Nous voici en 1993, aux Etats-Unis. Venus de Gainesville (Floride), Tom Petty et ses Heartbeakers, qui tournent depuis déjà 17 ans sur les routes et les scènes américaines, font sensation en sortant la vidéo d'un single de l'album Wildflowers.
Sensiblement inspiré par Great Expectations de Dickens, le clip, franchement sombre, met en scène Petty en assistant mortuaire qui kidnappe le corps d'une jeune femme interprétée par Kim Basinger pour l'emmener diner chez elle.
Histoire d'amour ou histoire de drogue ?
Dit comme ça, soyons clairs, ce n'est pas franchement joyeux. Mais il faut bien admettre que la mise en images, très soignée et qui n'aurait pas fait tâche dans la filmographie de Tim Burton, colle vraiment bien à la rythmique de la chanson. Et une fois qu'on a vu la vidéo, on s'en souvient durablement.
Primés aux MTV Music Awards en 1994, ce clip et cette chanson évoquent pour certains les ravages de la drogue, Marie Jane renvoyant à la marijuana... Le guitariste Mike Campbell, interrogé à ce sujet, reconnaît que c'est possible. Il indique : "C'est surtout ce que vous voulez que ce soit : une chanson qui parle de drogue mais aussi une histoire d'amour".
La nouvelle est tombée dimanche en fin de journée, suscitant un petit cortège de réactions sur les réseaux sociaux.
Juste avant de dévoiler sa grille pour la saison prochaine, CBS a effectivement annoncé qu'elle ne commanderait pas une onzième saison de CSI : Miami.
La nouvelle n'est pas vraiment une surprise. Cela fait déjà au moins deux mois que les dirigeants du network s'interrogeaient sur le caractère opportun de reconduire le bail qui les lient avec la société de production de Jerry Bruckheimer pour cette série.
Putain, dix ans...
Finalement, CBS a décidé d'en rester là. En cause : le coût de production du show, jugé trop élevé par les exécutifs de la chaîne, et son âge. Cela fait déjà dix ans que David Caruso est apparu dans un épisode de la saison deux de CSI : Las Vegas, pour lancer le premier spin of de la franchise. Et dix saisons pour une série comme celle-ci, ça fait beaucoup.
Contrairement à NCIS pour JAG ou Law & Order : Special Victims Unit, Criminal Intent ou Trial by Jury pour Law & Order, CSI : Miami n'aura pas apporté quelque chose de vraiment différent d'un point de vue créatif.
Le principe reste fondamentalement le même pour le spin of et la série mère, et c'est un peu la même chose pour CSI : Manhattan avec Gary Sinise.
De l'orange... mais des évolutions monochromes
En lançant une franchise, Anthony Zuiker, Carol Mendelsohn (qui a aussi travaillé sur Un flic dans la mafia) et Ann Donahue (ex-partenaire de Kelley sur Picket Fences et de Bochco sur Murder One) auront surtout propulsé trois séries visuellement différentes mais privilégiant les histoires très, très carrées (1). Avec des enquêtes bouclées en un épisode et des arcs qui impliquent les différents protagonistes sur un temps parfois plus long.
Pour moi, tout cela aura singulièrement manqué d'âme, d'originalité et (paradoxe) de couleurs narratives pour vraiment marquer l'époque. En fait CSI : Miami a repris de façon consciencieuse - pour ne pas dire scolaire - des recettes déjà éprouvées ailleurs. CSI : Manhattan fait de même. Sans que ni l'une ni l'autre ne soit aussi marquante que CSI : Las Vegas.
Horatio Caine, un des symboles des années 2000 ?
Ce qu'il a effectivement manqué aux aventures des experts de Miami, ce sont des personnages plus complexes, plus surprenants, capable d'exprimer une large palette d'émotions. En résumé : il n'y a pas l'esprit Grissom, ce mélange de force et de fragilité, de gravité et d'humour qui fait le charme des premières saisons de CSI : Vegas.
Ici, on reprend la formule du personnage monolithique, du cow boy solitaire ou presque. Son nom : Horatio Caine. Pas vraiment aidé par l'interprétation de David Caruso, qui a un vrai don pour s'enfermer dans des tics de jeu insupportables (mains sur les hanches, jeu avec des lunettes et phrasé caricatural), ce personnage symbolise complètement la série.
On est ici dans le registre de la mauvaise rencontre, entre un texte qui manque de richesse et une interprétation limitée, voire limite. Là encore, le phénomène se reproduit avec le personnage de Mac Taylor dans CSI : Manhattan. Et dans d'autres séries de la même époque (Numb3rs par exemple).
Pour CSI : Miami,cela reste très troublant, tout de même. Sur le plateau, on a tout de même des gens comme Khandi Alexander, Adam Rodriguez et surtout Emily Procter, qui sont de très solides acteurs. Mais on reste dans le récit froid du procédural sans âme.
Le bon élève au tableau des audiences... et c'est tout
Pourtant, il convient d'être honnête : la série restera dans les esprits comme un succès d'audience, avec une moyenne de 10,8 millions de fidèles aux USA (en France, les chiffres sont aussi très bons)...
Alors ? Alors, j'en conclue que CSI : Miami est une série conjoncturelle. Avec les années 2000, elle aura participé à cette vague des séries qui mettent la science sur le devant de la scène tout en privilégiant la formule du procédural.
En bon élève consciencieux, CSI : Miami a appliqué la formule pendant dix ans. Sans génie mais en répondant à la logique d'offre de CBS en terme de divertissement. Avec des filtres orange.
A Manhattan, la bande à Sinise a gagné une année de répit. Mais il se pourrait bien que l'on arrive à la fin d'un cycle. Et c'est surtout ça que la direction de CBS a compris.
Bien à vous,
Benny
(1) : Et très républicaines, voire réactionnaires, comme peuvent l'être certains shows de la chaîne...
Dans un peu plus d'un mois - la diffusion du season premiere est prévue pour le 28 juin - Awkward, la très bonne surprise de l'été 2011, fera son retour sur l'antenne de MTV.
La série d'ados, qui arrive à intéresser (et à faire rire) ceux qui n'en sont plus, est d'ores et déjà attendue au tournant à la fin du semestre.
Lauren Ungerich, la créatrice de la série, va en effet avoir un sacré défi : pérenniser l'équilibre entre scènes délirantes et personnages bien décrits. Y parviendra-t-elle ? Avant de le savoir, voici quelques petites infos.
1 / Un triangle amoureux en stand by ?
La saison un reposait en partie sur le triangle amoureux qui liait l'héroïne Jenna et Matty McKibben et Jake Rosati. A la fin de la première saison, Jenna choisissait Jake… et cela devrait rester comme ça pendant un certain temps. "J'ai envie de voir Jenna heureuse pendant un petit moment avec lui", a confié Lauren Ungerich à Entertainment Weekly.
2 / Une relation mère/fille en mouvement
L'autre chose que l'on sait aussi déjà, toujours de la bouche de la créatrice du show, c'est que la relation entre Jenna et sa mère Lacey risque bien d'être bouleversée cette année. A cause de ce que l'on croit être la révélation du season finale ? "Jenna va commencer à devenir la fille que Lacey a toujours voulu", explique Ungerich. Qui précise : "Cela risque pourtant d'être douloureux pour Lacey. Mais celle-ci en a besoin pour mûrir".
3 / Un effet de miroir en vue
Lacey va d'ailleurs voir débarquer un des fantômes de son passé, piuisqu'un de ses anciens flirts va la retrouver. "Il est pour elle l'équivalent de Matty pour Jenna. Sachant que le père de celle-ci est une sorte de Jake pour Lacey". Un troublant effet de symétrie pourrait donc habiter les aventures de la mère et de la fille Hamilton.
4 / Un air de Ringer
L'ex-flirt de Lacey sera interprété par Kris Polaha, qui vient tout juste d'en finir avec l'aventure Ringer sur The CW. Il n'a signé que pour deux épisodes, avait-on appris en avril dernier. Précisons au passage que la saison 2 comptera douze épisodes.
5 / Et pendant ce temps, Tamara…
La meilleure amie un peu barrée de Jenna devrait continuer ses aventures hautes en couleur avec Ricky Schwartz. Et comme son personnage se rend compte qu'il n'est pas traité comme il le devrait, on ne devrait pas être au bout de nos surprises…
Vous n'avez pas vu la saison 1 ? Bonne nouvelle : MTV France la rediffuse à partir du premier épisode le 14 mai aux alentours de 19h10. Et vous pouvez toujours lire la critique de la saison 1 publiée sur ce blog…
Suivant qui vous êtes, le nom des Dandy Warhols peut vous évoquer de multiples choses. Si vous êtes sériephile (ce qui a de bonnes chances d'être le cas en atterrissant ici), cela vous évoquera une chanson. We Used To Be Friends, qui est aussi le thème musical de Veronica Mars.
Si vous êtes mélomanes (ce qui n'est pas non plus impossible si vous êtes un fidèle de ce blog), il vous évoquera sans doute des sentiments contrastés. Pour beaucoup, les Dandys, ce sont trois albums salués par le public (The Dandy Warhols Come Down, Thirteen Tales from Urban Bohemia et Welcome to the Monkey House) et une suite nettement moins encourageante. Voire carrément décevante (Earth to the Dandy Warhols).
De multiples courants (d'air), mais pour s'accrocher...
Voilà que débarque This Machine, septième album du groupe originaire de Portland combinant sonorités électro torturées (Slide, Alternative Power to the People) et compositions rock plus classiques (Seti vs. The Wow! ; I am Free).
Sans grande surprise, mon coeur aura toujours tendance à pencher du second côté. La balade, qui compte 11 titres, est plutôt agréable mais elle manque sans doute de relief pour vraiment emballer les oreilles. On mettra cependant au crédit du groupe de Courteney Taylor-Taylor une vraie capacité à osciller entre les genres et les courants.
De l'efficace Sad Vacation à 16 Tons en passant par le plutôt planant The Automn Carnival ou Enjoy Yourself, le tour d'horizon est assez large, avec de jolis moments et plusieurs passages à vide (Alternative Power... mouais). C'est peut-être pour ça qu'au final, cela ne marquera sans doute pas les esprits durablement.
Le changement, c'est maintenant ? Peut-être bien, quand on regarde les projets des chaînes TNT et USA Network pour la prochaine saison.
J'ai déjà eu l'occasion de dire, un brin agacé, que ces deux chaînes sont un peu les spécialistes des "séries sympa mais sans plus". Des productions capables de rassembler un public démographiquement large, mais au contenu souvent critiquable.
En cause : le manque d'ambition. Dans ces séries, on retrouve souvent pas mal d'histoires au goût de déjà vu (Leverage, Psych ou feue Hawthorne ne brillent pas particulièrement par leur originalité), des pseudo-personnages forts qui se ressemblent souvent beaucoup (Mettez cote à cote Sarah Shahi de Fairly Legal, Callie Thorne de Necessary Roughless et Mary McCormack de In Plain sight et vous allez voir...) et un manque d'alchimie régulièrement préjudiciable (ne produit pas White Collar qui veut).
Tout ça, c'est la faute de Burn Notice ?
On peut appeler ça la malédiction Burn Notice: la création de Matt Nix a connu ces dernières années un certain engouement et c'est un peu ce qui a lancé la machine à cloner. Pour le meilleur et aussi souvent pour le pire.
Mais les choses bougent. Les ambitions semblent évoluer. Je ne sais pas si c'est une idée que je me fais, mais j'ai l'impression que les exécutifs de ces deux chaînes se disent qu'il est désormais raisonnable d'être plus ambitieux tout en touchant toujours le grand public.
Tout ça a commencé avec la reprise de Southland par TNT. La série d'Ann Biderman, produite par John Wells, connaît en effet une jolie carrière sur la chaîne de Ted Turner. Elle vient tout juste d'être renouvelée pour une saison 5. Et le mouvement de fond semble s'accélérer. Enfin.
Les "grosses têtes" commencent à regarder de leur côté
Pour les prochains mois, on annonce en effet de jolies nouveautés. Que ce soit Chelsea Hospital (TNT) de David E. Kelley, dont le pitch fait franchement envie ; ou Political Animals (USA), série qui mêle politique et affaires de famille produite par Greg Berlanti et avec Sigourney Weaver en tête d'affiche, on se dit que ces shows ont de la gueule.
Pareil pour L.A. Noir, un polar avec des flics des années 40/50, porté par Franck Darabont pour TNT. Le fait que l'ancien producteur de The Walking Dead (AMC, une chaîne de ce qu'on appelle le câble premium, accessible sur abonnement) ait choisi de rebondir avec une chaîne du câble "grand public" est-il un signe fort ? Si c'est le cas, c'est tout bénéfice pour ces deux chaînes et pour les téléspectateurs en général. Mais le coup risque d'être dur à encaisser pour les grands networks...
Le constat est là. Plutôt pénible, un peu lassant. A l'heure de la télévision numérique terrestre, les chaînes se multiplient mais les grilles de programmes restent marquées par un conformisme, une uniformité qui est assez déprimante.
Avec ce post, il ne s'agit pas de se plaindre des rediffusions d'Urgences, Stargate : SG1, Chuck ou Buffy. Ce que je critique, ce sont des politiques de diffusion qui me laissent circonspect.
Exemple avec Urgences : quatre épisodes sont proposés chaque après-midi les lundis, mardis, jeudis et vendredis sur France 4... mais seulement 10 épisodes différents chaque semaine.
Nouvelle coqueluche de l'access prime time de NT1, Chuck fait l'objet d'une surdiffusion ce printemps après deux ans sans aucun créneau. J'ai bien compris que l'objectif, c'est de boucher des trous et de ramener du monde, mais quand même... le manque d'ambition éditoriale des décideurs me laissera toujours songeur.
Voilà pourquoi aujourd'hui je propose un top 5 des séries qui mériteraient de revenir sur les écrans français après une seule diffusion dans les dix à quinze dernières années.
On ne sait jamais : certains sont peut-être en manque d'idées, de suggestions. Du coup, je me dévoue.
NUMERO 5 : WONDERLAND
Créée en 2000, c'est la première série produite par Peter Berg... et cela aura été un flop assez retentissant (ABC n'en a diffusé que deux épisodes : ce qui, à l'époque, avait provoqué la fureur de l'ancien acteur de Chicago Hope).
Pourtant, ces huit épisodes ne manquent pas d'idées ni d'originalité, puisque l'on suit le quotidien d'un groupe de psychiatres.
Michelle Forbes (Battlestar Galactica) était au générique et son personnage s'appelait Lyla Garrity. Exactement comme le personnage de Minka Kelly dans Friday Night Lights, produite par le même Peter Berg. Dont on attend aussi une vraie diffusion française.
NUMERO 4 : THE CORNER
C'est le truc qui m'étonne le plus. A l'heure où beaucoup saluent le travail et le talent de David Simon (parfois en enrichissant le débat, parfois en racontant n'importe quoi), on attend toujours de revoir à l'antenne la première mini-série imaginée par le créateur de Treme et The Wire.
Adaptation d'un excellent bouquin dont j'ai déjà parlé, cette courte histoire explore les ravages de la drogue dans un des quartiers pauvres de Baltimore. Au casting, on retrouve plusieurs figures de l'univers porté par l'ex-plume du Baltimore Sun. Cerise sur le gâteau : Charles S. Dutton tient un rôle de premier plan, comme une sorte de narrateur.
NUMERO 3 : GIDEON'S CROSSING
Série d'une saison (2001/2002) imaginée par le scénariste du pilote de Homicide(Paul Attanasio), avec dans le rôle principal l'acteur phare de la série produite par Levinson et Fontana (André Braugher). Veuf, Ben Gideon est un cancérologue de renom. Il partage son temps entre soins et formation des internes.
Je me souviens assez bien du pilote, de son thème musical et de la complexité du traitement de ces maladies, car la technique et l'humain s'enchevêtrent de façon troublante dans les histoires. Ballon d'essai pour celui qui est aussi le producteur de House, c'est une série que j'aimerais vraiment revoir...
NUMERO 2 : SPORTS NIGHT
Une autre oeuvre dont les téléphages parlent souvent... mais que beaucoup d'amateurs de séries n'ont pas vu. Première série créée par Aaron Sorkin, elle se déroule dans les coulisses d'une émotion de télé consacrée au sport.
Elle réunit un casting de très haut niveau (Peter Krause, Josh Charles, Felicity Huffman ou encore Sabrina Lloyd) et le duo Sorkin/Schlamme se retrouve aux manettes ensemble pour la première fois.
Idéal pour voir le chemin parcouru par Sorkin en un peu plus de dix ans. Juste avant l'arrivée de The Newsroom sur HBO.
NUMERO 1 : NORTHERN EXPOSURE
Non, ce n'est pas qu'un clin d'oeil au camarade Arnaud J. Fleishman. Ayant vu St Elsewhere il y a plusieurs années (une série culte des années 80) mais ayant aussi entendu et lu beaucoup de choses sur cette série de Joshua Brand et Michael Falsey, j'ai vraiment envie de la voir enfin.
Ce que ça raconte : un médecin new-yorkais s'installe en Alaska pour rembourser son emprunt étudiant. Et se retrouve immergé dans une étonnante communauté.
Comme beaucoup, j'aimerais bien voir enfin cette série dont on dit que c'est une authentique référence. Pas vous ?
Ah, le printemps : la saison des amours et tous les mammifères qui se tournent autour...
Les clips dans lesquels on voit un garçon tourner autour d'une fille (ou l'inverse, ou alors juste des filles, juste des garçons et juste des loutres aussi, j'imagine), on en connaît tous un sacré paquet.
Oubliez cependant tout ce que vous connaissez - ou croyez connaître - sur la séduction et la façon dont on peut faire craquer l'autre, car voici Reggie et Brenda.
Un improbable duo qui résiste aux sirènes du désir pendant près de trois minutes trente pendant que la bande de Phantom Planet martèle le tempo.
Trois constatations : c'est plutôt drôle (si), ce n'est pas toujours très fin (non), et c'est un titre que l'on doit à des habitués de l'univers de Josh Schwartz. Avant de se séparer, les Phantom Planet ont signé, outre ce titre bien rythmé, une chanson bien connue des sériephiles : California, le générique de The OC.