vendredi 31 décembre 2010

Dernier coup avant minuit / L'année "Back in Baltimore"

La route aura été longue, mesdames et messieurs... mais voilà le season finale. L'heure des perspectives sérielles dans Le Monde de Benny. Douze mois au cours desquels l'emprise des drama n'aura pas faibli... et s'est encore renforcée.
En vrac, ici cette année, on aura causé d'In Treatment, The Mentalist, Six Feet Under - saison 1, saison 2 et saison 3 -, The Shield - saison 3 et saison 4 - Dead Like Me, Mad Men, Boomtown, The West Wing - saison 7 - Castle, Deadwood saison 2, The Wire, Damages saison 2 et Hawthorne.
Côté comédies, c'était un peu limité: il aura été question de My name is Earl (saison 2), The Office (saison 4) et The Big Bang Theory (saison 1). En tout, 16 shows différents et 20 saisons distinctes. Record à battre, si possible avec des nouveautés plus récentes.

Down in a Hole/
Top in the list...
Au moment de décerner un "Benny d'or", j'avoue que j'ai un petit sourire aux lèvres (je sais, c'est très visuel). Sourire parce que c'est une évidence incontournable: ma série de 2010, c'est la première saison de The Wire. Pied de nez de l'histoire: comme quand j'étais étudiant en 2000, la différence, l'émotion et la réflexion partent de Baltimore. Encore. Après Homicide, c'est en effet une série qui prend pour théâtre Charm City qui embarque tout sur son passage.
Son appréhension du phénomène urbain, sa capacité à brouiller les cartes entre roman et série feuilletonnante et sa justesse dans la description de la violence font de la série de David Simon et Edward Burns un phénomène à part entière. Qui a fait dire à une amie à moi: "Autant j'ai eu du mal à accrocher au début, autant j'ai eu du mal à décrocher à la fin". La formule est très juste. Et je sais déjà deux choses : la suite des aventures de McNulty, Omar et Bubbs sera chroniquée ici en 2011 et je retournerai un jour dans la cité du Maryland, j'en suis maintenant sûr.

Nouveauté 2010 : 
la Famille moderne tout devant

Alors oui, The Wire récupère les lauriers... mais la distance qui sépare cette série des autres que j'ai vues cette année est plus ténue. Parce que The Shield gagne en intensité d'année en année, à mesure que la violence de son propos s'accentue. Que le charme de Six Feet Under, d'abord discret, est de plus en plus puissant. Et que les adieux avec The West Wing ont été réussis.
Quoi qu'il en soit, on peut dire que le trio de tête a franchement de la gueule... et profite de l'absence dans la liste de Rescue Me aussi.
Côté comédies, on l'a déjà dit, le choix est plus restreint. The Office m'a paru un pan en-dessous de ses années précédentes, pendant que My Name is Earl progressait sensiblement. Mais il y a eu aussi une belle découverte, qui est d'actualité et multi-primée... et dont je n'avais pas encore parlé. Car oui, j'ai quand même vu Modern Family et j'ai été séduit. Pour moi, c'est ma nouvelle série de 2010 et j'en parlerai très vite en début d'année prochaine (notons le côté vague de la formule, fort pratique).

Qui veut la fin du moyen y met du sien

Pour ce qui est des déceptions, je citerai les saisons 2 de Damages et Deadwood, pas au niveau. Et surtout, une tripotée de nouveaux shows "moyen bien" (The Mentalist, Castle, White Collar) et "moyen moins" (Hawthorne, Lie to me, In Plain Sight). Si je n'avais à formuler qu'un seul voeu, ce serait de voir les créatifs US faire preuve de plus d'ambition l'an prochain. On verra ceux qui continuent à le faire... et ceux qui feront semblant de rien.


Same place, next year...

Et sinon, what else en 2011 chez Benny? Je peux déjà vous dire qu'on parlera de la saison 2 de Dexter (oui je sais : je l'avais dit l'année dernière. Chut, c'est encore Noël), des saisons 2 et 3 de 30 Rock, de Generation Kill, de la saison 2 de In Treatment, de The Wire, The Shield et de la fin de Six Feet Under. Tout ça et, je l'espère, plein d'autres choses plus en phase avec l'actu.

En attendant, j'ai trois choses à dire pour finir : la saison 3 est terminée, concluez bien cette année et on se revoit en 2011.

Bien à vous,
Benny

Deux coups avant minuit/2010 en une BO : les titres qui ont fait cette année (Partie 2)

On termine la traversée de cette année musicale en explorant l'été et l'automne des rythmes de 2010. Avec le meilleur album de la cuvée dans cette face B...

Ophelia (Kula Shaker, Album : Pilgrim Progress/Photo D) : je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, l'album de 2010 pour moi, c'est celui-là. Dès l'intro géniale de Peter Pan RIP, on est happé par l'univers psychédélique et très chiadé des Kula. Crispian Mills et ses copains convoquent tout un tas de références mais le souci de donner une vraie unité à l'ensemble fait toute la différence ici. Un retour tonitruant, tout simplement. Et de superbes nuits à l'écouter.

Enola Gay (Peau, Album : Peau) : La petite perle electro rock sortie de nulle part (enfin, plus exactement des Alpes), c'est elle. Avec ce premier album, Peau montre un joli souci du détail et un vrai esprit fouineur quand il s'agit de modeler et remodeler des rythmes. Il manque peut-être quelque chose pour que ce soit vraiment imparable (des guitares plus affimées ?) mais qu'est-ce que j'ai pu rouler cet été avec ce CD... Tout comme Weather Channel de Sheryl Crow que j'ai beaucoup écouté à Paris.


I will survive (Cake, Album : Fashion Nuggets) et Step by Step (Jesse Winchester, Album : All The Pieces Matter - BO The Wire): on ressort les vieux pots et dieu que la bonne soupe des années passées peut-être bonne. I will survive, c'est la reprise de Gloria Gaynor par le groupe qui avait remis le jazz rock à l'honneur sur la bande FM dans les années 90 et son oeuvre mérite franchement d'être redécouvert. Quand à Jesse Winchester, c'est l'auteur du titre sur lequel se termine la saison 1 de The Wire. Et tous ceux qui l'ont vu me comprendront quand je dis que cette chanson peut être entêtante...

Breathe (Yodelice, Album : Cardioid/Photo E). Revoilà Maxim Nucci et son univers musical fantasmagorique. Cardioid réserve de bonnes et de moins bonnes surprises (il y a un coup de mou dans le dernier tiers) mais avec ce titre, qui inaugure ce deuxième album, l'artiste avait marqué suffisamment de points pour réussir son retour. Ouf.

Mange (Deer Tick, Album : The Black Dirt Sessions). Une voix éraillée comme on en fait plus, une rythmique blues bien balancée et vous obtenez là un titre qui marque. Le titre peut faire rire mais en même temps, quand vous partez en vadrouille à des heures plus qu'improbables comme c'était le cas en novembre, ça vous donne de l'appétit.

Father's son (Fistful of Mercy, Album : Fistful of Mercy/Photo F). Ben Harper, c'est quand même un peu l'ami Ricoré. Sauf qu'il vient jamais avec les croissants et plutôt avec de bons musiciens...
Cette fois, ce sont Joseph Arthur et Dhani Harrisson. Tous les trois ont bricolé en quatrième vitesse un album vraiment solide et séduisant. Du genre de ceux auxquels on reviendra forcément. C'est donc officiel : on sait déjà que dans la BO de 2011, ce diable à la peau brune sera sûrement dans le coup.
En bonus track, on ressortira Thru the eyes of Ruby, des Smashing Pumpkins (Album : Mellon Collie and the Infinite Sadness), qui va vachement bien avec l'arrivée de la neige.

Voilà, c'est tout pour cette année-là : si ça vous branche, vous pouvez retrouver ces titres (et beaucoup d'autres) sur une playlist spéciale 2010 en cliquant là.

Et pour finir, un petit clip pour mettre à l'honneur le gros coup de l'année...



Bien à vous,
Benny

Trois coups avant minuit/L'album (n°2) de décembre: "Sixteen times" (June & Lula)

Douze albums pour douze mois: le compte est rond, au dernier moment. Et pour boucler la boucle, on va terminer ce petit tour de l'année en découvrant un duo français qui donne dans le mélange folk/blues/country. Je sais, j'ai dit qu'on commençait à tourner un peu en rond en la matière... surtout quand on voit le nombre de groupes qui se sont engouffrés dans la faille Cocoon en l'espace de douze mois.
C'est donc décidé : en 2011, je prends le pari de diversifier un peu plus la palette de mes chroniques. Mais ceci ne doit pas nous détourner d'un constat tout simple: ces deux demoiselles s'en tirent avec les honneurs et peut-être surferont-elles sur l'effet de mode sans pour autant disparaître sous la vague.

Peut-être parce que leur histoire commune puise ses racines dans une belle histoire. A la base, June & Lula, c'est un projet socio-éducatif menée par deux étudiantes en musicologie de la région parisienne. L'objectif: faire découvrir les sonorités folk/blues à des écoliers. Plus qu'une nouvelle exploitation opportuniste d'un style musical vieux de cent ans, Sixteen Times est un authentique hommage aux créations du début du siècle dernier. Simple, entraînant, souvent drôle dans ses textes et diablement efficace: c'est un peu le pendant féminin harmonique de Fistful of Mercy, chroniqué avec bonheur au début du mois.


June et Lula - "My Girl"
envoyé par WAAAMUSIQUE. - Regardez d'autres vidéos de musique.

Porté par un joli buzz promo, l'album a su attirer l'attention cet automne. Reste maintenant à savoir ce que les deux demoiselles feront par la suite. Un hommage réussi c'est bien. Tuer le père, c'est pas mal non plus. On verra donc avec le prochain album si l'on a affaire ici à une vraie découverte ou à une étoile filante.

Bien à vous,
Benny

jeudi 30 décembre 2010

Quatre coups avant minuit/"Six Feet Under" (saison 3) : Les Fisher sur le fil de la vie

Quand je pense "série télé", il y a une question qui revient régulièrement dans ma réflexion: Quand est-ce qu'une "bonne série" devient une "grande série"? Je me souviens avoir supposé, en regardant la première saison d'Ugly Betty - qui reste une vraie réussite, quoi que l'on puisse penser de la suite de la série de Silvio Horta - que c'est peut-être quand des personnages solidement installés entrent en interaction active. C'est en tout cas ce qui se passe quand Rebecca Romijn arrive sur le devant de la scène.
Mais on peut aussi se le dire quand un show prend un tournant inattendu, et réoriente audacieusement son récit sans trahir la cohérence de ses héros : Phase 2 de Alias est à ce titre un modèle du genre.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que pour moi, c'est avec sa saison 3 que Six Feet Under devient une grande série.

"Connais-toi toi-même" : la série
Pourtant, fondamentalement, le show d'Alan Ball ne connaît pas, à ce moment-là dans son récit, d'incroyable retournement de situation. Et il n'est pas non plus porté par une dynamique collective jusque-là inédite. C'est même le contraire : la narration garde le cap. Les Fisher restent des personnages qui nous ressemblent dans leurs doutes comme dans leur excès (dans le concept en tout cas : tout le monde ne cède pas aux sirènes du triolisme débridé...) mais il faut pour cela les connaître et les comprendre.
C'est peut-être ça, en fait : il y a sans doute une part de subjectivité forte quand on considère qu'une "bonne série" devient "grande". C'est en tout cas le cas ici, pour moi.

Confrontés à la brieveté de la vie depuis deux saisons déjà, les personnages de Six Feet Under s'affirment dans la troisième année comme ceux d'une série de l'apprentissage. L'apprentissage de ce que l'on est, de ce que l'on veut face au temps qui passe. Tous les protagonistes de la série, sans exception, sont cette fois confrontés avec force à cette vérité.
Celui qui en fait la découverte la plus aride (pour ne pas dire la plus violente), c'est encore une fois Nate. Il est désormais mari et père mais n'en demeure pas moins tiraillé par des aspirations contradictoires. Comme il l'est sans doute depuis le début du show. Mais cette année, cette vérité est déclinée de façon sensiblement plus profonde. Pourquoi ? Parce que l'on a appris à le connaître. Et à connaître le dilemme qui l'habite : d'un côté, un réel désir de construire; de l'autre, l'envie de vivre une passion incertaine avec une femme qu'il aime toujours. Quitte à se brûler les ailes...

La famille funambule
Les autres personnages ne sont pas en reste : Ruth franchit de nouvelles étapes du deuil, loin du déni ou de l'acceptation. Ici, il est question de solitude, du doute à retrouver un homme avec qui partager une intimité. Comme le reste de sa famille, elle ne fait jamais semblant et on a parfois l'impression qu'elle s'y prend n'importe comment. Mais elle est toujours en mouvement.
 Il est en est de même pour David, qui s'interroge plus que jamais sur la place qu'il occupe dans son couple avec Keith. Ce qui est aussi le cas de Rico, alors que sa situation est différente. Et il est en également de même pour Claire, toujours aussi juste et émouvante alors qu'elle devient un peu plus une femme à chaque épisode. Jusqu'à la fin de cette saison où cette affirmation est douloureuse et éprouvante.
Plus que jamais, les Fisher sont donc des funambules sur le fil de l'existence. A mesure que le temps passe, leurs interrogations trouvent un écho plus fort, plus intime, chez le télespectateur. Et c'est pour ça que l'on est face à une grande série...

Bien à vous,
Benny

Cinq coups avant minuit/2010 en une BO : les titres qui ont fait cette année (Partie 1)

Il y a le sapin et la dinde, il y a le cadeau qu'on n'attendait pas et qu'on ne voulait pas, il y a le SMS du 1er janvier qu'on n'aurait jamais dû envoyer... et depuis trois saisons, pendant les fêtes, il y a la BO de l'année de votre serviteur. Les titres actuels ou du passé qui ont marqué les douze mois qui viennent de s'écouler, c'est à découvrir tout de suite...

Unhinged (Eels, Album : End Times) : avec un album crépusculaire qui a fait enrager plus d'un critique pour sa mollesse, Mark Oliver Everett n'a pas convaincu grand monde en début d'année. Pourtant, il y a des choses à sauver sur cet album, comme ce titre. Moi, ça me rappelle le début d'année au petit matin, quand BennyCity s'éveille tout juste et qu'il faut filer au boulot. Très agréable.

I am what I am et Hollywood Bowl (Band of Skulls, Album : Baby Darling Doll Face Honey/Photo A) : la jolie surprise de l'année. Un groupe anglais qui a certes commis un titre pour une BO de Twilight mais qui a plus d'un tour dans ses cordes et ses tambours. Band of Skulls, c'est un trio anglais composé de trois auteurs-compositeurs et quand on écoute ces titres (mais aussi Patterns et Bomb), on se dit que cette formation a vraiment du talent. Ne lui reste plus qu'à mûrir pour faire oublier les imperfections de ce premier essai. Moi, en tout cas, j'ai dévalé tout un col au son de Hollywood Bowl et c'etait über cool.

Ain't No Grave et Stone Free (Johnny Cash et Jimi Hendrix, Albums : American IV : Ain't No Grave et Valleys of Neptune): Des titres posthumes tirés d'albums qui le sont tout autant. Le procédé est contestable, fait souvent grincer des dents. Mais quand on voit ce que les ayant droits de Michael Jackson sont en train de faire du chutier du King of Pop, on se dit que ces deux titres, s'ils restent mineurs, n'en demeurent pas moins écoutables. A plus forte raison s'ils donnent envie de revenir aux classiques.

By The Sword (Slash feat. Andrew Stockdale, Album : Slash/Photo B). En avril, le guitariste au chapeau faisait son show et rameutait tout un tas de VIP du rock et de la pop. Il en résulte une grande foire aux cordes qui n'a rien à voir avec la foire aux monstres. L'ensemble oscille entre le très bon et le moyen mais quand le chevelu de Wolfmother (album de 2009 ici même, souvenez-vous) entre en scène, on se tait et on savoure.

Isis Speaks (Melissa Auf der Maur, Album : Out of our Minds) : l'ex bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins est sortie du bois avec l'arrivée du printemps pour remettre le dark rock sur le devant de la scène. Cette fille-là a du chien et son univers mélodique ne manque pas de volume. Il n'est pas encore trop tard pour le découvrir...

L.E.S. Artistes (Lilly Wood & the Prick, Album : Invincible Friends/Photo C) : la mode des frenchies qui font de la folk à cordes tendues ne va pas tarder à gonfler tout le monde. On peut donc dire que ces deux-là sont dans les temps. Et accrochent avec justesse l'oreille. Grâce à un maëlstrom de références et d'aspirations contradictoires (un coup je me la joue folk, un coup je mets de l'electro ; un coup je la joue doux amer, un coup je suis carrément acide), le binôme a beaucoup tourné cet été. Et avec cette reprise de Santigold, ils ont assuré sur scène (testé, vu et approuvé). A cela, on peut aussi ajouter Cathy de Rodrigo Leao découverte sur une compil promo, une chanson plutôt mélo et qui passait dans l'autoradio quand je suis allé saluer le départ d'un collègue de la BennyCorp qui m'est cher.

La suite, c'est pour demain... et en attendant vous pouvez retrouver plusieurs de ces titres (et beaucoup d'autres) sur une playlist spéciale 2010 en cliquant là.

Bien à vous,
Benny

Six coups avant minuit/Le roman de décembre: "Jouez Violons!" (Ed McBain)

Ambiance fin de cycle. Jouez Violons!, c'est le 55e et dernier roman du 87e District : Ed McBain, auteur de la prolifique saga, est décédé peu de temps après sa parution. C'est aussi un assez beau symbole de ce qu'est le polar façon McBain. A travers une enquête plutôt classique mais suffisamment bien écrite pour retenir l'attention du lecteur, on plonge en effet une nouvelle fois dans l'univers foisonnant de la cité d'Isola. Et en matière de récits immersifs, l'auteur reste toujours une jolie référence...

De l'efficace pour finir
Cette fois, Carella, Meyer et les autres enquêtent sur une affaire de meurtres liés par une même arme. Un violoniste aveugle est d'abord retrouvé mort dans une ruelle, deux balles dans la figure, alors qu'il jouait dans une boîte tenue par un ex-taulard condamné pour trafic de drogue. Peu de temps après, on découvre qu'une représentante en produits de beauté a été abattue chez elle, de deux balles dans la figure. Très vite, on découvre qu'elle avait dans sa jeunesse goûté à tous les fruits défendus, y compris la dope. La liste des victimes va rapidemment s'allonger...
Pris individuellement, les différents pans du récit ne sont pas forcément bluffants: l'enquête est efficace mais pas d'une sophistication absolue, la suite des déboires amoureux de l'inspecteur Kling avec Sharyn Cooke et les développements de la romance qui lie désormais cette truie armée d'Oliver Weeks avec Patricia Gomez ne prennent véritablement leur saveur que pour les fidèles lecteurs... mais l'imbrication des différents éléments donne une énergie singulière à l'ensemble, qui se lit à la vitesse grand V si vous ne connaissez pas encore cette saga (*).

L'ultime épisode, pas la conclusion
Pour les mordus, l'heure des adieux sonne sans fausse note. A ceci près que ce dernier épisode n'est pas une conclusion. Et que tout est possible pour tous les personnages. De la vie sentimentale de Kling à l'avenir de la famille de Carella (sa fille April est sur une pente savonneuse) en passant par l'histoire qu'entretiennent Weeks et Gomez. Cela peut être une sacrée source de frustration... à moins qu'un jour, un auteur un plus fou ou un plus culotté ne propose un jour de donner une suite à cette oeuvre?

Bien à vous,
Benny

(*) : Si l'envie vous prend de vouloir découvrir la saga, commencez par Mourir pour mourir. Le titre français est nul, mais c'est tout le contraire de l'histoire.

mercredi 29 décembre 2010

Sept coups avant minuit / "The West Wing", ce n'est que du bonus

Je suis un sentimental. Si, si. Exemple : le fait de ne pas avoir de nouvelle saison de The West Wing à découvrir l'an prochain, je trouve ça un peu triste. Il faut dire que j'en regardais une par an depuis 2007. La très bonne fiction, c'est comme le très bon foie gras, ça se savoure. Quitte à se mettre carrément à la bourre.
Je suis un sentimental. Oui, oui. Et j'avais gardé pour les fêtes le visionnage des disques 43 et 44 de mon coffret "Intégrale de la série". Sans trop savoir à quoi m'attendre. Quand on regarde les coffrets des différentes saisons et la pauvreté des bonus proposés avec les épisodes, il n'y avait pas de quoi être particulièrement optimiste. Je m'attendais donc à deux ou trois featurettes à regarder un soir entre Noël et le jour de l'An.

D'une découverte à l'autre
Erreur. Et surprises. Les deux DVD en question sont remplis de jolies découvertes, de petits reportages et autre documentaire thématiques. La génèse de la série, les décors, le rôle spécifique de certains personnages (de la Première Dame, campée avec aplomb par Stockard Channing, aux personnages qui incarnent les rédacteurs de la présidence), l'ensemble est très fourni. Il est surtout très très bien fait et propose au fan de plonger dans l'aventure humaine que fut la production de cette série pas comme les autres.
On y apprend entre autres que Bradley Whitford ne devait pas camper le personnage de Josh au départ. Que le set de tournage faisait pas moins de deux kilomètres carrés. Que les accessoiristes faisaient un travail discret mais capital et que Eli Attie, véritable cheville ouvrière de la campagne présidentielle des saisons 6 et 7, était l'auteur des discours d'un démocrate de tout premier plan à la fin des années 2000. Comme on découvre un vrai documentaire sur The Real West Wing avec, derrière le micros, des intervenants qui ont pour nom Harry Kissinger, Gerald Ford, Jimmy Carter et Bill Clinton. Rien de moins.

Je laisse aux vrais mordus et autres fans le plaisir de faire par eux-mêmes ces découvertes sans trop en dire. Car ces bonus sont un vrai bonheur de téléspectateur. On peut néanmoins regretter que les bonus en question ne concernent prioritairement que la période Sorkin (ils sont principalement "pilotés" par le réalisateur Thomas Schlamme, l'homme derrière la caméra derrière chaque épisode majeur (*) ). La perspective de voir John Wells expliquer comment il a complètement remodelé la série au début de la saison 6 était effectivement plus qu'excitante. Mais tant pis...

Et c'est quoi, la suite ?
C'est le dernier post que je consacre à The West Wing, en tout cas le dernier avant un bout de temps je pense. Et comme je suis sentimental, je ne peux m'empêcher de me demander quelle série prendra le relais dans mon imaginaire. Quel show va autant raisonner en moi dans les années en 10. Sincèrement, je doute que ce soit une création d'Aaron Sorkin. Et une partie de moi pense que ça se jouera notamment du côté de Baltimore, mais là aussi, je ne ferai que rattraper mon retard.
Alors oui, curieux et plutôt impatient, je me demande quelle sera pour moi la série dramatique de la prochaine décennie. Car elle est encore à venir, je pense.
En attendant, l'année se termine... et je suis sentimental. Mais seulement jusqu'au 1er janvier.

Bien à vous,
Benny

(*) : Comme le prodigieux Two Cathedrals, final de la saison 2, auquel est consacré... un reportage.

Huit coups avant minuit/"The Big Bang Theory" (saison 1) : pourquoi Sheldon met une claque à Barney

Review. Voui. Mais review anglée histoire de cacher un peu le côté "La cavalerie arrive sur un champ de ruines fûmantes". Ce qui permet de ne pas avoir à s'excuser à longueur de billet (*). Imaginée par Chuck Lorre et Bill Prady (qui avaient déjà travaillé ensemble sur la géniale sitcom Dharma & Greg dans les 90's), The Big Bang Theory, c'est un peu le "Oui mais..." de la comédie télé américaine. Alors que les sitcoms "à une caméra" se multiplient sur les écrans US (de The Office à Modern Family en passant par 30 Rock), portant avec elles un vent de modernité sur le fond et la forme, cette histoire de geeks (Jim Parsons et Johnny Galecki) qui partagent un pallier avec une bombe blonde (Kaley Cuoco) prend le contrepied. Ici, on revient à un format et des techniques connues et super-exploitées, sans pour autant prendre le téléspectateur pour une endive.

Des geeks, une fille
Avec The Big Bang Theory, on joue en effet un peu sur la nostalgie du télespectateur qui a été bercé par ce type d'histoires dans son enfance et son adolescence. Un couple improbable, des rires en boîte, des seconds rôles plus ou moins décalés et, au milieu, un personnage un peu plus barré que tous les autres. Plus imprévisible et délirant. Ca marche comme ça depuis Happy Days et Taxi, ça s'est perpétué avec Friends et aujourd'hui, ce sont les physiciens de TBBT et la bande de copains de How I Met Your Mother qui prolongent la tradition.


En toute connaissance de cause, le télespectateur sait ce qu'il "achète" en regardant ce genre de fictions: c'est souvent sympa, léger (parfois vraiment léger) mais ça possède un véritable charme. Personnellement, pourtant, je préfère la série qui nous intéresse aujourd'hui à celle des cinq New Yorkais de How I Met... De mon point de vue, si les personnages de Sheldon Cooper et Barney Stinson sont tous deux des aimants à rire dans les scripts, c'est en effet la capacité de Prady et Lorre à développer des "héros périphériques" plus solides qui permet à The Big Bang Theory d'embarquer le morceau. Et même assez nettement parfois.

Wolowitz plus drôle que Lilly = équation à succès
Peut-être parce que l'on s'investit plus facilement dans les histoires de coeur de Leonard que dans celles de Ted (dont on sait qu'elles seront longtemps vaines). Sûrement parce que Raj et Wolowitz sont de bien meilleurs side-kicks que Marshall et Lilly (mais c'est peut-être parce que j'ai plus de tendresse pour les loosers aussi. Et que je trouve Allyson Hannigan et Jason Segel (**) bien fades dans leurs rôles).





Dans les deux cas, quand on compare les deux saisons un de la série, on se dit que The Big Bang Theory dépasse un petit peu plus le jeu de piste avec nos souvenirs sitcomiques. L'ensemble semble un petit peu mieux abouti. Et c'est pour ça que je préfère Sheldon à Barney.

Bien à vous,
Benny

(*) : et merde...
(**) : paradoxe, Segel est excellent dans Sans Sarah rien ne va. Et il en a signé le script.

Neuf coups avant minuit/Clip, clip, clip Hourra: "Praise You" (Fatboy Slim, 1999)

Avis aux amateurs de billets en rafale : Le Monde de Benny finira la décennie en trombe avec une grosse pelletée de posts pour terminer. Au menu, du clip, de la série télé, de la musique, du DVD sans oublier la traditionnelle rétro finale. L'idéal aurait bien évidemment été de poster au fur et à mesure ce mois-ci sauf que... ben, je n'avais soit pas le temps, soit pas l'envie.

On va commencer en enrichissant la courte série dédiée aux clips qui valent le coup d'oeil. Et en programmant la DeLorean en 1999 pour redécouvrir un clip de Fatboy Slim. Praise You n'est pas le titre ni le clip les plus connus de You've come a long way, baby, l'album phare du garçon. Certains d'entre vous se souviennent sans doute bien de Right Here Right Now, où l'artiste retrace l'évolution à vitesse grand V. D'autres (peut-être moins nombreux) ont en mémoire The Rockafeller Skank, où un gars danse dans toute une série de lieux publics. Mais Praise You, c'est aussi un joli morceau de clip. Tourné à Los Angeles dans un ciné sans l'autorisation des propriétaires et au milieu de la foule, on y voit une compagnie de danse fictive, le Torrance Community Dance Group, qui danse sur le titre à l'honneur (diffusé sur un radiocassette) sous le regard des spectateurs étonnés.





Une idée mise en images par Spike Jonze, réalisateur de Dans la peau de John Malkowich et qui a plu à l'époque. Avec ce petit film où on voit notamment le directeur de l'établissement essayer de couper la musique, Jonze et Fatboy Slim ont en effet décroché le MTV Video Music Awards 1999 de la meilleure découverte, la meilleure direction (attribuée au Torrance Community Dance Group) et la meilleure chorégraphie.

Bien à vous,
Benny

mardi 14 décembre 2010

L'album de décembre : "As I call you down" (Fistful of Mercy)

J'ai toujours tendance à porter un regard un peu suspicieux sur ce qu'on appelle de manière ronflante les supergroupes. Vous savez, ces formations qui réunissent des musiciens de renom autour d'un projet commun. The Dead Weather en est un par exemple et j'ai beaucoup de mal à m'enthousiasmer avec ses albums, quand bien même Jack White est de la partie.
Fistful of Mercy en est un autre. Il réunit Ben Harper, le trop méconnu (mais très costaud) Joseph Arthur et Dhani Harrisson, le fils du Beatle George. L'histoire veut que l'album ait été enregistré à vitesse grand V dans un studio de LA, pour produire un disque à l'avenant, empli de spontanéité et dans lequel la notion de plaisir musical est assez évidente.
As I call you down, ce sont neuf titres folk dans lesquels l'alliance des voix porte l'émotion du projet. Projet dans lequel Ben Harper est un comparse subtilement présent mais un peu en second plan, a contrario de Joseph Arthur qui lui, est très présent. In vain or true, titre inaugural, pose d'entrée de jeu l'ambiance. Entre cordes sèches et cordes vocales, les compos sont portées par une belle énergie folk rock qui joue sur de multiples modulations pour séduire. Et perso, je trouve que ça marche vraiment bien.



Plusieurs voix s'élèvent pour regretter un ou deux titres phares pour vraiment convaincre les plus exigeants (ou soupçonneux, choisis ton camp). Pas faux. En même temps, il y a une vrai constance dans la qualité mélodique. Father's son (porté par Harrisson, comme une évidence), Things Go'Round et Restore me sont vraiment réussis et arriver à un tel résultat en très peu de temps (trois jours), c'est quand même assez énorme.

Bien à vous,
Benny

dimanche 5 décembre 2010

The Shield (saison 4) : celle où la guest star s'appelle Monica

Aujourd'hui, on solde les vieux comptes, on remet la pendule à l'heure, on essaie de rattraper le temps perdu. La quatrième année des aventures de la Strike Team, je l'ai en effet vu cet été... il est donc plus que tant d'en parler.
Pour rendre ça un chouya dynamique, on va un peu changer la formule. Car oui, ce post aurait pu s'appeler "Les cinq questions auquel il faut répondre en voyant la saison 4".

Question n°1 : Qu'est-ce que ça raconte, 
ces 13 nouveaux épisodes ?
Aceveda quitte le bureau de capitaine alors que la Strike Team est démantelée. Vic et Ronnie bossent toujours à Farmington, alors que Lem bosse à la brigade des mineurs et que Shane est affecté aux moeurs. Monica Rawling (Glenn Close) prend la tête du Barn et entend mettre en place une ambitieuse politique de saisies des biens issus du trafic de drogue. Elle compte sur MacKey pour installer ce dispositif. Sur le papier, l'idée est bonne. Dans les faits, sa mise en place est plus complexe. Surtout quand Aceveda leur met des bâtons dans les roues. Et encore plus quand Antwon Mitchell, caïd qui se déclare repenti, refait son apparition dans les rues...

Question n°2 : Glenn Close, c'est une guest qui tient la route ou pas ?
Son personnage est plutôt pas mal. Son arrivée permet en tout cas de donner une nouvelle impulsion aux oppositions entre les personnages principaux. Principalement celle entre Aceveda et MacKey. Mais ç'aurait pu être plus réussi. La mise en valeur de sa farouche volonté de faire bouger les choses  - et son incapacité à y parvenir dans un contexte défavorable - aurait pu être plus forte. Le vrai second rôle qui crève l'écran, c'est évidemment Anthony Anderson dans le rôle d'Antwon Mitchell. Il reprend la place de l'adversaire de la saison pour la Strike Team, occupée en saison 2 par Armadillo Quintero, et on franchit un nouveau cap en la matière.

Question n°3 : C'est quoi, l'enjeu de cette saison ?
Cette année, The Shield revient plus directement à un de ses thèmes fondateurs, sa marque de fabrique : la notion de territoire. Comment on le défend et comment on l'occupe. McKey, Rawling, Mitchell, Aceveda : chacun à sa façon de le percevoir. Zone de combat, zone de droit, zone de business, zone politique : chaque couche se superpose dans le script et c'est ce qui fait son dynamisme, sa force.

Question n°4 : Sinon, c'est lequel l'épisode qui tue ?
Back in the hole, l'épisode 10, porté par une confrontation très attendue, se pose un peu comme le sommet narratif de la saison. Pourtant, je dirai que l'épisode 5, Tar Baby et son final, qui place Shane dans une situation qui paraît inextricable, est sans doute celui qui m'a le plus marqué. Mais c'est peut-être parce que j'attendais trop de Back in the Hole...


Question n°5 : Bon, mais à part ça, c'est bien ?
C'est du The Shield, donc c'est très solide, très cohérent et électrique. On est dans le prolongement direct de la saison trois qui m'avait particulièrement impressionné. Mais je dois dire que la façon dont les principaux protagonistes, un moment séparés, finissent par tous se réunir sans s'appesantir sur la force des antagonismes qui les opposait au début de la saison, m'a plutôt gêné. C'est donc, selon moi, une bonne saison mais elle n'est pas supérieure à la précédente.

Bien à vous,
Benny

vendredi 3 décembre 2010

Mon adolescence avec Mellon Collie...

Ce matin, je me suis réveillé avec une intro mortelle en tête. Celle du titre qui ouvre le disc B de Mellon Collie & the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins : Where Boys fear to Tread. Je l'ai donc cherchée sur YouTube, pensant que Deezer ne l'avait toujours pas dans ses archives. Erreur ! L'album est désormais en écoute.
Tout ça, ça m'a imparablement renvoyé au milieu des années 90. Au Noël où je l'ai eu en cadeau, au voyage en Grèce avec la classe de philo et pour lequel je l'avais copier sur une cassette de 90 minutes (une cassette Type II, s'il vous plaît : le son était quand même nettement meilleur).



J'ai repensé aux heures passées et repassées à l'écouter, pour les dernières heures de cours avant le bac, pour les longues nuits d'été où j'étais avachi dans un vieux fauteuil pas pratique (et où je me faisais bouffer par les moustiques)... Au point que je l'ai singulièrement usé. Aujourd'hui, je me dis que je devrais le racheter.



Mellon Collie, c'est le premier album rock que j'ai eu, donc c'est forcément particulier. Il y a, évidemment, Bullet with Butterfly wings, mais pas que. Tonight, tonight me fait toujours de l'effet, JellyBelly et Muzzle me font gueuler les paroles (oui, j'ai abandonné ma comparaison avec le chanteur Billy Corgan à 23 ans), Galapagos me donne toujours un petit sourire, les premières notes au piano de Thru the Eyes of Ruby m'électrisent (et me rappellent quand, plus tard, je bossais de nuit et que je l'écoutais pour rentrer)...



Ce n'est pas un double album : ce sont deux heures et une minute de mon adolescence et  un peu plus que ça. C'est ce que j'étais, et ce que je suis aussi.


Thru the eyes of ruby live
envoyé par mellonsmile. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Et vous, c'est quoi le disque ultime de vos années d'ado ?

Bien à vous,
Benny

mardi 30 novembre 2010

L'album de novembre (Part. 2) : "Fool" (Warpaint)

Je suis un sale gosse. Je veux dire par là qu'il y a des trucs que je kiffe grave comme un gamin. En vrac, il y a le dyptique Doux, dur et dingue et Ca va cogner avec Clint Eastwood et Sondra Locke (il y a quand même un orang outan qui fait caca dans les voitures de police), les épisodes les plus beaufs de Rescue Me et... les groupes de filles qui font de la musique.
Ce qui m'a plu chez Warpaint ? La musique aérienne, les mélodies atmosphériques et presque lanscinantes. La voix d'Emily Kokal aussi. La capacité à casser le rythme des titres tout en gardant une vraie unité musicale. Et mes amis, quand j'ai appris que c'était un groupe avec que des filles, j'ai dit "coool". Parce que je suis un sale gosse. Un sale gosse pas toujours très mature.
Fool, c'est un premier album avec ses qualités et ses défauts. Il pose une ambiance plutôt sombre mais pas gnangnan: Set your arms down et Warpaint sont de la chair à BO en puissance et collent vachement bien avec les fins de journée d'automne. L'opus a un peu du mal à tenir sur toute la longueur et il manque sans doute une trouvaille, un instrument différent pour dynamiser certains titres.



En fait, c'est un album cohérent, bien produit, mais un peu trop uniforme... En même temps, ce n'est que le premier épisode des aventures de ces filles venues de LA. Il faut espérer que la suite soit un prolongement plus audacieux de ces bons débuts.

Bien à vous,
Benny

vendredi 26 novembre 2010

"Damages" (saison 2) : Patty Hewes et Ellen Parsons pédalent dans le vide

L'an passé, j'avais fait une looooongue analyse de la première saison de Damages. Même que c'est encore lisible en cliquant là, ici et aussi là. Et je me souviens avoir (notamment) dit que la série imaginée par les Kessler et Zelman reposait sur une vraie  mécanique de précision. Où la forme et la fond (encore, décidément...) étaient inextricablement liées. J'avais même dit que l'ensemble ne supporte sans doute pas le moindre grain de sable entre ces rouages.
En voyant la saison 2, je me dis que je n'avais pas tort. Et je n'en tire absolument aucune gloire. Parce que la mécanique, dans ces treize épisodes-là, est plutôt grippée.

Petit rappel...

Le final de la saison un avait posé les jalons de ce qui nous attendait. Consciente que c'est à cause de Patty qu'elle a perdu tous les repères qui faisaient sa vie avant de rejoindre Hewes et associés, Ellen acceptait le deal proposé par le FBI.
Ce faisant, elle se rapproche encore plus de son sombre mentor. Avide de justice, elle se lance aussi dans une croisade vengeresse toute personnelle. Elle veut faire tomber sa cible. Comme Patty voulait faire tomber Arthur Frobisher, finalement.
Un postulat plutôt réjouissant... que Glenn et Todd Kessler et Aaron Zelman ont lié à une nouvelle affaire impliquant une très grosse entreprise. Imposer Damages comme LA série judiciaire de la criminalité en col blanc, c'est une excellente idée. Ca colle en tout cas parfaitement avec la forte dimension symbolique des histoires et des personnages qui font la série. Sauf que ça ne peut marcher que si l'on part justement de personnages dont la complexité est pleinement mise en lumière.


Globalement décevant

Cette année, dans ce rayon, on a l'avocate Claire Maddox (Marcia Gay Harden). Et c'est tout. Jamais les Walter Kendrick, Daniel Purcell et autres David Pell, principaux protagonistes de "l'affaire" de la saison 2 n'atteindront la dimension de leurs devanciers. Et cela n'a rien à voir avec la qualité des acteurs qui les incarnent : John Doman, Clark Peters (The Wire) et William Hurt (Into the Wild, entre autres) ont montré par le passé qu'ils avaient tout le talent nécessaire. Le problème est ailleurs, dans la construction de l'histoire.
Cette saison 2 ne manque pas de rebondissements, elle compte même son lot de bons épisodes et de moments forts. C'est sur le temps long, la globalité, qu'il y a un souci. Un souci d'autant plus gros que la série, on le rappelle pour ceux qui n'auraient toujours pas suivi, repose sur un récit à double détente et avec quantité de flashforwards.Quelque part, c'est ce qui syphonne bien comme il faut le récit. Tout au long de la saison, on se dirige vers une confrontation dantesque et tous les twists sont bons pour y arriver. Sauf que cela se fait plutôt au dépens du développement des personnages, de leur complexité.


Un douloureux comparatif

Faites un test : regarder le pilote de la série et le season finale n°2. Le constat est flagrant : d'un côté, on a une maîtrise brillante des enjeux, ce que Aaron Sorkin désigne comme "L'autel des intentions et des obstacles" dans une interview consacrée au scénario de The Social Network. On sait qui fait quoi, qui représente quoi et quelles sont les aspirations des uns et des autres, fussent-elles contradictoires ou non. De l'autre, on se retrouve face à une succession de rebondissements plutôt surprenants mais émotionnellement vains. Ce qui est assez terrible.

Résultat : Patty Hewes et Ellen Parsons pédalent dans le vide. Désespérement. Ce qui est d'autant plus dommage qu'il y a de vraies bonnes idées dans cette saison deux : notamment la façon dont Ellen fait face au deuil. Mais ce thème est abordé de manière trop maladroite pour nourrir l'histoire principale, et faire qu'on soit vraiment ému par ce qui se passe.



Tout ça, c'est un beau gâchis.

Bien à vous,
Benny

jeudi 25 novembre 2010

Le film de novembre : "Buried"

Le pitch : un espace clos, pas de lumière, pas beaucoup d'air. Juste un Zippo, une vieille lampe torche à moitié foutue, de quoi boire et... un téléphone portable. C'est ce que découvre Paul Conroy, entrepreneur américain, lorsqu'il se réveille dans une boîte, sous terre. Il a été enlevé, il est en Irak mais ne sait pas où il est. Il ne peut pas sortir. Et si rien ne se passe, dans moins de deux heures, il va mourir.

Avant d'aller voir le film, j'avoue que j'étais vraiment curieux. Rodrigo Cortes, réalisateur du film, pouvait-il vraiment tenir le pari de réussir un thriller en huis clos pendant 90 minutes avec un acteur, un Zippo et un portable ? Ca paraissait vraiment gros... Et pourtant.
Pourtant, Buried est bel et bien un modèle du genre. Un film qui installe un suspense intense, qui va crescendo pour  mettre le héros (et le spectateur) sous pression jusqu'à la dernière image. Un long-métrage qui associe brillamment fond et forme. Sur le fond, le récit est fluide, jouant avec les attentes du public pour mieux installer la dynamique de personnification de part et d'autre de l'écran (et vous, si vous saviez que vous pourriez mourir dans deux heures, vous feriez quoi ?). Il y a certes un ou deux trucs too much, qui auraient pu être évités, mais l'histoire est très solide.
Sur la forme, Cortes multiplie les prouesses. Dans le montage comme dans le cadrage : l'ensemble est finement pensé. Ce qui m'a notamment marqué, c'est la façon dont le réalisateur filme le corps. Ce n'est pas forcément ce qui interpelle le plus dans le film, mais si vous voyez Buried, vous verrez que ça aussi, c'est bien observé : à travers une succession de plans dans le film, j'ai trouvé qu'on en apprenait beaucoup sur le personnage de Ryan Reynolds (stupéfiant dans ce rôle).
Des images de mains, un cou, des yeux : il n'y a rien là-dedans de foncièrement bluffant et pourtant, tout cela donne une profondeur, une vérité au héros qui est assez phénoménale...


TRAILER BURIED FILM THRILLER VOSTF 2010
envoyé par kirivalse. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.

En fait, le succès de ce film, c'est principalement la gestion minutieuse d'une foule de détails, notamment narratifs, qui font que les effets filmiques nourrissent l'émotion dans le récit. Ici, on n'est pas dans la performance gratuite mais bel et bien dans la volonté farouche de raconter une histoire forte. Une histoire électrisante, parfois très cynique mais pas seulement.
Une foule de détails donc, qui fait de ce film un must pour tous les cinéphiles. Sauf pour les claustrophobes, qui auront bien raison de penser que cette phobie a de quoi vous pourrir l'existence.

Bien à vous,
Benny

lundi 22 novembre 2010

La sitcom, un genre qui ne fait pas rire en France

Cougar Town est arrivée sur Teva. Après un crochet par les chaînes du bouquet Orange (Mais si, vous savez : ces canaux que personne ne reçoit mais qui stocke un impressionnant nombre de nouveautés en exclu. De Glee à Boardwalk Empire), la nouvelle sitcom de Bill Lawrence (Scrubs) avec Courteney Cox, est enfin visible d'un plus large public en France.

L'occasion de constater que:

1/ Les débuts sont plutôt sympas. Un peu lents dans l'installation mais sympas.

2/ La comédienne Courteney Cox n'a pas dépassé la date de péremption, comme on pouvait très sérieusement se poser la question après l'apocalyptique Dirt.
3/ Le personnage de Christa Miller donne vraiment l'impression d'être un copier-coller de celui qu'elle avait dans Scrubs
4/ On a vraiment affaire à un ensemble show, et ça c'est plutôt ambitieux. Donc plutôt bien.

Un constat facile à faire : la première soirée consacrée à la série était l'occasion de voir huit épisodes d'un coup. Huit. Rien que ça. Et autant, je peux comprendre qu'on pète un câble à raison d'un épisode par semaine devant In Treatment sur Série Club, autant là, ce sont des soldes d'épisodes sans beaucoup de bon sens.
Mais Cougar Town n'est pas le seul show à subir pareil sort. Paris Première a diffusé Modern Family à coup de six épisodes inédits par soirée (puis rediff dans la foulée).

Un mode d'emploi perdu ?
En fait, la télé française, non contente de ne pas savoir comment produire des sitcoms, ne sait plus les diffuser. Faute d'horaires. Faute (sans doute) de public bien déterminé.
Les années 90, c'était celles des sitcoms en access prime-time en France. Une nounou d'enfer, Notre belle famille sur M6, Friends sur France 2 en fin d'après-midi... la sitcom n'était pas forcément super mieux vue par les programmateurs mais elle était autrement plus visible.
Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, des séries comme The Big Bang Theory ou How I Met Your Mother, qui sont loin d'être plus mauvaises que la majorité de leurs devancières, ne sont pas diffusées à des heures plus ou moins décentes pour le plus grand nombre ?
Pourquoi des sitcoms nouvelle génération comme Scrubs, The Office ou My Name is Earl ont droit à une diffusion au mieux réduite (Canal+ a les droits des aventures de Scranton) au pire débile (Ah, le créneau de 23h50 le vendredi soir sur M6...) ?

"A pas compris, hein..."
La vérité, c'est qu'en France, les directeurs de programmes n'ont pas compris et intégré (voire même constaté ?) la mutation du genre. Des productions toujours légères dans leur propos mais peut-être un poil plus exigeantes que par le passé. Mais est-ce que c'est parce que The Big Bang Theory a un humour très réferentiel qu'elle doit forcément se heurter à la frilosité des diffuseurs ? Est-ce que la logique du mockumentary, qui est différente de la sitcom classique, ne fera pas rire sous prétexte qu'il n'y a pas de rires enregistrés dans la bande son (A l'époque de la version multilingue en plus) ?
Ca paraît difficile à croire. En même temps, il paraît difficile de croire que, chaque soir de la semaine, M6 rediffuse des épisodes de Un gars, une fille par paquet de quatre en attendant le prime time. Problème : c'est bel et bien le cas.

Bien à vous,
Benny

dimanche 14 novembre 2010

"Hawthorne" : le Jada Pinkett Smith show (et autres séries sans sel)

Richmond, en Virginie. Christina Hawthorne (Jada Pinkett Smith, la femme du Men in Black) est infirmière en chef dans un hôpital de la ville et c'est un peu Superman. Veuve, elle élève seule une ado au caractère bien trempée et tient à bout de bras son service dans lequel gravitent de multiples personnalités. Du chef de chirurgie (Thomas Wakefield) qui connaissait bien son mari, au duo d'infirmiers qui se tournent autour (Candy Sullivan et Ray Stein) en passant par l'infirmière handicapée qui est aussi l'amie de Hawthorne. Tous vont et viennent autour de l'héroine qui fait front face à toutes les situations et qui a une solution à tout. Wow.

Le Sarkozysme en milieu hospitalier

Hawthorne est une série créée par John Masius. Un auteur capable du meilleur (il a commencé comme scénariste de St Elsewhere - ancêtre d'Urgences qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, et qui est passée sur Teva au début des années 2000 - et il a produit Dead Like Me) et du beaucoup moins mémorable (Vous vous souvenez du fadasse Providence avec Melina Kanakaredes?). Avec cette création imaginée pour la chaine TNT, il reprend un certain nombre d'idées de St Elsewhere (principalement la vie d'un hôpital et de ses différents services) en proposant non pas un ensemble show avec un groupe de héros mais bien une série avec un personnage plus que central.
Si elle n'apparaît pas dans tous les plans, tout est construit pour Hawthorne qui a des côtés sympathiques mais pas vraiment attachants. Elle est partout, elle ne laisse rien voir de ses failles et, par à-coups, quand son attitude vire à une adaptation du Sarkozysme en milieu hospitalier, elle peut être carrément agaçante.
Un constat d'autant plus regrettable que la série n'est pas désagréable. Elle est juste sans surprise. Ou pas très originale, si vous préférez. Et on s'en passe très facilement. On dirait une série des années 80 façon Hooker, qui chercherait à divertir en offrant le minimum syndical.

USA network et TNT : même combat petit bras ?

Peut-être suis-je blasé. Ou peut-être est-ce un mouvement de fond puisque Royal Pains (avec Mark Feuerstein) ou US Marshals : Protection des témoins (In Plain Sight, avec Mary McCormack) souffrent du même problème. Et White Collar (FBI : Duo très special), qui alterne le bon et le moins bon, évite de justesse cet écueil. Mais le constat est là: les productions estampillées USA Network (comme Royal Pains) et TNT (façon Hawthorne) sont finalement sans vraie saveur : c'est du vite vu, vite oublié.
Je ne dis pas que toutes les séries doivent forcément ressembler à Six Feet Under ou The Wire. Prenez une série comme Chuck : c'est loin d'être incroyablement original mais l'ensemble est suffisamment équilibré (des storylines "mission" amusantes, des seconds rôles qui font souvent sourire et une love story plutôt soignée) pour que le show soit attachant. Que l'on ait envie de voir la suite. Ce qui n'est pas toujours le cas de ces séries. Et avant Chuck, c'était Third Watch, c'était Cold Case, c'était Everwood.
Ce qui est aussi très dommage, c'est qu'un certain nombre de critiques télé s'en contentent. Disent à longueur de magazines que c'est "sympathique". Sauf que, bien souvent, c'est surtout fade. A mon avis, cette mansuétude ne sert pas vraiment le genre, très longtemps méprisé à tort mais qui n'a nul besoin de virer dans l'angélisme stérile.

Bien à vous,
Benny

jeudi 11 novembre 2010

L'e-clin d'oeil

On va faire un peu de e-copinage éhonté, quand bien même lui et moi on ne se connaît pas vraiment. Chez Dylanesque, on fête le 800e post de son blog et c'est un excellent prétexte pour aller y faire un tour si vous ne l'avez encore jamais fait.
Propulsé sur Haut&Fort (ouais, on dit "propulsé" paraît-il), son blog n'est ni plus ni moins qu'un must. Pourquoi? Parce qu'il est très régulièrement à jour, qu'il parle télé avec pertinence et que son style d'écriture, empreint d'enthousiasme et efficace, colle parfaitement à son propos. Souvent très juste, il analyse avec intelligence les séries d'aujourd'hui comme celles des 90's. Un must, on le redit. Et comme il a le bon goût de privilégier la concision pour critiquer, je vais faire de même. Non sans préciser que l'homme du jour s'est lancé dans la prod d'une websérie qu'il a écrit et dans laquelle il joue avec des amis... et que ça aussi devrait valoir le coup d'oeil, dès la semaine prochaine.

Allez donc faire un tour chez lui : c'est vachement bien et c'est par ici que ça se passe.

Bien à vous,
Benny

jeudi 4 novembre 2010

"The Wire" (saison 1) : "And all the pieces matter..."

Baltimore, Etat du Maryland au début des années 2000. Le trafic de drogue gangrène les quartiers ouest et les forces de l'ordre ne peuvent pas faire grand'chose pour endiguer l'économie parallèle en place. Alors qu'un procès pour meurtre débouche sur la relaxe du jeune D'Angelo Barksdale, l'inspecteur Jimmy McNulty, de la brigade criminelle, donne un coup de pied dans la fourmilière en parlant au juge Phelan du caïd qui fait tourner tout le business. Un homme dont personne n'a jamais vu le visage. Son nom : Avon Barksdale, l'oncle de D'Angelo.
Le juge monte au créneau et met la pression sur les patrons de la brigade des stups et de la criminelle pour mettre la main sur lui. Une unité spéciale est créée. L'objectif qui lui est assignée : faire des saisies et des arrestations. McNulty est détaché dans cette équipe. Son but: démanteler le réseau.

A la rencontre du roman et du reportage/document
Attention : exercice excessivement casse-gueule. Parler de la saison 1 de The Wire alors que souvent, tout a été dit et beaucoup de choses ont été (très bien) écrites, ce n'est pas la chose la plus facile à faire. C'est peut-être pour ça que je ne m'y résouds que maintenant, alors que j'ai vu le season finale à la mi-septembre.
A l'impossible nul n'étant tenu, voici donc un post qui se concentre sur la singularité structurelle de la série. Sur ce qui fait que ce show est une oeuvre vraiment à part. A la rencontre du roman et du reportage/document.


Et de trois...

De fait, la série est d'abord la rencontre d'un ancien journaliste (David Simon, que l'auteur de ce blog n'est pas loin d'appeler Dieu) et d'un ex-flic (Edward Burns, rien à voir avec l'acteur-cinéaste new-yorkais). Après son livre reportage sur la brigade criminelle de Baltimore (Homicide : A year in the killing street) qui donnera naissance à la plus grande série policière US des années 90 (Homicide, développée par Barry Levinson et Tom Fontana); après une mini-série consacrée aux ravages causés par la drogue dans une famille noire (The Corner, déjà avec Burns), The Wire est la troisième série écrite et tournée in location à Baltimore par Simon. C'est surtout une nouvelle étape dans son parcours narratif. A travers ce show, ce dernier revisite les thèmes qu'il a déjà abordés en les mettant en perspective de manière audacieuse.

Dans la ville, dans la vie

Pourquoi ? Parce que The Wire n'est pas une série policière, ce n'est même pas une série sur le trafic de drogue. C'est une fiction qui enracine profondément son propos dans le phénomène urbain et la façon dont il s'organise. Une série sur la ville, une série sur la vie. En entremêlant l'histoire des Barksdale et celle de la bigade commandée par le lieutenant Daniels, les scénaristes prennent le temps de poser tous les éléments du récit mais c'est ce qui, au final, happe complètement le téléspectateur.


Des icônes sur un plateau d'échecs

A plusieurs reprises, on voit D'Angelo Barksdale et ses dealers jouer aux échecs. The Wire, c'est une partie d'échecs. Où chaque pièce compte et intéragit sur les autres. Un jeu narratif qui met brillamment en relief la prééminence du système sur l'individu et, parallèlement, la volonté de l'individu de se battre pour faire bouger les lignes... Quitte à ce que l'on revienne, à la fin, au constat initial en l'appréhendant avec un autre regard.
Sombre, le show n'est pas complètement pessimiste.
Surtout, ses auteurs ne prennent pas leur série pour ce qu'elle n'est pas. A savoir, un documentaire urbain. Le coup de génie de Simon et de Burns, ce n'est pas "simplement" de nous livrer une série crédible dans les faits, dont le récit est porteur d'un puissant "effet de réel". C'est de jouer avec les codes de la fiction. D'intégrer d'authentiques personnages de romans, des personnages iconiques, dans l'histoire pour jouer subtilement sur les attentes du téléspectateur. A ce jeu, Omar et l'inspecteur Lester Freamon se posent en exemples de choix.

Poupées russes à Charm City

Scripts parsemés de détails réalistes, fine réutilisation des ressorts du polar, multiplicité des trames pour décrire un univers complexe... tous ces éléments, soigneusement imbriqués les uns dans les autres, donnent un ensemble unique, une histoire assez fascinante. Et où all the pieces matter...





Bien à vous,
Benny

mercredi 3 novembre 2010

"Retrouvailles"

J'ai décidé de poster plus. Mais je suis à la bourre ce soir. Du coup, je me sers du prétexte de la vraie fausse urgence pour poster une nouvelle que j'ai écrite. Soyez pas trop cruels s'il vous vient à l'idée de commenter. Mais soyez honnêtes. D'avance merci.


J'arrive devant la porte de l'appartement et j'ai le coeur qui cogne contre ma poitrine. Ma bouche est sèche et les muscles de mes jambes sont tendus comme si je n'avais pas bougé depuis des années. Un peu comme si j'avais deux piquets en bois qui partent du haut de mes cuisses pour s'enfoncer dans le sol.
C'est comme la première fois. Tout recommence.
Je m'apprête à sonner à la porte et puis non. Je ne peux pas, c'est trop tôt. Je fais demi-tour, direction le couloir. Et puis, au moment de passer devant la glace à côté de l'ascenseur je m'arrête. Le col de mon gilet est à l'envers. Cela doit faire deux heures que c'est comme ça et je ne m'en aperçois que maintenant. Je le rajuste, avant de fermer ses boutons sur ma robe.
Je prends une profonde respiration et je fouille dans mon sac. Mon portable : un nouveau message. Encore un. Je referme le clapet avant de le remettre là où il était.
Non, je ne peux pas repartir. Plus maintenant. Pourtant, c'est évident, je ne suis pas prête. C'est sûr, c'est trop tôt. Je lève les yeux au ciel : les moulures du plafond ont été refaites et je ne sais pas pourquoi, ça me refait penser à cette famille chez qui j'étais il y a deux ans pendant l'été. Le père était platrier et c'était une de ses spécialités, les moulures. Je me demande s'ils vont bien, tous...
Entre la porte et moi, il y a une petite chaise. Je décide de m'asseoir. Après tout, rien ne presse.
La sonnerie de l'ascenseur retentit. Je sursaute sur la chaise. Un homme, une femme et une petite fille sortent de la cage et passent devant moi. La mère m'adresse un sourire poli (que je lui rends) tandis que le père fait comme si je n'existais pas et sa fille me regarde comme une bête curieuse.
Ca devrait pourtant être plus facile, cette fois. Je ne devrais pas être si nerveuse. Mais c'est le cas. C'est peut-être même pire. Et ça me rend folle. C'est comme si j'étais irrésistiblement attirée.
Je sens les larmes qui montent...
Me calmer, respirer. Faire le vide. Fermer les yeux.



Je me souviens, la première fois. Quand elle a ouvert la porte, elle portait un chemisier marron et un tablier de cuisine. Ce qui m'a frappé, ce n'est pas la blondeur de ses cheveux, ce sont ses yeux : il y a toujours une lueur triste dans son regard bleu. Même quand elle vous sourit pour dire bonjour.
J'étais nerveuse, comme aujourd'hui. J'ai eu du mal à parler. Je lui ai demandé si elle était bien celle que je venais voir, si elle était bien née en 1956 à Oran en Algérie, si elle a fait ses études à Biarritz. Son sourire a disparu, laissant place à la méfiance. Je lui ai dit comment je m'appelais, quel âge j'avais, d'où je venais... et là aussi, j'ai senti les larmes monter.
Elle m'a très vite demandé ce que je voulais, qui j'étais et encore une fois ce que je voulais. Dans ma tête, les idées se sont bousculées : j'aurais pu lui parler de la tache de naissance sur ma cuisse gauche, de cet été-là à la plage où on était tous ensemble à manger des fruits de mer, des comptines récitées avant d'aller à l'école...
Tout c'est que j'ai pu dire, juste avant de fondre en larmes, c'est que je me souvenais des chaussures bleues. Celles de la rentrée en CP. Sur mon visage, cela devait se voir que je m'en voulais. Evoquer un truc aussi anodin, insignifiant comme ça... Pourtant, dans ses yeux, j'ai vu qu'elle avait compris.
On imagine mal ce que c'est de retrouver la personne qui compte le plus au monde dans votre vie.
Elle, est restée là, prostrée. On s'est regardé, on a pleuré, avant qu'elle ne me dise d'entrer.
On a longtemps parlé, très longtemps. Il y avait chez elle un besoin d'y croire et, en même temps, une retenue naturelle. "Ne m'en veux pas je t'en prie, mais j'ai tellement attendu cet instant, je veux être sûre...".
 

Je lui ai raconté mon enfance, le moment où celle que je prenais pour ma mère m'a annoncé sur son lit de mort qu'elle m'avait prise sur le parking à côté du camping alors que je n'avais que six ans. Je lui ai expliqué mes recherches, pour les retrouver elle et papa. Mes déceptions, mes échecs. Et comment je les ai finalement retrouvés. Mon Dieu, ce que l'on a pu pleurer...

Je rouvre les yeux. Je suis plus calme. Dans mon sac, il y a un exemplaire de journal plié en quatre. Je le sors et lis l'article qui occupe un quart de page. Je l'ai déjà lu au moins douze fois. Je le parcours plus qu'autre chose : mon esprit est ailleurs.
Je me souviens des journées, des soirées qui ont suivi ce premier jour. Des repas avec les oncles, les cousins. Des photos qu'on a regardés tous ensemble jusqu'à en avoir mal aux yeux. Du bonheur que c'était d'être à nouveau tous les trois. Je n'avais alors qu'une envie : aller de l'avant, oublier le passé.
Mais le temps qui passait n'a rien voulu savoir. Le temps et une autre personne.
Si elle et moi, on voulait toutes les deux que ce soit vrai, si nous étions prêtes à y croire à tout prix, ce n'était pas son cas à lui.
Celui qui partageait sa vie.
Il voulait comprendre ce qui était arrivé, ça l'obsédait. Il me posait question sur question. Je le vivais mal : à cause de ça, elle et lui se disputaient souvent... Mais il avait raison. Les détails sont devenus de plus en plus nombreux. Le doute n'a cessé de grandir entre nous. Jusqu'à ce que l'on soit sûr : ils n'étaient pas mes parents. Je ne serai pas leur fille.
Elle l'a haï pour ça, je le sais : elle me l'a dit. Elle a beaucoup pleuré et moi aussi.
Finalement, une dernière fois, on s'est réuni tous les trois. Il m'a dit qu'il était désolé. Il était sincère, je crois. On était ensemble mais on était seuls. A nouveau.
Et c'est un sentiment insupportable.
Quand on s'est quittés, elle a voulu me donner un peu d'argent. J'ai refusé, ce n'est pas ce que je cherche. Elle m'a aussi dit qu'elle voulait qu'on garde contact, qu'on se rappelle dans un mois ou deux.
"J'avais presque retrouvé ma fille, j'y étais presque...", a-t-elle longtemps répété.
Je lui ai répondu que je le voulais aussi. Mais je n'y croyais pas.
Jusqu'à ce message ce matin. Quinze jours après. Et celui-ci, cet après-midi.




Je range le journal et sors à nouveau mon portable. Je me lève et, tout en composant le numéro de messagerie, je me dirige vers la porte de l'appartement.
Au bout du fil, c'est elle : "Il faut que je te voie, Lilie... Aujourd'hui. C'est urgent. S'il... s'il te plaît, viens".
J'étais calme mais sa voix, inquiète, dans laquelle on devine des sanglots, me fait perdre tout le bénéfice de mes exercices de respiration. Ca et surtout le fait que je sois maintenant devant la porte.
C'est trop tôt... mais je me sens comme aspirée.
Mes doigts se posent sur la sonnette d'entrée, j'appuie sur le bouton.
Tout recommence.
J'entends des pas derrière la porte. Je ferme le clapet de mon portable et le garde à la main.
Mon coeur bat à tout rompre.
La porte s'ouvre, lentement.
C'est une grande femme brune, très maigre avec des yeux noirs.
- Oui ?
- Bonjour, madame... Vous êtes Solange Mercier ?
- Oui, c'est à quel sujet ?
- ... Solange Mercier... et vous êtes née le 3 avril 1963 à Maubeuge ?
- C'est pour quoi ?...
Le regard triste. La méfiance. La peur. Et autre chose aussi.
- Je... je suis...
Je sens les larmes qui commencent à monter. Comme toujours.
- Je m'appelle Aurélie Gilard. Je suis née le 8 septembre 1982 à Senlis et j'ai été adoptée le 4 novembre 1987. Je crois que... je...
Mon portable m'échappe. Je me baisse pour le ramasser. Elle s'accroupit elle aussi.
Je glisse le téléphone dans mon sac, sur l'article de journal. Sur le papier, on voit sa photo avec une petite fille.
Elle me regarde, presque paniquée.
Je peux commencer à pleurer.


Bien à vous,
Benny

mardi 2 novembre 2010

Si vous vous sentez perdus depuis la fin de "Lost"...

En janvier, pas de flashback, pas flashforward, pas flashternatifs. Lost et ses rescapés du vol Océanic 815 ne reviendront pas. En tout cas pas tout de suite (on ne sait jamais : quelqu'un pourrait en faire une émission de téléréalité bien pourrie, à coups de flashtonkutchers).
Je ne vous ferai pas une review de l'ultime saison : Ju de pErDUSA a fait ça tellement bien qu'il n'y a pas grand'chose à rajouter (notamment la review du series finale, vraiment bonne. Le package est ).
Je n'ai pas grand'chose à dire du dernier épisode, si ce n'est que, comme d'autres télespectateurs avisés, je pense aussi que Cuse et Lindelof ont joué la carte de l'émotion plus que celle de la prouesse narrative.
Non. Aujourd'hui, considérant qu'une image vaut mille mots, je préfère vous montrer une vidéo. Parce que Lost, c'est un personnage plutôt charismatique (Desmond, au moins pendant deux saisons et demi), un ours blanc, d'autres iconiques (Locke et Ben), un drôle de polygone amoureux (Sawyer, Juliet, Kate et Jack), un monstre de fumée noire, de vrais moments d'émotions (le final de la saison 3, celui de la 5 aussi)...

Mais surtout, surtout... Lost, c'était  aussi ça :




En même temps, vu comme il est fatiguant ce garçon, je comprends pourquoi Les Autres l'ont pas pris hein...

Bien à vous,
Benny

lundi 1 novembre 2010

L'album de novembre (Part.1) : "Cardioid" (Yodelice)

Et de deux, pour Maxim Nucci. Presque deux ans après Tree of Life, premier segment d'un récit inscrit dans un pays imaginaire, Spookland, l'homme de Yodelice est de retour pour brouiller les cartes. Ou plus exactement pour reprendre le jeu à son compte et mélanger le paquet. Si le premier album du garçon était résolument folk et privilégiait l'efficacité, quitte à paraître un poil trop lisse, Cardioid s'avère plus ambitieux. Plus riche aussi. De l'excellent Breathe in, qui ouvre l'album avec force, à Monkey's evolution, authentique périple musical au long cours, il y a de quoi voyager dans cet album. Au gré des influences, au gré des rythmes.

Le souffle de la pop inspirée

Sans jamais s'enfermer dans une espèce de caricature à cordes tendues, le projet Yodelice trouve ici un souffle nouveau, aventureux et surtout bienvenu. Un peu à l'image de ce logo sur la pochette qui s'étire en de nombreux fils, le style Yodelice va puiser dans des inspirations psyché et définitivement électriques qui marquent ce nouvel album. Tout n'est pas d'une audace folle, comme More Than Meets The Eye, qui joue la sécurité sur une rythmique à la Dutronc et qui est le premier single, ou Experience, très passe-partout. Mais l'ensemble reste de très bonne tenue : on a là de la pop inspirée, plutôt aspirante. C'est donc une vraie bonne surprise, qui s'apprécie à sa juste valeur.



Bien à vous,
Benny

dimanche 24 octobre 2010

Le livre d'octobre : "Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears"

Le début de cette histoire date de cet été. Les vacances, un peu de temps à savourer. L'occasion de se poser, lire, blogger et farfouiller sur la toile en quête de découvertes. Des fois, je m'arrête parfois sur un titre, sur une bannière pleine de couleurs, sur une sélection de photos... avant de poursuivre le petit périple.
Et puis d'autres fois, je m'arrête un peu plus long moment. Je me mets alors à lire. Lire, lire et encore lire. Sur la blogo, découvrir une nouvelle plume (ou un nouveau clavier, si ça fait pas assez 2.0) c'est aussi découvrir un nouvel univers. Avec ses petits trucs insignifiants, marrants et marquants, et ce que l'on retient, ce qui résonne durablement.
Si vous allez faire un tour du côté de Fuck You Billy, le monde d'Elixie, c'est un peu tout ce que vous allez retrouvez. Les vidéos d'un chat DJ ou d'une ENORME marmotte qui mange une cracotte (je rigole pas : elle est colossale). Ca et une sélection de photos consacrée au bandeaux en éponge, une liste des petites phrases innocentes (celles qui "résonnent en vous" quand vous les lisez)... C'est très, très chouette (et c'est une découverte que je dois à AussieLilie).

A la poursuite d'un personnage

Derrière Elixie (ou à coté, vous choisirez), il y a Elise Costa. Journaliste free lance, elle est aussi l'auteure d'un bouquin sorti au printemps de cette année : Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears. Une sorte de road movie à travers les US dans lequel elle essaie de décrypter le phénomène qu'est la chanteuse blonde. Britney, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. J'ai beau trouver ça moins pire qu'avant, je n'ai pensé que je lirais un bouquin sur elle. Et pourtant, si.
Si elle va traverser une bonne partie des States pour assister à un concert de miss Spears, Elise Costa ne va, comme le dit le titre, pas la rencontrer. Le but, c'est de mieux comprendre qui est le personnage qu'incarne la chanteuse (avec, dans son ombre, la personne dont se dessine de fragiles contours) et la façon dont celui-ci est perçu par les Américains.

Un joli périple pop

Tout au long du livre, les rencontres et les figures se succèdent tandis que l'auteure/narratrice retrace le parcours de la chanteuse, de ses débuts à ses périodes de creux surmédiatisés. La narration marche bien, elle est portée par un style percutant et se développe dans un flot de références pop qui parle à la génération des vingtenaires/trentenaires. Par à coups, le récit devient carrément audacieux, comme cette rencontre avec le journaliste Rob Sheffield qui prend la forme d'un script de western.
Bon tout n'est pas parfait et certaines affirmations sont juste honteuses (Clueless, meilleur teen movie de tous les temps ? Sans commentaire - ce qui en soit est déjà un commentaire) mais la lecture de ce livre est un joli petit plaisir. Qu'on aime ou pas la fille qui chante Toxic.

Bien à vous,
Benny

PS : On parle d'Eloise Costa dans le dernier Technikart, sur ceux qui squattent la célébrité des autres. Pas vraiment de la super pub a priori, mais celle qui a signé Comment je n'ai pas rencontré... se singularise avec la manière dans l'article de Léa Onorini et Eléonore Quesnel.

mercredi 20 octobre 2010

Le film d'octobre : "The Social Network" (ou quand Sorkin découvre l'anti-héros)

L'affiche avait de quoi retenir mon attention. Un peu comme une formule mathématique dont le résultat serait incontournable. "David Fincher + Aaron Sorkin + création de Facebook = film à voir". Je ne m'attendais pas à quelque chose de précis mais il est clair que je voulais en être.
Petit pitch : The Social Network raconte comment Mark Zuckerberg, geek surdoué étudiant à Harvard, a créé et développé le réseau social numéro 1 aujourd'hui, et comment son succès tout juste naissant (le film raconte une période qui va de 2003 à 2006, sauf erreur de ma part) a généré des poursuites judiciaires entre différents élèves de la prestigieuse université américaine.
La première chose qui m'interpelle, c'est que ce n'est pas un film sur les geeks, et pas vraiment un film sur l'adolescence comme j'ai pu le lire ici ou là. En tout cas, pas de mon point de vue. Ce n'est pas non plus un long-métrage qui raconte d'un point de vue documentaire la naissance du réseau où tout le monde se poke. Même si le script du scénariste Aaron Sorkin repose sur des recherches, des échanges avec les principaux protagonistes ( sauf Zuckerberg : on raconte d'ailleurs que ce dernier était un fan de Sorkin pour son boulot sur A la Maison Blanche... jusqu'au jour où il a vu le film de Fincher), cette histoire vraie est surtout l'occasion de donner un point de vue sur cet avénement, et de s'en servir pour développer une histoire dramatique brassant de multiples thèmes.
Et de ce point de vue-là, qu'est-ce qu'on peut en dire ? Que ça marche. Que ça marche vraiment bien. Que ça marche d'autant mieux que Fincher comme Sorkin surprennent le spectateur en explorant des facettes de leur talent jusqu'ici peu mises en valeur.
Dans ce film, le réalisateur de Se7en fait définitivement dans la sobriété. Pas de scènes Ikea hallucinantes à la Fight Club et encore moins de caméra qui traversent les cafetières comme dans Panic Room : le réalisateur joue la carte de l'épure pour mieux coller à ses personnages, à son histoire. Et justement, ô douce surprise, Sorkin sort un peu des sentiers qu'il connaît bien: ici, pas de personnages iconiques qui ont fait sa marque de fabrique. Vous savez, ces Josh Lyman (The West Wing), Casey McCall (Sports Night), Jordan McDeere (Studio 60) et autres Charlie Wilson (Charlie Wilson's war) qui peuplent son monde : des gens brillants, intelligents, idéalistes mais qui se posent parfois en donneurs de leçon par certains côtés.




THE SOCIAL NETWORK : BANDE-ANNONCE VOST HD
envoyé par baryla. - Regardez des web séries et des films.


Cette fois, l'un des plus brillants dialoguistes des années 2000 se retrouve, de son propre aveu, face à un challenge qu'il n'avait encore jamais relevé. Ecrire, décrire un anti-héros. Un homme qui se retrouve au centre d'un récit, d'une histoire électrisante mais qui, par son attitude, ne fait rien pour s'attirer l'admiration du public. Du coup, il nous livre un script enlevé, avec un personnage principal complexe qui brasse toutes les contradictions du héros sorkinien... et les assume. Alors tant pis pour les longs échanges mitraillette et les Walk & Talk cher à l'auteur. L'ensemble reste vraiment efficace et renouvelle son univers narratif, qui en devient plus sombre et plus... attrayant.
En définitive, on obtient un film porté par des personnages forts à différents plans (le premier étant évidemment occupé par Mark Zuckerberg/Jesse Eisenberg). Un long-métrage qui évoque de très nombreux thèmes comme l'innovation, le succès, la solitude (le corollaire du précédent), le poids de la réussite sur les relations humaines, etc. Il y a de quoi être convaincu. Que l'on sache qui est Aaron Sorkin ou pas.

Bien à vous,
Benny

PS : désolé, AussieLilie. Mais toi aussi tu le verras un jour, hein...
BONUS TRACK : l'avis de Zuckerberg sur le film... Enfin, plus ou moins.