lundi 16 juillet 2012

Les questions de l'été : qui est le grand vainqueur de la saison 2011/2012 aux USA ?

Au départ, quand la question m'a traversé l'esprit, je pensais faire un tour d'horizon assez large. Avec différentes catégories, des angles très pointus... mais la vérité, c'est que pour ça, il aurait fallu que la saison écoulée soit un peu plus transcendante qu'elle ne l'a été.

Du coup, plutôt que de mettre en avant un producteur, un scénariste ou une création, c'est un network qui, pour moi, s'impose comme le grand vainqueur de 2011/2012. Et c'est assez symbolique de l'ambiance globale qui règne chez les networks.

Dad is back, again 

Avec huit séries aux dix premières places du classement des séries le plus suivies la saison dernière aux Etats-Unis, CBS prouve que la télé à papa a encore de beaux jours devant elle. 

Ne vous méprenez pas : dans mon esprit "Télé à papa" n'est pas forcément une insulte. C'est un mode de production qui privilégie les "formats sûrs", le plus souvent pas ou peu feuilletonnants et qui plaît d'abord à un public plutôt âgé.

Du coup, on retrouve dans sa grille un peu de tout : quelques séries capables du meilleur (The Good Wife, loin devant... d'un point de vue qualitatif), plusieurs qui font plutôt du "moyen plus ou moins bien" (The Mentalist) et d'autres qui donnent dans le beaucoup moins bon (NCIS : Los Angeles. LL Cool J, pitié...).

Dans un contexte frileux, ce sont les plus prudents qui s'en sortent souvent le mieux. Avec NCIS en tête du classement ; avec un combo The Big Bang Theory / Mon Oncle Charlie tout en haut côté comédies, l'ex-chaîne de Walker, Texas Ranger (out : c'est une vacherie, ça) montre que l'adage n'a jamais été aussi vrai.

Des poids lourds... et la suite qui se prépare déjà

Cela semble d'autant moins susceptible de changer que le network prend bien soin de ne pas s'endormir sur ses lauriers. Avec Person of Interest, la chaîne a lancé la nouveauté la plus suivie de l'année. Dans le même temps, 2 Broke Girls décroche une honorable 18e place, juste derrière Mike & Molly, qui était en saison 2.

L'hégémonie de la chaîne paraît donc vraiment bien établie. Surtout  au terme d'une année au cours de laquelle ABC (qui vient de dire au revoir aux Desperate Housewives) et Fox (qui a vu s'achever House, MD) ne sont pas parvenues à sortir un vrai hit (1).

Conclusion : pour que les choses changent, il faudra un sacré coup de pied dans la fourmilière en 2012/2013.

Bien à vous,
Benny

(1) : NBC ? Quoi, NBC ? Non, on avait dit qu'on arrêtait de de moquer... (pareil pour la CW).

vendredi 13 juillet 2012

Ces séries qui connaissent la chanson #1 : "Devil" (Stereophonics/Rescue Me)

Encore une petite rubriquette pour passer l'été. Encore un moyen de revisiter l'univers des séries de manière ludique. Encore une façon de partager un coup de coeur.

Le principe est tout simple : je reviens sur une scène d'une série, un extrait porté par une chanson. Le procédé est hyper courant mais les moments où l'on se dit "ça le fait vraiment", ce n'est pas si facile à trouver.

Alors autant essayer de comprendre pourquoi.

L'extrait du jour

C'est la dernière scène du premier épisode de la saison 3 de Rescue Me.

Le titre de la chanson, c'est Devil des Stereophonics (et c'est aussi le titre de l'épisode, écrit par les créateurs du show, Denis Leary et Peter Tolan. SPOILER ALERT : la description qui suit révèle un élément très important de la saison. Si vous ne l'avez pas vu, pas de chance, il va vous falloir faire l'impasse. Sad but true).

Ce qui se passe

Plusieurs mois ont passé depuis la mort du fils de Tommy Gavin. Il est à nouveau séparé de sa femme Janet et se retrouve encore au bord du gouffre. Mais pour l'instant, il reste debout. Malgré le stress, malgré le chagrin et l'envie de replonger dans la drogue et l'alcool.

Contre toute attente pourtant, comme le reste de la caserne, il décide d'arrêter de fumer. Et il tient bon, jusqu'à ce soir d'intervention, au cours duquel il a sorti d'un incendie une petite fille mal en point...



Pourquoi ça le fait grave...

Parce que cette scène a un petit côté overzetop/badass assez génial. Elle n'est pas du tout crédible et pourtant, avec la chanson, avec ce qu'on sait de Gavin, tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui pend au nez, le fait que la fiction torde le cou à la vraisemblance passe parfaitement.

Parce qu'on a envie d'y croire, ce qui arrive à Tommy à ce moment-là. Un peu pour nous, beaucoup pour lui.

Gavin, c'est un pompier au-dessus de tous les autres. Qui réalise dans son boulot des choses qu'il est le seul capable d'accomplir. Le prix à payer, c'est une vie chaotique, douloureuse et qui va toujours un peu plus vers le néant.

C'est comme ça qu'il arrive à sauver des vies que d'autres ne peuvent sauver. C'est en quelque sorte son pacte avec le Diable (Devil, donc) : c'est hyper-dramatique, franchement soapy parfois... mais bon sang, qu'est-ce que c'est bon à regarder.

En tout cas, vous l'aurez compris : moi, je me suis laissé porter. Ca fait du bien d'y croire des fois... D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que, l'an passé, pendant un moment un peu bad, j'avais ce titre et cette scène dans la tête.

Des fois, laisser faire la fiction, laisser couler la chanson, ça a du bon.

Bien à vous,
Benny

jeudi 12 juillet 2012

"The Big Bang Theory" (saison 2) : le théorème du surplace de Hofstadder-Cooper

Voilà, ça c'est fait. J'ai récupéré un peu de mon retard sur The Big Bang Theory et ça ne m'a même pas fait mal. Bon, en même temps, ce n'est pas comme si j'étais allé chez le dentiste... mais ce n'était pas non plus un très grand moment de bonheur.

Pourtant, tout était là. Bien en place. Un quintet de personnages bien posé, dans un cadre tout ce qu'il y a de plus classiques pour une sitcom multi-caméras, une romance qui s'articule sur le mode archi-connu du "je t'aime/Moi non plus", un personnage qui catalyse les situations comiques... l'amateur de comédies qui rigole en moi aurait dû trouver de quoi se réjouir.

Car oui : j'avais tout pour m'éclater, en gros. Sauf que non.

Faire rire, ce n'est pas si facile...

La raison : Lorre, Prady et Aronsohn, producteurs exécutifs de The Big Bang Theory, ont pris l'option petit bras. L'idée : on ne prend aucun risque, on exploite l'existant sans pousser les interactions de façon novatrice et on joue sur le seul capital sympathie du projet.

Du coup, la série est sans surprise. Voire carrément fade. Il y a certes des épisodes qui marchent bien (quand Penny et Sheldon se font face, c'est souvent réussi) mais aussi d'autres devant lesquels on s'ennuie tout de même pas mal.

Pourquoi ? Parce que d'un point de vue dramatique (ou de la progression de l'histoire), certaines intrigues sont conclues dans la précipitation, quand ce n'est pas de façon complètement aberrante. Du coup, on est quelque fois à deux doigts du foutage de gueule.

Proposer une comédie réussie, c'est faire du travail de précision. C'est refuser la facilité pour accrocher les coeurs derrière les rires. Ce n'est certainement pas faire des épisodes de 18 minutes qui se termine en mode "Pouet Pouet".

J'avoue nourrir un certain agacement en y repensant...

Triste Statu quo

Parallèlement, la storyline entre Penny et Leonard, relancée de façon adroite en début de saison (pas originale mais adroite) reste en stand by jusqu'au trois derniers épisodes. Tout ça sans jamais que la qualité de la relation qui unit les deux personnages ne soit travaillée.

J'ai trouvé ça très décevant. Je crois qu'on est face à un beau gâchis parce que la production loupe le coche pour consolider les acquis de la saison 1. Jouer sur les rouages de la sitcom, cela présuppose que l'on a compris qu'il faut développer la richesse des rapports qui unissent les héros. Ici, c'est plus le statu quo qu'autre chose.

Si on veut briser tous les espoirs portés par une sympathique série, c'est une très bonne méthode. A titre personnel, je dis que c'est déplorable.

Bien à vous,
Benny

mercredi 11 juillet 2012

Les questions de l'été : le retour de Matthew Perry dans "Go on" est-il une bonne chose ?

On teste une nouveauté de ce côté-ci de la toile. Parallèlement aux critiques télé habituelles, je vous propose une nouvelle série de billets plutôt courts pour faire un peu le point sur l'actu.

Le premier épisode s'intéresse à une comédie qui débarquera le mois prochain sur NBC : Go On, de Scott Silveri. Le pitch : un commentateur sportif qui a tout pour plaire (Perry) peut parler de tout à tout le monde... sauf du décès de sa femme, dont il n'est pas encore remis.

Bon gré mal gré, il va rejoindre un groupe de thérapie, pour essayer d'avancer.

Pourquoi ça peut le faire

Parce que sur le papier, l'idée est bonne. Elle a en tout cas suffisamment de potentiel pour tenir un joli petit paquet d'épisodes si Ryan King, le personnage de Matthew Perry est assez complexe pour que l'on s'y attache. Et le sujet est suffisamment riche pour développer des héros aussi dingues qu'attachants.

Pourquoi ça peut faire un flop

En évoquant les projets de pilotes retenus par les chaînes, j'ai parlé il y a quelques mois d'une malédiction Chandler Bing. Vous savez : ce truc chelou qui fait que l'interprète du personnage le plus drôle des cinq premières saisons de Friends paraît coincé dans un trou noir artistique. Un phénomène qui semble lui interdire de tenir le premier rôle dans une série à succès.




Avec le trailer de Go On, je ne parlerai pas vraiment de ça. Ce qui me gêne, c'est que la richesse du concept papier paraît bien très peu exploitée dans ce qu'on voit ici à l'écran. Ce n'est pas vraiment drôle, la puissance d'évocation semble un peu en berne... et ça m'ennuie un peu.


Tout ça pour dire que je demande à voir, mais je me garde bien d'être super confiant.

Bien à vous,
Benny

vendredi 6 juillet 2012

L'album de juillet (disque A) : "Lex Hives" (The Hives)

Les Suédois de The Hives sont revenus juste avant que ne débarque l'été avec un sixième album en douze ans d'histoire. Toujours emmené par Pelle Almqvist, chanteur à l'attitude très jeaggerienne, le groupe au son très garage a retranché la prise pour livrer une nouvelle galette bondissante pour les platines.

Avec The Hives, on sait ce qu'on achète : des riffs énergiques mais pas forcément des mélodies qui bluffent l'auditoire.


Lex Hives ne fait pas franchement exception à la règle.
J'ai dû l'écouter trois ou quatre fois ces dernières semaines sans qu'il ne marque mes oreilles ou mon esprit de façon durable.



C'est d'ailleurs un peu le problème avec ces Scandinaves pour le moins sympathiques. Hormis l'imparable Tick Tick Boom, il est difficile de trouver dans leur discographie un single marqué du sceau de l'inventivité. Les titres passent, et si c'est définitivement mieux que de la musique d'ascenseur, ils manquent du petit surcroît d'âme qui fait qu'on les garde en tête pendant des jours entiers.

Dommage...

Bien à vous,
Benny

mercredi 4 juillet 2012

L'InstantMusique #14 : "It's a Dead Man's Party" (Oingo Boingo)

Aujourd'hui, ça s'anime sur Le Monde de Benny. Enfin, plus exactement, ça parle d'un clip d'animation signé par un maître du genre, Tim burton. Oigno Boingo, c'est le groupe de musique du compositeur américain Danny Elfman, un fidèle complice du réalisateur d'Edward aux mains d'argent.

La spécialité des Boingo, c'est de proposer des compos new wave très eighties qui ont tous les atouts pour séduire pendant une nuit d'Halloween. En témoigne ce titre, It's a Dead Man's Party dont l'ambiance gothique à souhait s'appuie sur une rythmique efficace et entêtante.

Si ce titre vous rappelle par un curieux hasard, le générique de Weird Science/Code Lisa (ou de Une créature de rêve, de John Hugues, pour les plus cinéphiles d'entre vous, c'est normal : c'est également une création signée Oingo Boingo.



Petite précision pour les fans : on peut entendre ce titre dans un très bon épisode de la saison 4 de Chuck, dans lequel l'équipe Bartowski simule l'enterrement du major Casey.

Bien à vous,
Benny

lundi 2 juillet 2012

Le livre de juillet : "The Practice, la justice à la barre" (Nathalie Perreur)

Cela fait un petit moment que j'avais prévu de parler de ce livre. Mais comme c'est la tradition depuis plusieurs années, je n'ai pas vu passer le mois de juin et j'ai laissé trainer...

The Practice : La justice à la barre est issu de la nouvelle collection que les Presses universitaires de France consacrent aux grandes séries américaines post Hill Street Blues, celles que Robert Thompson regroupe sous le concept de Quality Television dans son ouvrage Television's Second Golden Age. Une appellation qui recouvre en gros tous les dramas qui, ces trente dernières années, ont questionné (ou questionnent) avec beaucoup d'acuité la société américaine 

L'ouvrage à l'honneur aujourd'hui est le deuxième d'une série dans laquelle on trouve déjà une étude consacrée à Desperate Housewives et une autre à CSI. Dans les mois qui viennent, ce seront au tour de Six Feet Under, Grey's Anatomy et The Shield de faire l'objet d'une analyse réalisée par un universitaire.

 En s'intéressant à The Practice, la série la plus noire de David E. Kelley, Nathalie Perreur, docteur en sciences de l'information et de la communication, laisse à penser que les PUF ne veulent pas seulement surfer sur un effet de mode mais bel et bien s'intéresser à des séries qui possèdent une vraie richesse thématique.

Ce qui est une excellente idée.

Ce bon point est malheureusement contrebalancé par ce qui est, pour moi, deux gros défauts. Le premier, ce sont les approximations et/ou le besoin d'opposer maladroitement les dramas modernes avec le reste de la production.

Des erreurs regrettables... 


Côté approximations, j'en ai relevé trois dès les trois premières pages. Affirmer par exemple que Kelley a écrit la quasi-totalité des épisodes de La Loi de Los Angeles est ainsi une hérésie : il a quitté le show après la saison 5, et au cours de cette dernière année, il était moins présent dans l'écriture directe d'un show qui compte au total huit saisons.

Assurer que la série était  "diffusée originellement le dimanche soir puis retransmise le lundi à partir de janvier 2003" est encore  approximatif. La saison était diffusée le mardi aux Etats-Unis, avant d'être proposée le samedi en saison 2 (un jour maudit Outre-Atlantique : personne n'est devant sa télé. Kelley a multiplié à l'époque les épisodes bouclés pour ne pas tuer sa propre création) puis d'être propulsée le dimanche grâce aux très bons retours critiques.


Soutenir enfin que la série n'a jamais été proposée intégralement sur une chaîne française est encore faux. Ou alors j'ai rêvé le soir où j'ai vu la fin de la saison 7 puis de la saison 8 sur Jimmy.


... et une idée centrale maladroite

A ces erreurs factuelles s'ajoute le besoin de désigner les séries dramatiques "nobles" sous le terme de néo-séries (alors que les spécialistes les appellent déjà... drama). Personnellement, ça m'a gêné. Avec cette appellation, j'ai parfois eu l'impression que l'auteur cherchait à convaincre son lecteur du sérieux de ces créations pour mieux renvoyer les autres productions aux jugements faciles, partiels et partiaux. Ceux que l'on réserve encore souvent à la majeure partie de la production télévisuelle.


Je suis mal à l'aise avec cette idée car ça ne rend que très imparfaitement compte d'une réalité : avec les séries des USA, comme dans les bons dramas, il n'y a pas d'un côté les bons et les méchants. J'entends par là qu'il y a un vrai phénomène d'interpénétration entre les séries "nobles" et les séries grand public. 

C'est parce qu'elle connaît les ressorts du soap et que dans ses meilleurs moments, elle sait transcender son genre que Desperate Housewives a vécu huit saisons. C'est parce qu'elle pose des personnages solides que Chuck n'est pas une série d'espions bateau et benêts. Et cette appellation de "néoséries" ne tient pas vraiment compte de ça.

Plusieurs bonnes choses (quand même)

Ces considérations mises à part, je dois dire... que je ne sais pas trop quoi penser de cet ouvrage. En tant que téléspectateur attentif de cette série (attention : je n'ai pas dit fan), je n'ai pas appris grand'chose. Maintenant, ça ne me choque pas. 

Enfin, pas trop : l'idée est sans doute de s'adresser à ceux qui ne connaissent pas ou peu. Mais dans ce cas-là, autant faire preuve de rigueur dans l'analyse: pour moi, c'est ce qui a sans doute manqué le plus.

Car il y a quand même des choses intéressantes dans The Practice : La justice à la barre. Toute la partie sur l'ambivalence des notions de culpabilité et d'innocence est assez bien menée (comme celle sur les dérives d'une société sécuritaire). Quant à celle consacrée à un "argumentaire filé contre la peine de mort", elle est assurément la plus réussie.

Très didactique (sans doute trop), l'ensemble manque un peu de souffle : j'ai parfois eu l'impression d'assister à une démonstration appuyée superposant les exemples plus qu'à une analyse anglée, portée par un récit empreint de souplesse. Et ça aussi, c'était dommage de mon point de vue (1).

Pourtant, conte toute attente, cela m'a surtout donné envie de revoir la série. Mine de rien, c'est une jolie performance : il y a des moments vraiment barbants dans les saisons 6 et 7 de la série.

Bien à vous,
Benny

(1) : Je serais vraiment heureux d'avoir un autre avis parce que je me demande si c'est moi qui ai pris le livre dans le pif (ce que je ne veux pourtant pas faire), loupant au passage des éléments importants...