Je suis un sale gosse. Je veux dire par là qu'il y a des trucs que je kiffe grave comme un gamin. En vrac, il y a le dyptique Doux, dur et dingue et Ca va cogner avec Clint Eastwood et Sondra Locke (il y a quand même un orang outan qui fait caca dans les voitures de police), les épisodes les plus beaufs de Rescue Me et... les groupes de filles qui font de la musique.
Ce qui m'a plu chez Warpaint ? La musique aérienne, les mélodies atmosphériques et presque lanscinantes. La voix d'Emily Kokal aussi. La capacité à casser le rythme des titres tout en gardant une vraie unité musicale. Et mes amis, quand j'ai appris que c'était un groupe avec que des filles, j'ai dit "coool". Parce que je suis un sale gosse. Un sale gosse pas toujours très mature.
Fool, c'est un premier album avec ses qualités et ses défauts. Il pose une ambiance plutôt sombre mais pas gnangnan: Set your arms down et Warpaint sont de la chair à BO en puissance et collent vachement bien avec les fins de journée d'automne. L'opus a un peu du mal à tenir sur toute la longueur et il manque sans doute une trouvaille, un instrument différent pour dynamiser certains titres.
En fait, c'est un album cohérent, bien produit, mais un peu trop uniforme... En même temps, ce n'est que le premier épisode des aventures de ces filles venues de LA. Il faut espérer que la suite soit un prolongement plus audacieux de ces bons débuts.
Bien à vous,
Benny
mardi 30 novembre 2010
vendredi 26 novembre 2010
"Damages" (saison 2) : Patty Hewes et Ellen Parsons pédalent dans le vide
L'an passé, j'avais fait une looooongue analyse de la première saison de Damages. Même que c'est encore lisible en cliquant là, ici et aussi là. Et je me souviens avoir (notamment) dit que la série imaginée par les Kessler et Zelman reposait sur une vraie mécanique de précision. Où la forme et la fond (encore, décidément...) étaient inextricablement liées. J'avais même dit que l'ensemble ne supporte sans doute pas le moindre grain de sable entre ces rouages.
En voyant la saison 2, je me dis que je n'avais pas tort. Et je n'en tire absolument aucune gloire. Parce que la mécanique, dans ces treize épisodes-là, est plutôt grippée.
Petit rappel...
Le final de la saison un avait posé les jalons de ce qui nous attendait. Consciente que c'est à cause de Patty qu'elle a perdu tous les repères qui faisaient sa vie avant de rejoindre Hewes et associés, Ellen acceptait le deal proposé par le FBI.
Ce faisant, elle se rapproche encore plus de son sombre mentor. Avide de justice, elle se lance aussi dans une croisade vengeresse toute personnelle. Elle veut faire tomber sa cible. Comme Patty voulait faire tomber Arthur Frobisher, finalement.
Un postulat plutôt réjouissant... que Glenn et Todd Kessler et Aaron Zelman ont lié à une nouvelle affaire impliquant une très grosse entreprise. Imposer Damages comme LA série judiciaire de la criminalité en col blanc, c'est une excellente idée. Ca colle en tout cas parfaitement avec la forte dimension symbolique des histoires et des personnages qui font la série. Sauf que ça ne peut marcher que si l'on part justement de personnages dont la complexité est pleinement mise en lumière.
Globalement décevant
Cette année, dans ce rayon, on a l'avocate Claire Maddox (Marcia Gay Harden). Et c'est tout. Jamais les Walter Kendrick, Daniel Purcell et autres David Pell, principaux protagonistes de "l'affaire" de la saison 2 n'atteindront la dimension de leurs devanciers. Et cela n'a rien à voir avec la qualité des acteurs qui les incarnent : John Doman, Clark Peters (The Wire) et William Hurt (Into the Wild, entre autres) ont montré par le passé qu'ils avaient tout le talent nécessaire. Le problème est ailleurs, dans la construction de l'histoire.
Cette saison 2 ne manque pas de rebondissements, elle compte même son lot de bons épisodes et de moments forts. C'est sur le temps long, la globalité, qu'il y a un souci. Un souci d'autant plus gros que la série, on le rappelle pour ceux qui n'auraient toujours pas suivi, repose sur un récit à double détente et avec quantité de flashforwards.Quelque part, c'est ce qui syphonne bien comme il faut le récit. Tout au long de la saison, on se dirige vers une confrontation dantesque et tous les twists sont bons pour y arriver. Sauf que cela se fait plutôt au dépens du développement des personnages, de leur complexité.
Un douloureux comparatif
Faites un test : regarder le pilote de la série et le season finale n°2. Le constat est flagrant : d'un côté, on a une maîtrise brillante des enjeux, ce que Aaron Sorkin désigne comme "L'autel des intentions et des obstacles" dans une interview consacrée au scénario de The Social Network. On sait qui fait quoi, qui représente quoi et quelles sont les aspirations des uns et des autres, fussent-elles contradictoires ou non. De l'autre, on se retrouve face à une succession de rebondissements plutôt surprenants mais émotionnellement vains. Ce qui est assez terrible.
Résultat : Patty Hewes et Ellen Parsons pédalent dans le vide. Désespérement. Ce qui est d'autant plus dommage qu'il y a de vraies bonnes idées dans cette saison deux : notamment la façon dont Ellen fait face au deuil. Mais ce thème est abordé de manière trop maladroite pour nourrir l'histoire principale, et faire qu'on soit vraiment ému par ce qui se passe.
Tout ça, c'est un beau gâchis.
Bien à vous,
Benny
En voyant la saison 2, je me dis que je n'avais pas tort. Et je n'en tire absolument aucune gloire. Parce que la mécanique, dans ces treize épisodes-là, est plutôt grippée.
Petit rappel...
Le final de la saison un avait posé les jalons de ce qui nous attendait. Consciente que c'est à cause de Patty qu'elle a perdu tous les repères qui faisaient sa vie avant de rejoindre Hewes et associés, Ellen acceptait le deal proposé par le FBI.
Ce faisant, elle se rapproche encore plus de son sombre mentor. Avide de justice, elle se lance aussi dans une croisade vengeresse toute personnelle. Elle veut faire tomber sa cible. Comme Patty voulait faire tomber Arthur Frobisher, finalement.
Un postulat plutôt réjouissant... que Glenn et Todd Kessler et Aaron Zelman ont lié à une nouvelle affaire impliquant une très grosse entreprise. Imposer Damages comme LA série judiciaire de la criminalité en col blanc, c'est une excellente idée. Ca colle en tout cas parfaitement avec la forte dimension symbolique des histoires et des personnages qui font la série. Sauf que ça ne peut marcher que si l'on part justement de personnages dont la complexité est pleinement mise en lumière.
Globalement décevant
Cette année, dans ce rayon, on a l'avocate Claire Maddox (Marcia Gay Harden). Et c'est tout. Jamais les Walter Kendrick, Daniel Purcell et autres David Pell, principaux protagonistes de "l'affaire" de la saison 2 n'atteindront la dimension de leurs devanciers. Et cela n'a rien à voir avec la qualité des acteurs qui les incarnent : John Doman, Clark Peters (The Wire) et William Hurt (Into the Wild, entre autres) ont montré par le passé qu'ils avaient tout le talent nécessaire. Le problème est ailleurs, dans la construction de l'histoire.
Cette saison 2 ne manque pas de rebondissements, elle compte même son lot de bons épisodes et de moments forts. C'est sur le temps long, la globalité, qu'il y a un souci. Un souci d'autant plus gros que la série, on le rappelle pour ceux qui n'auraient toujours pas suivi, repose sur un récit à double détente et avec quantité de flashforwards.Quelque part, c'est ce qui syphonne bien comme il faut le récit. Tout au long de la saison, on se dirige vers une confrontation dantesque et tous les twists sont bons pour y arriver. Sauf que cela se fait plutôt au dépens du développement des personnages, de leur complexité.
Un douloureux comparatif
Faites un test : regarder le pilote de la série et le season finale n°2. Le constat est flagrant : d'un côté, on a une maîtrise brillante des enjeux, ce que Aaron Sorkin désigne comme "L'autel des intentions et des obstacles" dans une interview consacrée au scénario de The Social Network. On sait qui fait quoi, qui représente quoi et quelles sont les aspirations des uns et des autres, fussent-elles contradictoires ou non. De l'autre, on se retrouve face à une succession de rebondissements plutôt surprenants mais émotionnellement vains. Ce qui est assez terrible.
Résultat : Patty Hewes et Ellen Parsons pédalent dans le vide. Désespérement. Ce qui est d'autant plus dommage qu'il y a de vraies bonnes idées dans cette saison deux : notamment la façon dont Ellen fait face au deuil. Mais ce thème est abordé de manière trop maladroite pour nourrir l'histoire principale, et faire qu'on soit vraiment ému par ce qui se passe.
Tout ça, c'est un beau gâchis.
Bien à vous,
Benny
jeudi 25 novembre 2010
Le film de novembre : "Buried"
Le pitch : un espace clos, pas de lumière, pas beaucoup d'air. Juste un Zippo, une vieille lampe torche à moitié foutue, de quoi boire et... un téléphone portable. C'est ce que découvre Paul Conroy, entrepreneur américain, lorsqu'il se réveille dans une boîte, sous terre. Il a été enlevé, il est en Irak mais ne sait pas où il est. Il ne peut pas sortir. Et si rien ne se passe, dans moins de deux heures, il va mourir.
Avant d'aller voir le film, j'avoue que j'étais vraiment curieux. Rodrigo Cortes, réalisateur du film, pouvait-il vraiment tenir le pari de réussir un thriller en huis clos pendant 90 minutes avec un acteur, un Zippo et un portable ? Ca paraissait vraiment gros... Et pourtant.
Pourtant, Buried est bel et bien un modèle du genre. Un film qui installe un suspense intense, qui va crescendo pour mettre le héros (et le spectateur) sous pression jusqu'à la dernière image. Un long-métrage qui associe brillamment fond et forme. Sur le fond, le récit est fluide, jouant avec les attentes du public pour mieux installer la dynamique de personnification de part et d'autre de l'écran (et vous, si vous saviez que vous pourriez mourir dans deux heures, vous feriez quoi ?). Il y a certes un ou deux trucs too much, qui auraient pu être évités, mais l'histoire est très solide.
Sur la forme, Cortes multiplie les prouesses. Dans le montage comme dans le cadrage : l'ensemble est finement pensé. Ce qui m'a notamment marqué, c'est la façon dont le réalisateur filme le corps. Ce n'est pas forcément ce qui interpelle le plus dans le film, mais si vous voyez Buried, vous verrez que ça aussi, c'est bien observé : à travers une succession de plans dans le film, j'ai trouvé qu'on en apprenait beaucoup sur le personnage de Ryan Reynolds (stupéfiant dans ce rôle).
Des images de mains, un cou, des yeux : il n'y a rien là-dedans de foncièrement bluffant et pourtant, tout cela donne une profondeur, une vérité au héros qui est assez phénoménale...
TRAILER BURIED FILM THRILLER VOSTF 2010
envoyé par kirivalse. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.
En fait, le succès de ce film, c'est principalement la gestion minutieuse d'une foule de détails, notamment narratifs, qui font que les effets filmiques nourrissent l'émotion dans le récit. Ici, on n'est pas dans la performance gratuite mais bel et bien dans la volonté farouche de raconter une histoire forte. Une histoire électrisante, parfois très cynique mais pas seulement.
Une foule de détails donc, qui fait de ce film un must pour tous les cinéphiles. Sauf pour les claustrophobes, qui auront bien raison de penser que cette phobie a de quoi vous pourrir l'existence.
Bien à vous,
Benny
Avant d'aller voir le film, j'avoue que j'étais vraiment curieux. Rodrigo Cortes, réalisateur du film, pouvait-il vraiment tenir le pari de réussir un thriller en huis clos pendant 90 minutes avec un acteur, un Zippo et un portable ? Ca paraissait vraiment gros... Et pourtant.
Pourtant, Buried est bel et bien un modèle du genre. Un film qui installe un suspense intense, qui va crescendo pour mettre le héros (et le spectateur) sous pression jusqu'à la dernière image. Un long-métrage qui associe brillamment fond et forme. Sur le fond, le récit est fluide, jouant avec les attentes du public pour mieux installer la dynamique de personnification de part et d'autre de l'écran (et vous, si vous saviez que vous pourriez mourir dans deux heures, vous feriez quoi ?). Il y a certes un ou deux trucs too much, qui auraient pu être évités, mais l'histoire est très solide.
Sur la forme, Cortes multiplie les prouesses. Dans le montage comme dans le cadrage : l'ensemble est finement pensé. Ce qui m'a notamment marqué, c'est la façon dont le réalisateur filme le corps. Ce n'est pas forcément ce qui interpelle le plus dans le film, mais si vous voyez Buried, vous verrez que ça aussi, c'est bien observé : à travers une succession de plans dans le film, j'ai trouvé qu'on en apprenait beaucoup sur le personnage de Ryan Reynolds (stupéfiant dans ce rôle).
Des images de mains, un cou, des yeux : il n'y a rien là-dedans de foncièrement bluffant et pourtant, tout cela donne une profondeur, une vérité au héros qui est assez phénoménale...
TRAILER BURIED FILM THRILLER VOSTF 2010
envoyé par kirivalse. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.
En fait, le succès de ce film, c'est principalement la gestion minutieuse d'une foule de détails, notamment narratifs, qui font que les effets filmiques nourrissent l'émotion dans le récit. Ici, on n'est pas dans la performance gratuite mais bel et bien dans la volonté farouche de raconter une histoire forte. Une histoire électrisante, parfois très cynique mais pas seulement.
Une foule de détails donc, qui fait de ce film un must pour tous les cinéphiles. Sauf pour les claustrophobes, qui auront bien raison de penser que cette phobie a de quoi vous pourrir l'existence.
Bien à vous,
Benny
lundi 22 novembre 2010
La sitcom, un genre qui ne fait pas rire en France
Cougar Town est arrivée sur Teva. Après un crochet par les chaînes du bouquet Orange (Mais si, vous savez : ces canaux que personne ne reçoit mais qui stocke un impressionnant nombre de nouveautés en exclu. De Glee à Boardwalk Empire), la nouvelle sitcom de Bill Lawrence (Scrubs) avec Courteney Cox, est enfin visible d'un plus large public en France.
L'occasion de constater que:
1/ Les débuts sont plutôt sympas. Un peu lents dans l'installation mais sympas.
2/ La comédienne Courteney Cox n'a pas dépassé la date de péremption, comme on pouvait très sérieusement se poser la question après l'apocalyptique Dirt.
3/ Le personnage de Christa Miller donne vraiment l'impression d'être un copier-coller de celui qu'elle avait dans Scrubs
4/ On a vraiment affaire à un ensemble show, et ça c'est plutôt ambitieux. Donc plutôt bien.
Un constat facile à faire : la première soirée consacrée à la série était l'occasion de voir huit épisodes d'un coup. Huit. Rien que ça. Et autant, je peux comprendre qu'on pète un câble à raison d'un épisode par semaine devant In Treatment sur Série Club, autant là, ce sont des soldes d'épisodes sans beaucoup de bon sens.
Mais Cougar Town n'est pas le seul show à subir pareil sort. Paris Première a diffusé Modern Family à coup de six épisodes inédits par soirée (puis rediff dans la foulée).
Un mode d'emploi perdu ?
En fait, la télé française, non contente de ne pas savoir comment produire des sitcoms, ne sait plus les diffuser. Faute d'horaires. Faute (sans doute) de public bien déterminé.
Les années 90, c'était celles des sitcoms en access prime-time en France. Une nounou d'enfer, Notre belle famille sur M6, Friends sur France 2 en fin d'après-midi... la sitcom n'était pas forcément super mieux vue par les programmateurs mais elle était autrement plus visible.
Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, des séries comme The Big Bang Theory ou How I Met Your Mother, qui sont loin d'être plus mauvaises que la majorité de leurs devancières, ne sont pas diffusées à des heures plus ou moins décentes pour le plus grand nombre ?
Pourquoi des sitcoms nouvelle génération comme Scrubs, The Office ou My Name is Earl ont droit à une diffusion au mieux réduite (Canal+ a les droits des aventures de Scranton) au pire débile (Ah, le créneau de 23h50 le vendredi soir sur M6...) ?
"A pas compris, hein..."
La vérité, c'est qu'en France, les directeurs de programmes n'ont pas compris et intégré (voire même constaté ?) la mutation du genre. Des productions toujours légères dans leur propos mais peut-être un poil plus exigeantes que par le passé. Mais est-ce que c'est parce que The Big Bang Theory a un humour très réferentiel qu'elle doit forcément se heurter à la frilosité des diffuseurs ? Est-ce que la logique du mockumentary, qui est différente de la sitcom classique, ne fera pas rire sous prétexte qu'il n'y a pas de rires enregistrés dans la bande son (A l'époque de la version multilingue en plus) ?
Ca paraît difficile à croire. En même temps, il paraît difficile de croire que, chaque soir de la semaine, M6 rediffuse des épisodes de Un gars, une fille par paquet de quatre en attendant le prime time. Problème : c'est bel et bien le cas.
Bien à vous,
Benny
L'occasion de constater que:
1/ Les débuts sont plutôt sympas. Un peu lents dans l'installation mais sympas.
2/ La comédienne Courteney Cox n'a pas dépassé la date de péremption, comme on pouvait très sérieusement se poser la question après l'apocalyptique Dirt.
3/ Le personnage de Christa Miller donne vraiment l'impression d'être un copier-coller de celui qu'elle avait dans Scrubs
4/ On a vraiment affaire à un ensemble show, et ça c'est plutôt ambitieux. Donc plutôt bien.
Un constat facile à faire : la première soirée consacrée à la série était l'occasion de voir huit épisodes d'un coup. Huit. Rien que ça. Et autant, je peux comprendre qu'on pète un câble à raison d'un épisode par semaine devant In Treatment sur Série Club, autant là, ce sont des soldes d'épisodes sans beaucoup de bon sens.
Mais Cougar Town n'est pas le seul show à subir pareil sort. Paris Première a diffusé Modern Family à coup de six épisodes inédits par soirée (puis rediff dans la foulée).
Un mode d'emploi perdu ?
En fait, la télé française, non contente de ne pas savoir comment produire des sitcoms, ne sait plus les diffuser. Faute d'horaires. Faute (sans doute) de public bien déterminé.
Les années 90, c'était celles des sitcoms en access prime-time en France. Une nounou d'enfer, Notre belle famille sur M6, Friends sur France 2 en fin d'après-midi... la sitcom n'était pas forcément super mieux vue par les programmateurs mais elle était autrement plus visible.
Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, des séries comme The Big Bang Theory ou How I Met Your Mother, qui sont loin d'être plus mauvaises que la majorité de leurs devancières, ne sont pas diffusées à des heures plus ou moins décentes pour le plus grand nombre ?
Pourquoi des sitcoms nouvelle génération comme Scrubs, The Office ou My Name is Earl ont droit à une diffusion au mieux réduite (Canal+ a les droits des aventures de Scranton) au pire débile (Ah, le créneau de 23h50 le vendredi soir sur M6...) ?
"A pas compris, hein..."
La vérité, c'est qu'en France, les directeurs de programmes n'ont pas compris et intégré (voire même constaté ?) la mutation du genre. Des productions toujours légères dans leur propos mais peut-être un poil plus exigeantes que par le passé. Mais est-ce que c'est parce que The Big Bang Theory a un humour très réferentiel qu'elle doit forcément se heurter à la frilosité des diffuseurs ? Est-ce que la logique du mockumentary, qui est différente de la sitcom classique, ne fera pas rire sous prétexte qu'il n'y a pas de rires enregistrés dans la bande son (A l'époque de la version multilingue en plus) ?
Ca paraît difficile à croire. En même temps, il paraît difficile de croire que, chaque soir de la semaine, M6 rediffuse des épisodes de Un gars, une fille par paquet de quatre en attendant le prime time. Problème : c'est bel et bien le cas.
Bien à vous,
Benny
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I'm back and I'm bad,
Pleine lucarne
dimanche 14 novembre 2010
"Hawthorne" : le Jada Pinkett Smith show (et autres séries sans sel)
Richmond, en Virginie. Christina Hawthorne (Jada Pinkett Smith, la femme du Men in Black) est infirmière en chef dans un hôpital de la ville et c'est un peu Superman. Veuve, elle élève seule une ado au caractère bien trempée et tient à bout de bras son service dans lequel gravitent de multiples personnalités. Du chef de chirurgie (Thomas Wakefield) qui connaissait bien son mari, au duo d'infirmiers qui se tournent autour (Candy Sullivan et Ray Stein) en passant par l'infirmière handicapée qui est aussi l'amie de Hawthorne. Tous vont et viennent autour de l'héroine qui fait front face à toutes les situations et qui a une solution à tout. Wow.
Le Sarkozysme en milieu hospitalier
Hawthorne est une série créée par John Masius. Un auteur capable du meilleur (il a commencé comme scénariste de St Elsewhere - ancêtre d'Urgences qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, et qui est passée sur Teva au début des années 2000 - et il a produit Dead Like Me) et du beaucoup moins mémorable (Vous vous souvenez du fadasse Providence avec Melina Kanakaredes?). Avec cette création imaginée pour la chaine TNT, il reprend un certain nombre d'idées de St Elsewhere (principalement la vie d'un hôpital et de ses différents services) en proposant non pas un ensemble show avec un groupe de héros mais bien une série avec un personnage plus que central.
Si elle n'apparaît pas dans tous les plans, tout est construit pour Hawthorne qui a des côtés sympathiques mais pas vraiment attachants. Elle est partout, elle ne laisse rien voir de ses failles et, par à-coups, quand son attitude vire à une adaptation du Sarkozysme en milieu hospitalier, elle peut être carrément agaçante.
Un constat d'autant plus regrettable que la série n'est pas désagréable. Elle est juste sans surprise. Ou pas très originale, si vous préférez. Et on s'en passe très facilement. On dirait une série des années 80 façon Hooker, qui chercherait à divertir en offrant le minimum syndical.
USA network et TNT : même combat petit bras ?
Peut-être suis-je blasé. Ou peut-être est-ce un mouvement de fond puisque Royal Pains (avec Mark Feuerstein) ou US Marshals : Protection des témoins (In Plain Sight, avec Mary McCormack) souffrent du même problème. Et White Collar (FBI : Duo très special), qui alterne le bon et le moins bon, évite de justesse cet écueil. Mais le constat est là: les productions estampillées USA Network (comme Royal Pains) et TNT (façon Hawthorne) sont finalement sans vraie saveur : c'est du vite vu, vite oublié.
Je ne dis pas que toutes les séries doivent forcément ressembler à Six Feet Under ou The Wire. Prenez une série comme Chuck : c'est loin d'être incroyablement original mais l'ensemble est suffisamment équilibré (des storylines "mission" amusantes, des seconds rôles qui font souvent sourire et une love story plutôt soignée) pour que le show soit attachant. Que l'on ait envie de voir la suite. Ce qui n'est pas toujours le cas de ces séries. Et avant Chuck, c'était Third Watch, c'était Cold Case, c'était Everwood.
Ce qui est aussi très dommage, c'est qu'un certain nombre de critiques télé s'en contentent. Disent à longueur de magazines que c'est "sympathique". Sauf que, bien souvent, c'est surtout fade. A mon avis, cette mansuétude ne sert pas vraiment le genre, très longtemps méprisé à tort mais qui n'a nul besoin de virer dans l'angélisme stérile.
Bien à vous,
Benny
Le Sarkozysme en milieu hospitalier
Hawthorne est une série créée par John Masius. Un auteur capable du meilleur (il a commencé comme scénariste de St Elsewhere - ancêtre d'Urgences qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, et qui est passée sur Teva au début des années 2000 - et il a produit Dead Like Me) et du beaucoup moins mémorable (Vous vous souvenez du fadasse Providence avec Melina Kanakaredes?). Avec cette création imaginée pour la chaine TNT, il reprend un certain nombre d'idées de St Elsewhere (principalement la vie d'un hôpital et de ses différents services) en proposant non pas un ensemble show avec un groupe de héros mais bien une série avec un personnage plus que central.
Si elle n'apparaît pas dans tous les plans, tout est construit pour Hawthorne qui a des côtés sympathiques mais pas vraiment attachants. Elle est partout, elle ne laisse rien voir de ses failles et, par à-coups, quand son attitude vire à une adaptation du Sarkozysme en milieu hospitalier, elle peut être carrément agaçante.
Un constat d'autant plus regrettable que la série n'est pas désagréable. Elle est juste sans surprise. Ou pas très originale, si vous préférez. Et on s'en passe très facilement. On dirait une série des années 80 façon Hooker, qui chercherait à divertir en offrant le minimum syndical.
USA network et TNT : même combat petit bras ?
Peut-être suis-je blasé. Ou peut-être est-ce un mouvement de fond puisque Royal Pains (avec Mark Feuerstein) ou US Marshals : Protection des témoins (In Plain Sight, avec Mary McCormack) souffrent du même problème. Et White Collar (FBI : Duo très special), qui alterne le bon et le moins bon, évite de justesse cet écueil. Mais le constat est là: les productions estampillées USA Network (comme Royal Pains) et TNT (façon Hawthorne) sont finalement sans vraie saveur : c'est du vite vu, vite oublié.
Je ne dis pas que toutes les séries doivent forcément ressembler à Six Feet Under ou The Wire. Prenez une série comme Chuck : c'est loin d'être incroyablement original mais l'ensemble est suffisamment équilibré (des storylines "mission" amusantes, des seconds rôles qui font souvent sourire et une love story plutôt soignée) pour que le show soit attachant. Que l'on ait envie de voir la suite. Ce qui n'est pas toujours le cas de ces séries. Et avant Chuck, c'était Third Watch, c'était Cold Case, c'était Everwood.
Ce qui est aussi très dommage, c'est qu'un certain nombre de critiques télé s'en contentent. Disent à longueur de magazines que c'est "sympathique". Sauf que, bien souvent, c'est surtout fade. A mon avis, cette mansuétude ne sert pas vraiment le genre, très longtemps méprisé à tort mais qui n'a nul besoin de virer dans l'angélisme stérile.
Bien à vous,
Benny
jeudi 11 novembre 2010
L'e-clin d'oeil
On va faire un peu de e-copinage éhonté, quand bien même lui et moi on ne se connaît pas vraiment. Chez Dylanesque, on fête le 800e post de son blog et c'est un excellent prétexte pour aller y faire un tour si vous ne l'avez encore jamais fait.
Propulsé sur Haut&Fort (ouais, on dit "propulsé" paraît-il), son blog n'est ni plus ni moins qu'un must. Pourquoi? Parce qu'il est très régulièrement à jour, qu'il parle télé avec pertinence et que son style d'écriture, empreint d'enthousiasme et efficace, colle parfaitement à son propos. Souvent très juste, il analyse avec intelligence les séries d'aujourd'hui comme celles des 90's. Un must, on le redit. Et comme il a le bon goût de privilégier la concision pour critiquer, je vais faire de même. Non sans préciser que l'homme du jour s'est lancé dans la prod d'une websérie qu'il a écrit et dans laquelle il joue avec des amis... et que ça aussi devrait valoir le coup d'oeil, dès la semaine prochaine.
Allez donc faire un tour chez lui : c'est vachement bien et c'est par ici que ça se passe.
Bien à vous,
Benny
Propulsé sur Haut&Fort (ouais, on dit "propulsé" paraît-il), son blog n'est ni plus ni moins qu'un must. Pourquoi? Parce qu'il est très régulièrement à jour, qu'il parle télé avec pertinence et que son style d'écriture, empreint d'enthousiasme et efficace, colle parfaitement à son propos. Souvent très juste, il analyse avec intelligence les séries d'aujourd'hui comme celles des 90's. Un must, on le redit. Et comme il a le bon goût de privilégier la concision pour critiquer, je vais faire de même. Non sans préciser que l'homme du jour s'est lancé dans la prod d'une websérie qu'il a écrit et dans laquelle il joue avec des amis... et que ça aussi devrait valoir le coup d'oeil, dès la semaine prochaine.
Allez donc faire un tour chez lui : c'est vachement bien et c'est par ici que ça se passe.
Bien à vous,
Benny
jeudi 4 novembre 2010
"The Wire" (saison 1) : "And all the pieces matter..."
Baltimore, Etat du Maryland au début des années 2000. Le trafic de drogue gangrène les quartiers ouest et les forces de l'ordre ne peuvent pas faire grand'chose pour endiguer l'économie parallèle en place. Alors qu'un procès pour meurtre débouche sur la relaxe du jeune D'Angelo Barksdale, l'inspecteur Jimmy McNulty, de la brigade criminelle, donne un coup de pied dans la fourmilière en parlant au juge Phelan du caïd qui fait tourner tout le business. Un homme dont personne n'a jamais vu le visage. Son nom : Avon Barksdale, l'oncle de D'Angelo.
Le juge monte au créneau et met la pression sur les patrons de la brigade des stups et de la criminelle pour mettre la main sur lui. Une unité spéciale est créée. L'objectif qui lui est assignée : faire des saisies et des arrestations. McNulty est détaché dans cette équipe. Son but: démanteler le réseau.
A la rencontre du roman et du reportage/document
Attention : exercice excessivement casse-gueule. Parler de la saison 1 de The Wire alors que souvent, tout a été dit et beaucoup de choses ont été (très bien) écrites, ce n'est pas la chose la plus facile à faire. C'est peut-être pour ça que je ne m'y résouds que maintenant, alors que j'ai vu le season finale à la mi-septembre.
A l'impossible nul n'étant tenu, voici donc un post qui se concentre sur la singularité structurelle de la série. Sur ce qui fait que ce show est une oeuvre vraiment à part. A la rencontre du roman et du reportage/document.
Et de trois...
De fait, la série est d'abord la rencontre d'un ancien journaliste (David Simon, que l'auteur de ce blog n'est pas loin d'appeler Dieu) et d'un ex-flic (Edward Burns, rien à voir avec l'acteur-cinéaste new-yorkais). Après son livre reportage sur la brigade criminelle de Baltimore (Homicide : A year in the killing street) qui donnera naissance à la plus grande série policière US des années 90 (Homicide, développée par Barry Levinson et Tom Fontana); après une mini-série consacrée aux ravages causés par la drogue dans une famille noire (The Corner, déjà avec Burns), The Wire est la troisième série écrite et tournée in location à Baltimore par Simon. C'est surtout une nouvelle étape dans son parcours narratif. A travers ce show, ce dernier revisite les thèmes qu'il a déjà abordés en les mettant en perspective de manière audacieuse.
Dans la ville, dans la vie
Pourquoi ? Parce que The Wire n'est pas une série policière, ce n'est même pas une série sur le trafic de drogue. C'est une fiction qui enracine profondément son propos dans le phénomène urbain et la façon dont il s'organise. Une série sur la ville, une série sur la vie. En entremêlant l'histoire des Barksdale et celle de la bigade commandée par le lieutenant Daniels, les scénaristes prennent le temps de poser tous les éléments du récit mais c'est ce qui, au final, happe complètement le téléspectateur.
Des icônes sur un plateau d'échecs
A plusieurs reprises, on voit D'Angelo Barksdale et ses dealers jouer aux échecs. The Wire, c'est une partie d'échecs. Où chaque pièce compte et intéragit sur les autres. Un jeu narratif qui met brillamment en relief la prééminence du système sur l'individu et, parallèlement, la volonté de l'individu de se battre pour faire bouger les lignes... Quitte à ce que l'on revienne, à la fin, au constat initial en l'appréhendant avec un autre regard.
Sombre, le show n'est pas complètement pessimiste.
Surtout, ses auteurs ne prennent pas leur série pour ce qu'elle n'est pas. A savoir, un documentaire urbain. Le coup de génie de Simon et de Burns, ce n'est pas "simplement" de nous livrer une série crédible dans les faits, dont le récit est porteur d'un puissant "effet de réel". C'est de jouer avec les codes de la fiction. D'intégrer d'authentiques personnages de romans, des personnages iconiques, dans l'histoire pour jouer subtilement sur les attentes du téléspectateur. A ce jeu, Omar et l'inspecteur Lester Freamon se posent en exemples de choix.
Poupées russes à Charm City
Scripts parsemés de détails réalistes, fine réutilisation des ressorts du polar, multiplicité des trames pour décrire un univers complexe... tous ces éléments, soigneusement imbriqués les uns dans les autres, donnent un ensemble unique, une histoire assez fascinante. Et où all the pieces matter...
Bien à vous,
Benny
Le juge monte au créneau et met la pression sur les patrons de la brigade des stups et de la criminelle pour mettre la main sur lui. Une unité spéciale est créée. L'objectif qui lui est assignée : faire des saisies et des arrestations. McNulty est détaché dans cette équipe. Son but: démanteler le réseau.
A la rencontre du roman et du reportage/document
Attention : exercice excessivement casse-gueule. Parler de la saison 1 de The Wire alors que souvent, tout a été dit et beaucoup de choses ont été (très bien) écrites, ce n'est pas la chose la plus facile à faire. C'est peut-être pour ça que je ne m'y résouds que maintenant, alors que j'ai vu le season finale à la mi-septembre.
A l'impossible nul n'étant tenu, voici donc un post qui se concentre sur la singularité structurelle de la série. Sur ce qui fait que ce show est une oeuvre vraiment à part. A la rencontre du roman et du reportage/document.
Et de trois...
De fait, la série est d'abord la rencontre d'un ancien journaliste (David Simon, que l'auteur de ce blog n'est pas loin d'appeler Dieu) et d'un ex-flic (Edward Burns, rien à voir avec l'acteur-cinéaste new-yorkais). Après son livre reportage sur la brigade criminelle de Baltimore (Homicide : A year in the killing street) qui donnera naissance à la plus grande série policière US des années 90 (Homicide, développée par Barry Levinson et Tom Fontana); après une mini-série consacrée aux ravages causés par la drogue dans une famille noire (The Corner, déjà avec Burns), The Wire est la troisième série écrite et tournée in location à Baltimore par Simon. C'est surtout une nouvelle étape dans son parcours narratif. A travers ce show, ce dernier revisite les thèmes qu'il a déjà abordés en les mettant en perspective de manière audacieuse.
Dans la ville, dans la vie
Pourquoi ? Parce que The Wire n'est pas une série policière, ce n'est même pas une série sur le trafic de drogue. C'est une fiction qui enracine profondément son propos dans le phénomène urbain et la façon dont il s'organise. Une série sur la ville, une série sur la vie. En entremêlant l'histoire des Barksdale et celle de la bigade commandée par le lieutenant Daniels, les scénaristes prennent le temps de poser tous les éléments du récit mais c'est ce qui, au final, happe complètement le téléspectateur.
Des icônes sur un plateau d'échecs
A plusieurs reprises, on voit D'Angelo Barksdale et ses dealers jouer aux échecs. The Wire, c'est une partie d'échecs. Où chaque pièce compte et intéragit sur les autres. Un jeu narratif qui met brillamment en relief la prééminence du système sur l'individu et, parallèlement, la volonté de l'individu de se battre pour faire bouger les lignes... Quitte à ce que l'on revienne, à la fin, au constat initial en l'appréhendant avec un autre regard.
Sombre, le show n'est pas complètement pessimiste.
Surtout, ses auteurs ne prennent pas leur série pour ce qu'elle n'est pas. A savoir, un documentaire urbain. Le coup de génie de Simon et de Burns, ce n'est pas "simplement" de nous livrer une série crédible dans les faits, dont le récit est porteur d'un puissant "effet de réel". C'est de jouer avec les codes de la fiction. D'intégrer d'authentiques personnages de romans, des personnages iconiques, dans l'histoire pour jouer subtilement sur les attentes du téléspectateur. A ce jeu, Omar et l'inspecteur Lester Freamon se posent en exemples de choix.
Poupées russes à Charm City
Scripts parsemés de détails réalistes, fine réutilisation des ressorts du polar, multiplicité des trames pour décrire un univers complexe... tous ces éléments, soigneusement imbriqués les uns dans les autres, donnent un ensemble unique, une histoire assez fascinante. Et où all the pieces matter...
Bien à vous,
Benny
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