vendredi 17 août 2012

"Be Free, Dre"

Je viens de découvrir The Audacity of despair, le blog de David Simon. Et du même coup, un billet annonçant la mort de DeAndre McCullough, l'un des principaux visages de The Corner : enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert que j'ai chroniqué ici-même l'année dernière.

Emotionnellement, ça s'appelle prendre les montagnes russes

Pas plus tard qu'hier, je disais à quelqu'un que parfois, vous trouvez pile la série qu'il vous faut. Dans le fond comme dans la forme, elle est celle qui vous convient vraiment. Et elle vous parle plus que d'autres, elle vous parle vraiment. Ca doit être une question de moment.

Ce soir, au moment d'écrire ces quelques lignes, je m'aperçois qu'il en va en fait ainsi pour toutes les histoires. Quelle que soit leur forme. Et je me rends compte que The Corner, au moment où j'ai quitté un job, un appartement, une ville et une vie pour m'installer dans la Grande Méchante Ville, c'était l'histoire que je recherchais. Sans le savoir.

Une vie avec la dope

J'ai déjà dit tout le bien, j'ai déjà décrit toute la puissance qui habite ce récit. Je n'ai pas grand-chose à rajouter à ce sujet. Mais je me rends compte que cette histoire, ses protagonistes m'habitent depuis de longs mois. Et l'annonce de la mort de DeAndre Mc Cullough me trouble de manière étonnante.

McCullough a eu une vie tumultueuse, même si son chemin et celui de David Simon et Ed Burns se sont plusieurs fois croisé. Il a notamment joué un rôle dans la saison 3 de The Wire : on le voit ci-dessous au côté de Brother Mouzone.


Ironie de l'histoire : j'ai vu ces épisodes il y a moins d'une semaine...

Etonnant gamin, malin et pas dénué de coeur, DeAndre Mc Cullough a toujours vécu avec la drogue. Dans les pages du livre, il incarne quelque chose de magnifique. Parfois indomptable, parfois très fragile.

Ex-dealer du Corner, il est tombé dans la dope et c'est ce qui a entraîné sa disparition. Dans son billet, Simon dit qu'il n'a jamais vu un type être aussi triste quand il était défoncé.

Dans mon esprit, DeAndre Mc Cullough avait la vingtaine. Il est en fait mort à 35 ans. Et je ne sais pas pourquoi, mais la nouvelle de sa disparition me tord le ventre. Complètement.

Bien à vous,
Benny

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je comprends... La nouvelle de la mort de Donnie Andrews il y a quelques jours m'a fait le même effet...