Ecrire l'avant-dernière chronique consacrée à l'intégrale de la série de Shawn Ryan, c'est d'abord faire un constat: A l'image de Homicide dans les années 90, The Shield possède un récit dont la logique renvoie à celle du roman. Il y a un début, un milieu et une fin.
Si on considère que les deux premières années servent à installer toutes les ramifications de l'histoire du Barn et de ses figures, si on peut tout aussi légitimement avancer que les saisons 3, 4 et 5 constituent le milieu de cette épopée, l'issue de cette période plonge irrémédiablement le téléspectateur dans une sorte de voie sans issue. Celle au bout de laquelle on saura comment Vic Mackey va finir.
Ambiance "Les jours d'après"
Le fait est que la conclusion de la cinquième saison était magistrale. Plus forte que la saison 2 qui ouvrait tout un champ de possibilités. Plus tendue que le finale de la saison 3, qui s'achevait pourtant sur une vraie opposition frontale. Plus inquiétante pour les principaux protagonistes que la saison 4, qui annonçait pourtant déjà de sombres heures à venir... et la plus belle réussite de cette saison 6, c'est sans aucun doute de n'avoir jamais trahi les promesses faites en amont.
Car oui, la saison 6 explore encore de nouveaux terrains avec Claudette dans le bureau de capitaine et en plaçant Vic encore plus sur la sellette... et sous la supervision d'un petit nouveau. Oui, la tension dramatique ne faiblit jamais et les conséquences du drame survenu juste avant (je ne spoile pas : ce serait criminel pour ceux qui n'ont pas vu la série) sont très intelligemment explorées par les scénaristes. A la manière d'un jeu de dominos, les événements "tombent" les uns après les autres dans un enchaînement aussi implacable que maîtrisé.
Dans le bon timing
Si ces nouveaux épisodes fonctionnent aussi bien, si la menace va crescendo sur les personnages principaux, c'est sûrement parce que The Shield a un sens du timing assez parfait. La preuve ultime? La storyline avec Kavanaugh des Affaires Internes, qui évolue de façon cohérente... et ne traine pas en longueur. Le risque était pourtant réel. Si on se met à la place des producteurs, il aurait même étant tentant de faire durer les choses (l'opposition entre Mackey et lui fonctionne à mort). Mais non: tout évolue dans le bon tempo, jusqu'à un épisode final. Ce coup-ci, le "héros" obtient un sursis... cependant il ne fait aucun doute que le compte à rebours est lancé. The clock is ticking, comme on dit. Et la prochaine fois, ce sera la fin.
Bien à vous,
Benny
mercredi 19 octobre 2011
mardi 18 octobre 2011
"Hart of Dixie" (saison 1) : Sweet (new) home Alabama
Le pitch : La vie de Zoe Hart est à New York. Elle a d'ailleurs tout programmé. C'est là-bas qu'elle va se marier, là-bas qu'elle va devenir un chirurgien reconnu par ses pairs et obtenir la considération de son père (l'inverse, ça marche aussi). Sauf que rien ne va se passer comme prévu, et que le docteur Hart va se faire éjecter hors de la Grosse Pomme. Direction Bluebell, petite ville d'Alabama, où l'attend un poste de généraliste. Pas pour longtemps a priori. Enfin, c'est ce qu'elle se dit.
La télé repart en campagne (encore)
Bon, cette fois, c'est sûr : la rentrée sérielle de 2011 est tout, vraiment tout sauf originale. Après les remake plus ou moins heureux (Prime Suspect sauve cette catégorie d'un point de vue purement critique), après l'exploration des 60's des Mad Men en version (très) allégée (Pan Am et PlayBoy Club qui, apparemment, ne valait pas un pet de lapin - huhu), on retrouve les séries qu'on pourrait appeler "de communauté".
Mais si, vous savez : ces shows où l'on plonge un individu au centre d'une communauté plus ou moins loufoque, et dans laquelle il essaie de se faire une place. Ça a commencé il y a deux décennies avec Bienvenue en Alaska / Northern Exposure (spéciale dédicace à Arnaud J. Feishman), ça s'est décliné à l'envie pendant plusieurs années (Ed, Providence, Gilmore Girls, Men in Trees et j'en oublie c'est sûr) et c'est remis au goût du jour avec Hart of Dixie.
Bilson, Schwartz: les retrouvailles
Un projet de série imaginé par Leila Gerstein mais avant tout porté par deux personnes : le très sympathique Josh Schwartz (si: Chuck, c'est sympa. Du coup, je lui pardonne facilement Gossip Girl, moins probant) et la non moins sympathique (mais surtout très craquante) Rachel Bilson. Ces deux-là se connaissent depuis The OC / Newport Beach et on sait qu'ils ont plaisir à bosser ensemble. Quand on regarde le pilote de Hart of Dixie, c'est d'ailleurs cette impression qui prédomine.
Côté storylines, on sait ce à quoi on va avoir droit et on ne boude pas son plaisir. On a la citadine aussi à l'aise dans la cambrousse sudiste qu'un plongeur en scaphandre dans un 110 mètres haies. On a aussi les personnages archétypaux qui vont bien : le médecin méfiant, pas agréable et qui ne veut pas de l'héroïne, le beau gosse sympa mais pas accessible, le beau gosse pénible mais trop accessible...
Il faudra une belle dose d'audace et de talent aux scénaristes pour secouer un schéma hyper connu et on peut se prendre à rêver que cela arrive. Mais on peut aussi être réaliste, prédire un polygone amoureux des familles entre Zoe Hart et les différents beaux gosses de BlueBell et se rendre à l'évidence : Hart of Dixie trouvera aussi son public.
Rendez-vous en terrain connu
La raison est simple : c'est justement parce qu'on est en terrain connu et qu'il y a toujours un public pour ces séries légères. Des shows que l'on voyait (un peu) moins sur les grilles de programmes US ces derniers temps. Les histoires de séries étant apparemment une éternelle source de recommencement, on peut prédire à Hart of Dixie entre deux et quatre saisons sans encombre. Parce que c'est le minimum syndical et que ce n'est pas non plus une insulte à l'intelligence du téléspectateur. Ben oui: c'est du Josh Schwartz.
Bien à vous,
Benny
La télé repart en campagne (encore)
Bon, cette fois, c'est sûr : la rentrée sérielle de 2011 est tout, vraiment tout sauf originale. Après les remake plus ou moins heureux (Prime Suspect sauve cette catégorie d'un point de vue purement critique), après l'exploration des 60's des Mad Men en version (très) allégée (Pan Am et PlayBoy Club qui, apparemment, ne valait pas un pet de lapin - huhu), on retrouve les séries qu'on pourrait appeler "de communauté".
Mais si, vous savez : ces shows où l'on plonge un individu au centre d'une communauté plus ou moins loufoque, et dans laquelle il essaie de se faire une place. Ça a commencé il y a deux décennies avec Bienvenue en Alaska / Northern Exposure (spéciale dédicace à Arnaud J. Feishman), ça s'est décliné à l'envie pendant plusieurs années (Ed, Providence, Gilmore Girls, Men in Trees et j'en oublie c'est sûr) et c'est remis au goût du jour avec Hart of Dixie.
Bilson, Schwartz: les retrouvailles
Un projet de série imaginé par Leila Gerstein mais avant tout porté par deux personnes : le très sympathique Josh Schwartz (si: Chuck, c'est sympa. Du coup, je lui pardonne facilement Gossip Girl, moins probant) et la non moins sympathique (mais surtout très craquante) Rachel Bilson. Ces deux-là se connaissent depuis The OC / Newport Beach et on sait qu'ils ont plaisir à bosser ensemble. Quand on regarde le pilote de Hart of Dixie, c'est d'ailleurs cette impression qui prédomine.
Côté storylines, on sait ce à quoi on va avoir droit et on ne boude pas son plaisir. On a la citadine aussi à l'aise dans la cambrousse sudiste qu'un plongeur en scaphandre dans un 110 mètres haies. On a aussi les personnages archétypaux qui vont bien : le médecin méfiant, pas agréable et qui ne veut pas de l'héroïne, le beau gosse sympa mais pas accessible, le beau gosse pénible mais trop accessible...
Il faudra une belle dose d'audace et de talent aux scénaristes pour secouer un schéma hyper connu et on peut se prendre à rêver que cela arrive. Mais on peut aussi être réaliste, prédire un polygone amoureux des familles entre Zoe Hart et les différents beaux gosses de BlueBell et se rendre à l'évidence : Hart of Dixie trouvera aussi son public.
Rendez-vous en terrain connuLa raison est simple : c'est justement parce qu'on est en terrain connu et qu'il y a toujours un public pour ces séries légères. Des shows que l'on voyait (un peu) moins sur les grilles de programmes US ces derniers temps. Les histoires de séries étant apparemment une éternelle source de recommencement, on peut prédire à Hart of Dixie entre deux et quatre saisons sans encombre. Parce que c'est le minimum syndical et que ce n'est pas non plus une insulte à l'intelligence du téléspectateur. Ben oui: c'est du Josh Schwartz.
Bien à vous,
Benny
lundi 10 octobre 2011
Dites "33"
Non, je ne vais pas chez le médecin. Non, je ne veux pas reparler d' Urgences (quoique... si : on signalera effectivement en passant que la série est diffusée en semaine sur France 4 entre 13h30 et 16h30... et que si la photographie de la série entretient un côté vieilli, côté histoires, ça le fait toujours).
Non en fait, c'est juste que ce blog de trentenaire l'est encore un peu plus ce lundi. J'ai 33 ans aujourd'hui. Et c'est cool. Si parce que je fais toujours aussi jeune.
Sinon, histoire de rendre ce post pas complètement inintéressant (si, si : j'aurais pu...), je profite de l'occasion pour signaler qu'on devrait parler dans les jours et semaines à venir de Hart of Dixie, Boardwalk Empire (saison 1), How to Make It in America (saison 2) et The Shield (saison 6). Et aussi (et surtout) de Awkward.
En clair : Stay tunned!
Bien à vous,
Benny
Non en fait, c'est juste que ce blog de trentenaire l'est encore un peu plus ce lundi. J'ai 33 ans aujourd'hui. Et c'est cool. Si parce que je fais toujours aussi jeune.
Sinon, histoire de rendre ce post pas complètement inintéressant (si, si : j'aurais pu...), je profite de l'occasion pour signaler qu'on devrait parler dans les jours et semaines à venir de Hart of Dixie, Boardwalk Empire (saison 1), How to Make It in America (saison 2) et The Shield (saison 6). Et aussi (et surtout) de Awkward.
En clair : Stay tunned!
Bien à vous,
Benny
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The single life
dimanche 9 octobre 2011
Le carré d'albums d'octobre: partie 3, "Money & Celebrity" (The Subways)
Deux gars, une fille et une batterie qui tape fort et plutôt vite. La formule de The Subways, formation britannique à la pop plutôt percutante, a déjà fait recette, surtout sur scène où ça envoie tout de même pas mal.
Assez logiquement, les deux frères Billy et Josh et la rafraîchissante Charlotte Cooper (aaah...) proposent donc un troisième album plein d'énergie. Le principe: des titres qui ne remporteront jamais le prix des textes les mieux écrits (non, pas de danger) mais qui sont susceptibles de vous donner la pêche en les écoutant.
Si on excepte Celebrity, qui est un assez honteux plagiat de la rythmique de Banquet de Bloc Party, Money & Celebrity est un album qui privilégie l'efficacité, jusqu'à rappeler, dans ses meilleurs moments, l'envie de Green Day entonnant son mythique Basket Case, notamment sur We don't need money to have a good time (J'ai dit quoi sur les textes, déjà?).
Le point noir, c'est que l'ensemble manque quand même un peu de fond. Il n'y a pas ici de titre vraiment audacieux, de rupture burnée (c'est du français pas un pseudo-anglicisme) capable de marquer durablement les esprits. Et le plus gros problème de Money & Celebrity est là: si on ne boude pas son plaisir à l'écouter, rien ne garantit que dans un an, dans deux ans, on s'en souvienne de façon marquante.
En résumé: si on vous l'offre, prenez-le. Mais demandez si on ne veut pas vous offrir les tickets de concert qui vont avec. C'est pas parce qu'on est en pleine crise de la Dette qu'il faut baisser le pavillon du culot et des ambition.
Bien à vous,
Benny
Libellés :
critiques,
Ouïe pour l'avis
vendredi 7 octobre 2011
"The Wire" (saison 2): Baltimore, avec vue sur l'amer
La journée est placée sous le signes des jolis retours. Après Deadwood, voici venir une autre série de HBO: la monumentale The Wire, également décortiquée dans le cours de l'été dernier. C'est un parti pris, le même que pour The West Wing: face à la densité de l’oeuvre, à la grande qualité de sa construction, j'ai décidé de prendre mon temps pour l'apprécier. Pour mieux savourer toutes les subtilités de l'histoire quand les pièces de ce puzzle narratif s'assemblent.
On prend les mêmes... et on continue, plus loin
Nous voilà donc Back to Maryland, assez peu de temps après la clôture de l'affaire Barksdale et de la saison 1. Ce nouveau chapitre s'ouvre d'ailleurs avec un tour d'horizon de ce que sont devenus les protagonistes, prolongeant ce que laissaient supposer les ultimes images du finale, avec Step by Step de Jesse Winchester en fond sonore. McNulty paie ses rapports plus qu'orageux avec le major Rawls en travaillant du côté de l'unité maritime de la police de la ville, tandis que le lieutenant Daniels a été réaffecté aux archives. Alors que Kima travaille derrière un bureau, Freamon lui a retrouvé le terrain aux côtés de Bunk. Ceci pendant que Prez, Carv et Hauk poursuivent chacun de leur côté leur petit bout de chemin.
Les dealers de Baltimore Ouest sont toujours là eux aussi, drivés par l'ombrageux Stringer Bell. Chose un peu plus étonnante, on va également suivre la trajectoire des Barksdale de l'autre côté des barreaux... ce à quoi je ne m'attendais pas vraiment. Et c'est pourtant cohérent: dans The Wire, on s'attache à raconter un roman à épisodes. Ce qui n'est pas surprenant en revanche, c'est de voir apparaître de nouveaux visages dans cette ambitieuse description du phénomène urbain. Pour cela, les caméras abandonnent un temps les tours des quartiers pauvres pour rejoindre le port. Là où le syndicat des dockers compose comme il peut avec la récession.
De sacrés points forts...
Autrefois point fort de l'économie de la ville, le port de Charm City est en train de mourir. Lentement. Douloureusement. Franck Sobotka, à la tête de l'organisation, se donne un mal de chien pour maintenir à flot le bateau sur lequel tous sont embarqués. On peut même dire qu'il fait vraiment tout ce qu'il peut pour sauver tout le monde: qu'il s'agisse de ses vieux compagnons de route comme Horseface ou des plus jeunes comme son neveu Nick ou son fils Ziggy. La découverte de cadavres dans un container va pourtant porter un sacré coup à son action. Elle va non seulement mettre au jour les corps sans vie de plus d'une douzaine de femmes nues mais aussi le dramatique glissement d'une poignée d'hommes vers des activités illégales.
Encore une fois, The Wire fait fort. Très fort parce le récit inscrit à nouveau son propos dans une réalité sociale forte. Et que cette histoire très sombre joue habilement sur un effet de miroir. Clairement, c'est le marasme de l'activité portuaire qui pèse sur les épaules des personnages, qui pèse aussi sur leur choix. Et c'est leur façon de composer avec ces difficultés, au boulot comme dans la vie de tous les jours, qui donne corps aux réalités de la crise. A travers l'exploration dramatique d'un phénomène peu prisé dans ce genre de format, la série marque à nouveau des points.
... mais pas que
Ce qui ne veut pas dire que cette saison deux soit exempte de tout reproche. A titre personnel, j'ai trouvé que la volonté de poursuivre le récit de la saison 1 et le développement de la nouvelle intrigue ne s'articulaient pas toujours très bien. D'abord parce qu'il n'est pas toujours été facile de mobiliser tout le casting (franchement, si Hauk et Carver ne sont pas là, il n'y a pas mort d'homme...). Mais aussi parce que l'on ne retrouve pas vraiment ici un des moteurs de la narration de la première saison: la progression de l'enquête de police. Ici, le procédé est un peu moins linéaire et l'absence d'une certaine montée en puissance est un peu regrettable. Quand bien même il y a une belle et évidente accéleration sur la fin.
Cela reste cependant de petits regrets... et n'empêche nullement de savourer cette nouvelle saison qui embarque le téléspectateur toujours plus loin.
Way down in a hole...
Bien à vous,
Benny
On prend les mêmes... et on continue, plus loin
Nous voilà donc Back to Maryland, assez peu de temps après la clôture de l'affaire Barksdale et de la saison 1. Ce nouveau chapitre s'ouvre d'ailleurs avec un tour d'horizon de ce que sont devenus les protagonistes, prolongeant ce que laissaient supposer les ultimes images du finale, avec Step by Step de Jesse Winchester en fond sonore. McNulty paie ses rapports plus qu'orageux avec le major Rawls en travaillant du côté de l'unité maritime de la police de la ville, tandis que le lieutenant Daniels a été réaffecté aux archives. Alors que Kima travaille derrière un bureau, Freamon lui a retrouvé le terrain aux côtés de Bunk. Ceci pendant que Prez, Carv et Hauk poursuivent chacun de leur côté leur petit bout de chemin.
Les dealers de Baltimore Ouest sont toujours là eux aussi, drivés par l'ombrageux Stringer Bell. Chose un peu plus étonnante, on va également suivre la trajectoire des Barksdale de l'autre côté des barreaux... ce à quoi je ne m'attendais pas vraiment. Et c'est pourtant cohérent: dans The Wire, on s'attache à raconter un roman à épisodes. Ce qui n'est pas surprenant en revanche, c'est de voir apparaître de nouveaux visages dans cette ambitieuse description du phénomène urbain. Pour cela, les caméras abandonnent un temps les tours des quartiers pauvres pour rejoindre le port. Là où le syndicat des dockers compose comme il peut avec la récession.
De sacrés points forts...Autrefois point fort de l'économie de la ville, le port de Charm City est en train de mourir. Lentement. Douloureusement. Franck Sobotka, à la tête de l'organisation, se donne un mal de chien pour maintenir à flot le bateau sur lequel tous sont embarqués. On peut même dire qu'il fait vraiment tout ce qu'il peut pour sauver tout le monde: qu'il s'agisse de ses vieux compagnons de route comme Horseface ou des plus jeunes comme son neveu Nick ou son fils Ziggy. La découverte de cadavres dans un container va pourtant porter un sacré coup à son action. Elle va non seulement mettre au jour les corps sans vie de plus d'une douzaine de femmes nues mais aussi le dramatique glissement d'une poignée d'hommes vers des activités illégales.
Encore une fois, The Wire fait fort. Très fort parce le récit inscrit à nouveau son propos dans une réalité sociale forte. Et que cette histoire très sombre joue habilement sur un effet de miroir. Clairement, c'est le marasme de l'activité portuaire qui pèse sur les épaules des personnages, qui pèse aussi sur leur choix. Et c'est leur façon de composer avec ces difficultés, au boulot comme dans la vie de tous les jours, qui donne corps aux réalités de la crise. A travers l'exploration dramatique d'un phénomène peu prisé dans ce genre de format, la série marque à nouveau des points.
... mais pas que
Ce qui ne veut pas dire que cette saison deux soit exempte de tout reproche. A titre personnel, j'ai trouvé que la volonté de poursuivre le récit de la saison 1 et le développement de la nouvelle intrigue ne s'articulaient pas toujours très bien. D'abord parce qu'il n'est pas toujours été facile de mobiliser tout le casting (franchement, si Hauk et Carver ne sont pas là, il n'y a pas mort d'homme...). Mais aussi parce que l'on ne retrouve pas vraiment ici un des moteurs de la narration de la première saison: la progression de l'enquête de police. Ici, le procédé est un peu moins linéaire et l'absence d'une certaine montée en puissance est un peu regrettable. Quand bien même il y a une belle et évidente accéleration sur la fin.
Cela reste cependant de petits regrets... et n'empêche nullement de savourer cette nouvelle saison qui embarque le téléspectateur toujours plus loin.
Way down in a hole...
Bien à vous,
Benny
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"Deadwood" (saison 3) : De l'or et un duel dans le Dakota du Nord
Un dernier tour dans l'Amérique des années 1870? C'est ce qui était au programme de mon mois d'août, histoire de continuer mes séances de rattrapage entre deux cartons de déménagement.
Retrouver Deadwood, c'est toujours un peu particulier. Parce que c'est un show qui a son ambiance, ses gueules plus ou moins avenantes mais toujours marquantes. C'est aussi une vraie réussite esthétique, avec sa photographie et ses décors très soignés. sans oublier son générique classieux aussi. Mais ce qui fait que c'est aussi une série spéciale, c'est qu'on ne sait jamais trop à quoi s'attendre en terme de satisfaction. La faute à David Milch, créateur-producteur capable de vous accrocher en saison 1 avec une mise en place de l'intrigue rythmée et plutôt limpide, avant de vous faire perdre pied en saison 2, en proposant une histoire qui part dans tous les sens.
Un ultime tour de piste, avec des forces et des faiblesses
La saison 3, c'est le dernier round, le show ayant été annulé dans la foulée par HBO sans jamais avoir vraiment pu conclure son propos. Cette considération éminemment frustrante mise à part, la grande question était de savoir si l'équipe en charge de la production de la série avait su, pour ce dernier tour de piste, tirer les leçons du passé (et repartir de l'avant) ou si elle s'était embourbée irrémédiablement.
La réponse? C'est un peu du oui et non. Oui parce qu'avec l'arrivée de George Hearst (Gerald McRaney) en fin de saison 2, on savait que l'incontournable Al Swearengen (Ian McShane, insubmersible de talent) allait devoir composer avec un adversaire de taille. Et le fait est que la série bénéficie pleinement de cette opposition frontale qui a pour enjeu l'or des mines du Dakota.
La tension entre ces deux hommes (l'un peu recommandable mais non dénué d'humour - Swearengen - l'autre absolument détestable et dangereux - Hearst) est un moteur pour tout le récit. A ce titre, la redoutable confrontation entre leurs hommes de main respectifs en plein milieu du camp est mémorable: c'est l'un des points culminants d'un duel dont on regrette sincèrement de ne pas savoir quelle en sera l'issue définitive.
La tentation du trop plein
A côté de ça, Deadwood retombe encore cette saison dans l'un de ses plus fâcheux travers: la tentation du trop plein. Déterminé à raconter la vie d'un impressionnant nombre de personnages, pour mettre sur pied une grande fresque évoquant tout à la fois le désir, l'addiction, la cupidité et la solitude, Milch a tendance à multiplier les storylines sans que la greffe ne prenne à tous les coups.
Les hommes et femmes vont et viennent: certains passent en coup de vent, d'autres sont tristement relégués au second plan, d'autres encore font un retour tonitruant sans que l'on ne comprennent toujours les enjeux avec lesquels ils composent... C'est plutôt gênant. Agaçant. Parce que si Deadwood est assurément une série à voir, c'est aussi un show finalement un peu inégal. Et c'est vraiment regrettable parce qu'il y avait là tout ce qu'il faut pour obtenir un succès incontestable.
Bien à vous,
Benny
Retrouver Deadwood, c'est toujours un peu particulier. Parce que c'est un show qui a son ambiance, ses gueules plus ou moins avenantes mais toujours marquantes. C'est aussi une vraie réussite esthétique, avec sa photographie et ses décors très soignés. sans oublier son générique classieux aussi. Mais ce qui fait que c'est aussi une série spéciale, c'est qu'on ne sait jamais trop à quoi s'attendre en terme de satisfaction. La faute à David Milch, créateur-producteur capable de vous accrocher en saison 1 avec une mise en place de l'intrigue rythmée et plutôt limpide, avant de vous faire perdre pied en saison 2, en proposant une histoire qui part dans tous les sens.
Un ultime tour de piste, avec des forces et des faiblesses
La saison 3, c'est le dernier round, le show ayant été annulé dans la foulée par HBO sans jamais avoir vraiment pu conclure son propos. Cette considération éminemment frustrante mise à part, la grande question était de savoir si l'équipe en charge de la production de la série avait su, pour ce dernier tour de piste, tirer les leçons du passé (et repartir de l'avant) ou si elle s'était embourbée irrémédiablement.
La réponse? C'est un peu du oui et non. Oui parce qu'avec l'arrivée de George Hearst (Gerald McRaney) en fin de saison 2, on savait que l'incontournable Al Swearengen (Ian McShane, insubmersible de talent) allait devoir composer avec un adversaire de taille. Et le fait est que la série bénéficie pleinement de cette opposition frontale qui a pour enjeu l'or des mines du Dakota.
La tension entre ces deux hommes (l'un peu recommandable mais non dénué d'humour - Swearengen - l'autre absolument détestable et dangereux - Hearst) est un moteur pour tout le récit. A ce titre, la redoutable confrontation entre leurs hommes de main respectifs en plein milieu du camp est mémorable: c'est l'un des points culminants d'un duel dont on regrette sincèrement de ne pas savoir quelle en sera l'issue définitive.
La tentation du trop plein
A côté de ça, Deadwood retombe encore cette saison dans l'un de ses plus fâcheux travers: la tentation du trop plein. Déterminé à raconter la vie d'un impressionnant nombre de personnages, pour mettre sur pied une grande fresque évoquant tout à la fois le désir, l'addiction, la cupidité et la solitude, Milch a tendance à multiplier les storylines sans que la greffe ne prenne à tous les coups.
Les hommes et femmes vont et viennent: certains passent en coup de vent, d'autres sont tristement relégués au second plan, d'autres encore font un retour tonitruant sans que l'on ne comprennent toujours les enjeux avec lesquels ils composent... C'est plutôt gênant. Agaçant. Parce que si Deadwood est assurément une série à voir, c'est aussi un show finalement un peu inégal. Et c'est vraiment regrettable parce qu'il y avait là tout ce qu'il faut pour obtenir un succès incontestable.
Bien à vous,
Benny
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mercredi 5 octobre 2011
Le carré d'albums d'octobre: partie 2, "Metals" (Feist)
Le rendez-vous était attendu par de nombreux accros de la platine. Après quatre albums et surtout après le mémorable The Reminder, Leslie Feist fait son retour au début des jours qui deviennent trop courts. Comme une évidence.
Metals, sa nouvelle création, est effectivement empreinte d'une aura crépusculaire qui marque tout en nuances une autre étape de sa discographie. Cette fois-ci, l'artiste venue du Canada laisse exprimer sa part d'ombre dans cet album. Le son se fait en tout cas plus mélancolique: au gré des titres, la vie et la mort entament un troublant pas de deux, à l'image des paroles du Graveyard, où il est question de morts que l'on aimerait voir sortir d'un cimetière...
Mais contrairement à beaucoup (trop) de folkeux qui remplissent les bacs des marchands de musique, il y a toujours chez Feist cette énergie, cette légèreté dans la voix, cette puissance dans les harmonies qui fait que jamais l'on ne s'ennuie.
Cette impression, elle vous prend dès qu'on écoute The Bad in Each Other, titre inaugural de l'album. Elle vous agrippe encore avec A Commotion ou Undiscovered First. Et s'il y a certes des petits coups de moins bien (ou des titres plus classiques, comme The Circle Married The Line : pas de bol, c'est l'extrait vidéo du jour...), on n'en demeure pas moins convaincu que l'artiste a vraiment un univers musical dense.
De ceux dans lesquels on accepte de se perdre pendant des heures sans le regretter. Et il est probable que plus d'un acceptera de partir en balade...
Bien à vous,
Benny
Metals, sa nouvelle création, est effectivement empreinte d'une aura crépusculaire qui marque tout en nuances une autre étape de sa discographie. Cette fois-ci, l'artiste venue du Canada laisse exprimer sa part d'ombre dans cet album. Le son se fait en tout cas plus mélancolique: au gré des titres, la vie et la mort entament un troublant pas de deux, à l'image des paroles du Graveyard, où il est question de morts que l'on aimerait voir sortir d'un cimetière...
Mais contrairement à beaucoup (trop) de folkeux qui remplissent les bacs des marchands de musique, il y a toujours chez Feist cette énergie, cette légèreté dans la voix, cette puissance dans les harmonies qui fait que jamais l'on ne s'ennuie.
Cette impression, elle vous prend dès qu'on écoute The Bad in Each Other, titre inaugural de l'album. Elle vous agrippe encore avec A Commotion ou Undiscovered First. Et s'il y a certes des petits coups de moins bien (ou des titres plus classiques, comme The Circle Married The Line : pas de bol, c'est l'extrait vidéo du jour...), on n'en demeure pas moins convaincu que l'artiste a vraiment un univers musical dense.
De ceux dans lesquels on accepte de se perdre pendant des heures sans le regretter. Et il est probable que plus d'un acceptera de partir en balade...
Bien à vous,
Benny
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