lundi 3 octobre 2011

Pilote contre Pilote : "Suburgatory" vs. "2 Broke Girls"

Aujourd'hui, on poursuit notre exploration des nouveautés en séries (ou des séries nouvelles: à vous de choisir), toujours en lorgnant du côté des networks américains. Et on continue de s'intéresser aux comédies, en mettant le cap sur New York avec, d'un côté, la vie en banlieue à travers Suburgatory (ABC) et, de l'autre, Brooklyn et ses rues fauchées via 2 Broke Girls (CBS).

Suburgatory: la banlieue, ça craint...
L'enfer est-il pavé de bonnes intentions? Si vous lui demandiez, Tessa Altman (Jane Levy) vous dirait sans doute "Oui" dans un grognement d'adolescente. Après que son père George (Jeremy Sisto) a découvert une boîte de préservatifs dans sa chambre, elle a été contrainte de quitter Manhattan (et ses jeunes mâles sexuellement actifs) en quatrième vitesse pour rejoindre la banlieue (les fameux suburbs). Une façon, pour le père, de protéger sa fille mais aussi de se rapprocher d'elle, alors qu'ils ne sont que deux depuis de nombreuses années (la mère de Tessa est partie alors qu'elle était très jeune).
Sauf que la banlieue façon "Wisteria Lane et collagène", ce n'est vraiment pas une partie de plaisir pour Tessa. C'est même carrément l'enfer quand on se retrouve au milieu de mères désespérément au foyer et de filles qui ne songent qu'à acheter des vêtements toujours plus courts... L'enfer, donc. Ou le purgatoire. Purgatory en anglais. D'où le titre, Suburgatory.



Comédie single camera, Suburgatory marque l'énième retour de Michael Fresco sur ABC. Fresco, c'est le genre de garçon sympa mais un peu maudit. Par le passé, on l'a en effet souvent retrouvé derrière des projets de séries bien fichues mais à la durée de vie limitée. Andy Richter controls the Universe, c'était lui. Better off Ted, aussi. Ces deux productions ont souvent plu à beaucoup de sériephiles mais elles n'ont jamais vraiment eu l'occasion de grandir, faute d'audience.



Associé cette fois-ci à Emily Kapnek, il nous propose une série plutôt sympathique mais avec un pilote qui a des hauts et des bas. L'introduction est plutôt efficace, certaines scènes sont particulièrement réussies (celle des rhinoplasties est assez géniale) mais l'histoire a un peu de mal en terme de rythme, notamment dans la seconde partie. Résultat: on sourit plus qu'on ne rit et si on compare le premier épisode de Suburgatory à celui de Better off Ted, l'ensemble manque un peu d'énergie.

Reste que le casting est bon: Jeremy Sisto est encore une fois impeccable, Cheryl Hines est plutôt effrayante et on attend de voir ce dont Jane Levy est vraiment capable. Du coup, on donne assez facilement à ce show un ticket pour revenir en deuxième semaine. Plus que pour Up All Night en tout cas.

2 Broke Girls: old school is good school
Avec la multiplication des mockumentary et des comédies single camera, on pouvait penser que la bonne vieille sitcom et ses rires enregistrés était un genre en voie d'extinction. The Big Bang Theory, How I Met Your Mother et Two and a Half Men peuvent pourtant compter sur du renfort cette saison. La petite nouvelle s'appelle 2 Broke Girls (en VF : Deux filles fauchées) et évidemment, ça (se) passe sur CBS.

Le pitch est du genre de ceux qu'on produisait par demi-douzaines chaque saison dans les années 90 aux USA. Serveuse dans un resto bas de gamme de Brooklyn, Max (Kat Dennings, parfaite), brune au verbe haut et au caractère bien trempé voit débarquer la blonde Caroline Channing (Beth Behrs, le sidekick), ex-héritière ejectée de l'Upper East Side après la faillite très médiatique de son père. Le choc des cultures est évident et pourtant c'est grâce à leurs différences que les deux jeunes femmes vont essayer de trouver la meilleure façon d'avancer.




Si le principe est basique comme la boîte à coucou (blague générationnelle qui excluera les kikoolol: désolé mes agneaux), et si on est étonné de voir Michael Patrick King (Sex & the City) s'embarquer dans une telle aventure, il faut bien reconnaître que ça marche. Et même que ça marche vachement bien. Il suffit de voir la scène d'ouverture où Kate Dennings pause d'entrée de jeu le ton, les enjeux et les caractéristiques de son personnage pour se dire que l'on a là tous les atouts du succès comique. Situations, écriture, dynamique vanne/contre-vanne... cet hommage à la sitcom old school a ce qu'il faut pour séduire les nostalgiques. Comme il a de bonnes chances de secouer dans le bon sens ceux qui pensent que How I Met Your Mother est un must en la matière.
Il ne reste donc à la série qu'à tenir ses promesses. Et si jamais l'épisode 2 est un poil faible, là c'est sûr: on a affaire à une vraie bonne comédie comme on n'en fait plus.

Bien à vous,
Benny

dimanche 2 octobre 2011

Le carré d'albums d'octobre : partie 1, "Velociraptor!" (Kasabian)

Aujourd'hui, retour aux mélodies. Et ce n'est pas trop tôt: on a du pain sur la planche ce mois-ci, côté musique. En guise d'intro, on célébrera donc le retour des Kasabian dans les bacs avec leur quatrième album. Une création forcément très attendue puisque le précédent épisode des aventures des ex-protégés d'Oasis, West Ryder Pauper Lunatic Asylum, avait été couvert de louanges par les critiques Outre-Manche... Du coup, les petits copains de Sergio Pizzorno, le chanteur, devaient maintenant assumer un statut qui les place au niveau de Kaiser Chief et Arctic Monkeys.
Pour ce faire, Kasabian a décidé de faire... du Kasabian. Lire un album britpop tapant aussi bien du côté des sonorités Indie que des rythmiques electro. Let's Roll Just Like We Used To et Days are Forgotten, les deux titres qui ouvrent l'album ne laissent aucun doute là-dessus. Une impression confirmée par GoodBye Kiss, titre plus pop comme les Anglais savent en faire de pleines brouettes... ce qui n'est pas une insulte mais confirme que le groupe a envie de perséverer dans une voie qu'il connaît très bien.

Les oreilles en terrain connu

Fainéantise ? Un peu. Avec La Fée Verte, le groupe lorgne du côté des Beatles et de Sergent Pepper, et avec Re-Wired, il fait preuve d'un peu plus d'audace mais c'est vrai que dans l'ensemble, niveau prise de risque, tout cela est un peu limité. Reste le son Kasabian. Tour à tour puissant et fin, mais le plus souvent porté par des mélodies percutantes. 





Velociraptor!, album efficace ou limité? Les fans risquent de s'opposer un petit moment sur cette question. Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, ce n'est peut-être pas plus mal de commencer avec cet opus. Comme ça, le meilleur est à venir... en remontant le temps et la discographie des Kasabian (notamment Empire, évoqué par ici).

Bien à vous,
Benny

samedi 1 octobre 2011

"Pan Am" peut-elle décoller vers les sommets?

Le Pitch: 1963. Le Clipper Majestic de la Pan American Airlines réalise sa première traversée New York/Londres. A son bord, l'équipage de la compagnie compose avec son travail et ses soucis personnels: des histoires d'amour qui, globalement, battent de l'aile (huhu) avec, en toile de fond, une intrigue d'espionnage.
Il fallait s'y attendre. Le monstrueux succès de Mad Men et de ses histoires au coeur des années 60 sur AMC allaient forcément connaître des déclinaisons sur les networks americains. Ce qui devait arriver arriva finalement cette rentrée, avec Playboy Club sur NBC et Pan Am sur ABC.
Si la première a complètement loupé son entrée publique et critique (il y a de fortes chances qu'elle disparaisse vite), la seconde s'en est un peu mieux sortie. Tout ça grâce à un pilote (huhu²) peut-être un peu trop didactique mais qui a le mérite de retenir l'attention... parce qu'il suscite une certaine curiosité.

Un lancement qui intrigue un peu
En fait, Pan Am est un show un peu intriguant. Fondamentalement, pour leur retour après une trop longue absence (surtout pour le premier), Jack Orman (Urgences) et Thomas Schlamme (Sports Night, The West Wing et -aussi- Mr Sunshine) esquissent sous les yeux des spectateurs une série de portraits pas toujours très originaux.
On a l'hôtesse qui décide de prendre sa vie en main en fuyant un mariage (Laura/Margot Robbie), celle qui se rend compte que l'homme avec lequel elle couche à déjà une famille (normal, elle est Française: c'est Colette/Karine Vanasse) et celle qui a du tempérament mais dont on ne sait encore que peu de choses (Maggie/Christina Ricci). On a aussi le capitaine (Dean/Mike Vogel) prêt à s'engager avec une collègue de travail mais qui découvre bien vite que celle-ci est partie. S'il n'y a rien de révoltant à retrouver des choses déjà vues, on sait aussi que pour convaincre l'audience, l'équipe de scénaristes va devoir particulièrement soigner la caractérisation de ses héros. Sinon, ce sera le crash.
A côté de ça, le récit, lui, est truffé de flashback qui permettent de présenter les multiples protagonistes tout en apportant une tension dramatique qu'un voyage en avion ne garantit pas forcément. Ça marche plutôt bien puisque l'on ne s'ennuie pas... mais l'articulation présent/voyage dans le passé des personnages manque parfois de souplesse.

La Guerre froide à travers le hublot
Parallèlement (et heureusement), ce premier épisode de Pan Am s'appuie aussi sur des points forts. A commencer par le personnage de Kate (Kelli Garner), une femme embarquée dans une histoire d'espionnage au coeur de la Guerre froide. Immerger le récit dans cette spécificité des 60's est une idée originale. Casse-gueule aussi parce qu'il faut que cette trouvaille s'intègre à l'ensemble. Mais pour ses débuts, la série ne s'en sort pas trop mal sur ce point, notamment en introduisant une part de mystère avec le personnage de Bridget (Annabelle Wallis), la femme qui laisse Dean dans l'expectative...
L'autre force de Pan Am, c'est l'enthousiasme qui porte la narration, plutôt alerte par à-coups. Le prologue notamment, où l'on voit les différents personnages se préparer pour l'embarquement alors que Maggie traverse New York pour remplacer au pied levé Bridget (qui devait prendre part au vol) est à ce titre très dynamique. C'est peut-être la musique ou la mise en images, mais ça m'a rappelé le lancement du pilote de The West Wing (toutes proportions gardées).

A quoi ressemblera la suite ?
Au bout du compte, ce premier voyage dans les sixties n'est pas décevant. Au contraire, il intrigue parce que l'on ne sait pas vraiment ce que l'on va voir par la suite. Est-ce qu'on va avoir droit à une sorte de soap girly truffé de "références flashback" à l'histoire des héros? Est-ce que ce sera, au contraire, une saga mêlant des portraits travaillés et plongés intelligemment dans tout un pan de l'histoire mondiale? Est-ce que ce sera moins ambitieux, franchement bancal et même carrément overzetop? On ne sait pas : tout est possible. Le bon comme le mauvais. Mais il y a plusieurs éléments, parsemés ça et là, qui donnent envie de connaître la suite.
Alors, attachez votre ceinture... en attendant l'épisode 2.

Bien à vous,
Benny

dimanche 25 septembre 2011

"Prime Suspect" (NBC) : Chapeau, Maria Bello

Le pitch : Nouvellement incorporée à la brigade criminelle de la police de New York, l'inspecteur Jane Timoney peine à se faire une place dans un univers très masculin. A la suite d'un concours de circonstances dramatique, elle se retrouve pourtant propulsée sur le devant de la scène. Pour elle, le plus dur commence...

Dans la cohorte de nouveautés plus ou moins alléchantes proposée par les networks, ce projet se situait, sur le papier, dans la bonne catégorie. Normal : il réunit une actrice qui bénéficie d'une jolie cote de sympathie auprès du public (Maria Bello), un producteur à qui l'on doit Friday Night Lights (Peter Berg, réalisateur de l'épisode) et un projet original qui compte parmi les grands classiques du polar british... Clairement, l'arrivée d'un remake de Suspect numéro 1 sur NBC avait de quoi rendre curieux. Et pour une fois, la curiosité paie.

L'atmosphère fait la différence


Pourquoi? Parce que le beau portrait de femme imaginé originellement par la Britannique Linda LaPlante est adapté avec intelligence par Alexandra Cunningham (ex-scénariste de Desperate Housewives qui a aussi travaillé avec Steven NYPD Blue Bochco). Jane Tennison devient Jane Timoney mais toutes deux évoluent dans un univers sombre et qui ne tolère aucune faiblesse. L'une des plus grandes réussites de ce pilote, c'est d'installer une atmosphère très prenante... comme trop peu de cop shows ont su le faire ces dernières années.

L'autre point fort de Prime Suspect, c'est son premier rôle. Maria Bello incarne avec force et subtilité cette femme inspecteur qui doit jongler entre vie professionnelle et vie privée... et qui fait surtout comme elle peut. En 43 minutes, on la voit se démener, faire face à l'adversité, se prendre des coups, se relever... et on y croit.


Le pilote de la rentrée ?...
A force de se farcir des séries sur USA Networks, Showtime ou TNT où on nous présente des pseudo femmes fortes qui sont des super-héroïnes pour qui tout ou presque finira bien, on se demandait si on allait le trouver ce personnage féminin à la fois iconique et crédible. Après Alicia Florrick (The Good Wife), Jane Timoney est peut-être celle que l'on attendait tant.

Les fans de Jane Tennison et de la version anglaise avec Helen Mirren trouveront peut-être qu'à coups d'arrangements hollywoodiens, le concept perd de sa force. On objectera que la version de la BBC a 20 ans, que l'intérêt est peut-être de proposer autre chose (quel intérêt d'un copier-coller?)... et que si c'est à ce prix que l'on doit voir s'installer une vraie bonne série policière sur NBC (chose qui ne s'est pas vu depuis un sacré moment), le jeu en vaut résolument la chandelle.


... mais une série (déjà) menacée


Problème: lors de sa diffusion, ce pilote n'a attiré que six millions de téléspectateurs. Loin, trop loin des chiffres de Grey's Anatomy et The Mentalist. La tendance peut-elle s'inverser? Si la série garde ce ton, cette puissance narrative, on aimerait vraiment que ce soit le cas. Pour Maria Bello. Et pour tout le casting qui l'accompagne, d'Aidan Quinn (Third Watch) à Kenneth Johnson (The Shield) en passant par le toujours très bon Kirk Acevedo (Oz, Fringe, Band of Brothers).

Croisons les doigts... parce que ça peut valoir le coup. Vraiment.

Bien à vous,
Benny

samedi 24 septembre 2011

Pilote contre pilote: "New Girl" vs. "Up all night"

Bon, c'est pas le tout de dire que l'on est de retour sur la toile... maintenant, il faut rattraper le retard accumulé. Et se plonger direct dans l'actualité. Comme il fait beau ce week-end dans la Grande Méchante Ville, on va donner dans le soleil de la comédie (en vrai, ça n'a aucun rapport mais on s'en fiche).

Au menu du jour, deux sitcoms qui viennent de faire leur apparition sur les écrans de l'autre côté de l'océan. Deux séries multi-caméras qui braquent leurs objectifs sur de jeunes actifs: à ma gauche, New Girl d'Elizabeth Meriwether avec Zooey Deschanel (Fox); à ma droite, Up all Night d'Emily Spivey avec Christina Applegate et Will Arnett (NBC).

New Girl, Deschanel or not Deschanel?
Jess Day est enseignante et de nouveau célibataire. Après avoir découvert que son petit ami la trompait, elle a décidé de repartir de l'avant... en proposant de rejoindre une colocation composée de trois mecs. Il y a Nick, qui ne se remet pas de sa propre rupture; Schmidt, dragueur qui ne recule jamais devant une blague lourde; et Coach, entraîneur sportif qui a un vrai problème de communication avec les femmes. Ces trois gars sont plutôt stéréotypés mais ça tombe bien, le personnage de Jess l'est tout autant. Elle est un peu barrée, assez naïve. Elle aime chanter pour tout et pour rien. Et comme on est dans un pilote de sitcom, il ne lui faudra pas plus de 22 minutes pour mettre dans sa poche les trois gars qui partagent sa vie. Et pas plus de temps pour qu'ils se mettent à chanter aussi.


Dit comme ça, on pourrait croire que je n'ai pas aimé. Que c'était beaucoup trop cliché. En vérité, c'est cliché... mais je trouve que ça passe bien quand même. Soyons clairs: New Girl aurait pu s'appeler, comme ça se faisait bien à la fin des 90's, The Zooey Deschanel Show tant la série repose sur les jolies épaules de la brune aux yeux bleus. Si son jeu vous agace, si ses minauderies vous écorchent les oreilles, vous allez détester cette comédie.  A plus forte raison si, pour vous comme pour Iris de pErDUSA, Deschanel est la parfaite incarnation de la fille excentrique qui vient mettre de la couleur dans des existences trop grises. Là, vous ne pourrez qu'être déçu en constatant que cet aspect de la personnalité de Jess Day est développé de manière assez limité. (Trop limité?).

Par contre, si Deschanel ne vous rebute pas et surtout si vous abordez l'héroïne qu'elle incarne comme un personnage de sitcom gentiment décalé et plutôt léger, ça peut le faire. Parce que le script de ce premier épisode est rythmé. Il est plutôt bien écrit aussi. Comprendre: les gags ne sont pas d'une originalité folle mais s'enchainent bien. Et vite.

En fait dans l'exercice périlleux du pilote, New Girl a l'avantage de faire rire en donnant un minimum d'infos sur ses personnages. Du coup, ça donne envie de voir la suite. Est-ce que ce coup d'envoi remplit toutes les fonctions de l'épisode inaugural? Pas complètement : la caractérisation des héros est encore une fois super légère et on peut raisonnablement se demander si la série saura faire fructifier son capital sympathie en développant des héros vraiment attachants... capables de surprendre, et donc de retenir durablement l'attention.
Pour l'heure, on ne peut pas répondre. Et on se doute que Jess et Nick vont se tourner autour. Mais New Girl mérite qu'on lui donne sa chance pendant un petit moment.
  
Up all Night: des nuits blanches... pour bosser encore
Pour Reagan et Chris, l'arrivée de la petite Amy s'apparente à un micro big bang. La nouvelle maman, assistante de production d'un show télé, va devoir jongler avec sa vie professionnelle et les exigences de son nouveau statut privé. Ceci alors que le jeune papa a, lui, lâché son travail pour s'occuper à plein temps de l'enfant mais n'est pas vraiment doué. Pour ne rien arranger, Reagan doit composer avec Ava, présentatrice de l'émission pour laquelle elle travaille et qui demande encore plus d'attention qu'un bébé. C'est sûr, pour le jeune couple, une nouvelle vie débute... et, qu'il le veuile ou non, ce ne sera pas simple.

Des poids lourds au casting, une plume du Saturday Night Live pour conduire l'ensemble, une diffusion sur NBC... toute ressemblance entre 30 Rock n'est pas complètement fortuite, pour le meilleur comme pour le pire. Disons-le tout de suite: ce pilote est plutôt bancal. Pas toujours drôle, ou en tout cas pas assez rythmé dans sa dynamique comique. En s'attachant à présenter un peu lourdement ses héros, Up All Night ne laisse pas vraiment voir tout son potentiel humoristique. Autant le dire: c'est un vrai problème.


On le sait, le test du premier épisode est particulièrement casse-gueule pour une sitcom. Et n'est jamais complètement révélateur de ce qu'un show a à offrir. Cette réalité, Up all Night la prend de plein fouet... mais le show distille néanmoins çà et là quelques éléments qui, paradoxalement, peuvent lui permettre de voir plus loin. L'ambiance est par moments très agréable et si Will Arnett retrousse ses manches, ça peut peut-être le faire. Le souci est évident: la mise en place est maladroite (Ava = Tracy Jordan ?). Un peu comme ce qui s'était passé pour 30 Rock justement. Il va donc vite falloir passer la vitesse supérieure.

Pour l'heure, en tout cas, je donne l'avantage à New Girl...

Bien à vous,
Benny

PS: Ceci était le post n°300 de ce blog. Il fallait le dire (et ça permet aussi d'habiller la dernière photo avec du texte: rien ne se perd ^^).

vendredi 23 septembre 2011

"The Pacific", la tête à l'enfer (en moins bien que "Band of Brothers"?)

1942/1945: la Deuxième Guerre mondiale vue sur le front du Pacifique. Là où troupes américaines et japonaises se livrent une série de batailles sanglantes. De Guadalcanal à Okinawa, en passant par Pavuvu ou Iwo Jima, le corps des Marines des Etats-Unis est sur tous les fronts. Sous le casque du combattant, plusieurs visages regardent la guerre droit dans  les yeux. Parmi eux, il y a John Basilone, Robert Leckie et Eugene Sledge, qui vont voir ce qu'il y a de meilleur et surtout ce qu'il y a de pire chez l'homme pendant cette campagne...

Hanks et Spielberg repartent en guerre
Authentique événement de l'année 2010, The Pacific était attendu avec impatience par un très large public. Il faut dire que Band of Brothers, la précédente production TV du tandem Steven Spielberg/Tom Hanks sur un thème analogue, a marqué beaucoup de monde au début de la décennie. Explorant le volet européen de la Deuxième Guerre mondiale, l'adaptation du livre de Stephen Ambrose avait su emporter l'adhésion avec un récit porté par tout un lot de figures iconiques et dont l'intensité narrative allait croissant. Dans cette épopée en dix parties, des plages de Normandie à Carentan, de Bastogne à Foix, les images fortes se succédaient à mesure que l'on apprenait à mieux connaître les frères d'armes de la Easy Company. Et ça fonctionnait vraiment très bien.

It's (not) so Easy...
The Pacific très attendue, donc... mais The Pacific plusieurs fois critiquée au final. En cause (pour certains): une narration un peu trop didactique, surtout dans les premiers épisodes. La raison numéro 1: les parcours des trois principaux protagonistes, s'ils sont liés par la force des choses historiques, ne se croisent presque jamais. Si Leckie et Basilone participent à la bataille de Guadalcanal, ils le font dans deux compagnies distinctes. Et quand Sledge rejoint le front, Basilone est revenu au pays. C'est peut être ce côté "collage de destins" pas toujours très adroit (la série s'inspire de deux livres distincts) qui peut expliquer les réserves d'une partie de l'audience. C'est en tout cas principalement à cause de cela que  l'on ne retrouve pas la montée en puissance du récit de Band of Brothers.

La tête dans les tranchées
Mais il faut savoir aller plus loin. Si les deux séries ont deux identités bien différentes, The Pacific aborde aussi la Deuxième Guerre mondiale avec ses propres armes. La plus grosse? Une approche sans doute plus fine de l'aspect psychologique du conflit. Plus dure aussi. Si la série compte elle aussi ses personnages faisant office de figures de proue (expression décidément très utilisée sur ce blog...), au premier rang desquels on retrouve le sergent John Basilone, la dimension mentale des affrontements, son poids sur les âmes, n'est jamais escamotée.

La bataille pour l'Après
La guerre broie. Elle marque et souvent, elle brise les hommes. Et c'est ce que raconte d'abord The Pacific. Cette question, si elle n'était pas vraiment éludée par Band of Brothers, n'etait cependant pas au cœur du récit. Ici, c'est le cas. Sombre, souvent âpre, celle que France 2 a (assez justement) rebaptisé Band of Brothers: L'enfer du Pacifique n'est cependant complètement désespérée. Il y a une vie après les tranchées. C'est ce qui vous fait tenir quand vous êtes embourbés là-dedans et c'est (aussi) ce pour quoi il faut encore et toujours se battre quand les armes sont déposées. Un combat lui aussi long et difficile mais pas une mission impossible. Et c'est ça que le show raconte avec le plus d'acuité, avec le plus de force.

 Deux séries complémentaires
Alors, et pour répondre à la question initiale, peut-on dire que The Pacific est une déception en comparaison à sa devancière? Pour moi, la réponse est non. Clairement. Elle est surtout vraiment différente, avec une narration peut-être un peu moins achevée mais porteuse d'une force psychologique plus grande, laquelle colle avec force à des images de combat  souvent dantesques. En définitive, assez souvent, c'est un peu comme si ces deux séries soeurs se répondaient l'une à l'autre. Pour offrir un tout de haute qualité.

Bien à vous,
Benny

Devine qui vient de retrouver le net?

Bonjour, bonjour!

C'est avec le sourire jusqu'aux cheveux que je vous annonce mon retour sur l'InterWeb après dix jours au régime pain super sec/eau croupie côté connexion, le temps de s'installer dans mon nouvel appart dans la Grande Méchante Ville avec ma coloc... et d'avoir une Box qui me permette de retrouver les autoroutes de l'info. Les premiers jours auront été bien remplis, à gérer tout plein de questions pratiques (et ce n'est pas fini: j'ai pas encore de lit) mais le fait de pouvoir bloguer à nouveau est quand même une sacrée bonne nouvelle.
Je vous raconte la suite très, très vite. Quand j'aurais fini de faire des bons de joie partout. La vie normale, quoi...

Bien à vous,
Benny