore la rue des Vinaigriers.

Numéro 6 : Le père Lachaise. Je ne vis pas très loin et j'ai passé au moins 25 minutes à chercher la tombe de Desproges dans cet espèce de "cimetière anti-cimetière" où les gens se baladent avec leur appareil photo. L'ironie de la quête veut qu'elle soit juste en face d'une sépulture plutôt imposante que tout le monde regarde... et dont je me souviens pas qui en est "l'hôte". C'est peut-être vrai qu'on est tous égaux face à la mort, finalement.

Numéro 7 : On vous dit que la foule, le métro, les gens qui courent tout le temps rendent la Grande Méchante Ville insupportable... En vrai, si vous aimez Noël, ça passe tout seul. Surtout si vous kiffez le gros rush des courses de cette période, en fait. Moi, c'est mon cas.

Numéro 8 : Les trucs dans la rue. Un grand classique de la Grande Méchante Ville, tout au moins là où je vis (et je voyais pas ça à BennyCity). Les gens laissent sur le pallier les trucs dont ils veulent se débarrasser. Au début, tu trouves ça chelou. Après, tu t'adaptes. Mais des fois, tu te retrouves à te demander, comme ma coloc, si tu peux récupérer le truc ou si c'est juste que le riverain est en train d'ouvrir sa porte pour rentrer sa nouvelle étagère d'occase...

Numéro 9 : Le manque de lumière. Alors ça, je ne sais pas si c'est moi ou si je vieillis mais bon sang, qu'est-ce que c'est gris l'automne là-bas. Du coup, je ne sais pas si c'est ça, si c'est la fatigue à courir partout ou si c'est les deux mais j'ai fini l'année un peu à plat. Du coup, je prends des vitamines.

Numéro 10 : La crise. La pauvreté. Qui est quand même partout quand on ouvre les yeux. Sans faire du sentimentalisme à deux balles, quand on se retrouve sur un parking où des jeunes actifs vivent dans leur bagnole parce qu'ils ne peuvent pas payer de loyers, et que ces derniers expliquent qu'on veut qu'ils partent, on fait pas le fier.

Numéro 11 : un long, vraiment long escalator qui ramène à la surface de la terre, dans le quartier où je vis. Celui que je prends quand je reviens de mes rendez-vous, de mes virées, de mes sorties avec des connaissances, des collègues ou des amis. Celui que je vais prendre pendant encore six mois et, je l'espère, après. Parce que même si c'est la crise, même si le défi n'est pas gagné, même s'il va falloir se bagarrer, qu'est-ce que je kiffe cette aventure, tout de même...


Bien à vous,
Benny

Vous en reprendrez bien... "Shout 2000" (Disturbed)

Petit coup de projecteur sur une reprise pas très connue du célèbre titre de Tears for Fears, qui a fait son apparition il y a un peu plus de dix ans et secoue quand même beaucoup sa maman. Disturbed, pour ceux qui ne le savent pas, c'est un groupe de Metal créé dans les années 90 et qui nous vient de Chicago. Emmené par un chanteur qui a des faux airs de Vin Diesel après qu'il a pris deux fois des pates (David Draiman), Disturbed s'est notamment fait connaître avec cet extrait de The Sickness.
Le reste, c'est de la littérature...






Bien à vous,
Benny

mardi 27 décembre 2011

Sept coups avant minuit : Charlie Sheen, le dindon télé de 2011

L'affaire aura défrayé la chronique pendant de très longs mois. Elle est tour à tour empreinte de cynisme, de pathétique, de moments franchement drôles, de business... et de pathétique, encore. Quelle affaire ? Celle qui aura vu Charlie Sheen quitter Mon Oncle Charlie/Two and a half men, sitcom aussi adulée par les uns que décriée par les autres.


Si vous avez manqué cette tragi-comédie (la meilleure série de l'année?), le résumé est à lire ici (et beaucoup plus est à découvrir du côté d'Allociné, qui n'a jamais lâché le morceau tout au long de 2011 et dont les infos ont servi de grosse base de travail à ce billet). Attention: spoilers inside.

28 janvier : Charlie Sheen annonce sa décision d’entrer en cure de désintoxication. Dans un communiqué, Stan Rosenfield, son attaché de presse, déclare : "Il est très reconnaissant à tous ceux qui ont fait part de leur inquiétude."

Le tournage de la sitcom (la plus regardée aux USA en ce début de décennie) est interrompu pour une durée indéterminée. Dans un communiqué, le producteur exécutif du show, Chuck Lorre, déclare: "Nous sommes profondément inquiets pour sa santé et son bien-être, et nous soutenons sa décision." On parle d'une absence de trois mois pour l'acteur.

Début février : Sheen va mieux. Même que c'est son avocat qui le dit. L'interprète de Charlie Harper pourrait même faire son retour sur les plateaux de tournage avant la fin du mois. Tout ça, grâce à sa famille. Très vite, il propose de payer de sa poche un tiers du salaire de l'équipe de tournage pour pallier le manque à gagner... à condition que CBS et Warner Bros fassent de même.

14 février : dans une de ses célébrissimes Vanity cards (un message à lire dans les génériques de fin de ses shows), Chuck Lorre (ci-contre à gauche, photo DR) lâche ce commentaire agacé : "Je fais de l'exercice régulièrement. Je mange des quantités modérées d'aliments sains. Je m'assure de prendre beaucoup de repos. Je vois mon médecin une fois par an et mon dentiste deux fois par an. J'utilise du fil dentaire chaque soir. J'ai fait une radiographie pulmonaire, des tests de stress cardio, des ECG et des coloscopies. Je vois un psychologue et j'ai tout un tas de loisirs pour réduire le stress. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. Je ne fait pas n'importe quoi sexuellement avec des inconnus.
Si Charlie Sheen me survit, je serais dégoûté".
Joie...

Fin février : Au micro du "Alex Jones Show", une émission de radio, Charlie Sheen, s'estimant la cible des médias, pète un câble : "J'ai passé, je crois, la dernière décennie à convertir sans efforts et presque par magie sa "merde" en or", lâche-t-il au sujet de Chuck Lorre et Mon Oncle Charlie. Sur le site TMZ, il déclare que le créateur de Dharma & Greg et The Big Bang Theory est un "petit bonhomme complètement stupide". Il propose même un duel avec le scénariste: "S'il gagne, il peut quitter ma série", ajoute-t-il.

La réponse de Warner Bros. TV et CBS: la fin de saison est tout bonnement annulée.

Réponse qui entraîne... une réponse écrite de Charlie Sheen, envoyée au site TMZ (ben oui : si c'est pas public, c'est pas drôle). Ce que ça dit? "Je contre-attaque encore une fois et ce petit ver pourri [ndlr: Chuck Lorre] ne peut pas faire face à mon pouvoir et affronter la vérité. Je ne lui souhaite rien d'autre que de la douleur (...) Manifestement j'ai vaincu ce ver de terre avec mes déclarations - alors imaginez ce qui aurait pu se passer si j'avais sorti mes poings en feu". Là, c'est sûr : il est guéri. Dans sa tête.

1er Mars : après avoir palabré un peu partout, Sheen file chez 20/20, pour une interview spéciale sur ABC. Il annonce sa volonté de poursuivre poursuivre en justice CBS et Warner Bros. pour rupture de contrat. Et il espère récupérer une belle somme au passage.

2 mars : Chez Howard Stern, Sheen balance encore. On ne l'arrête plus : "Chuck veut se retirer. Il est grillé. Il a trois shows à gérer (Mon oncle Charlie, The Big Bang Theory, Mike & Molly) et a oublié que le nôtre est celui grâce auquel tout a été possible (...) Selon moi, la vraie solution, c'est que Les Moonves [boss de CBS] le vire et me reprenne, ainsi tout le monde sera gagnant." L'acteur vedette de Platoon, qui vient alors de débarquer sur Twitter (et rameute 650 000 followers en quelques jours) précise qu'il ne donnera plus d'interviews parce qu'il est fatigué. En même temps, on a compté qu'il avait fait parler de lui 11 fois en 8 jours...

Moralité : Vous aussi, dites-non à la drogue. Apparemment, ça donne une patate atomique. Enfin, pas à tout le monde: Stan Rosenfeld, l'agent de l'acteur, claque la porte. Tout porte à croire que lui, est un peu fatigué par tout ça.

Ce qui n'est pas le cas de Les Moonves, qui se marre franchement. Il déclare à l'époque à San Francisco: "A court terme, c'est en réalité plutôt intéressant financièrement parlant pour nous (...) En fin de compte, je ne sais pas comment tout cela va se terminer. J'espère que la série va revenir. Nous verrons." Et voilà, mesdames et messieurs, pourquoi Moonves est à la tête de CBS depuis de loooongues années: il a sans doute déjà compris que Mon oncle Charlie n'a pas encore fini sa course à l'antenne. Avec ou sans son acteur vedette.

Pendant ce temps, Jon Cryer, co-vedette du show, s'occupe comme il peut...





5 Mars : Charlie Sheen lance son propre talk show sur le web, Sheen's korner. Le premier épisode cartonne. Et il obtient le soutien de Sean Penn - qui veut l'emmener faire de l'humanitaire en Haïti - et du très "Jean-Claude-Vandammesque" Gary Busey, toujours aussi space : "Je veux que Charlie s'extirpe de toute cette boue infâme, reprenne en main sa vie et je prie pour lui". Amen.

7 mars : Sheen est officiellement viré de Two and a half men. Sa réaction ? "Maintenant, je peux prendre leurs milliards, sans plus avoir à regarder leurs faces de c** et sans plus jamais avoir à enfiler leurs chemises stupides aussi longtemps que ces sorciers vivront dans cette dimension terrestre."

Un petit pas pour la production télé, un pas de géant pour la mode et les voyages interdimensionnels ?

Incroyable mais vrai : on apprend que Joe Estevez, l'oncle de Charlie, a proposé de le remplacer à l'écran. Les producteurs du show n'ont pas donné suite. C'est dingue...

8 Mars : Sheen's korner connaît son 4e épisode. Ce sera le dernier.

10 Mars : l'avocat de l'artiste annonce sa volonté de lancer une procédure judiciaire dans le but de récupérer pas moins de 100 millions de dollars.

Début avril : après avoir lancé un site internet et alors qu'il vient de débuter une improbable tournée sur scène, Sheen refait parler de lui avec une parodie de son entretien dans "20/20". Et... il est drôle, ce gros cochon !




Mais il y en a un que ça ne fait pas rire. Qui donc ? Son pote Daniel Baldwin: "Quand je regarde ce qui arrive à Charlie en ce moment, je suis triste, très triste. Je le connais depuis près de 25 ans. Une telle désintégration publique est pénible à voir", confie-t-il.

Mi-avril : on parle d'un retour de Sheen dans Two and a half man. Sans rire ? "On m'a demandé de ne pas en parler", confie l'artiste à une radio (ce que n'importe qui ferait si on lui disait de ne pas parler, évidemment). La réponse de Warner Bros, qui produit le show, est cinglante : "il n'y a pas eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de discussion sur son retour ou sur une quelconque participation à la série".

Mai : Lorre (un peu paniqué à l'idée de revoir le fils Sheen sur un de ses plateaux ?) trouve le successeur de celui qui incarnait Charlie Harper. Ce sera Ashton Kutcher, qui s'est fait connaître dans That 70's show et en épousant Demi Moore.

Juillet : on annonce que Sheen pourrait rejoindre un remake en série de Self Control, un film qui réunissait Adam Sandler et Jack Nicholson à l'écran.

Août : on sait comment Chuck Lorre gère le départ de Charlie Sheen à l'écran. Il tue son personnage. Radical. Et assez jouissif semble-t-il, pour le producteur. Le season premiere est notamment marqué par un plan terrible : une chemise de bowling accroché au-dessus d'un cercueil.

Septembre : un accord à l'amiable est entériné par Sheen, Lorre et la Warner pour régler le départ du premier nommé. Celui-ci touche 25 millions de dollars au passage. Pas si mal en fin de compte. Quelques jours plus tôt, Ashton Kutcher a fait sa première apparition dans Two and a half men (photos WB). Devant 27,8 millions de téléspectateurs. Pas mal du tout non plus.

Octobre : FX annonce la commande officielle de la nouvelle comédie avec Charlie Sheen en vedette, produite par son vieux pote Joe Roth. Intitulée Anger Management, la sitcom a été confiée à Bruce Helford (The Drew Carey Show). Chuck Lorre compatit déjà, semble-t-il...

Décembre : Lorre, encore. Qui revient sur le SheenGate. La raison pour laquelle il ne souhaitait pas que l'acteur revienne tourner fin février ? "Je ne voulais plus écrire une sitcom tandis que mon ami s'éteignait. Ou pire, blessait quelqu'un. Nous ne pouvions être complaisant. Une tragédie se déroulait juste sous nos yeux. Il y avait de la violence et des trous noirs. A un certain niveau, si vous regardez de l'autre côté, vous êtes responsable." A ces propos, Charlie ne répond rien... enfin, pour l'instant.

Moi, j'attends le film indé qui, dans quelques années, cartonnera à Sundance.
'Cause, that's hollywood, baby...

Bien à vous,
Benny

Huit coups avant minuit: Vous en reprendrez bien... "Billie Jean" (Chris Cornell)

Quand, il y a près de deux ans et demi, Michael Jackson est mort, les reprises de ses plus beaux titres sont souvent revenus sur le devant de la scène. Celle de l'ex-chanteur de Soundgarden et Audioslave, disponible sur l'album Carry On (sorti en 2007, avant que le garçon ne se roule dans la fange avec Timbaland), en fait sans doute partie. Selon la légende, cette reprise toutes guitares dehors serait le fruit d'un pari entre l'artiste et sa femme.

Constat : ça marche plutôt bien...



Bien à vous,
Benny

lundi 26 décembre 2011

Neuf coups avant minuit : le Top 5 de ceux qui auraient préféré passer direct de 2010 à 2012

Entre samedi et dimanche, quand retentiront les douze coups de minuit, ils feront sans doute partie de ceux qui pousseront un "ouf" de soulagement, en se disant qu'une année plutôt pourrie est désormais finie. Aujourd'hui, on s'intéresse en effet à tous ceux qui ne garderont pas un souvenir trop ému des 12 mois qui viennent de s'écouler.

Numéro 5 : Bryan Greenberg (How to make it in America)

Personnellement, j'ai longtemps pensé que c'était une belle gueule inexpressive, juste condamnée à jouer dans des séries médiocres (Ah, October Road). Et puis la saison 1 de How To Make it in America m'a fait douter. Et la saison 2 encore plus parce que j'ai trouvé ça plutôt plaisant à regarder (et on en reparlera). Normal : c'était plus rythmé, plus efficace. Mais pas de bol pour Bryan, qui a vu passer pas mal de bonnes guests dans la série dont il était le héros (Gina Gershon, Eriq LaSalle, Joe Pantoliano) : HBO vient juste d'annoncer qu'il n'y aurait pas de saison 3. Du coup, avec un peu de malchance, on le verra en patient de Grey's Anatomy avec un arc de Cupidon dans les fesses. Non, parce que quand ça veut pas...

Numéro 4 : Matthew Perry (Mister Sunshine)

Il voulait avoir son come-back à lui. Plus comme Courteney Cox (Cougar Town) que Lisa Kudrow (avec... The Comeback) et si possible avec les faveurs des critiques. Comme cela fait un petit moment qu'on nous dit qu'il écrit (quand il incarnait Chandler Bing, on lui a prêté un projet qu'il aurait co-écrit et qui était baptisé The Shrink: il n'a jamais vu le jour), Matthew Perry s'est lancé dans l'expérience avec Mister Sunshine. Avec Thomas Schlamme (The West Wing) derrière la caméra. Plus Alyson Janney (toujours The West Wing) et Andrea Anders (Better off Ted) sur le plateau. Problème : le show manquait cruellement de fond. On a cru que ça allait venir après trois épisodes et en fait... non. Du coup, ça n'a pas fait long feu. Et Perry attend toujours de vivre un après Friends. Une série qui s'est achevée il y a sept ans. Ouch.

Numéro 3 : Dick Wolf (franchise Law & Order) et Shawn Ryan (The Chicago Code)

Est-ce que ça sent la fin pour le poids lourd de la production télé dans les 90's et les années 2000? Sans grande surprise, Law & Order : Los Angeles a fait un flop et Law & Order : Criminal Intent, sous respirateur artificiel depuis plusieurs années sur USA Network, a quitté l'antenne à l'automne. Franchement, on a du mal à voir comment il pourrait revenir sur le devant de la scène. En même temps, son principal hit (Law & Order) a duré 20 ans, donc...
Quant à Ryan, père de The Shield, il a encore connu un échec avec The Chicago Code. Après sa reprise avortée de Lie To Me et la production de Terriers, ça commence à faire beaucoup. Et on ne nourrit de regrets que pour la dernière citée, ce qui n'est pas très bon signe.

Numéro 2 : Maria Bello (Prime Suspect)

Alors, elle, ça me fait mal au coeur. Parce que sa série était chouette, qu'elle cassait la baraque dedans et que c'était produit par une partie de l'équipe de Friday Night Lights. Le souci, c'est que c'était diffusé sur NBC, et que les locaux de la chaîne ont dû être bâti sur un cimetière indien parce que ça fait quand même un sacré bout de temps que la chaîne n'a pas sorti un vrai hit.

Numéro 1 : Ceux qui ont fait le succès de Urgences

Qu'ils soient producteurs (David Zabel avec Detroit 1-8-7; Jack Orman avec Pan Am), scénaristes (Lydia Woodward, Yahlin Chang encore avec Pan Am) ou acteurs (Laura Innes dans The Event, David Lyons dans The Cape), on pourrait croire que celles et ceux qui ont durablement contribué au succès des aventures du Cook County Hospital se sont tous lancés dans le prêt à porter cette année : ils ont tous enchaînés les vestes les uns après les autres. Et je ne peux m'empêcher de voir là le symbole d'une fiction télé en panne de confiance, d'inspiration et - du coup- de succès.

On aurait pu ajouter : Charlie Sheen et Chuck Lorre avec Mon Oncle Charlie (mais tout le monde semble avoir trouvé son compte dans le barouf qui a accompagné le départ du premier dans la sitcom du second), James Badge Dale (pour s'être retrouvé dans le premier échec de AMC, Rubicon) et Ellen Pompeo (parce que la plaisanterie Grey's Anatomy dure depuis huit ans, soit plus d'une année dans la vie d'un chien. Et que c'est cruel. Presque autant que cette blague de mauvais goût).

Bien à vous,
Benny

Dix coups avant minuit : "So Much Trouble" (Izia)

Deux albums en un peu moins de deux ans: la Brune à la Voix Rock ne perd pas de temps. Surtout lorsqu'il est question d'explorer un répertoire qui laisse une place de choix aux guitares. Après un premier essai marquant où on lui prêtait la puissance d'une Janice Joplin qui s'exprimerait sur des rythmiques proches de Led Zeppelin (excusez du peu), la voilà donc qui revient, déjà.

Ce qui m'avait plus en 2009, avec Izia, c'est cette incroyable énergie rock qui vous tire par l'oreille sur Back in Town et vous permet de découvrir toute une palette de titres dans laquelle l'artiste fait valoir une très jolie maîtrise. Cette fois-ci, l'énergie est toujours là, tout comme les riffs de guitare... mais ça le fait un peu moins. Peut-être bien parce que So Much Trouble est un prolongement direct d'Izia dans lequel il manque peut-être une nouvelle direction. Ou en tout cas, le truc en plus qui donnerait plus de relief à un univers bien né. Ici, les titres s'enchaînent bien mais on peine un peu à trouver au-delà du titre So Much Trouble, justement, ce qui marquera durablement l'esprit





Personnellement, je ne pense pas que So Much Trouble soit une déception. Mais cet album témoigne maintenant de la nécessité pour l'artiste de tenter des choses plus couillues. Car elle en a, j'en suis archi-convaincu, vraiment les moyens. Regarder avec appétit le répertoire de Patti Smith ne doit plus lui suffire. Il faut tenter, farfouiller, chercher d'autres sonorités pour que sa voix fantastique soit encore mieux mise en valeur. Et qu'on se dise qu'Izia n'a pas tout d'une grande mais qu'elle est résolument LA grande que la France des oreilles rock attend avec impatience.

Bien à vous,
Benny

dimanche 25 décembre 2011

Onze coups avant minuit : pErDUSA en 2011, la belle décennie

Il y a des célébrations que l'on ne voit pas venir mais qui font vraiment plaisir. Vendredi, sur pErDUSA (ci-contre, une capture d'écran du site) on annonçait fièrement que les aventures de l'équipe qui dit du mal des séries télé et le pense avaient commencé il y a pile dix ans.

L'auteur de ces modestes lignes ne peut que saluer l'événement et vous encourager à lire le sujet consacré à cet anniversaire sur le site. Des liens vers pErDUSA, j'en ai fait des brouettes sur ce blog et j'en suis fier. J'ai découvert le site assez tard, puisque c'était en 2006. A l'époque, le projet venait de changer de nom et je n'ai pas vraiment connu la première époque, celle d'EDUSA (pour En direct des USA : il m'arrive régulièrement de fureter dans les archives encore en ligne). Je me souviens qu'à ce moment-là, je cherchais depuis un moment un site capable de satisfaire ma faim d'infos sur le petit monde des séries US... et pErDUSA est devenu une sorte de modèle, de source d'inspiration et de vraie référence dans mon esprit.

Certes, ce ne sont pas le fil des news qui fait la force du site (il n'y en a plus, en tout cas pas sous la forme "classique") mais Ju, Drum, Tigrou, Jéjé et tous les autres sont vraiment au taquet quand il s'agit de trouver les nouveautés à voir... comme quand il faut descendre un show qui ne vise pas haut. On peut ne pas être d'accord avec ce qu'écrivent (et pensent) les uns et les autres, mais pErDUSA a, depuis dix ans, conservé une ligne éditoriale forte.

Avec des textes qui mélangent la mauvaise foi et le bon goût - qu'il soit autoproclamé ou, plus souvent, défendu par des contributions solides et argumentées. Avec une mise en forme régulièrement revue pour garder une fraîcheur esthétique réelle (et rendre l'ensemble assez fluide. En tout cas, ça a progressé). Et avec un forum où l'on ne prend jamais de gants pour répondre aux contributeurs.

On aime ou on n'aime pas. Mais le fait est là : c'est du taf de qualité, en gérant au mieux les coups de moins bien (dix ans, putain !) et personnellement, j'espère que ça durera encore longtemps. Parce que ça reste une référence.

Bien à vous,
Benny

Le BennyBlog prépare sa seconde mue

Alors que certains essaient péniblement de digérer les repas de Noël, d'autres farfouillent dur sur leur ordinateur. A huit jours du lancement d'une nouvelle saison du Monde de Benny, je me triture les méninges pour vous proposer une nouvelle mise en forme qui soit esthétiquement agréable et offrant de nouvelles possibilités aux visiteurs.

Bon... à l'instant T, c'est pas encore ça.

Mais qu'à cela ne tienne, j'ai encore du temps et un certains nombre de choses à tester. Alors en attendant la suite, je ne peux que vous recommander de lire les billets à venir... avant de découvrir la nouvelle formule. Et comme en 2010, on verra ça... le 2 janvier.

Bien à vous,
Benny

samedi 24 décembre 2011

Douze coups avant minuit : en 2011, j'ai eu une double vie...

Non, on ne parlera pas de ma vie privée (parce que c'est... privé, d'abord). On parle de mes activités dans le petit monde du web où l'on parle séries. Presque quatre mois après mon départ en congés de la BennyCorp (déjà...), j'ai un peu tourné à droite et à gauche pour parler petite lucarne et fictions en divers endroits, faisant du même coup, quelques petites infidélités à ce blog.

Des infidélités... et pas tant que ça puisque, souvent, mes contributions viennent compléter ce qui est écrit ici (oui, l'homme volage je justifie toujours facilement). Ainsi, si vous ne l'avez pas encore fait (ou si vous l'ignoriez encore), sachez que vous pouvez lire quelques chroniques séries postées sur LePlus, site participatif du Nouvel Observateur. On parle là-bas de la rentrée US, de Prime Suspect, de Happy Endings ou encore de Boss (qui, pour le coup, est un véritable inédit dans les colonnes à lire ici).

Sinon, j'ai décidé de m'intéresser aussi aux séries françaises, en collaborant avec la sympathique et dynamique équipe du Village, site internet du réseau A Suivre.org, et là-bas, j'ai eu l'occasion de parler de Fais Pas Ci Fais Pas Ca et de Rani, tout en réalisant des entretiens avec le producteur Alain Clert et l'acteur Bruno Salomone. Si vous allez faire un tour là-bas, ne manquez pas cette occasion pour lire les autres articles des excellents Sullivan Le Postec, Emilie Flament et Dominique Montay.

Bien à vous,
Benny

Plein de billets sous le sapin

Non, ce n'est pas ce que je vous souhaite de trouver demain matin en vous levant en pyjama, tout excité à l'idée de deviner ce que le père Noël vous a apporté (quoique...), mais c'est ce que vous retrouverez dans les jours qui viennent de ce côté-ci de la Toile.

Clairement, la fin d'année a été plutôt plan-plan dans Le Monde de Benny. Pas trop le temps alors que je courrais aux quatre coins de la Grande Méchante Ville pour trouver mes marques. Plutôt envie de concentrer mes périodes de clavier sur mes projets perso et les collaborations ici et là. Et du coup, je suis un peu frustré de ne pas avoir écrit plus ici.

Ce n'est pas nouveau : je n'aime pas trop les périodes de plat bloguesque. Et ce n'est pas nouveau non plus, je vais à nouveau corriger le tir. Ca se passera donc dans les jours qui viennent jusqu'au 31 décembre: comme l'an dernier, vous pourrez donc retrouver ici la rubrique "12 coups avant minuit" avec des rétrospectives en pagaille.

Pour parler de ce que j'ai fait ces derniers mois et pour découvrir de nouvelles chroniques séries (enfin, surtout une : celle de l'ultime saison de Six Feet Under. Quelle claque). Pour revisiter l'année musicale et mon départ dans la Grande Méchante Ville aussi. Et pour marquer comme il faut la fin de la saison 4.

Bien à vous,
Benny

dimanche 4 décembre 2011

"The Office" (saison 5) : La barre du cent, dessus-dessous

Ce dimanche, on reprend (un peu) les habitudes bloguesques et on se tourne vers une valeur sûre, puisque l'on reprend la rétro consacrée aux aventures des employés de Dunder Mufflin. Après une saison 4 passablement plombée par la grève des scénaristes, la bande à Michael Scott livre dans sa cinquième année sa saison la plus longue... pour atteindre la barre des 100 épisodes avec le season finale.

Cette saison 5 se situe clairement dans la dynamique de la saison 3: les arcs narratifs sont plus solides, les scénaristes se aussi débarrassés de la consigne des "supersize épisodes" (ces histoires de deux fois 22 minutes, finalement plus déséquilibrés qu'autre chose)... et ça marche mieux.

Des arcs qui s'enchaînent bien...

The Office retrouve aussitôt l'énergie qui sied parfaitement au mockumentary : l'arc Holly Flax, le retour de Toby, le triangle amoureux autour d'Angela et surtout, surtout l'arc de la Michael Scott Paper Compagny sont autant de temps forts pour cette cinquième année.

En ce qui concerne cette dernière histoire, je dois dire qu'on m'en avait dit vraiment beaucoup de bien. Du coup, j'avais peur d'en attendre trop, d'être déçu. Finalement, l'histoire, tout autant que l'excellent travail de Steve Carell, font qu'on se laisse vraiment prendre. Et que, quand on est devant son téléviseur, on s'éclate devant sa conclusion/négociation

Série chorale, la comédie de bureau la plus célèbre de la télévision continue de tisser les storylines de façon assez adroite. Et elle n'est jamais meilleure que quand elle mobilise adroitement tous ses personnages au détour d'une histoire. Le meilleur exemple ? C'est sans doute dans l'ouverture de l'épisode 13, Stress Relief, qu'on en a l'illustration la plus drôle qui soit.



A côté de ça... on sent quand même que la série commence un peu à s'user. Pas de manière dramatique, puisque l'on ne sent pas de vraie baisse de régime en cours de route... mais le fait est qu'avec la proposition de mariage que Jim fait à Pam, il est assez évident que le show connaît la fin d'une époque. Pendant un peu plus de trois ans (surtout trois ans, en fait), The Office était une satire du monde du travail adroitement combinée à une sublime comédie romantique. Tout ça s'achève irrémédiablement au moment où Jim s'agenouille devant Pam avec une bague dans ses mains.

 ... mais la fin d'une époque?

Des séries qui ne parviennent pas à rebondir sur tout un pan narratif quand deux de ses personnages finissent en couple (non sans s'être longtemps couru après), on en connaît des tas. Et le fait est que, cette saison, Jim et Pam perdent une part considérable de leur pouvoir d'attraction aux yeux du téléspectateur... sans que les scénaristes ne parviennent à véritablement trouver un palliatif. La relation Michael-Holly est touchante et drôle, le trio Angela/Andy/Dwight est lui aussi divertissant... mais il manque quelque chose à la série. Un peu comme on peut regretter, une fois encore, que l'aspect satirique du show s'efface durablement derrière les bouffonneries de Michael Scott, qui ne font pas mouche à tous les coups.



D'où une certaine inquiétude: on se dit, au terme d'un épisode 100 vraiment efficace - et qui remet Jim et Pam sur le devant de la scène - que la série vient peut-être de tourner le dos à son âge d'or. Ces craintes sont-elles avérées? Il faudra attendre la saison 6 pour le savoir...

Bien à vous,
Benny

vendredi 11 novembre 2011

Turbulences pour "Pan Am"

C'est l'histoire de la vie qui imite l'art, qui imite la vie...

Le week-end dernier, je regardais un épisode de Suburgatory dans lequel on assistait, au détour d'une séquence, à la projection d'une de ces vidéos dites éducatives très prisées aux USA.

Vous savez, ces créations dans lesquelles des personnages de dessin animé pas très youpi portent un message à teneur pédagogique (oui : disons pédagogique), avec des voix synthétisées qui vous fichent la trouille.

L'industrie télé (et ses méchants dirigeants) expliquée au public
Et le lundi suivant: bang! Encore ces visages. Encore ces voix. Par la faute d'un lien sur pErDUSA. Un lien renvoyant vers le site Deadline.com et la vidéo Pan Am for Dummies (Pan Am pour les nuls).

Un petit film dans lequel un garçon interroge une petite fille qui serait dirigeant de la chaîne ABC, au sujet de la diffusion de la série qui prend l'air dans les sixties.

Dans la vidéo, le gars essaie de défendre les velléités narratives du projet Pan Am (une immersion dans l'Amérique de la guerre froide en suivant des hôtesses et des pilotes) pendant que la fille, forcément vilaine, essaie de niveler le show par le bas en proposant quelque chose de plus cheap, léger et glamour avec... de jolies hôtesses de l'air.

Quand les avions font du rase-motte
La démonstration est lourde. Balourde même. La légende veut que cette pastille (qui a dit "cartouche" ?) soit l’œuvre d'un des scénaristes du show, alors que la chaîne vient de décider de remodeler l'équipe qui le produit. Info ou intox? On ne sait pas. Et on aura du mal à le savoir puisque la vidéo en question a été supprimée.

Cet épisode intervient en tout cas dans un contexte difficile pour la série créée par Jack Orman. Côté audiences, le show fait du rase-motte depuis un petit moment... et l'histoire ne prend pas vraiment.

Disons pour être plus précis que la mise en place est laborieuse et que l'exploration du passé des héros ne parvient pas à cacher le manque d'ambition des aventures qu'ils vivent au présent. Les pérégrinations de Laura dans le monde de l'espionnage, par exemple, ne suffisent pas à emporter l'adhésion du téléspectateur... ce qui est vraiment frustrant.

Pourquoi? Parce que plus d'une fois, au milieu d'un épisode, je me suis dit que j'allais lâcher l'affaire. Mais bizarrement, il y a toujours un petit quelque chose, au bout des 42 minutes syndicales, qui me donne envie de voir la suite... sans vraiment savoir si je le retrouverais la prochaine fois.

Et c'est bien là tout le problème.



Orman au placard ?
Chez ABC, c'est sans doute ce que l'on a compris. Et c'est pourquoi on a demandé à Steve Maeda, passé par X Files et Without a Trace, de prendre place dans le cockpit. Voire... d'agripper le manche? Officiellement rien ne permet de l'affirmer.

Mais on peut s'interroger sur la place que la chaîne lui a réellement assigné, au milieu d'une équipe d'auteurs qui a déjà travaillé ensemble sur Urgences (Orman mais aussi Lydia Woodward, Yahlin Chang et Thomas Schlamme). Et se demander si Orman ne s'est pas tout simplement fait placardiser...

Au final, on peut regretter que les auteurs en place se fassent bouger par les exécutifs de la chaîne. Mais les scénaristes en question n'avaient certainement pas besoin d'une vidéo manichéenne pour se dédouaner alors que, manifestement, on est ici face à une déception. En terme d'audience... mais pas seulement.

mardi 1 novembre 2011

Zoom sur trois sitcoms en forme

Aujourd'hui, c'est peut-être à la Toussaint mais on va aussi et surtout fêter trois sitcoms qui font rire. Vous allez me dire que c'est un peu le minimum syndical (et vous aurez raison) mais force est d'admettre que ces trois shows ont plutôt le vent en poupe en ce moment. Alors si vous avez envie de vous détendre, de passer un bon moment et d'avoir le sourire en éteignant votre ordi, ça se passe par ici.

NUMERO 3 / NEW GIRL
On en a déjà parlé ici même et le fait que le show ait été prolongé pour une saison est plutôt une bonne chose. Parce que c'est sympa, que la dynamique d'ensemble semble réelle - même si elle est encore balbutiante - et que Zooey Deschanel et sa bande méritent d'avoir un peu de temps en plus, histoire de voir ce que ce show a vraiment dans le ventre.



NUMERO 2 / 2 BROKE GIRLS
Franchement, au départ, j'y suis allé à reculons. J'avais tort et j'ai même très vite changé d'avis devant le pilote. Six épisodes plus tard, je suis séduit par l'univers des deux serveuses de Brooklyn. Alors oui, c'est de l'humour parfois bas de plafond, voire vulgaire; oui, certains personnages ne servent à rien; oui, Kat Dennings sera peut-être la prochaine victime du syndrome Barney Stinson (aka, le personnage très drôle qui devient une caricature dont on se lasse) mais pour l'heure, j'ai envie de voir où ces deux nanas et leur cheval vont nous conduire.




NUMERO 1 / HAPPY ENDINGS
Le must de l'automne. Ni plus ni moins. Parce qu'après une première saison à chercher ses marques (sans jamais oublier d'être drôle ou presque), le show de David Caspe tourne à plein régime. Plus seulement grâce à la géniale Penny Hartz (Casey Wilson, épouse-moi. Ou réponds à ma Tweet Proposal, c'est toi qui voit) mais parce que tous les personnages se sont étoffés et qu'une authentique alchimie existe entre les six personnages. Et comme il y a aussi des guest stars qui tuent (voir la vidéo), on a hâte de voir la suite...



Bien à vous,
Benny

mercredi 19 octobre 2011

"The Shield" (saison 6) : Farmington et le début de la fin

Ecrire l'avant-dernière chronique consacrée à l'intégrale de la série de Shawn Ryan, c'est d'abord faire un constat: A l'image de Homicide dans les années 90, The Shield possède un récit dont la logique renvoie à celle du roman. Il y a un début, un milieu et une fin.

Si on considère que les deux premières années servent à installer toutes les ramifications de l'histoire du Barn et de ses figures, si on peut tout aussi légitimement avancer que les saisons 3, 4 et 5 constituent le milieu de cette épopée, l'issue de cette période plonge irrémédiablement le téléspectateur dans une sorte de voie sans issue. Celle au bout de laquelle on saura comment Vic Mackey va finir.

Ambiance "Les jours d'après"

Le fait est que la conclusion de la cinquième saison était magistrale. Plus forte que la saison 2 qui ouvrait tout un champ de possibilités. Plus tendue que le finale de la saison 3, qui s'achevait pourtant sur une vraie opposition frontale. Plus inquiétante pour les principaux protagonistes que la saison 4, qui annonçait pourtant déjà de sombres heures à venir... et la plus belle réussite de cette saison 6, c'est sans aucun doute de n'avoir jamais trahi les promesses faites en amont.

Car oui, la saison 6 explore encore de nouveaux terrains avec Claudette dans le bureau de capitaine et en plaçant Vic encore plus sur la sellette... et sous la supervision d'un petit nouveau. Oui, la tension dramatique ne faiblit jamais et les conséquences du drame survenu juste avant (je ne spoile pas : ce serait criminel pour ceux qui n'ont pas vu la série) sont très intelligemment explorées par les scénaristes. A la manière d'un jeu de dominos, les événements "tombent" les uns après les autres dans un enchaînement aussi implacable que maîtrisé.

Dans le bon timing

Si ces nouveaux épisodes fonctionnent aussi bien, si la menace va crescendo sur les personnages principaux, c'est sûrement parce que The Shield a un sens du timing assez parfait. La preuve ultime? La storyline avec Kavanaugh des Affaires Internes, qui évolue de façon cohérente... et ne traine pas en longueur. Le risque était pourtant réel. Si on se met à la place des producteurs, il aurait même étant tentant de faire durer les choses (l'opposition entre Mackey et lui fonctionne à mort). Mais non: tout évolue dans le bon tempo, jusqu'à un épisode final. Ce coup-ci, le "héros" obtient un sursis... cependant il ne fait aucun doute que le compte à rebours est lancé. The clock is ticking, comme on dit. Et la prochaine fois, ce sera la fin.

Bien à vous,
Benny

mardi 18 octobre 2011

"Hart of Dixie" (saison 1) : Sweet (new) home Alabama

Le pitch : La vie de Zoe Hart est à New York. Elle a d'ailleurs tout programmé. C'est là-bas qu'elle va se marier, là-bas qu'elle va devenir un chirurgien reconnu par ses pairs et obtenir la considération de son père (l'inverse, ça marche aussi). Sauf que rien ne va se passer comme prévu, et que le docteur Hart va se faire éjecter hors de la Grosse Pomme. Direction Bluebell, petite ville d'Alabama, où l'attend un poste de généraliste. Pas pour longtemps a priori. Enfin, c'est ce qu'elle se dit.
 
La télé repart en campagne (encore)
Bon, cette fois, c'est sûr : la rentrée sérielle de 2011 est tout, vraiment tout sauf originale. Après les remake plus ou moins heureux (Prime Suspect sauve cette catégorie d'un point de vue purement critique), après l'exploration des 60's des Mad Men en version (très) allégée (Pan Am et PlayBoy Club qui, apparemment, ne valait pas un pet de lapin - huhu), on retrouve les séries qu'on pourrait appeler "de communauté".

 Mais si, vous savez : ces shows où l'on plonge un individu au centre d'une communauté plus ou moins loufoque, et dans laquelle il essaie de se faire une place. Ça a commencé il y a deux décennies avec Bienvenue en Alaska / Northern Exposure (spéciale dédicace à Arnaud J. Feishman), ça s'est décliné à l'envie pendant plusieurs années (Ed, Providence, Gilmore Girls, Men in Trees et j'en oublie c'est sûr) et c'est remis au goût du jour avec Hart of Dixie.

Bilson, Schwartz: les retrouvailles
Un projet de série imaginé par Leila Gerstein mais avant tout porté par deux personnes : le très sympathique Josh Schwartz (si: Chuck, c'est sympa. Du coup, je lui pardonne facilement Gossip Girl, moins probant) et la non moins sympathique (mais surtout très craquante) Rachel Bilson. Ces deux-là se connaissent depuis The OC / Newport Beach et on sait qu'ils ont plaisir à bosser ensemble. Quand on regarde le pilote de Hart of Dixie, c'est d'ailleurs cette impression qui prédomine.

Côté storylines, on sait ce à quoi on va avoir droit et on ne boude pas son plaisir. On a la citadine aussi à l'aise dans la cambrousse sudiste qu'un plongeur en scaphandre dans un 110 mètres haies. On a aussi les personnages archétypaux qui vont bien : le médecin méfiant, pas agréable et qui ne veut pas de l'héroïne, le beau gosse sympa mais pas accessible, le beau gosse pénible mais trop accessible...

Il faudra une belle dose d'audace et de talent aux scénaristes pour secouer un schéma hyper connu et on peut se prendre à rêver que cela arrive. Mais on peut aussi être réaliste, prédire un polygone amoureux des familles entre Zoe Hart et les différents beaux gosses de BlueBell et se rendre à l'évidence : Hart of Dixie trouvera aussi son public.


Rendez-vous en terrain connu
La raison est simple : c'est justement parce qu'on est en terrain connu et qu'il y a toujours un public pour ces séries légères. Des shows que l'on voyait (un peu) moins sur les grilles de programmes US ces derniers temps. Les histoires de séries étant apparemment une éternelle source de recommencement, on peut prédire à Hart of Dixie entre deux et quatre saisons sans encombre. Parce que c'est le minimum syndical et que ce n'est pas non plus une insulte à l'intelligence du téléspectateur. Ben oui: c'est du Josh Schwartz.

Bien à vous,
Benny

lundi 10 octobre 2011

Dites "33"

Non, je ne vais pas chez le médecin. Non, je ne veux pas reparler d' Urgences (quoique... si : on signalera effectivement en passant que la série est diffusée en semaine sur France 4 entre 13h30 et 16h30... et que si la photographie de la série entretient un côté vieilli, côté histoires, ça le fait toujours).
Non en fait, c'est juste que ce blog de trentenaire l'est encore un peu plus ce lundi. J'ai 33 ans aujourd'hui. Et c'est cool. Si parce que je fais toujours aussi jeune.
Sinon, histoire de rendre ce post pas complètement inintéressant (si, si : j'aurais pu...), je profite de l'occasion pour signaler qu'on devrait parler dans les jours et semaines à venir de Hart of Dixie, Boardwalk Empire (saison 1), How to Make It in America (saison 2) et The Shield (saison 6). Et aussi (et surtout) de Awkward.

En clair : Stay tunned!

Bien à vous,
Benny

dimanche 9 octobre 2011

Le carré d'albums d'octobre: partie 3, "Money & Celebrity" (The Subways)


Deux gars, une fille et une batterie qui tape fort et plutôt vite. La formule de The Subways, formation britannique à la pop plutôt percutante, a déjà fait recette, surtout sur scène où ça envoie tout de même pas mal.

Assez logiquement, les deux frères Billy et Josh et la rafraîchissante Charlotte Cooper (aaah...) proposent donc un troisième album plein d'énergie. Le principe: des titres qui ne remporteront jamais le prix des textes les mieux écrits (non, pas de danger) mais qui sont susceptibles de vous donner la pêche en les écoutant.
Si on excepte Celebrity, qui est un assez honteux plagiat de la rythmique de Banquet de Bloc Party, Money & Celebrity est un album qui privilégie l'efficacité, jusqu'à rappeler, dans ses meilleurs moments, l'envie de Green Day entonnant son mythique Basket Case, notamment sur We don't need money to have a good time (J'ai dit quoi sur les textes, déjà?).
Le point noir, c'est que l'ensemble manque quand même un peu de fond. Il n'y a pas ici de titre vraiment audacieux, de rupture burnée (c'est du français pas un pseudo-anglicisme) capable de marquer durablement les esprits. Et le plus gros problème de Money & Celebrity est là: si on ne boude pas son plaisir à l'écouter, rien ne garantit que dans un an, dans deux ans, on s'en souvienne de façon marquante.




En résumé: si on vous l'offre, prenez-le. Mais demandez si on ne veut pas vous offrir les tickets de concert qui vont avec. C'est pas parce qu'on est en pleine crise de la Dette qu'il faut baisser le pavillon du culot et des ambition.

Bien à vous,
Benny 

vendredi 7 octobre 2011

"The Wire" (saison 2): Baltimore, avec vue sur l'amer

La journée est placée sous le signes des jolis retours. Après Deadwood, voici venir une autre série de HBO: la monumentale The Wire, également décortiquée dans le cours de l'été dernier. C'est un parti pris, le même que pour The West Wing: face à la densité de l’oeuvre, à la grande qualité de sa construction, j'ai décidé de prendre mon temps pour l'apprécier. Pour mieux savourer toutes les subtilités de l'histoire quand les pièces de ce puzzle narratif s'assemblent.

On prend les mêmes... et on continue, plus loin
Nous voilà donc Back to Maryland, assez peu de temps après la clôture de l'affaire Barksdale et de la saison 1. Ce nouveau chapitre s'ouvre d'ailleurs avec un tour d'horizon de ce que sont devenus les protagonistes, prolongeant ce que laissaient supposer les ultimes images du finale, avec Step by Step de Jesse Winchester en fond sonore. McNulty paie ses rapports plus qu'orageux avec le major Rawls en travaillant du côté de l'unité maritime de la police de la ville, tandis que le lieutenant Daniels a été réaffecté aux archives. Alors que Kima travaille derrière un bureau, Freamon lui a retrouvé le terrain aux côtés de Bunk. Ceci pendant que Prez, Carv et Hauk poursuivent chacun de leur côté leur petit bout de chemin.

Les dealers de Baltimore Ouest sont toujours là eux aussi, drivés par l'ombrageux Stringer Bell. Chose un peu plus étonnante, on va également suivre la trajectoire des Barksdale de l'autre côté des barreaux... ce à quoi je ne m'attendais pas vraiment. Et c'est pourtant cohérent: dans The Wire, on s'attache à raconter un roman à épisodes. Ce qui n'est pas surprenant en revanche, c'est de voir apparaître de nouveaux visages dans cette ambitieuse description du phénomène urbain. Pour cela, les caméras abandonnent un temps les tours des quartiers pauvres pour rejoindre le port. Là où le syndicat des dockers compose comme il peut avec la récession.

De sacrés points forts...
Autrefois point fort de l'économie de la ville, le port de Charm City est en train de mourir. Lentement. Douloureusement. Franck Sobotka, à la tête de l'organisation, se donne un mal de chien pour maintenir à flot le bateau sur lequel tous sont embarqués. On peut même dire qu'il fait vraiment tout ce qu'il peut pour sauver tout le monde: qu'il s'agisse de ses vieux compagnons de route comme Horseface ou des plus jeunes comme son neveu Nick ou son fils Ziggy. La découverte de cadavres dans un container va pourtant porter un sacré coup à son action. Elle va non seulement mettre au jour les corps sans vie de plus d'une douzaine de femmes nues mais aussi le dramatique glissement d'une poignée d'hommes vers des activités illégales.

Encore une fois, The Wire fait fort. Très fort parce le récit inscrit à nouveau son propos dans une réalité sociale forte. Et que cette histoire très sombre joue habilement sur un effet de miroir. Clairement, c'est le marasme de l'activité portuaire qui pèse sur les épaules des personnages, qui pèse aussi sur leur choix. Et c'est leur façon de composer avec ces difficultés, au boulot comme dans la vie de tous les jours, qui donne corps aux réalités de la crise. A travers l'exploration dramatique d'un phénomène peu prisé dans ce genre de format, la série marque à nouveau des points.

... mais pas que
Ce qui ne veut pas dire que cette saison deux soit exempte de tout reproche. A titre personnel, j'ai trouvé que la volonté de poursuivre le récit de la saison 1 et le développement de la nouvelle intrigue ne s'articulaient pas toujours très bien. D'abord parce qu'il n'est pas toujours été facile de mobiliser tout le casting (franchement, si Hauk et Carver ne sont pas là, il n'y a pas mort d'homme...). Mais aussi parce que l'on ne retrouve pas vraiment ici un des moteurs de la narration de la première saison: la progression de l'enquête de police. Ici, le procédé est un peu moins linéaire et l'absence d'une certaine montée en puissance est un peu regrettable. Quand bien même il y a une belle et évidente accéleration sur la fin.

Cela reste cependant de petits regrets... et n'empêche nullement de savourer cette nouvelle saison qui embarque le téléspectateur toujours plus loin.
Way down in a hole...





Bien à vous,
Benny

"Deadwood" (saison 3) : De l'or et un duel dans le Dakota du Nord

Un dernier tour dans l'Amérique des années 1870? C'est ce qui était au programme de mon mois d'août, histoire de continuer mes séances de rattrapage entre deux cartons de déménagement.

Retrouver Deadwood, c'est toujours un peu particulier. Parce que c'est un show qui a son ambiance, ses gueules plus ou moins avenantes mais toujours marquantes. C'est aussi une vraie réussite esthétique, avec sa photographie et ses décors très soignés. sans oublier son générique classieux aussi. Mais ce qui fait que c'est aussi une série spéciale, c'est qu'on ne sait jamais trop à quoi s'attendre en terme de satisfaction. La faute à David Milch, créateur-producteur capable de vous accrocher en saison 1 avec une mise en place de l'intrigue rythmée et plutôt limpide, avant de vous faire perdre pied en saison 2, en proposant une histoire qui part dans tous les sens.



Un ultime tour de piste, avec des forces et des faiblesses
La saison 3, c'est le dernier round, le show ayant été annulé dans la foulée par HBO sans jamais avoir vraiment pu conclure son propos. Cette considération éminemment frustrante mise à part, la grande question était de savoir si l'équipe en charge de la production de la série avait su, pour ce dernier tour de piste, tirer les leçons du passé (et repartir de l'avant) ou si elle s'était embourbée irrémédiablement.
La réponse? C'est un peu du oui et non. Oui parce qu'avec l'arrivée de George Hearst (Gerald McRaney) en fin de saison 2, on savait que l'incontournable Al Swearengen (Ian McShane, insubmersible de talent) allait devoir composer avec un adversaire de taille. Et le fait est que la série bénéficie pleinement de cette opposition frontale qui a pour enjeu l'or des mines du Dakota.
 La tension entre ces deux hommes (l'un peu recommandable mais non dénué d'humour - Swearengen - l'autre absolument détestable et dangereux - Hearst) est un moteur pour tout le récit. A ce titre, la redoutable confrontation entre leurs hommes de main respectifs en plein milieu du camp est mémorable: c'est l'un des points culminants d'un duel dont on regrette sincèrement de ne pas savoir quelle en sera l'issue définitive.

 La tentation du trop plein
A côté de ça, Deadwood retombe encore cette saison dans l'un de ses plus fâcheux travers: la tentation du trop plein. Déterminé à raconter la vie d'un impressionnant nombre de personnages, pour mettre sur pied une grande fresque évoquant tout à la fois le désir, l'addiction, la cupidité et la solitude, Milch a tendance à multiplier les storylines sans que la greffe ne prenne à tous les coups.

Les hommes et femmes vont et viennent: certains passent en coup de vent, d'autres sont tristement relégués au second plan, d'autres encore font un retour tonitruant sans que l'on ne comprennent toujours les enjeux avec lesquels ils composent... C'est plutôt gênant. Agaçant. Parce que si Deadwood est assurément une série à voir, c'est aussi un show finalement un peu inégal. Et c'est vraiment regrettable parce qu'il y avait là tout ce qu'il faut pour obtenir un succès incontestable.

Bien à vous,
Benny