mardi 27 mai 2008

Sitcom is not dead (Partie 2 : "The Office", Pam Pam Girl)

On continue notre tour d’horizon des sitcoms nouvelle génération, celles qui donnent un coup de jeune à un genre codifié et font bien rigoler. Aujourd’hui, place à mon dernier chouchou, une découverte DVD que j’ai fait il y a à peine un mois et qui me fait beaucoup, mais alors beaucoup rire (je n’en suis qu’à la saison 2, il paraît qu’elle souffre un peu en saison 4). Mesdames, mesdemoiselles, messieurs et autres : The Office, version US.

Vis ma (drôle de) vie en entreprise

Remake d’une série de la BBC, The Office a pour sujet la vie d'une petite succursale d’une entreprise de papeterie en Pennsylvanie, Dunder Mifflin. C’est en effet là qu’une petite équipe tournant un documentaire a décidé de tourner un reportage sur la vie en entreprise et suit les pérégrinations d’une équipe emmenée par le charismatique (du moins le croit-il) Michael Scott. Les employés vont et viennent et leurs aventures sont entrecoupées de témoignages face caméra des différents protagonistes (La série française Fais pas ci, Fais pas ça fonctionne dans une logique analogue).

La réussite dans la forme et dans le fond

Les forces de The Office ? Il y en a plusieurs, pour ne pas dire beaucoup. D’abord, un cadre d’action à la fois original pour une sitcom mais souvent très bien connu du public, celui du bureau. L’identification fonctionne très bien : on peut reconnaître tel ou tel collègue dans le portraits des employés de Dunder Mifflin. Ensuite, une mise en images remarquablement pensée, très maîtrisée.

The Office joue pleinement avec son postulat de faux documentaire. Le spectateur est comme un personnage invisible et silencieux de la série, avec les va-et-vient de la caméra, la mise en scène est souvent immersive (on a l’impression d’être physiquement dans la même pièce que Dwight, Stanley, Oscar et les autres) mais crée aussi parfois la distance, comme si l’on était entravé par le dispositif technique pour voir ce qui se passe. Il ne s’agit pas du tout d’un artifice mais bien d’un élément fondateur des effets comiques, assumé d’un bout à l’autre.

Michael, Dwight, Jim, Oscar,
Angela, Toby et tous les autres

Enfin, et ce n’est pas des moindres, le casting de la série joue un rôle crucial dans la puissance de ses effets comiques, tout comme la caractérisation des personnages. Si deux d’entre eux (Michael, le directeur, et Dwight, son assistant) sont des caricatures atrophiées de ce que peuvent être un boss et son lèche-bottes attitré, les autres personnages (en tête Jim, le facétieux je-m’en-foutiste, et Pam, l’assistante fragile et espiègle) sont beaucoup plus sobres, discrets mais souvent très drôles eux aussi.
Et c’est tout ce qui fait le sel de The Office : faire cohabiter des bouffons ahurissants (mais pas dénués de qualités humaines) et d’autres personnages plus caustiques, taquins, dont la subtilité des réactions fait toute la saveur et la… profondeur de cette série. En gros, la série revisite avec brio une dynamique du cirque : celle de l’auguste et du clown blanc. A ce jeu-là, deux personnages/deux acteurs sont, à mes yeux, incroyables : Steve Carell et Jenna Fischer.
Si vous ne supportez pas les pitreries de Carell dans 40 ans toujours puceau, The Office vous fera peut-être changer d’avis : très bête, parfois méchant, très lâche, parfois manipulateur, très maladroit, Scott est un circus freak hallucinant et il faut tout le talent d’acteur de Steve Carell pour que l’on adhère à ce portrait hors normes.
A titre tout à fait personnel, je dois avouer que ça marche du tonnerre sur moi : rien que le fait de voir cette andouille de Scott débarquer dans une pièce me fait sourire jusqu’aux cheveux.

Pam, Pam, Pam… (+ message personnel en bonus)

Et puis, il y a elle. Pam, l'assistante de Michael. La femme parfaite. Drôle, touchante, fragile, elle exprime toute une palette d’émotions d’un battement de cils, d’un geste ou d’un regard avec un naturel désarmant. La romance inavouée qui se tisse au fil des épisodes entre elle et Jim, un des vendeurs, est assez basique (ils sont faits pour être ensemble mais refusent de l'avouer) mais elle est traitée avec une subtilité rare. C’est un vrai régal [Jenna Fischer, si jamais tu lis ce blog, sache que mon cœur t’appartient à jamais :p].
Farce grotesque, critique bien sentie de la vie de bureau ET sublime comédie romantique, The Office est in-con-tour-nable. On en oublie Ross et euh… comment elle s’appelle l’autre, déjà ?

Bien à vous,
Benny

5 commentaires:

Adam a dit…

Mais enfin, pourquoi j'irais me fatiguer à faire une review de The Office digne de ce nom si tout a été déjà (bien) dit et (sublimement) formulé par un autre ... ???

En tout cas, je suis entièrement de ton avis, The Office, ça marche du tonnerre, pour toutes les raisons que tu évoques, sa caméra à l'effet immersif, son casting (tu aurais peut-être du insister sur les seconds rôles forts comme Kevin, Phyllis ou ANGELA !), sa combinaison humour-romance ...
Comme toi il suffit que Michael Scott débarque et fasse sa tête des grands jours pour me faire éclater de rire, il suffit de voir Pam regarder discrètement Jim au dessus de son bureau pour m'émouvoir, il suffit de voir Dwight dire "question !" pour m'amuser, ... The Office, c'est ZE comédie.
C'est drôle, dans une ancienne review lointaine et maintenant poussiéreuse, j'avais moi aussi dit que Jim et Pam rendaient has been les Ross/Rachel, Buffy/Angel, Rory/Jess et autres couples de l'histoire cathodique. Copieur !

Arnaud J. Fleischman a dit…

Bon, je ne veux pas jouer les rabats-joie, mais d'un la version originale anglaise est bien meilleure, plus acide, plus cruelle, et surtout plus courte, ce qui lui à éviter de sombrer dans la caricature d'elle-même comme le fait The Office Us lors de la troisième et surtout quatrième saison (pathétique), ce qui constitue le point numéro deux.
De plus, ils sont tombés dans le piège, avec un grand P. Pam et Jim sont désormais un couple, et ils deviennent moins intéressants.
Et puis le principe du documentaire commence à trouver ses limites, ça fait quatre ans que l'équipe suit la vie de bureau, et il n'y a toujours rien de concret de produit.

Benny a dit…

Groumpf!
Si si, Mr Fleishman, tu n'es rien qu'un rabat-joie.
Moi, je m'en fiche : je vis encore dans un monde parallèle, puisque je suis encore dans la saison 2 de la série :p

Adam a dit…

Ce n'est pas être rabat-joie, c'est faire preuve d'une mauvaise foi rare en l'espèce ;) No offense, hein !
Bon déjà, The Office UK est vraiment très bonne, bien plus caustique et noire que sa consoeur américaine, cette étude comparative qui n'a franchement pas lieu d'être tant les deux séries sont différentes et excellent dans un registre presque opposé, devient un peu has-been. No offense, là encore.
Par contre, la saison 4 de The Office n'a rien de pathétique, certains épisodes ont frôlé avec l'extraordinaire et surtout, la relation Jim et Pam est superbement gérée, alors dire qu'ils en deviennent moins intéressants, c'est presque trop facile, c'est pas le cas du tout, bien au contraire.
Benny, tu peux aborder la suite de The Office sans crainte.

baba a dit…

Et bien, j'ai aussi commencé la version US de The Office et j'adore !! Je suis également à la saison 2 et j'enchaîne les épisodes avec bonheur. Très bonne présentation, t'as presque tout dit comme je le pensais dans ma ptite tête. Comme adam, je trouve que t'en oublie cependant les autres second-rôles. Tous les second-rôles, j'ai jamais autant adoré dans une sitcom autant de persos. Ils ont chacun leur charme et prennent de l'importance au fur et à mesure.

Pour la version UK, je l'avais vu l'année dernière, c'est bien différent, je ne dirais pas que c'est meilleur. Je me suis aussi marré devant mais elle s'essouflait rapidement, je trouve. Ils ont bien fait de conclure par des épisodes spéciaux de Noël. Le boss était beaucoup plus caricaturé et détestable. Michael Scott est beaucoup plus humain et heureusement, sinon la série n'aurait non plus pas duré longtemps. La version UK était voué à un petit format alors que la US est construite pour durer durant de longues années. La saison 1 m'a cependant fait peur, elle est une copie quasi identique de la version UK. Heureusement, la saison 2 s'envole et offre là des épisodes totalement inédits et assez caustiques. J'aime ce bureau. J'espère que ça va durer longtemps !